CHAPITRE VI
Prise d'Enos par les Yëni tiens. — Mahomet II ie rend maître de l'Ëubëe. — La Grèce d'Asie est désolée par l'amiral Mocënigo. — Les Yénitiens enlèvent le royaume de Chypre a la famille de Lusignan ^t aux Génois.
Les deux années qui s'écoulèrent depuis le siège de Patras jusqu'en 1469, ne futent remarquablfcs que par les expéditions de Mahomet en Valachie , en Moldavie et dans le Frioul. La guerre avait presque changé de théâtre^et elle se continuait assez nonchalamment dans le Péloponèse. Les Ténitiens ^'amusèrent à entreprendre quelques sièges; les TurcS; de leur coté, . assaillirent plusieurs fois la plaoe die ModoQ ; et les fugitifs , que nous avons vus chercherune retraite dans les montagnes de la Laconie , commencèrent, sous le nom d(^ Mainotes , à se rendre redoutables aux tyrans de leur patrie» Cependant la république ne tarda pas à ramenev «ur la Grèce tous les malheurs d'une guerre terrible, qui avait un instant menacé l'Italie. Ganale, amiral et géoi^àlissime des Y^tiens, réunit vingt-six ga* 1ères k Négrepont, et alla porter la désolation dan& les iles turques de la mer Egée. Il 80 jeta^ensuite sur Énos,. ville peuplée de chrétiens, et dans laquelle il ne se trouvait pas même im soldat turc (i).
- Il III . Il— ».^^M^MW^I«^»*— ^—^»
(i) Andréa Navagiero, pag. iia6.
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n fit là ce que son prédécesseur Capdlo avait fait à Athènes : les maisons furent livrées au pillage, les habitans égorgés, les temples profanés, et les cou^ vens de religieuses grecques, que les Musulmans eux-mêmes avaient respectés, n'échappèrent ni à la brutalité des soldats, ni aux avides recherches des officiers* Pour comble d'horreur, deux mille chrétiens furent réduits en esclavage, et la ville livrée aux flammes avec tout ce qui restait de sa population. On ne saurait parcourir les tristes pages des écrivains de ces temps, sans être presque autant in* digne de leur^ réflexions que des ati^ocités qu'ils racontent. Croirait-on que le pape ordonna des prières publiques pour célébrer le massacre de quinze mille chrétiens, et que Sabellicus, auteur d'une Histoire de Venise {i) y Ahve jus<]^u'aux nues l'infâme piraterie de Canale? Quel siècle que celui où la religion consacre les sanglans délires de la raison humaine, et où les crimes les plus révoltans sont érigés par les historiens en vertus et en titres de gloire!
Canale, de retour à Négrepont, demanda de nou* velles troupes au sénat de Yénise : ce barbare méditait la ruine de Corinthe , qu!il espérait pouvoir stuprendre. Mais il n'en eut pas le t^imps, et le reale de la campagne n'offrit rien de mémorable. On s'attendait à de grands événemens pour l'aiïnëB ciiî^ vante; Mahomet, fatigué de Faudace des Yiénitiens, préparait contre eux une expédition formidable. Il
(i) Sab«Uicu8,^i>^ Venet. ^Mh.yiiu
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avait juré de venger les victimes de Sparte^ d*£nos et d'Athènes.
On év^ilue à 4po le nombre des vaisseaux armés pa r le sultan (1470); hors d'état de s'égaler aux Vénitiens pour l'habileté dé ses matelots , il voulut les épouvanter par le nombre de ses bâtimens.Sa flotte, qui rappelait les expéditions deXercès, sortit duBosphore et fit voile vers les côtes de la Grèce. Trois cent mille hommes , sous les ordres de Mahomet , avaient pris déjà la même direction par terrej l'Europe fut alarmée; Venise crût toucher à sa perte : on nesavait pas sur quel point de la Grèce ou de ritâlie allait, fondre cet épouvantable orage.
