‹ Histoire des guerres de la VendéeChapitre 83 sur 223 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

armée de cent cinquante mille hommes, se trouvèrent assemblés, le 19 janvier 1790, dans la ville centrale de notre province. Reçus et fêtés chez tous les bourgeois, et même chez quelques nobles, ils commencèrent, à la façon des anciens Etats, par aller entendre la messe à la paroisse, tambours et garde civique en tête. Le respect de la religion, comme le dévouement au Roi, était encore à Tordre du jour. « On voulait, dit le procèsverbal, unir l'amour de la patrie à l'amour de Dieu, pour fixer le caractère de la sainte confédération projetée. »

Après la messe, et dans l'enceinte même de Téglise, Choudicu, Moreau et Girard prononcèrent des discours sur la nécessité de l'union patriotique. Puis, groupés*dans les chapelles latérales, les jeunes députés nommèrent les commissions chargées de vérifier les pouvoirs. A trois heures, on forma le bureau dans le réfectoire des Pères Récollels, offert par eux-mêmes aux jeunes gens de l'Ouest. Moreau fut porté à la présidence; Choudieu, Ponsard,LeQuinio,Guépin, Blin, Blad,Ddgorne,Beslay etde Champcaux s'assirent à ses côtés; sur une estrade, auJond de la salle. Le reste des députés occupait la vaste pièce, et la multitude des curieux se pressait dans le cloître. L'assemblée se déclara d'abord légitime, et autorisée par l'intérêt public, — ce qui ne laissait pas que d'être un implicite aveu d'illégitimité; puis, après quelques paroles et beaucoup d'acclamations, il fut décidé qu'un acte authentique consacrerait l'œuvre des fédérés.

Le lendemain, la grande nouvelle de la condamnation du Parlement éclata comme une bombe au milieu de la réunion. Des orateurs peu généreux, rappelant les Cordeliers et le champ de Montmorin, donnèrent à grand bruit le coup de pied de l'âne au lion renversé. Moreau sentit que ces invectives étaient sans courage et sans à-propos, et, après des efforts réitérés pour imposer silence à la haine : a Puissent nos magistrats, dit-il habilement, ne jamais oublier que la volonté du peuple est imprescriptible! qu'ils soient citoyens comme nous, et nous leur pardonnons une

Tresengny-Goillemot. —A la Guerclie : Razeaa de Serinais —A ia Roche-Dcrien : Tauvel, Lcsaox — A la Rodic- Dernard : Preciaox, Legrip de Trcné, Haumoot des Prés. — A Lesncven : Dagoroe, Priser. — Au ViCQX-Marché : Les dépotés de Lamballe, par procuration. — A Locornan : Leisségoe!:. — A Locminé : Pcpion, Casiac, Turiau Moricean. — A Lorient » Deschiens, Lcmir, Ulliac. — A Loudeac : Raffray, Neliel de Plancis.— A Matignon : Les députés de Lamballe, par procuration. — A Malestroii : Cbaignard de la Hublais, Auberi, Fabrony. — A Monconlour ; Glais de la Villeblancbe, Cauiier du Taillis. — AMorlaix : Traoulen, Leloutre, Martin, Delormc. — A Paimbœuf : Blanchard du Châlel. - A Palnipol : Lamberl, Thomas de Kcranneaux.- A Plencé : Us députés de Jugon, par procuration. - A Ploermel : Dumay, Eonnet. — A Ponirieux : Lcbrigand, Bernard. — A Pontivy : Guépin, Tahier, Violard, de Kerisouet. — Au Port-Louis : Rattier. — Au Pouliguen : Les députés du Croisic, par procuration — A (Jaimper : Courz, Girard, Demizit.— AQuiroperlé • Treniizeau, Bilfeiie. — A Quiulin : Mercier, substitué par M. Belhom, Basset, Henri de la Touche.— A Rennes : Moreau, Ponsard, Blin, Moricc du Leniin.— A Rhedon : Lallemand, Latouche, Heoicry, Besnié. — A Rhuis: Le Quinio de KerbUy, Pichon. — A Rochefort: Glllet, Jouan.— ARostrenen : Verdier, Jolivei.— A Rohan •• Leboucher, Leverger.-A Salni-Brieuc : Champeaux, Bousard, Hamclin.— A Sainl-Maycux : Coledo de Kervily. — A Saint- Malo : Moulin, Chifuliau, absent.—A Salnt-Pol : Lorin, Perreault. — A Sainl-Servan : Botrd«, Pagelci.-A Tinliniac : Les députés Av. Combourg, par procuration.— A Treguier : Dagoasmeur du Portail, Lesblaye. — A Vannes: Bourgerel aine, GrignoD. — A Vitré : Lecocq de Lecotals, Frin des Bœuvrières. — A Uzcl : Booamy, Boissièrc, Colin.

Fait en commission, le «5 janvier 1790. Signé : Bcsiay flls, Dagorne, Gonez, L. Moulin, Polon, Boulard, Moreau, Pcnrd, Robinet et rtliar.

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erreur fatale à eux-mêmes. » Ces paroles de paix furent couvertes d'applaudissements et consignées an procès-verbal.

Spectacle étrange et prodigieux que ces jeunes gens, à peine sortis des bancs de Técole, frappant de leur clémence hautaine les vieux magistrats qui les condamnaient la veille, — et cela par Torganc d*un étudiant dû septième année qui n'avait pas su mériter son diplôme, d'un avocat manqué destiné à devenir un si grand capitaine, enfin de ce Moreau qui devait un jour se trouver face à face avec le destructeur de la Révolution qu'il avait commencée, — comme autrefois César et Pompée se rencontrèrent sur les déjbris de la république romaine ^

Le 27 janvier, l'acte fédératif fut délibéré solennellement, et le 29, on alla à l'église remercier Dieu de cetlc union, et en jurer le maintien perpétuel. En tête de la procession marchaient les grenadiers de la milice bourgeoise, puis le président Moreau, dans son uniformed'artilleur national, au revers amarante, et les commissaires civils de Quimpcr en habit à la française, enrichi de broderies d'acier; — puis, par ville et par ordre alphabétique, tous les fédérés en uniformes, aux revers variés de chamois, d'amarante et de rose, puis les compagnies des chasseurs nationaux, celle de la maréchaussée, celle des dragons, aux corsets rouges à revers noirs, tous enseignes déployées, épée nue à la main, au son des trompettes et au roulement des tambours, au milieu d'une double haie de peuple accouru de tout le pays environnant.

Arrivés à l'église, les dragons formèrent le cercle dans le chœur, le comité prit place à gauche, le président et le bureau à droite, derrière eux la garde civique et la maréchaussée, les porte-drapeaux des deux côtés de l'autel, les deux cents députés dans la nef.

Bientôt le président monta en chaire, et donna lecture de Tacle fédératif, ainsi conçu :

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