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la commission militaire de Lnval se vantail d'égorger les fanatiques et les scélérats par douzaines, et d*arrachcr de leurs niches tous Ics-saints ci toutes les saintes du pays...
Honneur aux bons Républicains qui prenaient encore le dessus de ces lâchetés ! L'abbé Doucin venait d'être arrêté, et passait devant un conseil de guerre. Un témoin à charge ose raconter comment l'homme de Dieu a sauvé cent cinquante Bleus à Antrain. Les juges s'émeuvent, et, au risque de leurs jours, absolvent l'accusé.
Les Vendéens pouvaient, après leur double triomphe, occuper Rennes et rejoindre les Chouans morbihannais. Le mal du pays ne leur en laissa pas la force. Une dysscnterie cruelle les décimait d'ailleurs, et les populations les plus dévouées leur refusaient tout secours, sûres d'être, après leur départ, sabrées par les conventionnels. Bref, rien ne put détourner la marche rétrograde et fatale.
Les Bleus n'étaient pas moins désorganisés. Kléber força Rossignol de céder le commandement à Marceau. Thomas-Sévcrin Marceau n'avait alors que vingt-quatre ans. Né à Chartres en 1769, d'un procureur de celte ville, il avait salué la Révolution qui lui promettait la gloire; et parti enfant et soldat du toit paternel, il s'était élevé d'exploit en exploit au grade de général. M. Crétineau en fait un éloge qui ne sera pas suspect : «Sa noble physionomie, sa taille élevée, avaient un ensemble de gr<îce et de majesté qui séduisait. D'une fierté souvent rude et sévère, il savait faire respecter son autorité en un temps où personne ne voulait obéir. Ami de la liberté, mais encore plus ami de la pairie et de la discipline, il se montra, en Vendée comme sur les frontières, le plus implacable adversaire des excès et des réactions. Son patriotisme était aussi désintéressé que sa vertu était touchante ; et lorsque, dans les défilés d'Altinkirchen, il fut, en 1790, frappé à mort par une balle tyrolienne, les Autrichiens et les Français, pour honorer tant d'héroïsme, déposèrent leurs vieilles haines sur sa tombe. »
Marceau accepta le commandement provisoire et réorganisa l'armée avec Kléber. Mais quelle que fût son activité, les Vendéens, repassant par Laval, gagnèrent Angers avant lui... C'était le 4 décembre. La Rochejaquelein et son conseil ordonnent un assaut général. Stofflct promet le pillage. Les paysans, exténués, refusent l'un et l'autre. Leurs chefs les entraînent enfin au combat. Il s'agissait de rouvrir la porte de la Vendée. Mais Angers fut bien défendu parBeaupuy, par Ménard et par lesconvenlionnels Levasscur, Francastel, Esnue - Lavallée, qui entraînèrent les habitants aux armes. Les Vendéens cependant assaillirent avec énergie la porte Cupif. Plusieurs chefs s'y firent tuer. El La Bochejaquelein allait forcer la position, quand le républicain Marigny le surprit par derrière. Les paysans se crurent attaqués par Tavant-garde de Marceau, et prirent la fuite en désordre. Le siéjie n'avait duré (|ne deux jours.
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OilAPITRE SEIZIÈME. 481
Marigny surpassa, en celle occasion, son homonyme vendéen *. Richard- Duplessis s'élail rendu à lui loul couvert de blessures, en disant : — Je viens de verser le sang de vos soldats, versez le reste du mien. Marigny lui jeta un mouchoir pour bander ses plaie::, et le renvoya sain et sauT. Il lui demanda seulement pourquoi les Vendéens s'obstinaient à se battre. — Pour se défendre contre la République, répondit Richard, résumant ainsi d'un mot toute In guerre.
Voyant ce brave revenir au camp, La Rochejaquelein adressa à Marigny les deux seuls prisonniers faits par ses soldats, offrant d*en échanger toujours dix contre un. Un instant après, Marigny était coupé en deux par un boulet de canon. La Convenlion, qui Peut destitué vivant, crut devoir honorer sa mort. Elle offrit son cheval de bataille à son père, au nom de la République.
Levasseur avait si bien exalté les Angevins, qu'après le départ des brigands, « ils firent une procession lustrale, et brûlèrent Tencens de la patrie pour purifier leurs murs du contact des royalistes. » Les conventionnels mirent leur cachet au programme de la fête en décrétant, à la façon des Iroquois, « que toutes les têtes des brigands tués pendant le combat des deux jours seraient coupées et disséquées pour être exposées sur les remparts au bout des piques. » Les médecins autorisés par le District se mirent h l'œuvre, mais le dégoût ralentit leur scalpel, si bien qu'il fallut renoncer à ce beau spectacle.
Les vivants payèrent malheureusement pour les morts. Francastel y le Carrier de la ville, avait déjà envoyé une masse de prêtres à la pêche du corail, c'est-à-dire, au fond de la Loire. Un troupeau de femmes ne lui avait échappé que grâce au dévouement du capitaine Pavé, qui les dirigea sur Paris, au lieu de les passer par les armes. Le proconsul fit massacrer en quarante-huit heures tous les prisonniers vendéens, au nombre de près de deux cents. Les 82 ans de madame d'Aubcterre ne purent la sauver. Le jeune Norma, un enfant qui se rattachait à la vie, s'échappa deux fois tout sanglant, et fut tué dans les marais « comme un canard sauvage. »
Cependant la Vendée s'était émue au retour de ses enfants. La Bouère et Pierre Calhelineau entreprirent de leur ouvrir les Ponts -de -Ce. Ils battirent à Bressuire le général Desmares, qui se vanla, tout en fuyant, de les avoir mis en déroute.
C'est alors que mourut le jeune héros, Joseph Barre, dont le nom est devenu si populaire. Depuis une année, ce Républicain de douze ans se battait à la tête d'un régiment de hussards. Après avoir chargé avec fureur et terrassé deux Vendéens, il se fil tuer le 20 novembre, plutôt que de se rendre avec les deux chevaux conquis par sa bravoure. Le noble enfant envoyait à sa
* Ccloflitrû^r républiciin se nommait Roiiin do Mnrij^ny. Il ('tnit d'une noble famille du Poitou.