L'amiral Canale fut aussi lâche dans cette occasion qu'il avait été cruel à Enos. Il s'enfuit devant les Turcs avec trente-cinq galères, qui eussent sufli pour anéantir jusqu'au dernier des vaisseaux ennemis , là plupart mal armés, mal équipés, et surtout mal construits. Le sultan, pour grossir sa flotte, avait rassemblé tous les navires de commerce et tous les ' Mtimens de transport des échelles de l' Asie-Mineure et de la Mer-Noire. Il s'était moins attendu à battre les Vénitiens , qui passaient à juste titre pour les plus intrépides marins de la Méditerranée , * qu'à les eflfrayer du nombre de ses voiles. Heureusement pour lui ils n'avaient à leur tête qu'un Canale; tout autre amiral n'eût pas p(ft voir d'un œil sérieux cette immense procession, et aurait indubitablement puni le sultan de sa presomptueuse témérité.
Mahomet^ après avoir traversé la Macédoine et U
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Bcotie avec ses Iroupes de terre , s'urréta sur les bords de l'Euripe devant Chalcis^ la meilleure place des Vénitiens dans l'île de Nègreponl qui ieut appartenait tout entière. Lailotte qui n'avait rencontré aucun obstacle^ couvrit bientôt le canal de l'Eubée, et les Musulmans passèrent dans l'île qu'ils ravagèrent. »Pour empêcher les Vénitiens de secourir leur colonie; ils. fermèrent le canal par de grosses chaînes défendues par des batteries , et jetèrent en face de Chalcis un pont de bateaux sur lequel les janissaires et toute l'armée de Mahomet purent passer le détroit afin de commencer le siège.
Venise n'oublia rien pour délivrer cette île qu'elle? regardait comme l'une des plus impor^tes de ses possessions coloniales. Tous les vaisseaux disponibles furent armés et mis en mer } on ordonna aux gouverneurs de Corfouet de Candie d'expédier ve^rsNégrepont leurs meilleurs navires et leurs meilleiirs soldats; mais Canale garda le commandement de la flotte , et la faiblesse de ce chef inhabile était bien plus à craindre pour les intéiéts de la république que les armes de Mahomet.
Les Turcs ne perdirent pas de temps; ils étaient maîtres du pays (1^70) , mais ils ne pouvaient s'y maintenir tant que l'étendard de saint Marc flotterait sur les créneaux de Chalcis. Ils réunirait donc tous leui-s efforts contre cette place, qui avait été abondamment approvisionnée peu de mois auparavant. Les 25 et 3o juin,. Mahomet ordonna deux assauts qui liii coûtèrent beaucoup de monde ^
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mais qui épuisèrent les assiégés : le terrible sultan augmenta le nombre de ses batteries et attaqua de nouveau les murs de Ghalcis le 5 juillet. Il ne fut pas plus beureux } mais la garnison vénitienne , affaiblie par les pertes successives qu'elle avait éprouvées, suffisait à p«ine à la garde de tous les postes, et Cbalcis devait évidemirlent succomber, si la flotte cliréiienne permettait aux Turcs de Kvrer un quatrième assaut.
Canàle avait reçu des renforts de toutes parts;
I armée navale quHl comihandait molitait presqu'à cent vaisseaux lorsque les CHalcidiens le conjurèrent de {eut risquer potir les sauver. Le sén)ait lui avait donné <fes instructions conformes au vœu des assiégés. Un jour de retard était peut-elîre irréparable. .
II s*avaiiça donc avec toutes ses galères jusqu'à l'entrée de TEuripej mais il ne futlsuivi daiis le canal que par quatorze voîtes. Les' chaînes des Ottomans ne résistèrent pas au choc des galères , poussées par un vent violent : le pont lui-niéme allait ^re rompu, et Mahomet/ séparé du gros de son armée avec les troupes: ôccu^^éés an siège, ne pouvait éviter d'être fait prisonnier dans l'île , lorsque l'incUgne amiral arrête ses vaisseàUx e\ impose silence aux officiers qai le pressent de passer outre. La flotte des Turcs était- emb^sséa derauti'c côté du potit) ïûais dans un* lien si ëtro&t qu'elle n'eut' pu combattre. Loiude tirer parti' de cette circonstance, Canale, dans la présence des vaisseaux musulmans , n'aperçoit çic le motif d'uûe excessive prudeûcejillefait
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valoir et reste dans l'inaction^ en attendant que toutes ses forces soient réunies.
