E. PERRIS. — Insectes
profonde que les autres; intervalles parsemés de points à peine visibles. Les quatre tibias antérieurs denticulés en dehors.
J'ai trouvé la larve de l'U. Perrondi au mois d'août dans de vieilles souches babitées par des larves d’Ergates et réduites en partie à l’état de vermoulure. Des deux individus que j'ai conservés dans un bocal avec des fragments desdites souches, un a péri, l’autre m'a donné, au mois de juin suivant, un Uloma. La crainte de la déranger m’a privé du plaisir de voir sa nymphe.
Comme dès la fin de l'été et pendant tout l’automne et tout l'hiver, on trouve des insectes parfaits sous les écorces, je suis porté à croire que la dernière métamorphose a lieu généralement dans le courant de l'été.
J'avais considéré cette espèce comme une variété de l'U. culinaris, L., qui se trouve aussi, mais très rarement, dans les souches du pin. La description donnée par M. Mulsant (Opusc. Ent. 6e cahier, p. 201) de l’U. Perroudi, trouvé à la Teste dans de semblables souches, devait attirer mon attention, et j'ai recommencé mes recherches et mesétudes comparatives. Ilen est résulté pour moi la conviction que l'espèce de mon savant et perspicace ami est bien légitime. Elle se distingue, au premier coup d'œil, de l'espèce linnéenne par sa taille plus petite et l'absence de rebord au milieu de la base et du sommet du prothorax. Mais le caractère le plus positif est donné par les mâles. Celui de PU. culinaris a le menton recouvert d’une brosse de poils roux et l'impression transversale de son prothorax est limitée latéralemeut par deux saillies assez fortes. Dans le mâle de l'U. Perroudi ces saillies n'existent pas; l'impression est même moins marquée
et moins étendue, et le menton n’a pas le moindre vestige de brosse.
du Pin maritime. Ai!
PHTORA CRENATÀA (Dej. Cat.), Mulsant.
Fig, 421-429.
LARVE
Long. 8 mill., larg. { mill., entièrement blanche, coriace plutôt que cornée, parfaitement lisse, luisante, filiforme et cylindrique.
Tête aussi large que le corps, convexe, arrondie; épistome trapézoiïdal, étroit et avancé ; labre semi-discoidal ; mandibules assez longues et triangulaires, roussâtres à la base, ferrugineuses au milieu et noires à l'extrémité; vues en dessus paraissant bidentées ; la dent interne plus courte que l'autre; vues de profil présentant une autre dent du côté des palpes, de sorte qu’elles sont terminées par trois dents dont l'intermédiaire est la plus longue. Antennes de quatre articles cylindriques : le premier court, Île deuxième un peu plus long, le troisième plus long que les deux premiers réunis ; le quatrième court, beaucoup plus grêle que les autres, inséré obliquement sur le précédent et couronné de trois ou quatre soies dont une centrale beaucoup plus longue que les autres. Mâchoires assez fortes, leur lobe cylindrique, assez long et cilié de spinules en forme de dents de peigne; palpes maxillaires un peu arqués en dedans, coniques, de trois articles égaux, dépassant le lobe des màchoires presque de la longueur des deux derniers; lèvre cordiforme : palpes labiaux droits et de deux articles. Tous ces organes ainsi que les contours de la bouche roussâtres. Ocelles nuls.
Prothorax sensiblement plus grand que les autres segments ; mésothorax et métathorax les plus petits de tous, mais pas de beaucoup. Pattes blanches, courtes, de cinq pièces, dont la première, ou la hanche presque aussi grande que Îles trois suivantes ensemble ; trochanter à peu près de
412 E. PERRIS. — {nsectes
même dimension que la cuisse; celle-ei et le tibia égaux et hérissés de spinules très courtes; ongle petit, peu erochu.
Segments abdominaux égaux ou à peu près jusqu’au huitième inclusivement et tous bien distincts parce qu’ils sont un peu plus étroits antérieurement qu’à leur base. Dernier segment grand, s’élargissant un peu d'avance en arrière ; arrondi postérieurement ; ayant en dessous un petit mamelon rétractile, parfois invisible; déelive et creusé en cuiller sur le dos ; muni à la naissance de la déclivité de deux crochets cornés, ferrugineux, avec l’extrémité un peu plus foncée, et qui, au lieu de se diriger en haut comme dans les autres larves, sont très sensiblement arqués en bas et ne dépassent pas le milieu du segment.
-Tête et dernier segment pourvus de poils très fins et d’un roussâtre pâle ; les autres segments ayant quatre poils semblables, mais plus courts, sur le dos, un de chaque côté el deux en dessous, en série annulaire.
