‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 18 sur 223 · L. tis,M MKpp. i-cu^ droiture · texte numérisé non relu

L. tis,M MKpp. i-cu^ droiture

Louis XJV avait laissé le gouvernement de la Bretagne h l'un de ses enfanls

naturels» le comte de Toulouse. Le Régent» dont les premiers actes furent autant de démentis au grand Roi, enleva indirectement notre province au comte-amiral, en y envoyant le maréchal de Montesquiou avec le titre de commandant au nom de Sa Majesté, La malveillance du maître était asse< indiquée par le choix du serviteur, et celui-ci ne se donna pas la peine de la dissimulation. Malgré tous les honneurs et tous les présents dont Rennes et Nantes le comblèrent, il flt dans ces deux capitales rentrée la plus dédaigneuse et la plus insolente, refusant les clefs de la dernière ville, comme noos Tavons déjà dit, parce qu*on ne les lui ofllrit pas dans un bassin d*argent. Cette morgue fut bientôt imitée par les moindres officiers du maréchal, qui se firent un jeu d*insulter jusqu'à des femmes, et de pousser à bout la patience de la Bretagne.

La réponse de la Bretagne ne se flt pas attendre.

Déjà nos Trois Ordres avaient relevé la tête depuis qu'ils ne sentaient plus peser sur eux le grand sceptre de Louis XIY. Nos seigneurs s'étaient souvenus que leurs aïeux régnaient naguère dans leurs grands et petits fiefs ; nos évéques et nos chapitres, que leurs prédécesseurs avaient créé les institutions et les libertés de nos villes; nos Communes et nos Milices, qu'elles n'étaient devenues françaises qu'à la condition de garder ces libertés, jurées et violées par tous les rois. Les uns et les autres n'attendaient donc qu'une occasion de réparer le passé et d'assurer l'avenir, par une manifestation éclatante ^ Cette occasion se présenta aux Étals de Dinan en 1717.

On sait qu'aux termes de l'acte d'Union, et sauf les empiétements de la Monarchie, la Bretagne ne devait au Roi que certains droits particuliers , auxquels elle ajoutait ce qu'elle appelait le don gratuit j spontanément voté par les États. Craignant qu'on ne lui refusât ce don facultatif, à la suite de ses exactions à maiu armée, Louis XIV Tavait rendu obligatoire sous forme de capitation ou d'abonnement, et en avait élevé le chiffre jusqu'à trois millions par tous les moyens qu'on a vus. Les États supportèrent cette double offense et cette double infraction jusqu'en 1689. Ils réduisirent alors la capitation à un million cinq cent mille livres. Les Trois Ordres, réunis à Dinan en 1717, sous l'impression de mouvements populaires encore menaçants, résolurent d'aller plus loin que les États de 1689, et de rentrer dans l'ancienne liberté du don gratuit. Le Régent fut informé par ses espions de leur dessein; et, voulant du moins emporter le vote par acclamation, il réduisit volontairement la capitation de cinq cent mille livres. Le maréchal de Montesquiou ne demanda donc qu'un million aux États de Dinan. La manoeuvre était adroite, et propre à écarter un dangereux précédent ; mais

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