CHAPITRE ONZIÈME
d*Andclot et Coligny en Poitou ; — le prince de Condé; — Théroïsme de Thomassau de Curzay ^ ; — le siège de Saint*MicheI en Lerm par les huguenots ; — la prise de Beauvoir par les catholiques ; — Lanoue à Velluire et aux Sables; — Henri IV au Parc-Soubise, à Fonienay, à Montaigu,à Glîsson ; — la bataille de Pirmil ; — les ligueurs chassés par le grand roi ; — son entrée triomphale à Nantes ; — la première pacification : — puis la seconde guerre sous Louis XIII; — Parthenay de Soubise à la tête des protestants; — la prise et le pillage des Sables ; — le fameux siège de la Rochelle ; — enfin la pacification de Richelieu, c'est-à-dire, les châteaux et les têtes rasés du même coup.
Cette guerre d'extermination avait été précédée d'un nouveau soulèvement contre l'impôt du sel (1548). Tout le Poitou s'était armé alors, comme il le fit en 1793. Et, en lisant ce sanglant épisode dans les annales d'Aquitaine, on croit lire Thistoire de la Vendée moderne. Ce sont les mêmes hommes, «c laboureurs et gens rustiques, ayant leurs prêtres à leur tête;» les mêmes moyens, le tocsin; les mêmes armes, «bâtons ferrés, arbalestes,épées;haquebouses,pougnards et autres espèces d'engins; » les mêmes chefs, a un gentilhomme choisi par les Communes pour leur grand capitaine et couronal. » Des rassemblements portés jusqu'à cinquante mille /ntoux (paysans] , — et de part et d'autre, des châteaux brûlés, des maisons saccagées, des massacres, des brigandages, etc.
Il n'y a plus de protestants en Vendée depuis la révocation de l'Édit de Mantes; mais le Concordat de l'Empire a élevé une grave dissidence entre les catholiques. Plus de trente curés refusaient encore de le recevoir en 1820, et reconnaissaient pour évêqueM.deCoucy,malgré M. de Coucy lui-même. Cette secte formait ce qu'on appelait la petite Eglise. lien reste encore des débris importants qui s'obstinent à n'avoir aucune correspondance sacrée avec les catholiques, et qui ont choisi pour chef un gentilhomme habitant de la Gaubretière.
Cela n'empêche pas la Vendée d'être , avec la Rretagne, le pays le plus religieux de la France. On y compte encore les couvents et les congréga-
^ Le duc de Goise fit conn«Ure à ce brave orficicr angevin, retiré du service et couvert de blessures, les intentions du gouvernement sur la manière de célébrer la Saint-Barthélémy, et lui enjoignit de s'y conformer. Cet oilicier s'empressa de faire la réponse suivante :
« Monseigneur, je porte d'honorables marques de mon zèle et de ma fidélité pour le service de mon roi; je chéris plus ces blessures que les marques d'honneur dont Votre Altesse me veut décorer, parce que je les ai acquises par des actions nobles. Vous me dénigreriez dans votre cœur, monseigneur, si je les acceptais en vous obéissant dans un oirice qui ne convient qu'uux ennemis de son roi et de son État. l\ n'y a ici un seul homme dans les citoyens, ni dans la raffetaille, qui ne soit prêt à sacrifier son bien et sa vie pour le service du roi; mais il n'y en a pas un seul, dans ces différents états, qui voulût exercer un office aussi odieux et si contraire à l'humanité. Je suis le...
« Ce i3 août 1592. Signé Thouassau de CrnzAY. »
Malheureusement, on trouva un serviteur moins .scrupuleux dans le comte de Montsoreau. ( Voir les Ikcherektn hintoriquen mw la vit le de Saumur, par M. Bodin, t. Il, p. 78, etc.)
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tions par centaines. Nous citerons entre autres les FilU» de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Sèvres, ce monastère vendéen par excellence, dont le fondateur est le célèbre tirignon de Muntfort.
Le fond du caractère religieux des Vendéens est toujours l'indépendance. Ils acceptent la domination du prêtre pour se refuser plus sûrement à toute autre sujétion, et parce que le prêtre lui-même n'est plus pour eux un homme, mais le représentant de Dieu. Tacite pourrait dire encore de ces paysans ce qu'il disait autrefois de leurs ancêtres : « Le peuple choisit ses chefs, qui commandent par l'exemple plus que par l'autorité. Personne n'a le droit ni de punir ni d'emprisonner, pas même de frapper, à l'eiception des prêtres; cl ce traitement ou l'envisage de leur part, non comme un châtiment ni comme l'ordre d'uu supérieur, mais en quelque sorte comme le commandement du Dieu qu'ils croient présider aux batailleti. »
L'influence des Nobles en Vendée, toute grande 4|u'e]le fût en 1795. était donc subordonnée à celle des prêtres. Des a^enls féodaux, envoyés de Paris à Maulevrier en 1789, causèrent un soulèvement dcspuysans.qui faillirent incendier le château. La paix ne se rétablit que par la disparition