Stigmates très légèrement elliptiques et peu visibles, parce qu'ils sont de la couleur du corps; première paire près du bord antérieur du mésothorax, les autres vers le milieu des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Elle est blanche et ne se fait remarquer que par les appendices et les soies blanches et un peu épaisses à la base, effilées et roussâtres à l'extrémité, dont son corps'est hérissé. On voit deux de ces soies, assez longues,.sur le bord antérieur du prothorax, plusieurs autres sur les bords latéraux, une à chaque angle postérieur et une série transversale de six près de la base. Des huit segments dont se compose l’abdomen, les sept premiers ont de chaque côté une papille divisée en deux longues branches dont la supérieure est à peu près horizontale et l’inférieure assez fortement
du Pin maritime. 413
arquée en arrière. Sur le septième segment la bifurcation commence à la base. Ces papilles et leurs branches, vues à la loupe, paraissent charnues ou membraneuses jusqu’à la moitié environ de leur longueur, puis elles s’atténuent assez longuement en une soie fine, roussâtre et semi-cornée. Au microscope, cette soie est parfaitement lisse, mais la portion charnue des papilles est parsemée de petits tubercules, et l'extrémité où s'insère la soie paraît obliquement déchiquetée. Le septième segment porte en outre, près du bord postérieur, six mamelons piligères, dont quatre en dessus et deux en dessous ; les trois segments qui précèdent ont à la région ventrale deux mamelons semblables et écartés. Le huitième segment est terminé par deux appendices subulés, organisés comme les papilles ci-dessus, mais simples, un peu divergents et munis extérieurement d’un petit poil.
INSECTE PARFAIT
Longueur 3 à 3 1/2 mill. d’un brun ferrugineux luisant, avec la bouche, les antennes et les pattes plus claires. Tête subconvexe, très finement ponctuée, marquée antérieurement d’une ligne en demi-cercle très déliée. Prothoraxtransversal, à peine arrondi sur les côtés qui sont assez fortement rebordés; à ponctuation plus forte que celle de la tête et médiocrement serrée. Ecusson petit, lisse et un peu convexe ; élytres parallèles, sinuées au bord infléchi, marquées de stries assez fortes, très visiblement ponctuées-crénélées ; strie marginale plus profonde que les autres ; intervalles un peu convexes et lisses.
La larve du Phiora crenata vit du bois des souches et dés troncs des vieux pins en voie de décomposition. Elle ne demeure jamais sous l'écorce, et pénètre plus ou moins pro-
Ed
At4 E. PERRIS. — Însectes
fondément dans l’aubier, où elle creuse en tous sens des galeries très étroites comme son corps. Son existence est d’un peu moins d'une année ; les œufs sont pondus durant toute la belle saison, et les larves qui en proviennent ont subi toutes leurs métamorphoses de juin à août de l’année suivante. Lorsqu'elles ont atteint tout leur développement, elles creusent à l’extrémité de leur galerie une cellule dans laquelle, après s'être courbées en arc et être demeurées quelques jours immobiles, elles se transforment en nymphe. Les papilles el les soies dont celle-ci est hérissée lui permettent de se retourner et de se mouvoir facilement dans sa loge.
Les insectes parfaits hivernent en grand nombre dans l’'aubier ou sous les écorces, et on les y rencontre quelquefois par centaines. On en prend aussi abondamment au vol, en mai, juin et juillet, vers le déclin d’un beau jour.
HYPOPHLOEUS FERRUGINEUS, Creutz.
Fig. 430-438.
LARVE
Longueur 6 mill. ; lisse, linéaire, subcornée, assez convexe en dessus, un peu moins en dessous.
Tête un peu plus étroite que le corps, d’un roux pâle, avec le vertex plus clair, arrondie sur les côtés; épistome assez grand, d’un roux plus foncé que la tête; labre semidiscoïdal et cilié. Mandibules fortes, bidentées à l'extrémité, munies intérieurement d’une dent au tiers supérieur et d’une apophyse à la base. La base est rousse, le milieu ferrugineux et le bout noir. Mâchoires longues ; leur lobe sur-
sn
du Pin maritime.