Le sultan avait vu le danger , il en avait frémi. L'immobilité subite des vaisseaux chrétiens le rassura. Soudain toutes ses troupes s'ébranlèrent^ sa flotte s'approcha des murs de la ville qui fut assaillie par mer et par terre. C'était le 1 1 juillet : les Musulmans combattirent jusqu'à la nuit sans pouvoir enlever les ouvrages extérieurs que les assiégés défendaient avec l'acharnement du désespoir. L^ salut de la place eût encore été possible j si Canale eût profité des ténèbres pour la secourir ; il n'eut pas le courage de le faire. Au point du jour l'assaut Tecommença^ il fut donné et reçu avec une égale fureur. Mais les Chalcidiens avaient perdu leurs meilleurs officiers et l'élite de leurs troupes : ils cédèrent insensiblement .au nombre et à la fatigue. Le soir du 12; Mahomet était vainqueur. Il fit égorger tous les habitans de Chalcis,ne se réserva que les enians en bas âge^ et punit de mort ceux de ses soldats qui avaient épargné les vaincus. Pendant que les japissaires exiécutaientcet horrible massacre; Canale rassemblait ses derniers vaî^eaux : ils arrivèrent pour assister à cette épo^va^table tragédie. Le lâche amiral , honteux d'avoir vu tomber une vijle qu'il j)Ouvait si facilement défendre ; s'empressa de quitter l'Euripe et vint attendre la flotte ottomane à l'entrée du golfe deNapoli. Mais il lasuivit sans oser l'attaquer, et reçut bientôt le châtiment qu'il mé* ritait. Il fut chargé de fers devant l'île de Nègre»*
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pont qu'il tentait de surprendre, et expia dans l'exil une partie des maux qu'il avait cau^ à sa patrie.
La prise de Ndgrepont réveilla toutes les craintes des puissances européennes (1471). On s'était cru jusque-là préservé des dévastations de Mahomet, tant que les flots de la mer servaient de rempart contre Im* mais la création subite de sa marine et Fessai qu'il venait d'en faire apprirent aux peuples , de l'Italie qu'ils devaient s'attendre à voir bientôt au milieu d'eux ses hordes dévorantes. Une ligue , que le pape s'eiForça de rendre puissante , et dans laquelle il parvint 'à faire entrer l'empereur d'Allemagne, releva le courage des Vénitiens j mais cette ligue n'était plus destinée à servir la cause des Grecs ; elle ne s'était formée que pour la propre défense des états qui y avaient pris part. Les Vénitiens avaient d'abord cherché à obtenir la paix ; le sultan leur proposa des conditions si cjures, qu'ils ne lui répondirent qu'en envoyant une nouvelle flotte sur les côtes de l'Asie-Mineure. Mocenigo, successeiir de Canale, partit de Modon avec trente-huit galères, et se présenta devant Mytilèrte. Après avoir mis à feu et à sang les environs de cette ville, il se dirigea sur Phocée, débarqua des troupes à peu de distance, et surprit Perganie, ville opu-„ lente peuplée de Grecs et de Musulmans , bâtie à plus de vingt milles de la mer.
La saison était avancée 5 il revint chargé de butîii et passa l'hiver à Modon où il s'occupa des préparatifs d'ime nouvelle campagne. Il avait fallu aux
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Vénitiens les cruelles leçons de l'expérience pour sentir combien ils étaient injustes envers leurs sujets grecs j ils avaient toujours affecté le plus profond mépris pour eu^. Oubliant ce que ces malheureux avaient été autrefois^ et les croyait incapables de sortir de Tespèce de léthargie ou la servitude les avait plongés y ils dédaignèrent de les admettre dans leurs armées : un corps italien se serait cru déshonoré si quelques hommes du Péloponèse y avaient été reçus. Les troupes grecques formaient des milices à part; elles étaient maltraitées par les autres soldats ; en butte à tous les sarcasmes et à tous les mauvais traitemens; c'était moins pour combattre que pour servir l'artnée européenne qu'on enrôlait de vive force les Argiens et les montagnards de la Laconie. Majs les progrès de§ Turcs et les rçvers successifs de la république forcèrent ses gckiéraux à changer de système. Ils réhabilitèrent en quelque sorte les habitans de la Morée dans l'opinion des YénitieçSy et firent disparaîtie la distinction injurieuse qui séparait les soldats en deux classes. Bientôt des compagnies cTe Grecs , disciplinées à Teuropéenne, grossirent les armées vénitiennes ^ et Ton reconnut Tutilité de ces nouveaux cprps aux services qu'ils rendirent. Mocénigo travailla sans relâche à organiser une cavalerie .péloponcsienne; et réussit au gré de ses désirs. Dans toutes ses expéditions , ^ qui furent constamment }^eureuses^ il employa plus de Grecs que d'Italiens; {es villes de la Morée qui appartenaient encore à la république, eurent desgar-
nisons grecques, et jamais elles ne furent plus vaillamment défendues. Cest ainsi que les Péloponésièns reprirent insensiblement le goût des armes. Us assisjtèrent dans la suite à tous les débats de Venise contre les sultans^ et partagèrent la gloire de ses armées. Ils défendirent leur propre pays sous Vélendard de saint Marc, et les habitudes guerrières qu'ils avaient contractées leur rendirent la domination turque si insupportable, qu'ils finirent par s'en délivrer tout-à-fait.
