LES MURS DE TIBYNS
construits sur le sol de la Grèce ne sont pas des temples comme en Egypte^ ni des palais comme en Assyrie, ce sont des enceintes de villes et des citadelles. Cette différence est importante, parce que le caractère des peuples se traduit dans leur architecture. L'Egypte est une théocratie, TAssyrie une monarchie : la Grèce sera le pays de la cité républicaine. Sur des rochers escarpés et d'un accès difficile, s'élevaient des forteresses où les habitants de la plaine pouvaient se réfugier et se défendre contre une descente de pirates ou contre Finvasion d'une tribu ennemie.
Mars de Tiryns etMykénes. — La porte des Uons. — Les murs de Tiryns, élevés d'environ i2 mètres sur ^5 d'épaisseur, sont formés de quartiers de rochers non taillés, dont un seul, dit Pausanias, serait difficilement traîné par deux mulets. Les interstices qu'ils laissent entre eux sont bouchés au moyen de pierres. L'acropole de Tiryns n'a ni bastions ni tours comme on en trouve dans les constructions pélasgiques moins anciennes, mais de chaque côté de la principale entrée sont pratiquées, dans l'épaisseur du mur, des galeries ogivales dont la Toute est formée d'assises en encorbellement. Dans la galerie extérieure du mur de l'est, il y a six ouvertures en ogive. La ville de Mykènes s'étageait sur le versant d'un mamelon escarpé qui commandait la plaine d'Argos. La citadelle qui en occupe le sommet est entourée de remparts formés de blocs polyédriques irréguliers, mais s'adaptant les uns aux autres sans le secours de petites pierres^ et soigneusement taillés pour offrir une surface unie. Les Pélasges ne connaissaient pas l'équerre ;il semble résulter d'un passage d'Aristote qu'ils se servaient d'une règle flexible en plomb pour tracer l'épure des blocs et les tailler. Près de la porte des Lions, ces blocs sont quadrangulaires et rangés par assises horizontales, mais les joints verticaux sont encore irrégulièrement placés et plus ou moins obliques dans un sens ou dans l'autre ; c'est une transition entre l'appareil pélasgique polygonal et l'appareil hellénique formé de parallélipipèdes égaux et réguliers.
La porte des Lions, placée au fond d'une avenue entre deux murailles, est formée, de deux jambages inclinés portant un Hnteau de i^y^O de longueur. Au-dessus, dans un vide triangulaire de la muraille, est enchâssé un bas-relief représentant L. M. — HisT. oBs Grecs. 4