‹ Histoire des guerres de religion dans la MancheChapitre 10 sur 11 · ADDITA · texte numérisé non relu

ADDITA

On trouve, dans un roman de M. Lottin» intitulé U$ ConUes de Mantganmery (Paris, L. de Potter, 1842) , quelles détails sur h rigoureuse exécution de rarrét prononcé contre le célèbre Montgômmery de notre hî»toire. Ces détails, annonçant uneconnaissance personnelle des lieux et semblant marqués au com de la vérité, nous en hasarderons la reproduction, comme complément d'un texte, où ils auraient peut-être interrompu la marche des événements.

« La haine de Catherine de Médicis ne se borna pas à l'assassinat du comte. Ressuscitant] ks plus ^ujfantables coiit;imes fdodales, elle fit démolir la forteresse de Montgômmery ; les pierres en furent enlevées , et la méchanceté se montra Ik si furieuse, que les fondemwts furent dispersés et jetés au vent ; il n'y resta nulle trace d'habitaticm. Après ce cruel abus de pouvoir, la reiM fit attacher Técu de Montgômmery à un pal , le chef en bas, et la main du bourreau le brisa; puis on sema le champ de sel, en signe de malédiction, et les environs durent rester en friche.

» Aujourd'hui , le voyageur retrouve encore les lieu où vécurent tant de vaillants hommes: c'est un monticule

dominant de vastes plaines et le val de Yimouliers; le revers est inculte » les fossés sont garnis de mauvais bois, et l'entonnoir où le bourreau sema le sel est ensemencé. Le vieil if seigneurial tombe en ruines; mais les arbres d'alentour, ces témoins accusateurs de la vengeance et de la déloyauté de Catherine, disparurent queli{ue temps avant la Révolution. Elle les avait Sût couper tous il h hauteur d'homme, dans un rapn circulaire d'une demilieue , afin , disait-elle ^ de montrer k la France jusqu'où pouvait aller la puissance d'une reine courroucée. -— Un vieillard presque centenaire dit un jour k M. AuguM Le Prévost qu'il avaût encore vu, dans sa jeunesse, ces arbres mutilés en grand nombre, desséchés sur pied pour la plupart et ressemblant à des spectres. •

Dans l'histoire des monuments, il y a deux dates qu'il importe autant de constater l'une que l'autre: celle de four origine et celle de leur destruction. Ainsi feronsnous, en partie, pour deux édifices mentionnés dans le corps de notre ouvrage , et que Ton demanderait vad- Bernent aujourd'hui k la ville de Yalognes.

Le premier est le couvent des Gordeliers, dont nous possédons la charte même de fondation, et dont on retrouve d'ailleurs un extrait dans le mémoire de H. de Yaudival, pnbUét sans nom d'auteur, aux Archives Normandes. Après avoir servi , pendant plusieurs années, d'usine pour la £ibrication de porcelaines, il a été totalement détruit en 1837 et 38 , et la herse a nivelé jus- 4n% remplacement de son cloître et de son église. Ce

fut peu de temps iaprès , c'est k dire Ters h fio de mai 1839» que M. Clémeat, avocat, propriétaire actuel, Élisant passer la cbarnie sur ces lerraius , amena la découTerte d'un énonnecœuren plomb, qui se trouvait reposté dans la partie anciennement occupée par le cbœur des religieux. Cet objet , que nous pûmes exami^ lier nous-méme à loisir, était rempli de matières brunes, qui répandaient une forte odeur aromatique, par une Idi'ge entaille que le fer de la cbarrue avait occasionnée, et dont la teinte , plus foncée vers le centre, annon^it une sorte de carbonisation. Il était dès lors impossible de se tromper, et Ton s'accorda unanimement k le regarder comme TenVeloppe tumulaire du cœur de quelque personnage important.

Cependant le nom manquait à ce personnage, lorsque, ' quelque temps après, examinant des notes par nous antérieurement prises à la bibliothèque de Coutances, et que nous croyons extraites d'une copie de l'histoire du Cotentin de Toustain de Billy , nous retrouvâmes les lignes qui suivent, qu'on nous saura peut-être gré^de reproduire , en faveur du culte qu'on se plait aujourd'hui k rendre au passée:

« On doit remarquer, k l'église des Cordeliers , une table de marbre noir, placée entre le mur du chœur, assez près du sanctuaire, du costé de l'Evangile, sur laquelle sont gravés ces mots: « Ici reposent les deux cœurs » d'Anthoine et de Jacques de la Luthumière^ cJèevaUteTf » baron de la iMthumière, dont les ayeuls ont fondé en » partie ce couvent , en 1 468 ; et de Charlotte Dubec , dame » de Maresguernier , son épouse. Ils avoient eu en naissant » tous les admntages qui pourvoient fonder les plus hauites

3i3 » espéranee$; les rares qMlités , qui ont toujours été oan« » nues héréditaires en leur illustre maison , paroissoient » en eux avec éclat. V esprit délicat et agréable répondoit » à leur bonne tnine^ et la grandeur de leur courage à » leur port majestueux. Dieu^ qui ne les awit point faits » pour le siècle présetit^ les en retira dans leurs plus /ïo- » rissantes jeunesses, pour mieux faire paroUre Télévation n de leurs âines par la fermeté dans laquelle ils envisa^ » gèrent la mort. »

Quanta l'autre édifice , dont il est question dans notre histoire, il n*est autre que le petit manoir épiscopal» aliéné, en 1570, par révéqueArthus de Gossé,au sieur Le Geay de CartoL Ce bâtiment , dénué de toute valeur monumentale et devenu inutile, pour ne pas dire onéreux à la ville de Valogoes , vient d'être détruit ; et, aujour* d'hui 15 mars 1844, que nous écrivons ces ligues, les derniers fondements sont sortis de terre. Le nom dé la rue qui y conduisait , et qui est appelée rue des Portes^ r^i>A{iMft en conservera seule le souvenir.

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