‹ Histoire des Incas, rois du PérouChapitre 20 sur 103 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

De la conquête que firent les Incas jusqu'à la vallée de Chili, et (les ailaires qu'ils eurent à démêler avec quelques autres na lions.

Pendant cette irrésolution des ennemis , ils virent arriver la. seconde armée qui venait aii secours de la première ; elle les fit déterminek" à se rendre et à capituler sans aucun délai avec les Incas, jugeant bien qu'il leur serait impossibk de résister à des forces si puissantes. L'inca, qu'on avertit de toutes ces choses^ fut fort aise d'un si bon commencement, et de voir le chemin ouvert à la conquête du Chili, car il appréhendait de ne pouvoir assuji'tir ce royaume, parce ^u'il était d\\ue fort grande étendue et trop éloigné de son empila. Pour profiter de cet avantage, après sVtre informé de l'état de ce royaume, il leva encore dix mille hommes qu'il envoya au secours dos armées pn'cédentes , pourvus abondamment de ioulesleschoses qui leur étaient nécessaires* U manda à ses généraux de pousser plus loin lear oonijuéto^ et de demander tout ce dont ils auraient bcsi^in. lorsque h s Incas curent reçu cet ordre

ROIS DU pÉaou. lor

avec le nouveau renfort de troupes que le roi leur envoya , ils s'avancèrent quatre-vingts lieues plus loin j et après avoir surmonté toutes les difficultés d'un si long chemin , ils arrivèrent dans une autre, vallée qu'on appelle la Province-de^CU" quimpu^ qu'ils firent leur tributaire. On ne sait s'il y eut quelques rencontres dans cette conr quête , qU s'il s'y donna des batailles , parce que la chose s'étant passée dans un roya.ume si éloigné des Indiens du Pérou , ils ne purent rendre un compte particulier de la peine qu'il y eut a faire réussir cette ^ntrepris.e* Mais quoi, qu'il en soit , les Incas as^ujétirenjt cette vallée de Cur qiûmpu,- d'oii ils passèrent plus avant , et con^ quirent tout ce qu'il y avait des nations jusqu'à celle du Chili , d'où ce royaume prend son nom. On employa six ans ^ selon quelques-uns, à faire cette conquête , et pendant tout ce tems-là , le roi eut soin que ses troupes ne manquassent de rien ^ sachant combien il importait a son honneur et à sa majesté qu'elles ne lâchassent point le pied; pour prévenir ce malheur, il entretint dans le Chili plus de cinquante mille hommes , qui n'étaient pas moins bien pourvus des munitions nécessaires , que s'ils eussent été à Cuzco.

Lorsque les Incas eurent soumis à leur empiire la vallée de Ohili^ ils donnèrent avis au roi de tout ce qu'ils avaient fait et de ce qui se passait

illieure en heure ; et après qu'ils eurent mis oi^ dre à ta coBservatioq du p^ys conquis , ils passèrent plus airant du côte du sud, et oonquireni ensuite toutes les irallëes et les nations qui s'éteiif*dent jusqu'au fleuve de Mauli ^ qui est éloigné d'envimn cinquante lieues de la vallëe de ÇhiU» On croit que tout ce pays fut réduit par <]^ traites de paix, sans combattre. Aussi, coœtne nous l'avons dit souvent , la principale intenlion^ des ln<;as dans leurs conquêtes ét^it de s^assujëlir les peuples par la douceur. Les Incas étendirent donc les bornes de leur empire de plus de deux cent soixante lieues de chemin, à le prendre de-, puis Âlacama jusqu'à la rivière de Ma^li,^ ei^lte les déserts et les pays habités. Car d'Âtacâ]||fia i^ Copayapu on compte quatre-vingts lieuïçs, dç< Copayapu à Cuquinpu autres quatre-vingts, die Cuquimpu iiu Chili cinquante-cinq, et presque cinquante du Chili à la rivière de Mauli. Mais non contens de ces conquêtes, ils voulurent all^i; plus avant , poussés à cela par la même ambitioi^ qu'ils avaient eue jusqu'alors ,^ de gagner ^e noiK veaux états. Pour cet effet, après avoir pourvu selon la coutume au gouvei^nement de ce pays conquis, et laissé les garnisons nécessaires pour les tenir en bride , ils passèrent la rivière de Mauli avec vingt mille hommes ; dès qu'ils furent à l'autre bord , ils envoyèrent sommer ceux d^.

ROIS DTJ PÉROU. loS

ta province de Puramauca (que les Espagnols ap*» pellrent les Prônumcas)^ de recohnaitre Tlnca. pour leur souverain seigneur ou de Se résoudre à se bien battre. Les Purumauc&s avaient oui parler , déjà des tncas et étaient préparés à se défendre , assistés des Antullis ^ des Piiicu^ et des Gauquis , leurs voisins, resolus.de mourir plutôt que de perdre leur ancienne liberté ; ib répondirent donc tous d'un commun accord que les vainqueurs seraient maîtres des vaincu», et que les Xncas verraient bientôt de quelle manière le^Purjumauças ^ leur obéiraient.

Trois ou quatre jours après^cette^ réponse,^ les.. Incas les sommèrent encore, et plusieurs autres de leurs ^voisins , qui disaient up corp^ de ^ dixhitttt ou de vingt mille hcKnmes j niais ils n'en f u^ rent point ébranlés ^ et ne firent autre chose tout ce joup-là que d^ se camper à la vue des Inoâs , qm les envoyèrent recbercber de paix et d'amitié pour bc troisième fois. Us leur firent là**des8us de grandes protestations ^ et leur juf èrent par le so-leîl et* par la. luHjp qu'ils n^étaient point venus là . pour les chasser dç leur pays et les priveir de lem^ bien9, mais pour leur apprendre à vivre en honnies gen^, et à rcM^onnaitre le soleil pour leur Dteuf et l'Inca soiï fils pour leur roi et leur; souverain seignisur • Les F urumaucas firent réponse , sa^ s'étonner, qn'ils n'étaient point là

Io4 HISTOIRE DES IKCAS^

pour perdre le teiii5 en de yains discours, maïs pour se battre afin de mourir ou de vaincre ^ et qu ainsi les Incas se tinssent prêts à donner ba-^ taille le lendemain , sans se donner la peine dç leur envoyer d'autres députés , puisqu'auasi biefl^ ils ne daigneraient pas les écouter.

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