ENS — Lea
monté de soies spinuliformes, oblong, arrondi supérieurement et atteignant le milieu du deuxième article des palpes maxillaires ; ceux-ci arqués en dedans, de trois articles dont le second un peu plus court que les deux autres. Lèvre inférieure légèrement échancrée ; palpes labiaux de deux articles, ne dépassant pas les lobes des mâchoires. Antennes de quatre articles : le premier, roussâtre, et presque entiérement rétractile; le second, de même couleur, de même longueur, mais plus étroit et susceptible de rentrer un peu dans le précédent ; le troisième plus grand que les deux premiers ensemble, droit en dedans, ventru au dehors; le quatrième, le plus court de tous, grêle et surmonté d’un long poil et de deux ou trois très petits. On voit aussi des poils sur les autres articles et principalement sur le troisième. Au dessous des antennes, on aperçoit sur chaque joue un groupe de quatre ocelles noirs, ronds et luisants, dont trois en série transversale, presque contigus, et un sous celui des trois précédents qui est le plus rapproché du front. Certains de ces ocelles, ce dernier surtout, ont parfois une taie roussâtre qui les rend plus difficiles à apercevoir.
Prothorax plus grand que tous les autres segments, un peu plus étroit antérieurement qu’à la base, roux isabelle, avec le bord postérieur plus clair ; les deux autres segments thoraciques de la même dimension que les segments abdominaux, de la couleur de la tête, avec la base et le bord antérieur plus pâles. Chacun de ces trois segments porte une paire de pattes assez longues, pâles, hérissées de quelques soies et formées de cinq pièces dont la dernière est un ongle un peu arqué et roussâtre.
Abdomen de neuf segments : les huit premiers égaux ou à peu près, d’un jaunâtre pâle aux bords antérieur et pos-
416 E. PERRIS. — Insecies
térieur, le reste occupé par une large bande de la couleur de la tête, ce qui fait paraître le corps annelé de roux. Les bandes sont d'autant plus sensibles qu’on s'approche plus de l'extrémité du corps; celle du pénultième segment en occupe presque toute ‘étendue. Dernier segment entier, arrondi, semi-discoidal, à bords tranchants, et d’un roux isabelle sur toute sa surface. Près de son extrémité, en dessous, se trouve un mamelon charnu, extractile et trilobé, au centre duquel est l’anus. Les quatre ou cinq derniers segments abdominaux paraissent, à une forte loupe, très finement ponctués.
Tout le dessous du corps est uniformément d’un blanc jaunûtre et hérissé de longs poils pâles. On voit aussi de ces poils sur les côtés de la tête, tout le long des flancs, sur le dos, et autour du dernier segment.
Stigmates au sombre de neuf paires : la première, plus grande que les autres, située près du bord antérieur du mésothorax, et visible seulement en dessous; les autres franchement latéraux, placés au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Elle n'offre de remarquable que les caractères suivants prothorax cilié, sur les côtés et antérieurement, de soies longues, roussâtres, relevées et très rapprochées; deux courtes soies de chaque côté des segments de l'abdomen, portées sur un petit mamelon ; dernier segment terminé par deux appendices aussi longs que lui et un peu divergents.
INSECTE PARFAIT
Longueur 3 mill. 1/2 d’un roux ferrugineux assez luisant,
du Pin maritime. 417
avec les yeux noirs et le labre jaunâtre. Tête imperceptiblement pointillée; marquée de deux rainures transversales, l'inférieure passant sous les yeux, l'autre un peu moins profonde, immédiatement au dessus de ces organes. Prothorax carré, un peu arrondi vers les angles antérieurs ; finement rebordé sur les côtés et au bord postérieur; à surface régulièrement subconvexe et à ponctuaiion très fine et serrée. Ecusson arrondi et pointillé. Elytres convexes, parallèles, ayant des séries striiformes de points presque invisibles, dont les intervalles sont parsemés d’une ponctuation excessivement fine; extrémité des élytres pour ainsi dire lisse.
Le Hypophlæus ferrugineus se trouve sous les écorces; ainsi que son nom générique le fait supposer, et c’est là aussi qu'il faut chercher sa larve ; mais, contrairement à l’opinion généralement admise, celle-ci ne se nourrit pas, comme les deux précédentes, de substance ligneuse, elle rappelle par ses mœurs celles des Aulonium, des Rhizophagus, etc., dont j'ai plus haut signalé les appétits carnassiers. Elle est, en effet, carnivore comme elles, et comme elles aussi elle se dévoue exclusivement à la destruction d’un insecte nuisible au pin maritime. Celui dont elle est, chez nous du moins, l'ennemi obligé estle Tomicis stenoyraphus. Le Hypophlœus, averti par son instinct, pénètre sous l'écorce par les trous que le xylophage a pratiqués, et dépose ses œufs dans les galeries qu’il a creusées. Ses larves éclosent en même temps que celle du Tomicus, et dès leur naissance portent le ravage dans leurs rangs, de concert avec celles du Platysoma oblongum qui, comme je l'ai déjà dit, choisit les mêmes victimes. Comme les larves du xylophage se développent plus rapidement que celles du Æypophlæus, un nombre plus ou moins grand échappe à ses atteintes et parvient à se métamorpho-
418 E. PERRIS. — Insectes
ser. Aussi trouve-t-on souvent la larve, presque adulte, seule sous les écorces, et dépourvue de toute proie vivante. Elle est réduite aiors, comme celles qui ont les mèmes appétits et dont jai parlé antérieurement, à dévorer les matières excrémentitielles déposées dans les galeries des larves du Tomicus. C’est ainsi ordinairement qu’elle complète sa croissance. Lorsque le moment de la métamorphose est venu, elle pratique au milieu des détritus et des excréments une petite cellule elliptique où elle se change en nymphe.
