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ALLIANCE DU RÉEL ET DE L'IDÉAL

optiques de la décoration monumentale, les figures des frontons et des métopes, destinées à recevoir directement la lumière, sont en ronde-bosse ou en haut-relief, tandis que celles de la frise, éclairées seulement par le reflet du sol, n'ont qu'une très faible saillie. Il faut remarquer aussi la symétrique alternance des lignes verticales dans les triglyphes et des lignes diagonales dans la composition des métopes.

Alliance du réel et de Tidéal. — Le comte de Ghoiseul- Gouffier, ambassadeur de France en Turquie, ayant rapporté au Louvre une des métopes du Parthénon et une tablette de la frise, lord Elgin, ambassadeur d'Angleterre, s'autorisa de ce mauvais exemple et enleva tout ce qui restait des deux frontons^ les métopes et plus de deux cents pieds de la frise, pour le.*^ vendre au Musée britannique. Le gouvernement hésitait à donner la modique somme demandée, et l'auteur du sacrilège flétri par Byron ne serait peut-être pas rentré dans ses frais sans une consultation archéologique de Visconti. L'art tient une si petite place dans l'éducation moderne que bien peu, môme parmi les lettrés, sont en état de comprendre la beau 16 incomparable de ces marbres mutilés; on les admire sur la foi des artistes. Mais chez ceux-ci, du moins, l'admiration est sincère et unanime. Les écoles les plus opposées sont d'accord sur ce point. Bien des théories exclusives se sont produites de nos jours, le but de l'art est la vérité pour les uns, la beauté pour les autres; mais devant ces marbres sacrés, toutes les oppositions disparaissent, chacun y reconnaît son rêve, car là comme dans les poèmes d'Homère, le réel se confond avec l'idéal ; c'est l'hymen de la terre et du ciel. Les sculpteurs ne se lassent pas d'admirer le modelé sobre et libre à la fois de ces figures nues où les plans sont accusés avec tant de fermeté, où se joignent à la rude fierté de lallure toutes les délicatesses de la forme, tous les frémissements de la vie. On n'est pas moins frappé par la souplesse et la légèreté des draperies, dont les plis abondants suivent les formes et les font valoir, en les accompagnant de moelleuses ondulations; par la grâce et l'abandon des figures de femmes, par la simplicité des attitudes, la pureté des lignes, l'harmonie des proportions. On retrouve ce sentiment intime et profond de la vie dans toutes les parties

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