CHAPITRE CINQUIÈME
héros que la Bretagne se glorifie d'avoir vus naître dans son sein. En les y voyant rentrer, qui de vous, ô mes concitoyens, ne verserait des larmes de joie?... Vous les voyez couler, monsieur... Assurez donc ces héros que TArmorique a eu ses Régulus comme Tancienne Rome, et qu'en se couvrant de gloire aux yeux des hommes , ils ont mérité, par leurs vertus chrétiennes, la couronne de Timmortalité. »
Les héros et les saints furent glorifiés ainsi dans presque toutes les villes, — mais non pas toutefois à l'unanimité; car leurs succès mêmes divisaient déjà nos trois Ordres, — comme on va le voir par les événements deQuimper. .
Quelques jours après, le 24 septembre, le Parlement de Paris faisait sa rentrée triomphale — et triomphale surtout par les Bretons. l.es magistrats parisiens, moins populaires qu'eux, se laissèrent glorifier en leurs personnes. Nos députés arrivèrent au Palais , à travers les acclamations de la foule. Là, des officiers en robes courtes vinrent les recevoir au bas du grand escalier. Les tambours battirent aux champs comme pour l'entrée du Roi, et les magistrats, se découvrant, crièrent avec le peuple: — Honneur aux Bretons! Chapeau bas devant les députés de Bretagne l
Le Parlement de Rennes eut bientôt son tour. Le 10 mai, les troupes quittèrent le Palais , et les magistrats rappelés s'y installèrent immédiatement. Tous les corps publics vinrent les féliciter. 11 y eut un Te Deum en robes rouges aux Jacobins. La cour fit élargir trois prisonniers, dont elle paya les dettes, et la fête se termina par un feu de joie sur la place Royale.
Cependant , quelques membres étant encore en exil , les remontrances au Roi recommencèrent dès le lendemain...
Mais le jour fatal d'une autre lutte — summa dies, inelvclabile tempus — était arrivé. Victorieuses en commun de la Monarchie, la Noblesse et la Bourgeoisie se retrouvaient face à face, avec leurs rivalités implacables. Toutes deux sentaient que les États-Généraux annonçaient une nouvelle ère politique, qu'une bataille décisive allait se livrer entre le passé et l'avenir; et l'une comme l'autre avait inscrit sur sa bannière : Vaincre ou mourir pour la liberté! Or la liberté, pour la Noblesse, c'est le maintien des fran-
Portier filt, Porti«r àe Lantimo, Prébois, de PraiHtomnie de L'Angle, de Qnelo; les ivcteors de Seint- Clénient, de SatntrDenit, de Saiot-Jeen, de Saint-Laurent, de Saint-L^nard, de Saint-Nicolas. deSainto- Bad^onde, de Saint-Satarnin , de Saint-Vincent, le comte de Rexé, le vicomte de Rné, le chevalier de Rei^, Richard de La Pervenchère, Richer alnë, Richer cadet, Richenx, RiiMy, RivM père. Rivet fils, de Robineau, le chevalier de La Roche-Saint-André, Ro^ de La Monchetîère, Rognes, du Roretsis père, de Rostly, Roassean des Melotries, de La Roussière, Ronx, Roiier, Rucher-Bazelais, de Santo, Sarrebourse, O'Schiell, Chnt et Delessart, Schweighauser et Dobrée, le marquis de Secillon, Ang. Simon, Siochan de Kersabiee, Soather, le chevalier de Saint-Aignan, de Stocker, Simon de Kervion, J. Tanguerai, Taschereau, J.-B. Thébaud, de La Thébandière, Tarin, J. Tessier, Thoinet aîné, Thoinel jeune, Thomas du Cordie, Thttmingrr, Tourghouillet, Tobin, de ToUenare, de Thouaré, la comtesse de Trêves» le marquis de Tre- ▼elec, Mlle de Trevelee Kerolivier, de La TuUaye, de La Tullaye de Goetgnelfin, de La Tullaye de Varennea, de La Tnrmelière, de Tnssac, Orien, Othof et Hacntjens, le chevalier de Vay de La Perverie, de Valleton du Désert, de Valleton frères, Vallot, F.-M. Van Nennen junior, de Vandoré frères, de Villaine, Villemain^ le prétideot de La ViUcfacho, Wilfelscheim, J. Wilms.
IM BBETAUiNi: ET VENDËE.
chises bretonnes, donl faisaient |>anie ses privilèges; et la liberté, pour le Tien-Étal, c'était l'abolition do ces privilèges, — même aux dépens des franchises bretonnes. Si la cause des premiei*» semblait plus nationale, la cause des seconds paraissait plus sociale. Hais laissons ces paroles creuses et sonores, pour trancher le mot propre et vrai, une fois pour toutes : Derrière son drapeau plus ou moins fastueux, chacun avait son intérêt personnel et sa devise secrète. Celle de la Noblesse était : — Ce qui ett bon à prendre est bon à garder. Celle dn Tiers-État, nous l'avons déjà dite : ~ Ote-toi de ià que je m'y mette.
Ia grande députation était encore A Paris, que déjà la division é(;latait en Bretagne. Vingt libelles persuadèrent au Tiers que la noblesse le dupait sous le masque de la nationalité, qu'un grand complot se tramait contre lui entre l'Église et les Gentilshommes, et que les plus dangereux instruments de ce complot n'étaient autres que le Parlement et la Commission des États. Aussi, quand H. de Botherel vint à Quimper, le 15 aoîkt, croyant trouver encore tous les Bretons unis, quelle fut sa surprise, à lui naguère porté en triomphe, de se voir accueilli par des huées populaires : — Vivent le Hoi et le grand Batftiage! Au diable le Parlement I elc,
Un revirement bÎ brusque ne démonta point le courage du syndic. Un domestique lui ayant jeté sun bonnet de laine à la (Injure, il le lui remit froidement en lui disant : — Vous allci vous enrhumer, mon ami.
Toute la boiii^coisic de Quimper, gagnée par le présidial, cl surtout par e sénéchal Lo Goaziu do Kci'véb'gan — lioniiiio de bien d'ailleurs, — s'était