Le H. ferrugineus se montre habituellement en avril et mai, et c'est à cette époque qu'il fait sa ponte. Les insectes qui en proviennent prennent leur essor vers la fin de l'été, et alors une nouvelle ponte a lieu de la part des plus précoces. Les larves de cette seconde génération hivernent presque toutes: mais quelques unes pourtant se transforment à la fin de l'automne; leurs insectes parfaits, ainsi que ceux de la première génération qu'une circonstance quelconque a rendus plus tardifs que les autres, passent l'hiver sous les écorces.
M. Westwood a connu la larve du H. bicolor qu'il a trouvée en compagnie de l’insecte parfait. Malgré l'incorrection de la figure et l'extrême laconisme de la description qu'en donne ce savant auteur, il est aisé de voir que cette larve a de grands rapports avec celle que je viens de faire connaître. Elle lui ressemble par la forme linéaire du corps plus convexe en dessus qu'en dessous, et par celle du deruier segment qui est entier et arrondi.
HYPOPHLOEUS LINEARIS.
Fig. 439-443.
LARVE
Longueur 4 mill., largeur 2/3 mill.; semblable par la
LE
du Pin maritime. 419
forme à la précédente, sauf qu'elle est plus convexe et même cylindrique, avec la région sternale un peu aplatie.
Tête roussâtre, légèrement déprimée, à peu près discoiïdale ; épistome court, labre semi-elliptique et cilié; mandibules ferrugineuses, bidentées à l'extrémité, avec une dent interne, assez forte, au tiers supérieur. Palpes maxillaires arqués en dedans, de trois articles à peu près égaux et dont les deux premiers ont à l'extrémité un petit poil de chaque côté. Lobe des mâchoires court, garni d'assez longues soies ou spinules en forme de dents de peigne ; palpes labiaux courts, de deux articles. Antennes de quatre articles : le premier court et gros ; le second moins gros mais plus long : le troisième un peu plus long que les deux autres ensemble, plus large au milieu qu'aux deux bouts, à peu près fusiforme, portant deux petites soies à la partie renflée; le quatrième très court, conique, surmonté de trois soies dont celle du milieu plus longue que les autres. Ocelles au nombre de quatre, contigus ou à peu près, et disposés en arc oblique.
Corps uniformément d'un blanc livide ou très légèrement roussätre en dessous ; d'un roussâtre livide en dessus ; agréablement orné de bandes brunes qui s'étendent transversalement jusqu'aux bourrelets latéraux et deviennent de plus en plus foncées à mesure qu’on s'approche de l'extrémité. Les bandes du premier et du dixième segments occupent presque toute l'étendue de l’arceau dorsal; du deuxième au neuvième, elles sont placées près du bord antérieur et s'étendent un peu au delà du milieu; le onzième et le douzième en sont entièrement couverts. Ce dernier segment est court, arrondi postérieurement, presque semidiscoïdal, avec un sinus très peu sensible, même au micros-
420 E. PERRIS. — Insectes
cope. de chaque côté; il est muni en dessous d'un mamelon pseudopode comme celui de la larve précédente.
Les côtés de la tête sont garnis de petits poils roussâtres ; on en voit aussi de très courts et raides sous la tête et sous le prothorax ; le long des flancs ainsi que sur le dos et sur le ventre les poils sont clairsemés, mais plus longs ; quant au dernier segment, il est entièrement frangé de longs poils.
Pattes et stigmates comme dans la larve précédente.
NYMPHE
Entièrement semblable à celle du H. pini.
