‹ Histoire des Incas, rois du PérouChapitre 71 sur 103 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Des truies et de leur grande fécondité.

Les premières truies qu'on vit dans le Pérou , se vendirent, à ce qu'on dit , plus cher que les chèvres ; mais je n'en suis pas assuré. Pedro de Cieça de Léon , natif de Se ville, dit dans sa Des'^ crîption des provinces du Pérou , chapitre 26 y que le maréchal don George Robledo , acheta des biens de Christophe d'Ayala , qui fut tué par les Espagnols, une truie et un cochon, mille six cents poids, qui valent mille neuf cent vingt ducats ; il ajoute que la truie fut mangée peu de jours aprcs à Cali , dans un festin oîi il fut présent , et qu'on vendit cent poids , qui sont plus de cent vingt ducats , les cochons que l'on trouva dans le ventre de la mère. On verra dans le méuie chapitre de cet auteur , que les Espagnols qui étaient au Pérou avaient une si forte passion pour tout ce qui venait de leur pays , qu^ils le payaient tout ce qu'on voulait.

L'an i56o 011 avait un bou cochon de lait pour dix poids : mais les meilleurs n'en coûtent présentement qui six ou sept ; encore ne les achètet-on si cher , que parce que la graisse de cochon est fort bonne à guérir la gale du bétail ; et que les Espagnols s'en servent les vendredis et le carême faute d'huile. Au reste , il y a eu des truies si fécondes dans le Pérou , qu'en 1 558 j'en vis deux dans la petite place de Cuzco , qui avaient porté seize cochons chacune. Ces cochons avaient alors trente-deux jours , et ils étaient si gras qu'on était surpris de ce que les mères les pouvaient si bien nourrir. Les Indiens appellent les pourceaux cuchi ^ parce qu'ils avaient ouï dire aux Espagnols en parlant de ces animaux coché, coché.

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