‹ Histoire des guerres de religion dans la MancheChapitre 7 sur 11 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

Après avoir jeproduit comme nous ces extraits » feu M. Tabbé Devons continue ainsi;

« Du Tour passa par Gonneville, en allant à Cherbourg, et attaqua la maison de M. Lenoir, dans cette paroisse, où commandait un vieux militaire avec son lieutenant, nommé Baudribant. M. Lenmr et ceux qui défendaient la n^ison étaient en trop petit nombi^ jpopr espérer rési^tçr avec succès. Ils prirent la fuite; mais Baudribant fut pris, et les Ligueurs le pendirent dans un champ , qui depuis a toujours porté l^n nom. Ils mirent le feu k la maison, et nous avons encore vu des marques de l'incendie. Il y eut cq>endant un petit combat, et plui^eurs personnes y furent ti^. On jeta les cadavres dans un puits très-profond, derrière la maison. Le puits fut comblé, et les Noirs n'ont janiais voulu le £adre vider.

» Les renseignements de Teurthéville disent que du Tour fut tué à Gonneville. D'un autre côté, il parait que 4u.Tour fut tué k la suite d'une sortie, que les habitants de Cherbourg firent contre lui et sa troupe* Sljiis cela pei^ se condlier , supposant qu'il fiiit tué fûpijfkxA, lorsque nos habitants poursuivirent les fojftjrds jusqu'à Théville, et peut-être prirent-4ls leur laute par GonneviUe. »

Enfin nf>us| l^ns, dans le même auteur , au sujet d'ujD^^ j^ve .ffientilhomme;^ ^pelé Jean de GouberviUe , qiu^d^çojji^gpn nom à une des tours du château de Cher*

« •••«,• n se trouva k {du^ieurs afiaires, eut plusieurs » j^e^^, 1^ i^pus }ui rOt reçut beaucoup de blessures, 9.,o«tMW^^|jl^le^ très^ ea 15.91. .

» Celait la valle de la Pentecôte, an mège de

» Théville, où il se troata, en fidsant escorte à M* de » la Cliamc, qai portait des boulets et du canon an comte » de Thorigni» qm assi^eait la maison de da Tour, au • Val-de-Saîre. »

A ces documents fort incomplets, comme Ton toit, nous en ajouterons deux auti^, qui sont tirés de VHi&^ t&ire eceléiiastiquê de Toustain de B31y. Os sont ainsi conçus:

« ^NotreCotentin d'autre part était remi^ de IIgi]»ors, dont les uns par la langue, et les autres par le ibr » travaillaient à détourner les sujets du Roi de leurs véritables devoirs. On conserve, dans les archives de la. maison de Canisy , une lettre du feu Roi, par laquelle il mandait à ce seigneur dé véiHerà ce que les curés et prédicateurs n'eussentà prêcher que la parole de Dieu , et à ne parler que des choses de leur ministère. Un seigneur, nommé Le Tourps, gentilhomme du nom de La Gour, est renommé pourawir été un chef terrible des Ligueurs. J'^ vu un omtrat de fondation fait, en-Féglise dû Des^t, par noble homme Louis d'Aùsais, seigneur et patron dodit fiea du Dézert, pour prier Dieu pour ceux de sa fittnille , et spécialement pour Philiplpe d'Auxais, iB<m frère ^ guidon de la compagnie de cinquante homîneb d'armes de noble «eigneur Hervé de Garbonàel, seigotenr de Ganisj, etc., lequel Philippe fot toéi.uôethàrge donnée par ledit seigneur de Canisy, contre LeTônrps, en Colentin, le 4 mars 1592* » François ile ^urbon, duc de Mofitpentier, goo- » verneur de Normandie, par acte, daté du Gr4isset,%ii

awr

ii caâip d«iraftl'Raiei)» le 13 mars dddh an lâ02,

> ckoiasii Jaoqœs ddSaÎDf e*lfarie> seigneur d'Aigneaux,

> soa iitmienanlau pays ée Cotaittn , poar procurer le PI'; bieo' ^1 le repos m pays, et s'eppéser aux bourses , I» piltéries, Toileries et oppressions que Le Touf|)S et )> autres rebdies qui FassislaieDt foflt ordinairement au » Bdttffgel, hàvie de Barflbur et aux euTiroQs, sur les » bons et fidèles sujets de Sa Majesté, et le pourvut dû » gouvememeat de Barfleur , arec pouvoir de le Étire x'itetifiar > et en outre de lever une eompagnie d ar<pie-« ¥ buiera firançais à pied; les meilleurs qu'il pourrait ^rncheittir.. Ce ft'étail partout que pilleries et brigandages* «j^Gawi qui étaient en r^utirtion d-avotr de Targent ». étaient anssitét réputés Ro^ux par les Ligueurs, et iiu LigiKttrs par les Royaux, et ainsi inforlunésL de tous )r. eàtési; €e Nicolas Traisoel, dmit nous venons de par- Il la* V fmnrvu du prieuré de Marehesieux, obtint dtt )t Cboseil que la possession qu'il prendrait d'uoe oha<> MKfeBifder Iiolre4)ame de Paris lui vaudrait de prise de ^ pte8e86ion:aétttett& de k chapelle de SainlManviea de ofîîMaffd^siaix^» altenda que, le pays étent tout rempli ^Mdà'soUats du parti cenlrflîre , il ne pouvait y avoir » aucun accès. »

'Nous ârrétere» icr les citations. On voit qu'dles fàmà tfté^misésen erdre par auicuti auteur, et que l'abbé ûmonipiila iait que les ei^^istrer dans son histoire , 86tiiS'VorityîrBe4<mner les soins d'une classification. . 4teprâèMit, on remarque qu'il tente seulement une expUeaâM des deux vaziMtesi sur krtnorl de Dutourps, âti(br41ori€f)fe îàt périr dans sa teeftativé sur Cherbourg^

en 1 59 1 ; et Tantre dans la nuit du 22 décembre 1592, à Gonneville. Mais, kla réflexion, on reeonnait aussitôt que la conciliation de ces deux yersioDs est impossible, et que, le coup de main tenté sur Oierbourg ayamt en lieu le 4 avril (admettons-le pour un instant) de Faimée 1 592, la chasse, donnée aux Ligueurs par sa garnison , ne saurait s*être prolongée jusqu'au mois de déceiidi)re de là même année.