Longueur 2 mill. 1/2, étroit, linéaire. Bouche et antennes ferrugineuses ; tête d'un noir un peu ferrugineux ; régulièrement subconvexe; très finement pointillée ; marquée sur le front d’une impression transversale à peine visible. Prothorax noir, ou d'un noir à peine ferrugineux; de moitié à peu près plus long que large ; régulièrement et faiblement arrondi sur les côtés; subconvexe; finement rebordé tout autour; couvert d’une ponctuation serrée et très fine. Ecusson arrondi, paraissant avoir quelques rides transversales. Elytres convexes, d’un testacé ferrugineux ; ponctuées comme dans le . pini. Dessous du corps et pygidium noirs: pieds testacés.
Le Hypoph'œus linearis est au Tomicus bidens ce que le H. pini est au T. stenographus, et sa larve fait un grand carnage de celles de ce petit Xylophage. Ce que j'ai dit des mœurs de l'espèce précédente s'applique en tous points à celle-ci; il n’y a de changé que le nom de la victime. Première appari-
du Pin maritime. A21
tion des insectes, manière de vivre, métamorphoses, double génération, hibernation des larves et des insectes parfaits, en compagnie de la génération correspondante du Tomicus, tout se passe exactement de même.
MENernizus Muls. (Tenebrio) CURVIPES Fab.
Fig. 444-457.
LARVE
Longueur de 15 à 16 mill. Subcornée, luisante, à côtés parallèles, très convexe en dessus, moins en dessous, plane à la région sternale.
Tête munie de quelques poils antérieurement, sur les côtés et en dessus; d’un roux jaunâtre, assez grosse, un peu engagée dans le prothorax, assez bombée, à côtés arrondis, marquée de rides et de points très peu apparents; bord antérieur un peu sinueux. Epistome grand, droit antérieurement, obliquement arrondi sur les côtés ; séparé du front par un sillon transversal assez profond ; labre semi-discoidal, marqué de deux petites fossettes et muni de poils roux assez longs. Mandibules ferrugineuses jusqu’au delà du milieu, puis noires; faiblement arquées. Vues de côté, leur extrémité se termine par trois dents dont une médiane assez forte et deux latérales petites; vues en dessus, elles présentent deux dentelures dont une au dessous de la pointe et l'autre un peu plus bas; leur base est large et anguleuse. Mâchoires coudées et mobiles ; leur lobe allongé, surmonté d’une forte épine et d’autres plus petites el marqué intérieurement d'une cannelure dont les bords sont ciliés de petites épines; palpes maxillaires sensiblement arqués en dedans,
429 E. PErRis. — Insectes
de trois articles dont le premier et le troisième d’égale longueur et l'intermédiaire plus long et muni d’un poil en dehors, près du sommet. Lévre inférieure subcordiforme, avancée en pointe au milieu; palpes labiaux droits, de deux articles égaux, n’atteignant pas tout à fait l'extrémité du Jobe des mâchoires. Antennes de quatre articles : le premier court et gros, un peu rétractile; le second double en longueur, arrondi et un peu plus large à l'extrémité qu’à la base, légèrement étranglé au milieu; le troisième plus court que le précédent, à peu près ovoïde ou en massue ; le quatrième grêle, très court, un peu oblique et surmonté d’un long poil; pas d'article supplémentaire. Tous ces organes sont de la couleur de la tête. Près de la base des antennes, du côté des joues, on voit une tache ferrugineuse : on y distingue à une forte loupe, un groupe de trois ocelles contigus, pupillés de roassâtre et disposés en ligne droite transversale, et un peu au dessous, très près de l’extrémité du groupe, deux petits arcs ferrugineux, contigus et renversés, bordant peut-être à moitié deux autres ocelles dont je ne suis pas sûr.
Prothorax aussi large et aussi long que la tête; tiers antérieur et bord postérieur d’un roux assez vif; antérieurement sillonné de stries très fines, et marqué sur le dos de points espacés et peu apparents; mésothorax et métathorax de moilié plus courts que le prothorax, de la couleur de la tête, sauf le bord postérieur qui est roux et très finement sirié; marqués de points plus visibles.
Les trois segments thoraciques portent chacun une paire de pattes fortes, hérissées de quelques soies spinuliformes, surtout en dessous ; formées de cinq pièces dont la terminale
du Pin maritime. 423
est un ongle noir à base rousse. L’extrémité des trochanters est un peu saillante.
