‹ Histoire des grecs modernes depuis la prise de ConstantinopleChapitre 2 sur 30 · HISTOIRE ' J · texte numérisé non relu

HISTOIRE ' J

au temps de Fabius; elle était pauvre alors. Les fureurs de Sylky le système odieux qu il établit dans la capitale et les provinces , portèrent une atteinte mortelle à la morale publique (i). Il abdiqua volontairement un pouvoir abhorré; mais les maux qu'il avait causés n'étaient plus réparables ; il avait assassiné la patrie. Quelques années de servitude dé* gradèrept s^ns retour le peuple que les désastres de Trasimène et de Caimes n'avaient point abattu. Le courage d^Pqin^éQ^ les^exjgloits de César firent re^ vivre i^fik^t^Q^ te vô;^'anjiwes au sein des armées; mais l^jcorrupu)vi jnf^ctaftle cœur de l'état^ toutes les iosoCati2>Ai: j^tiîeîit â)ranlées : une cité nouvelle ^VAit:eQ^ ouelque sorte pris la place de ^ k cité de Roiûslvii, ^i|^f jÂr les excès de farbi^ traire^ envahi par les factions ; le sénat n'était plus ce corps auguste et inviolable qui réglait autrefois les destinées du monde. On avait appris à trembler au Gapitole^ et les magistrats du peuple^ avertis par une fatale expérience^ n'ignoraient pas que le ca-* price d'un tyran pçut susp^dre le règne d^s lois. Les citoyens avaient perdu leur indépendance morale , et cependant ils se repaissaient encore d^un fantôme* de liberté , quand déjà même l'audace d'un ambitieux aurait suffi pour engloutir les faL-

: •( I ) Les dénonciatioas ^tai«nt ^Encouragées par Sylla : ce fut lui qui le premier eut recours à cet iuiâme. moyen. Marias Tin^iita et renchérit encore sur soa modèle. "

I bles débris des anciennes garanties nationales. Telle ! était la situation de Rome lorsque César parut. Le litre de général d'un peuple qu'il ne croyait plus fait pour être libre , ne contentait pas son orgueil : j^ il voulait un trône ^ et il essaya de l'élever sur le« ruines des institutions de sa patrie. On sait que le bonlieur et les talens de cet homme extraordinaire I consommèrent l'œuvre de Sylla^ il serait inutile de I nous arrêter sur des faits si connus. Nous ne mon- I treroQS pas même l'avilissement et la turpitude suc- I cédant tout-à-coup aux vertus qui firent ^ pendant i tant de siècles'^ la gloire des premiers Romains; les nojgs de Tibère etràe Galigula^ ceux jàe Claude et ! de Néron, disent assez l'opprobre de ces temps. Qu'il ) nous soit permis seulement de rechercher la cause de k ces calamités, ou plutôt de les reprocher à Sylla^S'dh crime fit les crimes des monstres qui marchèrent sur ses traces. Ne voit-on pas le génie de ce barbare présider aux attentats des stupides successeurs d' Au- ' go&te^ et préparer la timidp tolérance du peuple qui les souffrit? C'est en vain qu'on a cru pouvoir i attribuer l'extinction des vertiis romaines à l'introduction du luxe asiatique; la mollesse énerve par degrés^ mais l'esclavage abat tout<l'un coup: on nourrit encore quelques sentimens généreux au sein même de la volupté; mais less hommes qui ont pu» voir une fois avec indifférence l'asservissement de ''leur patrie sont, pour ainsi dire, façonnés à tous les jougs. On ne doit rien attendre que de l^ux déses»- X>oir, et le désespoir germe lentement dans les fers.

Rome avait conquis le monde par la force des -armes, elle le gouverna par la terreur. Cependant le moment approchait où cette puissance colossale allait être renversée. Le Nord, dont la valeur sauvage de ses habitans avait jécarté jusque - là toute domination étrangère, n'était plus assez vaste pour la multitude toujours croissante de ses enfans. Un orage prêt à fondre sur les délicieuses contrées que Rome opprimait dans les trois parties du monde connu, se formait sous les glaces polaires de TEurope et de l'Asie; tes Parthes, devenus plus formidables par une longue suite de victoires, menaçaient r Asie-Mineure et la Syrie, tandis que de» efisaims de barbares commençaient à s'agiter £ns les sables brûlans de l'Arabie. Une révolution était imminente : le vieux monde allait changer de face, ik des populations nouvelles se disputer les lambeaux des anciennes monarchies tributaires des Romains : tout présageait cette grande crise qui devait anéantir tant de nations, effacer tant de gloire, suiSpendre d'abord la marche progressive de l'esprit humain, et lui donner plus tard un si briljant essor ^ Dans cette lutte qui s'annonçait d'une manière terrible sur tous les points de la terre, Jlome seule pouvait opposer av^c avantage la discipline et la valeur de ses armées aux torrens d^e barbares qixi s'échappaient des déserts de la Scythie et des plages de la Baltique ; mais un étrange délire s- était emparé des tyrans du monde : ils* se déchiraient de Jeurs propres mains et tournaient contrie £ux-piiême^

les armes qu'ils auraient dû consacrer à leur -de'^ fense. Pendant Çue les citoyens de l'empire ëtaieni la proie d'une administration dévorante^ le prince lui-même était le jouet de ses soldats : deux fléaux pesaient à-la-fois sur les sujets de Kome^ la massue de l'arbitraire et le despotisme des légions. Il n'en fallait pas tant pour détruire une puissance qui pliait déjà sous le fardeau de sa propre grandeur^ et Ton doit moins s'étonner de sa chute que de ce qu'elle n'a pas eu lieu plus tôt. Jusqu'au règne de l'infâme Caracalla , Rome s'était agrandie par des conquêtes ; elle commença dès-lors à décheoir parce qu'elle eut à gémir sous des monstres plus avide» du sang des Romains que de celui de leurs ennemis. Bientôt des dogmes religieux y nés au milieu des superstitions du judaïsme;^ fîrentcraindre pour le culte des idoles , et le fanatisme^ avec son aveuglement et ses fureurs, porta le dernier coup à la splendeur mou* rante de la première des cités. La propagation du christianisme lut comme le signal de la dissolution de cette immense monarchie ^ parce que des institutions cimentées par le temps ne purent s'y mettra en harmome avec les idées nouvelle».

Depuis les batailles de Philippes et d'Actium , la Grèce, enclavée dans les possessions romaines, avait cessé de jouer un rôle important en Europe et en Asie. La perte de son indépendance ne tarda pas à la rendre si difféî-ente d'elle-même, que le goût deS' arts^ et de la philosophie s'y éteignit presque en même temps que Tamour de la gloire. Le Pélbpo-

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