: Il faut donc opter pour Tone du pour Taulre de ces versions* Or, il serait peu raticHinel d^adopterla prendre, qui veut que Dutourps ait.péti dans sa teoliative^sar la ville que défendait de la Cbaux^lMbntreuil ,. alors que nous voyons reparaître ce même Dutourps dans les^événements postérieurs , tels que celui du sià^de Thévilk vers la Pentecôte de Tannée .1591 ; edm du siège de Teurthéviile , depuis le nîoi& de septembre de cette même année jusqu'au 15 février de l'année 1592.; etanfineelui de ce même château, par le :cointe de Thorigny , vers le mois de mai^sde ladite année: tous événements^ qui nous sont confirmés par l'abbé Démons haHOoême, par l'obituaire.des églises derTeiirthéville.et du Déxert, abù'que par la leUi^e du duc de Montpênsier, au tamp du Croisset. î

' Il s'en suit qu'une erreur AiaitérieHe, mais du reste facile à expliquer, s'est glissée dansies histoires éit Qle^ bourg. Parce que la tête de Dutourps fut rapportée dans cette ville, pour être jointe à celles des ccwjuréi^ que Ton mit en jugement, on aura cru qu'il avait péri dans la même sortie; et, sans tenir conipte ded faits gàiéraux on aura , au point de vue assez restreint de lar localité

^309 résumé, dans un seul trait de plume, les d^ versas par* ticularités de notre récit/ . . . , '

Nous avons déjà justifié en partie l'emploi que nous avons fait des matériaux historiques qyi précèdent. Nous ferons de même pour l'année où nous avon^ placé la tentative des ligueurs sur Cherbourg.

Sur ce point, les histoires tant imprimées. que manuscrites de cette ville, ainsi que l'Âlmanach de Bisson , 1771, page 26, et l'Annuaire de la Manche, de 1833, page 205^ laissent une pleine latitude au lecteur. Suivant les uns (vide suprà), on pourrait placer ce fait en 15Ô1 ou 1592; suivant les autres, en 1590 ou 1593.

Nous croyons déjà avoir suffisamment établi , par la discussion qui précède, que ce ne saurait être en 1592, parce que, pendant tout le mois d'avril de cette année, Dutourps avait assez d'occupation, de la part du marquis de Ganisy, pour ne rien entreprendre au delà de certaines limites, et que c'eût été folie aux Ligueurs (en supposant toutefois qu'ils fussent libres de leurs mouvements) que de méditer lufie surprise, en présence d'un ennemi qui les observait*

Ce ne saurait être davantage en 1593, puisque, s'il faut s'en rapporter aux documents de la famille de Yaudreville, Dutourps avait été tué à Gonneville, dans la nuit du 22 décembre de l'année précédente.

Poiir 1590, date adoptée par M™® Retau-Dufresne , nous objecterons^l'accord passé , le 26 février de cette même année, entre le gouverneur de Cherbourg et les insurgés du Yal-de-Saire ; et l'on sentira que ce n'est pas quand elle est pacifiée depuis quelques jours seulement et

^u elle a fourni ses otages» qu'une contrée reprend les armes et compromet ainsi l'existence de ses notables.

Après ce raisonnement |>ar ki mpossibles ou par les imprenables^ reste donc la date de 1591, que nousavons choisie. Or» cette année est libre , et le fait que nous tendons k établir y trouve naturellement sa place, sans que l'on fasse violence k aucun événement constant» sans que Ton abuse dû droit d'interprétation. Le lecteur , qui est juge du litige» appréciera» sur les pièces» si nous en 9vôns exhumé la vérité.

Cet ouvrage était parvenu à la moitié de son impression , lorsqu'on! paru les nouvelles Recherches arehéolo' giqueSf Iùslorique$^ biographiques et lùtirains sur la Normandie, de M. Louis du Bois; et c'est pour ce motif qu elles ne sont pas annoncées dans la liste préliminaire de nos autorités. Nous aurions pu en effet les consulter souvent avec fruit; et c'est ce que nous avons fait dans par l'endroit où le compositeur s'était arrêté. Nous devons donc à cet estimable et consciencieux an* tiquaire quelques-uns des détails que nous groupons ici sur la ville de Mortain , et , si nous n'avions pas aussi par devers nous les sources où il a puisé son intéressante biographie de Mauchresiien de VasteinUe , qu'il nous permettra, pour cause , d'ortographier ainsi , nous nous empresserions de reconnaître Cément l'emprunt que nous lui aurions fait.

Quoiqu'il en soit , nous devons lui rendre grâces pour le fait» complètement inconnu de nous, des reliques de Saint-Guillaume ; et nos lecteurs, nous n'en doutons pas, qous pardonneront, sûnsi que lui, la hardiesse que nous allons prendre d'extraire de son mémoire sur le comté de

Mortain les pièces justificatives ci-dessus de son texte et du nôtre.

Page 1