‹ Histoire des grecs modernes depuis la prise de ConstantinopleChapitre 10 sur 30 · CHAPITRE VIL é · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL é

La guerre se continue en Albanie. — Mahomet II accorde la paix aux Yénitiens.*- Expédition de Rhodes et d'Otrante j mort du Sultan. — Caractère de ce prince > ses institutions. — Les montagnes de la Chimère peuplées de Grecs libres. — Fin de la première époque.

SoLiifAïf Beglîerbey de Romanie^ lieutenant de Mahomet II, venait d'éprouver un échec en Moldavie quand' tout- à -coup, à la t^tc d'une nouvelle armée, il reparut sur les confins de la Macédoine, et entreprit le siège de Scutary, l'une des plus fortes places que les Vénitiens eussent conservées dans l'Albanie. Il poursuivait activement son attaque; mais il ne tarda pas à se voir contraint d'y renoncer. Mocénîgo, parti de Chypre avec sa £otte, arriva au secours des assiégés, tandis qu'un autre général de la république s'avançait de Lépante avec un corps de troupes composé en grande partie de Grecs et d'Albanais, qui parvinrent à dégager Scutary. Déjà, à cette époque, les Grecs étaient devenus la milice principale de Venise; il en passa en Italie im grand nombre qui^ peu d'années après, prirent part à la guerre que le pape suscita à la république.

Depuis la conquête de NégreJ)ont (i475), le Pcloponèse était tranquille; les V<^ui tiens i-enfermés

dans leurs forteresses ne s'exposaient plus à assaillir les V illes turques et n'exerçaient plus de brigandages. Ils se contentaient de naiaintenir leurs armées sur un pied respectable, et pour les recruter, il se trouvait assez de Gfccs qui, de l'intérieur, venaient à Modon demander du service.

Tel était l'état des choses, lorsqu'à l'ouvertuic de la campagne de 149^; l'attaque de Lépante par Soliman qui , ayant quitté brusquement les rives de l'Adriatique, était entré dans lé golfe de Gorinthe, fit croire que les hostilités allaient recommencer daps la Péninsule^ maisia ville fut si vaillamment défendue par les Grecs à la solde de Venise, que désespérant de réduire des remparts dont la résistance lui semblait invincible, Soliman, après quatre mois d'inutiles efforts^ prit le parti de s'éloigner et de renoncer* à de nouvelles tentatives. Cet événement put faire présager dès*lors qu'un moins triste avenir était réservé aux Péloponésiens. C'est, il est vrai, pour maintenir dans leur pays la doniination étrangère qu'ils combattent chez eux ^ m^is ils ont recouvré Jeur valeur. Un jour viendra qu'ayant recouvré leur patrie, ib sauront vaincre ou mourir pour "elle.

Mahomet II méditait depuis long-temps litie expédition digne de sa fortune et de ses exploits. L'île de Candie appartenant aux Yéaitiens, lui paraissait l'apanage naturel du dominateur de la Grèce ^ U résolut de s'en emparer. Les premiers essais de sa marine naiss^te ayaient étd tropheurçux pour

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