Abdomen de neuf segments, dont les six premiers sont uniformément de la couleur de la tête, avec le bord postérieur très finement strié et la ponctuation bien marquée ; septième et huitième une peu plus grands et plus fortement ponctués, et d'un roux ferrugineux ; ce dernier brusquement affaissé avant l’extrémité, d'où résulte un escarpement interrompu au milieu par une sorte de fossette. La partie aflaissée est dépourvue de ponctuation. Neuvième segment vaguement ponctué en dessus et en dessous, court, dilaté latéralement en forme de dent, terminé par deux crochets très recourbés, acérés, noirs, avec la base ferrugineuse et munie de deux petites dents noires et relevées, l’une extérieurement, l’autre en dessous. D’une base à l’autre convergent deux apophyses dentiformes, à pointe noire et obtuse, qui se touchent presque et forment ainsi, entre les deux crochets, une échancrure elliptique. Une très pe: tite dent se voit aussi en dessus, à la naissance de chaque apophyse. Sous ce segment on remarque un pli en arc de cercle dont la base du segment précédent serait la corde ; la portion renfermée dans cet axe constitue un mamelon pseudopode anal, extractile, simple, c’est-à-dire dépourvu de lobes ou appendices. La région sternale et ventrale est uniformément d’un roux jaunâtre, un peu livide et lisse. Tout le long du corps, tant en dessus qu’en dessous et sur les côtés, ainsi qu'autour du dernier segment, on aperçoit à la loupe des poils assez longs, fins et roussâtres.
On compte, comme à l'ordinaire, neuf paires de stigmates : la première elliptique, plus grande que les autres, placée au bord antérieur du mésothorax, un peu en dessous :
424 E. PERRIS. — Insectes
les suivantes au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
D'abord blanche, elle devient peu à peu roussâtre, et présente, emmaillotées comme à l'ordinaire, les diverses parties de l'insecte parfait. Elle offre les particularités suivantes : les pattes sont obliques ; les fourreaux des ailes sont courts et ne dépassent pas le deuxième segment abdominal; les bords du prothorax sont garnis de tout petits tubercules charnus, surmontés chacun d’une soie; on voit sur chaque genou deux tubercules semblables, également piligères. De chaque côté des six premiers segments abdominaux, on remarque une expansion aplatie, divisée en deux lobes inégaux, dont le supérieur, un peu en crochet, porte deux dents sur son bord, et l'inférieur, presque en fer de lance, est muni d'une dent. Chaque lobe et chaque dent sont surmontés d'une so'e. Le septième segment n'a, de chaque côté, qu’un seul lobe dont les deux dents sont sétigères ; le huitième est sensiblement plus étroit à l'extrémité qu’à la base, muni de quelques petites soies latéralement et audessous, et terminé par deux longs appendices grêles, subulés, à pointe acérée et rousse, d’abord divergents, puis un peu arqués en dedans. Ces organes, ainsi que les dilatations des segments, servent à la nymphe à se retourner dans sa cellule,
INSECTE PARFAIT
Longueur 12 à 14 mill. Déprimé, d'un noir luisant en dessus. Antennes d'un ferrugineux brunâtre; tête ponctuée, marquée sous le front d’un sillon semi-hexagonal
du Pin maritime. 425
dont le côté supérieur est parfois en arc renversé. Prothorax ponctué comme la tête ou un peu plus fortement; rebordé tout autour, sauf au milieu du bord antérieur; légèrement arrondi sur les côtés; un peu retréci près des angles postérieurs qui sont prolongés en épine conique. Elytres marquées de stries assez fortement crénelées ; intervalles peu convexes et finement pointillés. Dessous du corps noir ou d'un brun ferrugineux; abdomen finement ponctué; prosternum et mésosternum à gros points; métasternum pour ainsi dire lisse. Pattes ponctuées, d'un brun ferrugineux:; tibias antérieurs assez fortement arqués, avec une touffe interne de poils roux à l'extrémité.
La larve du Menephilus curvipes vit un an ou deux dans les souches et les autres parties du pin dont la décomposition est avancée et qui ont déjà été habitées par d’autres larves, notamment par celles de la Leptura rubrotestacea, du Criocephalus rusticus et de l’Ergates; elle se nourrit ou des détritus et des excréments laissés par ces larves, ou du bois lui-même, ou plutôt de toutes ces choses à la fois. Lorsque le moment de la transformation est venu, ce qui a lieu du mois de juin au mois d'août, elle se pratique, au milieu de la sciure ou du bois, une cellule elliptique dans laquelle,
après quelques jours d'inertie, elle subit sa métamorphose.
