‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 153 sur 223 · CHAPITRE SEIZIKMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIKMK

Au feu les Vendéennes ! Les prêtres, la croix à la main, ouvrent le ciel aux braves et vouent les lâches à l'enfer. L'abbé Doucin, de Tlle-de-Ré. cric à deux mille hommes : — Livrerez-vous vos familles au sabre des Bleus ! Non ! c'est impossible ! A genoux, mes enfants, recevez Tabsolution, et niiez mou< rir ! — Et les deux mille hommes s'élancent au cri de : Vive le Roi ! nous allons en paradis! Cependant La Rochejaquelein apprend cette erreur et ce désordre. l\ revient ventre à terre. Il se montre à tous! Il menace, il supplie, il désespère : — Mourons donc! s'écrie-t-il ; et, les bras croisés, il affronte une batterie républicaine. La mitraille vole autour de lui sans le toucher : — Allons, dit-il, la mort ne veut pas de moi ! — Et il court à l'aile droite, où l'appelle un feu roulant.... C'est Talmont qui, avec huit cents gars, arrête toute l'armée bleue, et lui cache la déroute des Vendéens! Tant d'héroïsme rallie les fuyards les plus égarés. L'abbé Doucin arrive avec ses deux mille hommes. Stofdet, Marigny et La Rochejaquelein s'unissenl. — Ménagez vos dernières cartouches, dit le général aux sauveurs de la Vendée, ne tirez qu'à bout portant. — El ces malheureux, qui se croyaient vaincus, détrompés enfin, ressaisissent la victoire. Rossignol est enfoncé; Kléberlui-mcme recule. Les Mayençais fontd'inutiles miracles de bravoure. Marceau seul protège la retraite des Républicains jusqu'au bois deTrans. La joie des Vendéens dépassa leur épouvante. Rentrés en triomphe h Dol, ils remplirent la vieille église en chantant le Vexilla Hegis, Ils s'agenouillaient devant l'abbé Doucin. Ils remerciaient leurs femmes d'avoir relevé leur courage. Ils s'embrassaient comme des condamnés graciés au pied de l'échafaud.

Le lendemain, nouveau succès qui pousse vainqueurs et vaincus jusqu'à Anlrain. Cent cinquante prisonniers et blessés restent au pouvoir des Blancs. Les traiteront-ils comme l'ont été les leurs à Fougères *?C'esl l'avis du plus grand nombre ; mais l'abbé Doucin et les généraux obtiennent la grâce des Bleus, qui sont renvoyés à Rennes avec des secours et ces mots de La Rochejaquelein : «C'est par des actes d'humanité que l'armée royale se venge des cruautés des ennemis. » Nous enregistrons ces faits avec d'autant plus de soins, qu'ils vont malheureusement devenir rares. Les autorités de Rennes répondirent à cette générosité en faisant trancher la tête à M. de Hargnes, pris par les Bleus au combat d'Antrain. D'un autre côté.

< A \\ Taut te dire, écrivail Gainou à Robespicrrti , que des soldats indisciplinés se sont portés dans les hôpitaux de Fougères, y ont égorgé les blessés des brigands dans leurs lits. Plusieurs fenimes des brigands y étant malades, ils les ont violées et les ont égorgées après, b

< A Fougères, assure d'une autre part le Vendéen Beaunais , nous accordâmes \h vie à environ son prisonniers. Néanmoins, après notre départ, tous les blessés que nuus y avions laissés furent suppliciés de la manière la plus cruelle et la plus longue. Des incisions cruciales furent faites nui pieds , tous les membres sans exception furent coupés peu à peu ; les femme<} que Ton prit furent traitées do même, cl des cartouches leur furent mises pour finir par une explosion. »

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