LES DORIENS EN MESSÉNIE ET EN LACONIE
fut reçue arec amitié par les anciens habitants, Cretois, Lykiens Cariens et Pamphyliens. A Clazomène, la plus grande partie des colons étaient des fugitirs sortis de Cléonai et de Phlious après rinrasion des Doriens. Fhokaia fut bâtie sur un territoire cédé par les Kymaiens aux Phokiens qui avaient accompagné la migration ionienne; mais la ville ne fut considérée comme faisant partie deTIonie qu'après avoir accepté des chefs de la race de Codros, venus de Téos et d'Erythrai. L'ile de Chios reçut une colonie ionienne d'Erythrai située sur le rivage opposé. Samos fut colonisée par des Ioniens d*Epidaure qui entrèrent en partage avec les anciens habitants, de la race des Lélèges. Smyrna, fondée, selon une tradition, par les Aioliens, selon une autre par les Éphésiens, entra la dernière dans là fédération ionienne. Celte fédération était plutôt religieuse que politique, comme TAmphictionie des Thermopyles. Les douze villes d'ionie avaient un temple commun consacré à Poséidon, le Paniooion, sur le promontoire de Mycale, mais elles étaient tout à fait indépendantes les unes des autres et sans lien politique.
Établissement des Boriens en Messénie et en Laconie. — Pendant que des émigrés, venus principalement du Péloponnèse, renouvelaient la population de la côte orientale de TArchipel et en faisaient une Grèce asiatique, les États péloponnésiens se constituaient de diverses manières, selon la nature des rapports qui s^établissaient entre les anciens et les nouveaux habitants. L'Arcadie, quoique traversée dans toute sa longueur par la migration dorienne, avait gardé sa population primitive. On disait qu'un des chefs hèracléîdcs, Cresphontès, avait reçu en mariage Méropè, fille du roi arcadien Kypsélos. Cresphontès, s'étant établi à Slényclèros, dans le pays qui fut depuis la Messénie, voulait traiter avec égalité les anciens et les nouveaux habitants. Les Doriens mécontents le mirent à mort et prirent pour chef un autre Hèracléide nommé Polyphontès, qui épousa sa veuve malgré elle. Mais, peu de temps après, Aipytos, fils de Cresphontès et de Méropè, qui s'était réfugié en Arcadie chez son aïeul maternel, fut remis en possession du Irône. Cette légende, d'où Voltaire a tiré sa tragédie de Méropè aurait été imaginée, selon E. Curtius, pour rattachera Héraclès
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COLOMES DORIENNES. 201
la ramille des Aipytides, qui serait en réalité d'origine arcadienne. Ce qui paraît certain, c'est qu'il y eut en Messénie une fusion entre les Doriens et l'ancienne population.
En Laconie, la conquête ne fut accomplie que peu à peu, après une suite de luttes dont on ne connaît pas les détails. D'après Ephore, les deux premiers rois héracléides de Sparte, Eurysthènes et Proclès, avaient essayé, comme Cresphontès en Messénie, d'attribuer aux anciens habitants du pays les mêmes droits qu'aux Doriens ; mais Agis, fils d'Eurysthènes, soumit toute laLaconie à l'exception d'Amyclai ; les habitants furent réduits à la condition de sujets, et ceux de la ville d'Hélos s'étant révoltés, en furent punis par la servitude. Selon Pausanias, Amyclai resta au pouvoir des Achaiens environ trois siècles après l'invasion dorienne et ne fut conquise que par le roi Téléclos, une génération avant les Olympiades. L'asservissement des Hilotes n'eut lieu que sous le règne de son fils Alcaménès.
Colonies doriennes. Théra. Mélos. La Crète. — Avec les bandes doriennes qui s'étaient établies en Laconie, il y avait des Gadméiens chassés par les Boiotes. Les rois Eurysthènes et Proclès étaient alliés par leur mère à ces familles cadméiennes. A peu près dans le même temps, des Minyens chassés de Lemnos par les Pélasgcs vinrent en Laconie et allumèrent leurs feux sur le Tèygétès. Gomme ils se disaient issus des Argonautes, ils furent admis dans les tribus en mémoire des Tyndarides, et ils épousèrent des filles Spartiates. Mais bientôt, comme ils devenaient exigeants et voulaient être associés à la royauté, on résolut de les faire mourir. Alors, selon une légende racontée par Hérodote, leurs femmes, ayant obtenu la permission d'aller les voir dans leur prison, changèrent d'habits avec eux. Us sortirent sous ce déguisement et retournèrent sur le mont Tèygétès. Vers ce temps, le Cadméien Théras, oncle maternel des deux rois et qui avait été leur tuteur, ennuyé de rentrer dans une condition privée, se préparait à fonder une colonie. Il s'embarqua avec une partie des Minyens, tandis que d'autres, en plus grand nombre, occupèrent la Triphylie, entre la Messénie et l'Elis. Ceux qui accompagnèrent Théras, et avec eux des Lakédaimoniens tirés des tribus, allèrent dans l'île Callistè habitée par les Phéni-
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COLOiNIES DORIENNES.