Les larves de Tenebrio sont connues depuis longtemps; et déjà en 1720, Frisch donnait la description et la figure de celle du T. Molitor L., si commune dans les farines, et dont se sont occupés aussi Degéer, Olivier, Latreille, Posselt, Sturm, Westwood. Ce dernier auteur a publié aussi celle du T. obscurus Fab., que j'ai trouvée plusieurs fois dans les caves et les celliers. À part la couleur, qui est brune dans
cette dernière, ces deux larves se ressemblent tellement, qu'on les prendrait l'une pour l’autre; mais elles différent de celle du T. Curvipes par les caractères suivants : les dents des mandibules sont moins saillantes ; le troisième article des antennes est plus long que le deuxième, au lieu d’être plus court; les ocelles manquent; le corps est relativement plus allongé, moins trapu, finement et non fortement ponctué en dessus; le dernier segment, au lieu d’être aussi large que les autres, est plus étroit, conique, canalicuié en dessus, près de l'extrémité, et terminé par deux petites pointes rapprochées, fines, relevées, presque droites, au dessous desquelles, à droite et à gauche, une forte loupe fait apercevoir deux petites spinules courtes et déliées ; le mamelon anal se dilate beaucoup plus et est pourvu de deux papilles assez épaisses, bien saillantes et un peu arquées en avant.
Dans la nymphe, les expansions latérales des segments abdominaux ne sont point lobées, mais coupées carrément, avec des spinules coniques portant un très petit poil inséré non à l'extrémité mais plus ou moins en dessous.
Ces différences m'en faisaient supposer d’autres dans les insectes parfaits, et il en existe réellement. Si l’on compare en effet, le T. curvipes avec les T. molitor et obscurus, on remarque que, dans le premier, le troisième article des palpes maxillaires est un peu plus sécuriforme ; que la tête est plus bombée en dessus; que les antennes sont plus courtes et plus en massue ; que leurs articles sont plus serrés, que le troisième, au lieu d’être deux fois et deux fois et demie plus long que le quatrième, n’est pas beaucoup plus long que lui; que le prothorax est moins largement rebordé: que ses angles antérieurs sont arrondis et non aigus:
du Pin maritime. 427
que ses angles postérieurs sont prolongés en pointe triangulaire ; que les cuisses sont relativement moins larges et les éperons des tibias sensiblement plus courts; qu'enfin le corps, indépendamment de la ponctuation, de la couleur et du poli, a les côtés moins parallèles. On fait de nos jours des genres nouveaux pour beaucoup moins, et je ne désespère pas de voir le T. curvipes exclu de la place qu’il occupe aujourd'hui (1).
HELOPS STRIATUS, Geolfr., Caraboïdes, Panz.
Fig. 458-465.
LARVE
Elle ressemble tellement, pour la forme, la taille et la couleur, à la larve du Tenebrio curvipes, qu’à l'œil nu il est difficile de ne pas les confondre. Je me bornerai donc à signaler leurs caractères distinctifs qui sont, du reste, assez nombreux.
La tête a une petite fossette sur le front, et à partir de cette fossette, deux petits sillons qui se rendent, en divergeant, aux angles antérieurs. La lèvre supérieure est dépourvue de fossettes, ou bien elles sont très peu apparentes.
(1) Ce travail était déjà livré à la Société entomologique lorsque m'est parvenue la première partie des Hétéromères (les Latigènes), publiée par mon ami M. Mulsant. En y trouvant l’insecte dont il s’agit sous le nom générique de Menephilus, j'ai été heureux de la réalisation de ma prédiction. Aussi reviens je toujours à dire que les larves fournissent d'excellentes bases d'appréciation pour la classification et les coupes génériques.
428 E. PEBRIS. — Jnsectes
Le lobe des mâchoires est bérissé de soïes de diverses longueurs ; il est plus large, un peu moins long et ne paraît pas canaliculé intérieurement. Les mandibules, vues en dessus, ne montrent qu'une dent peu saillante vers le quart de leur longueur, et à partir de cette dent jusqu'à l'extrémité, le bord est un peu sinueux. Vues de profil, elles présentent, au côté inférieur, une forte dent un peu interne, et sont entières sur le bord opposé. Les ocelles sont noirs, non saillants et seulement au sombre de deux, situés obliquement près de l'insertion des antennes, l’antérieur un peu plus grand que l'autre.
Les segments thoraciques ne sont pas ponctués, mais
marqués, ainsi que les cinq premiers segments abdominaux, de rides transversales, fines, sinueuses et peu serrées. Une forte loupe permet cependant de voir, près du bord antérieur de ces segments abdominaux. une série transversale de points qui deviennent de plus en plus apparents à mesure qu'on s'approche de l'extrémité. Sur le sixième segment les points commencent à se montrer sur toute la surface, mais ils sont clairsemés ; ils deviennent plus forts et plus serrés sur le septième, et le huitième est profondément variolé. Ce segment est, comme dans la larve précédente, brusquement affaissé à son tiers postérieur ; mais Île sommet de l'escarpement est entier et non échancré par un sillon. Les crochets du dernier segment sont très recourbés comme dans la larve du Tenebrio, et à leur base externe surgit une dent bien marquée; mais l'intervalle qui les sépare est simplement échancré et ne porte ni dents ni apophyses. Ce caractère est le plus tranché de tous.
