IS RELIGIEUSES
le principe de liberté. Cest leur plus beau titre de gloire, mais c'est aussi la principale cause de leur faiblesse. S'ils n'ont jamais réussi à former une nation» c'est parce qu'ils n'ont jamais voulu sacrifler à une autorité quelconque la moindre parcelle de leur autonomie communale. La religion seule pouvait servir de lien entre les communes ; mais la diversité des croyances élait aussi une conséquence de la liberté. Chaque peuple consacrait ses légitimes prétentions à l'indépendance par le culte de ses Héros et de ses Dieux protecteurs. Chaque Dieu, dans les principaux sièges de son culte, avait une physionomie à part et des légendes spéciales; son rang, dans la hiérarchie indécise de TOlympe, variait d'une commune à l'autre. Pourtant cette variété n'entraîna jamais ni persécution ni guerre religieuse, car l'intolérance est contraire à la nature même du polythéisme. On ne pouvait pas plus condamner les légendes de l'Arcadie ou de la Boiotie au nom de celles de la Thessalie ou de la Crète, qu'on ne pouvait proscrire^ le dialecte aiolien ou atlique, au nom de l'ionien ou du dorien. De môme que la langue grecque conservait son unité malgré ses différents dialectes, ainsi l'Hellénisme enveloppait toutes les traditions locales dans sa théologie multiple, et sanctionnait à la fois l'autonomie des communes et Tunion fédérale. Les traités conclus entre les villes étaient placés sous la protection de leurs divinités protectrices, qu'on voit se donnant la main sur les monnaies frappées en signe d'alliance. Chaque république envoyait des représentants appelés Théores, c'est-à-dire spectateurs, aux fêtes de ses alliés, et demandait pour eux comme pour elle la protection de ses Dieux. Il se formait des ligues appelées Amphiclionies, dont le signe était la participation aux mômes cérémonies religieuses. Certains oracles attiraient les habitants de toutes les parties de la Grèce, et leur influence restait indépendante des chances diverses de la guerre et de la politique. Enfin les Jeux sacrés maintenaient entre les Grecs un lien religieux qui leur rappelait leur communauté d'origine. Diversité des fonctions religieuses : les prêtres, les poètes et les devins. — Il y avait autant de variété dans les fonctions religieuses que dans la religion elle-même. Chez les peuples de l'Orient et dans FEurope moderne, toutes ces fonc-
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