‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 119 sur 223 · VU · texte numérisé non relu

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Mon grand -père autrefois Usa, 0 lé té bin dans l'armena Que vous deviex naqui. En mourant y me pourscriv»

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aftn litre. L'invasion des Normands détruit l'œuvre de Çharlemagne... Toute la Teyphalie est mise à feu et à sang... Puis elle se divise en fiefs nombreux, dont les seigneurs se déchirent jusqu'à ce que les Plantagenels viennent les mettre d'accord. Henri 11, roi d'Angleterre, soumet l'Anjou elle Poitou. Règne de Richard Cœur-de-Lion... Au Ircizième siècle, querelle d'Arthur de Bretagne et de Jean-sans-Terre. Assassinat du premier. (Voir ]a Bretagne anrienne et moderne.) Henri III rend à la France la ville el la province de Poitiers.

Au quatorzième siècle, la domination française se rétablit, mais non pas sans résistance. Guerre dans le Bocage, au sujet de l'impôt du sel, rcrusé parte peuple à Philippe le Long. Philippe de Valois sanctionne les franchises des Marches communes de Bretagne et de Poitou. Nouvelle invasion des Anglais, conduits par le prince Noir. Bataille de Poitiers... Domination anglaise... Règne d'Kdouard 111. Le peuple lui refuse aussi l'impôt... Olivier de Glisson chasse les Anglais de l'Ouest. Charles Vil en reprend possession (quinzième siècle). Le reste de ce siècle est rempli par les querelles des ducs de Bretagne el des Penthièvre. el se termine par l'union de la Bretagne à la France.

Nous avons dil toutes les restrictions de cette union en faveur de la Brclagno. Les Marches de l'Anjou el du Poitou gardèrent aussi leurs privi-

léges. Ces privilèges, consacrés de siècle en siècle, déclaraient les Marcherons francs et exempts de fournir et bailler es armées, d*un caste m de l'austre, aucuns gens de guerre, ainsi que tous subsides et tailles, droits de débits de vin, etc., sur certificats des recteurs ou curés ^

Ainsi les libertés populaires étaient placées sous la garde et la garantie des prêtres

Qu'on s'étonne, après cela, de l'accueil que reçurent, en Vendée, la constitution du clergé et la levée des 300,000 hommes !

La ferveur catholique des Vendéens de 1793 est d'autant plus remarquable, que les aïeux de ces mêmes Vendéens avaient été d'acharnés huguenots depuis la Ligue jusqu'à la révocation de l'Edit de Nantes. Ceci mérite une courte explication, et coniirmera ce que nous avons dit du caractère personnel de ces hommes.

Les gentilshommes de l'Ouest étaient depuis longtemps des pères et des amis pour leurs paysans... Mais cette bienveillance patriarcale fut encore . surpassée, au seizième siècle, par ceux d'entre eux qui embrassèrent le calvinisme. Ils rallièrent donc sans peine à la religion nouvelle tous les vassaux qui composaient leur famille. Or on sait la guerre horrible et les maux sans nombre dont cette conversion fut la cause. Après un siècle de fureurs et de misères, après des flots de sang versés de part et d'autre, la Noblesse protestante s'exila ou rentra dans le giron de l'Église. Les Vendéens, profitant de la leçon, y rentrèrent avec leurs seigneurs, et les prêtres catholiques redoublèrent de zèle et de vertus pour effacer les dernières traces de la Réforme... De là, l'influence plus paternelle et plus efficace que jamais de la Noblesse et du Clergé ; de là, la terreur et la résistance des paysans de 1793, en face d'une nouvelle révolution religieuse... Car» pour eux, le serment exigé des pasteurs n'était rien moins qu'un changement de culte, — plus effrayant encore dans ses conséquences que les terribles souvenirs du calvinisme.

Ces souvenirs n'ont pas cessé de vivre dans la mémoire des habitants du Bocage. Dans leurs traditions de famille, aussi bien que dans les pages de l'histoire, on retrouverait toutes les phases de la guerre de religion : —

i Nous pourrions citer mille titres divers des immunités et franchises des Marches. En 1434, ' Jean, duc de Bretagne, reconnaissant l'antiquité des franchises dfs Marches, défendit d'y lever aucun impôt, sur ce que les Marchêronê reprétentirmt qu'ih étaient expoêéi continuelUmeni mup tneuratom déM gens d'armest pUlarda et Uuronê, En 1438, un procès-verbal solennellement dressé par le duc de Bretagne, d'accord avec le roi de France, déclara qtte^ d'ancienneté, lee habitante de» Mareket jouieeaient de leure privilégee. Par une charte rendue à Ancenis, le il juillet 1187, « Charles VIU fit défense à ses commissaires, sur le fait des pionniers d'artillerie, oost et armée, étant devant Nantes, d'en lever dans les Marches, et reconnut que, par les guerres qui avaient nourri les temps ptnés, leurs habitants étaient francs et exempts de toute taille et levée. » Depuis l'Union, les privilèges des Marcherons consistaient dans l'exemption de la taille ( moyennant une somme de 728 francs appelée abonnie)^ des fouagcs, des droits d'entrées et de sorties pour les provinces adjacentes (sur certificats des recteurs ou curés), dos droit» de débit de vins, et surtout dans l'exemption de la milice.

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