‹ Histoire des GrecsChapitre 89 sur 202 · SOUMISSION DE LA MESSÉNIE · texte numérisé non relu

SOUMISSION DE LA MESSÉNIE

chant de triomphe qui se répétait encore du temps de Pausanias : « A travers les champs de Stényclèros et jusqu'au sommet des montagnes, Aristoménès a chassé les Lakédaimoniens ». Les Messéniens perdirent la troisième bataille par la trahison d'Aristocrates, roi des Arcadiens d'Orchomène, qui fit retirer ses troupes dès que l'action fut engagée. Cette trahison ne fut découverte qu'à la fin de la guerre, et les Arcadiens indignés lapidèrent leur roi. Mais, à partir de cette défaite, les Messéniens avaient été obligés de concentrer leurs forces dans la citadelle d'Eira, comme leurs pères s'étaient retirés à Ithômè pendant la première guerre. C'est de là qu'Aristoménès, assisté du devin Théoclos et d'une troupe d'élite, faisait des incursions sur le territoire ennemi. Il se maintint onze ans dans la forte position d'Eira. Mais, par une nuit d'orage, la trahison d'une femme y introduisit l'ennemi. Pendant deux jours, les Messéniens défendirent le terrain pied à pied. Enfin, Aristoménès les forma en carré, plaçant au milieu les femmes, les enfants et les vieillards, et traversa avec toutes ses troupes les rangs des Spartiates, qui les laissèrent passer. Le devin Théoclos, voyant s'accomplir la ruine qu'il avait prévue, se fit tuer en combattant. Les Messéniens furent de nouveau réduits à la condition des Hilotes. Quelques-uns se retirèrent en Arcadie. Ceux qui habitaient les villes maritimes de Pylos et de Mothonè montèrent sur leurs vaisseaux, puis passèrent à Kyllènè en Élis, et de là à Rhègion, colonie [chalkidienne sur la pointe méridionale de l'Italie, où quelquesuns de leurs compatriotes s'étaient établis à la fin de la première guerre. Aristoménès chercha inutilement à susciter des ennemis à Sparte. Il mourut à Rhodes où il s'était retiré près de son gendre Damagètos. La famille rhodienne des Diagorades, célèbre par ses victoires olympiques, rattachait son origine au grand héros messénien.

Suzeraineté de Sparte sur tout le Péloponnèse. — - Les Arcadiens avaient prêté secours aux Messéniens dans les deux guerres, mais on ne sait quelles sont les villes qui prirent part à la lutte, l'Arcadie n'ayant jamais formé un corps politique avant Épaminondas. Quelques districts du nord de la Laconie étaient habités par des populations arcadiennes soumises à la

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