La flotte vénitienne se porta Tannée suivante sur les côtes de Carie (1472); et y exerça d'épouvantables ravages. Les milices grecques se distinguèrent surtout par leur acharnement contre les oppresseurs de leur patrie. Deux escadres , Tune envoyée par le roi de Napies et l'autre par le souverain pontife, étaient venues se joindre à Mocénigo. Après avoir reçu ces renforts, il n'eut pas moins de quatre-vingts galères sous son commandement. On doit regretter qu'une flotte si considérable ne se soit signalée que par des actes de brigaïïdage dont les chrétiens n'eurent pa« moins à souffrir que les Turcs, puisque dans toutes les viilesquifùrent saccagées* il y avait un égal nombre des uns et des auti^es. Satalie, au fond du golfe du in^me nom, fut la première cité désolée par les escadres combinées, qui traversèrent ensuite les Sporades et parurent au rivage d'Éphèsej le pays fut dévasté avec une barbarie sans exemple : non-seulement on mtassacra les habitans, mais encpre on brûla tes villages et l'on déu^wsit les plantations d'oliviors
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dans toute l'étendue que les cruels soldats de. Mocénigo purent parcourir. On vit alors à quel degré le fanatisme peut égarer la raison et faire oublier les devoirs les plus sacrés. Le légat du pape accordait une prime pour chaque tête de Turc qu'on lui apportait à bord de sa galère (i). Une telle soif de $4ng est inconcevable dans le ministre d'une religion de paix et de tolérance.
Entré dans 1# golfe Herméen, Mocénigo arriva inopinément devant Smyrne. Les troupes vénitiennes pénétrèrent facilement dans une ville ouverte et qui n'était défendue que par le désespoir de ses habitans. Ils s'y livrèrent à tous les excès , ne respectèrent pas plus les églises que les mosquées, et ne regagnèrent leurs vaisseaux qu'après s'être souillés du meurtre de plus de vingt mille x:hrétiens dont ils emportèrent les dépouilles. Cette horrible exécution se termina par l'incendie des maisons qui bordaient le quai, et Smyrne disparut bientôt dans Jes flammes. Clazomène éprouva le même sort, ainsi que plusieurs villes situées à l'embouchure de FHermus et dans les anses du golfe. Après ces courses désastreuses qui enrichissaient les soldats et les matelots sans être utiles à la cause commune, et sans nuire en quelque sorte aux intérêts des Musulmans, puisque les chrétiens étaient également victimes de la rage et de la cupidité des chrétiens , Mocénigo revint à Modon pour y passer l'hiver.
(i) Sabellicus, HisU Venet, , lib. ix, pag. ai 3.
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Mahomet n'osant pas risquer sa flotte contre les Vénitiens, se vengeait sur les possessions continental» de la république. L'Albanie, que ne protégeait plus la valeur de Scanderberg, fut de nouveau le théâtre d'une guerre d'extermination. Dans ces atroces représailles, où le crime sert d'excuse au crime, la Grèce fut opprimée plus cruellement encore que les autres provinces des Turcs et des Vénitiens : c'était sur elle que les deux partis faisaient retomber tout le poids de leur fureur. Aussi vers les dernières années de la vie de Mahomet , le Péloponèse , agité par tant de troubles , dépeuplé par tant de combats et tant de massacres , était-il presque entièrement désert.
