‹ Histoire des Incas, rois du PérouChapitre 22 sur 103 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

De la rébellion de ceux du Chili ^ contre le gouverneur

Yaldivia.

Ce cavalier y qui méritait sans doute de posséder un empire , eut pour sa part, dans le partage qui fut fait après la conquête de ce royaume'de Chili , un pays extrêmement riche en or et fort peuplé -, ses vassaux lui payaient tous les ans plus de cent mille poids d'or de tribut: mais comme le désir d'amasser de ce métal est insatiable , plus leslndienslui en donnaient, plus il en souhaitait. Cependant ces peuples , qui n'étaient pas accoutumés à un si grand travail qu'est celui qu'il faut employer à tirer l'or, et qui d'ailleurs aimaient beaucoup la liberté, résolurent de secouer

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le joug des Espagnols, s'il était possible. Pour cet effet, ceux cTÂtaucu, yassaiix dé Valdiv^ia el leurs alîiës, firent dessein de se révolter, et commencèrent à rexécuter en traitant les Espagnols avec beaucoup de mépris et dHrisolence ; aussitôt que le gouTérneur Pedro de Valdivia en fut averti, il se mit en campagne seulement avec centcinquaïite chevaux plour les châtier. Mais il se trouva trompé pour avoir trop dédaigné les fordes dés Indiens , que lés Ë^pagùols ont toujours mé-

prisées daïis de semblables révèltes j Vàtdtvia et ses geïls d^arihës toihbèlrent misérablement eàtré les mains de ceux dont ils nVvaiènt tenu auc'un compte , et j'ajouterai que eette même présomption a fait pévir plusieurs fois beaucoup d'Espa* gnols.

La preinière 'Aouvetlë de cette mort fut sue au Pérou et apportée à la Plata pdr un certain Ifi^ dien du Chili. Elle était écrite Succinètendent sûr un morceau de papier de la largeur de deux doigts, sans date ni signature. Ce billet contenait ces mots : la terre a englouti Pedro de Valdivia , et cent cinquante gens d'armés avec lui. Ces parodies furent répandues aussitôt par tout le Pérou , au grand scandale dés Espagnols, et l'on publia que c'était un Indien du Chili qui en avait apporté la nouvelle. Cependant ils ne pouvaientcomprendrecequevoulaient dire ces mots :

Vl'!2 HISTOIRE DES J!(/cAS,

troupes occupaient une grande étendue àe tert*ain , et qtie les Espagnols étaient en petit nombre et fort resserrés , il ne pouvait sMmaginer que ceuï-ci fussent en état de vaincre. Apfès avoir l)ién examiné toutes choses , il passa dans le camp des Indiens , où il fit assembler le conseil dé guerre , et sMnforma des ofificiers de tout ce qui ieur était arrivé jusqu'à ce jour. Ensuite j il leur demanda , si ces Espagnols qu*rls voyaient devant eux étaient des hommes mortels comme les autres , , ou sHIs étaient immortels , comme le soleil et la lune : si la faim et la lassitude ne les attaquaient pas 5 et s*ils se pouvaient passer de dormir, et de reposer ; en un mot, s'ils étalent de chair et d'os , ou de fer et d'acier. Il leur fit Ic^ mêmc^s questions à l'égard de leurs chevaux. Ils répondirent tous d'une commune voix qu'ils étaient hommes comme eux , et d'une même nature. « Puisque cela est , leur dit-il , allez vous reposer cette nuit, et nous verrons demain s'ils ont plus décourage que nous. » Après leur a voir tenu ce discours , il les fit tous retirer , et l'on ne parla pas d'autre chose dans le conseil. Le lendemain, dès la pointe du jour , il fit sonner l'alarme, et aussitôt les Indiens firent entendre, avec plus de bruit que jamais , leurs trompettes, leurs tambours f leurs atabales , et quantité d'autres inslrumens j le vieux capitaine rangea d'abord en ba-

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taille treize compagnies , chacune de raille liom*' mes, tous armés à la manière du pays, ei il les mit en file Tune à lu queue de Taulre.

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