juant sa parenté avec la race de Cadmos, , et l'île prit de lui le nom de Théra. C'est aconte la fondation de la première colonie trouve dans Conon une autre forme de la t que les fugitifs de Lemnos et d'imbros fuai par le Spartiate Philonomos, qui avait IX Doriens, et que plus tard, leurs fils, à la 1, furent envoyés en Crète avec des colons enduite de Polis et de Delphos; une partie 'ôta dans File de Mèlos, le reste arriva en ms obstacle à Gortyne. La ville Cretoise de iment pour une colonie de Sparte.
L Crète, à Rhodes et à Cos. La Doris. — iposée de Doriens auxquels, dit Conon, s*éles Pélasges, partit d'Argos sous la conduite it-fils de Ténjénos, qui ne pouvait s'accor- Les Ioniens qui allaient s'embarquer pour , et d'autre part les émigrants de Sparte et Delphos, engageaient Althaiménès à se s un oracle lui avait ordonné de se rendre ni serait donnée par Zeus et le Soleil. Rho- )leil, qui l'avait donnée à ses enfants lorsmer ; la Crète était le berceau de Zeus : igea vers Rhodes et laissa en Crète une gagnons qui s'établirent probablement dans de de l'île. Rhodes avait appartenu succèsce autochthone, puis aux Phéniciens, en- Selon une légende du pays, l'Hèracléide fondé avant la guerre de Troie, les villes et Cameiros. Une colonie dorienne partie session de l'île de Cos et y porta le culte e, sur la côte carienne, s'élevèrent les villes e Cnide fondées, l'une par des émigrants de r des émigrants de Laconic. Ces six villes, à cinq par l'exclusion d'Halicarnasse, fortion religieuse analogue à celle des Ioniens, ommun consacré à Apollon Triopien, et la Ire l'Ionie et la Lykie prit le nom de Doris.
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204 CUHONOLOGIE MYTHIQUE.
Cependant les Doriens dépassèrent ces limites et s'établirent assez avant dans les terres, puisque les villes de Selgè et de Sagalassos en Pisidie passaient pour des colonies lakédaimoniennes. Quanl aux villes grecques disséminées sur la côte méridionale de TAsie mineure et dans l'île de Kypros, toutes les branches de la race hellénique contribuèrent à leur fondation. Quelques-unes faisaient remonter leur origine à l'époque mythologique.
Chronologie mythique. — On ne peut fixer la date des migrations et des colonies d'où est sortie la Grèce historique, car il n'y a pas de chronologie certaine avant l'ère des Olympiades en 776. Mais les Grecs essayèrent de remonter plus haut et de mettre en ordre les traditions qu'ils trouvaient au seuil de leur histoire. « C'est dans la soixantième année après la prise dllios, dit Thucydide, que les Boiotes chassés d'Arnè par les Thessaliens s'établirent dans le pays appelé Boiolie et qu'on nommait auparavant la Cadméis. 11 s'y trouvait dès longtemps une portion de ce peuple, et elle avait envoyé des troupes devant Uios. Ce fut dans la quatre-vingtième année après la prise de celte ville que les Doriens occupèrent le Péloponnèse avec les Hèracléides ». Suivant l'auteur d'une Vie d'Homère faussement attribuée à Hérodote, les villes de l'île de Lesbos furent fondées cent trente ans après la guerre de Troie, Kymè vingt ans après les villes lesbiennes, Smyrne dix-huit ans plus tard par les Kymaiens, et l'auteur ajoute qu'Homère naquit à cette époque.
La guerre de Troie, considérée comme un événement réel, formait l'anneau rattachant la période historique à la période légendaire; mais les Grecs n'avaient, pour en fixer la date, que des listes généalogiques ne donnant pas toutes les mômes résultats. 11 y avait deux manières de compter, l'une à Sparte, l'autre à Athènes. D'après le système attique,, suivi par la Chronique de Paros, la prise de Troie répond à 1209 avant J.-C. D'après le système adopté parla Chronologie Alexandrine elle tombe en 1184. L'écart est encore plus considérable entre la chronologie d'Hérodote et celle de CaUimaqne. On reportail au delà de la guerre de Troie les plus vieilles tradition poétiques, les deux guerres de Thèbes, l'expédition des Argonautes
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