SUZERAINETÉ DE SPARTE
domination de Sparte depuis^ une époque très reculée, mais celte domination ne s'étendit jamais bien loin. Vers la fin de la seconde guerre messénienne, selon Pausanias, les Spartiates s'étaient emparés de Phigalie. Les habitants se retirèrent dans le voisinage et demandèrent à l'oracle de Delphes comment ils pourraient rentrer dans leur pays. La Pythie répondit que s'ils pouvaient obtenir d'Oresthasion un secours de cent hommes, ces auxiliaires seraient tués, mais que Phigalie reprendrait son indépendance. Dès que cet oracle fut connu à Oresthasion, les cent hommes se présentèrent; les deux peuples attaquèrent la garnison lakédaimonienne, les Oresthasiens furent tous tués et les Phigaliens rentrèrent en possession de leur ville.
Après avoir longtemps lutté contre Tégéa, la plus puissante des villes arcadiennes, les Spartiates, dit Hérodote, consultèrent à ce sujet l'oracle de Delphes. 11 leur fut répondu qu'ils seraient vainqueurs s'ils rapportaient à Sparte les os d'Oreste^ ensevelis « là où soufflent deux vents contraires, où le type frappe Tantitype, où le mal est sur le mal ». L'énigme semblait indéchiffrable ; mais un Lakédaimonien nommée Lichas, se trouvant à Tégéa pendant une trêve, entra dans l'atelier d'un forgeron, qui lui dit qu'en creusant sa cour il avait trouvé un cercueil gigantesque. Lichas se rappelle l'oracle et en comprend le sens : les deux soufflets sont bien les deux vents contraires, le marteau et l'enclume sont le type et Tantitype, le fer qu'on forge sur le fer, c'est le mal sur le mal ; le cercueil est donc celui d'Oreste. Lichas expose sa découverte aux magistrats de Sparte ; on l'exile pour ne pas éveiller la défiance. 11 retourne à Tégéa, loue la cour du forgeron et rapporte les ossements. Les Spartiates déclarèrent la guerre aux Tégéates et furent vainqueurs. Mais ils ne se crurent pas assez forts pour ruiner la ville de Tégéa ou pour s'emparer de son territoire; ils obligèrent seulement leurs rivaux à les accompagner à la guerre, en leur laissant l'honneur de former une des ailes de l'armée lakédaimonien ne.
Les Spartiates et les Argeiens se disputèrent longtemps la Kynourie, surtout le territoire de Thyréa, dont la population était, selon Hérodote, d'origine ionienne, et Tile de Kythéra, près du
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cap Malée. Les deux peuples convinrent de décider la querelle par un combat entre trois cents champions choisis de part et d'autre. Le combat dura jusqu'à la nuit. Il ne resta debout que deuxArgéiens qui allèrent annoncer à Argos Tissuedu combat. Mais le Spartiate Olhryadès, blessé grièvement et qu'on avait cru mort, se releva, dressa un trophée, y plaça une inscription avec son sang et se laissa tomber sur son épée pour ne pas survivre à ses compatriotes. Comme des deux côtés on s'attribuait la victoire, il s'ensuivit une bataille générale. Les Spartiates furent vainqueurs et restèrent en possession du pays contesté. Pendant longtemps les chants de la jeunesse de Sparte célébrèrent le nom d'Otrhyadès.
La conquête de la Kynourie fut la dernière acquisition territoriale de Sparte. Elle était maintenant en possession d'un empire continu comprenant la Messénie et la Laconie, c'est-àdire les deux cinquièmes du Péloponnèse. Élis, délivrée par elle de la rivalité de Pisa, ne pouvait lui porter ombrage, car la neutralité du territoire d'Olympie empêchait les Eléiens d'avoir une puissance militaire. Argos humiliée par ses récentes défaites avait cessé d'être dangereuse, et les Achaiens s'enfermaient dans une abstention inoflTensive. En dehors du Péloponnèse, Athènes et Thèbes ne se doutaient pas encore du rôle important qu'elles devaient jouer plus tard. Aucun État grec n'avait un territoire aussi étendu et une population aussi nombreuse ; aucun surtout, dit Grote, n'avait un gouvernement plus complètement centralisé et plus rigoureusement obéi. Excepté Sparte, il n'y avait pas sur le territoire lakédaimonien une seule commune indépendante; aucune n'aurait osé traiter avec un État étranger. A la vérité, le mécontentement des Periœkes et des Hilotes était une source de faiblesse, mais ce n'est que par la suite que ce mécontentement devait se manifester d'une façon menaçante. A l'époque des guerres médiques, Sparte était, sans contestation, la première puissance politique de la Grèce.
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