Le sultan , occupé en Asie par la guerre que Venise lui avait suscitée de la part d'Uzun. Cassan (1473)-, sophi de Perse ( i), ne conduisit cette année aucune expédition en Grèce , mais ses généraux continuèrent d'ensanglanter le Frioul et l'Albanie. Sur ces entrefaites, les Vénitiens qui, dans leur insatiable ambition, songeaient moins à se défendre qu'à conquérir, usurpèrent le royaume de Chypre. Déjà , pour s'en -ménager l'occasion*, ils avaient fait épouser une Vénitienneau bâtard du jeunedeLusignan, le roi Jacques, qui avait lui-même arraché la couronne à sa sœur Charlotte (a). Le 6 juin i473; ce prince mourut,
(i) Galiimachàs Experiens^ Déhisquœ àVeneUs ientaia sunt^ etc., în-fôl. » Francfort, 160T. . (a) Guicbenon, Généalogie de la maison dé Savoie , tom. II, pag. u6.
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laissant trois, enfans naturels. Sa femme, qui était enceinte, devait conserver la régence du royaume; maîa les seigneurs de Chy^M-e, indignés de vo^ la souveraineté dç leur pays entre les mains d'une étrangère, ofTrirent le trône au bâtard du roi de Naples, irous la condition d'épouser Charlçtte, €Ue naturelle de Js^cques; et pour r^drç plasodieui: le joug des Vénitiens, ils accpsèrent les agens de ta république d'avoir hâté la^mort du roi par le poison.
Le peuple de Nicosie se souleva; plusieurs Yéni* tiens furent massacrés , entre autres le médecin du monarque défunt et le personnage qui av^tt négocié son. mariage avec une fiUç de Yenjise»
Be$ côtes de Syrie Mocénigç était aceouru en Chypre , et eut promptement étoufie Tinsurrection. Peu de temps après la reine accoucha d'uu fils qui fut baptisé avec le plus grand, appateil sou^ le no|H de son père* La n^iss^iM:e de cet héritier légpitime dç la royauté ayan^ achevé ^e calmejr lès p^otis , l'amiral vénitien ne jugent plus sa^ présence- néce^ saire , laissa quelques' gi^lères k Nicosie pour prot^ ger U reine en cas d^événomçDt^ et reprit le cours de ses brig^andages dans l' AsiQ-Mûnettro^ Il ne tardu pas à être rappelé en Chjfxç'j^x we oouv^IJi^sédîr tion qui éclata avec violçnoç* L^ gouvemopi?» de Candie , de Corfou et des viUeSi du Féloponèse lui envoyfreut de» troupes de d^rqpiemeiu arec lesquelles, au noB^ de 1% r^ine> il s'empaia do^ toutes lei. ferteies^ies à» ViU* Il punit do looi^t Iqui \^ ha-
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Litans qui avaient trempé dans la dernière conjumlion y et enleva aux Génois Famagouste , ainsi que quelques autres places moins importantes qu'ils avaient conservées dans l'île , dont il fit une colonie vénitienne. Un voile impénétrable couvre les moyens aux4|aels Mocëntgo recourut pour compléter le soccèâ de son expédition. On le soupçonna d'avcdr employé le poison afo de parvenir plus sûrement à son But. La mort prématurée du jeune prince qui vécut à peine un an^ semble confirmer ces affreuses présomptions. Ne sait-on pas d'ailleuis qu une perfidie constante.ëtait Tâme de la politique de ces temps? Quand im légat du pape tressaille de joie à la vue des têtes humaines dont les soldats viennent lui réclamer le prix, on ne doit pas s'étonner qu'un amiral «s'abandonne sans scrupule aux atrocité reprochées à Mocénigo.
Nous avons cru devoir dire un mot des affaires^ Chypre, parce que cette île, essentiell^Hent unie à la Grèce par le langage, le culte et les mœurs de ses habitam^ ne cessa de feire partie du Bas-Emptr^ qu'après te démembrement de ses provinces JDemeurés Grecs sous la domination des Latias , les Chyr priâtes le furent encore sous le }oug des Ottoinaus^ et par cela même leur histoire se trouve Itéeli relk des modernes Hellènes,
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