Les paîtes ne différent que par l'absence de toute saillie à l'extrémité du trochanter. +
du Pin maritime. 429 NYMPHE.
Elle à de grands rapports avec la précédente, dont elle diffère par sa forme ovale allongée qui est celle de l’insecte parfait. Elle offre aussi les différences suivantes : pattes horizontales, expansions latérales des segments abdominaux divisés en deux lobes égaux terminés chacun par deux dents inégales. La plus longue du lobe supérieur et la plus courte du lobe inférieur, c’est-à-dire les deux intermédiaires, sont surmontées d’une assez longue soie. Le septième segment est de moitié plus court que les autres, et le huitième est très grand ; ilest muni, de chaque côté, de deux tubercules sétigères, et les deux appendices qui le terminent sont coniques, effilés, presque parallèles et pourvus extérieurement de deux petites soies.
INSECTE PARFAIT
Longueur 7 à 11 mill. Convexe, subelliptique, d’un bronzé ferrugineux luisant. Tête subragueusement ponctuée, avec une dépression près de la bouche ; palpes et antennes d'un brun ferrugineux. Prothorax rebordé tout autour, plus étroit antérieurement qu’à la base qui est sinueuse ; régulièrement arrondi sur les côtés; couvert d’une ponctuation fine et serrée. Ecusson en triangle curviligne, pointillé à la base ou au milieu. Elytres s’élargissant de la base au delà du milieu ; à stries peu profondes, finement ponctuées-crénelées ; intervalles plans, finement ponctués. Dessous du corps et pieds un peu moins foncés que le dessus ; prosternun ridé, le reste finement ponctué.
La larve du Helops striatus vit exactement dans les mémes conditions que la précédente, et souvent dans sa so-
430 E. PERRIS. — Insectes
ciélé. Ses mœurs, la durée de sa vie, l’époque de ses métamorphoses sont les mêmes.
Cette larve est nouvelle pour la science ; mais on connaît déjà celles des Æ. cœruleus Fab., et Lanipes Fab. J'ai publié la première dans les Annales des Sciences naturelles, 1840. p. 81; mais, sans le savoir, j'avais été devancé, depuis 1836, par M. Waterhouse (Trans. of the Eniom. Soc. of London, p. 29), et on doit la publication de la seconde à M. Blanchard (Magasin de z00ol. de M. Guér. Menev. 1837). Ces trois larves offrent, il est vrai, des différences spécifiques que je ne crois pas utile de rappeler, et qui permettent de les distinguer; mais elles ont aussi tant de caractères communs, qu'à priori on les comprendrait dans le même genre. Leur trait de ressemblance le plus frappant est cette paire de crochets longs et en forme de griffe qui termine le dernier segment ; mais je dois me hâter de dire que ce caractère, quoique bien tranché, n’est pas exclusif, car, comme on a pu le voir, il appartient aussi à Ja larve du Mencephilus curvipes.
PrionycHus (Helops) ATER, Fabr.
Fig. 466-472.
LARVE
Elle est cosmopolite, car je l’ai trouvée dans le charme, le chêne, le robinier, le saule, le peuplier et l’aulne. Elle habite aussi les vieilles souches du pin, où elle est même très commune, et à ce titre elle doit trouver place dans ce travail, Je ne la présente pourtant pas comme une nouveauté, car Kyber (Germar magaz. 1817, 11, p. 16); Bouché
du Pin maritime. 431
(Naturg., 1834, p. 194), et Waterhouse (Trans. of the Entom. Soc. of London, 1836, 1, p. 27) ont déjà publié ses métamorphoses, et moi-même, en 1840, j'en ai fait l'objet d’un Mémoire inséré dans les Annales des Sciences naturelles, 1840, p. 83. Je ne ferai donc que résumer ce qui a été dit à son sujet. |
Longueur 20 à 24 mill., largeur 2 mill. 1/4 à 2 1/2. Cornée, linéaire, cylindrique avec la région sternale aplatie, luisante et couverte d'une ponctuation extrêmement fine, visible seulement à une forte loupe; couleur roussâtre ou jaunâtre, avec le bord postérieur des segments plus foncé.
Tête convexe et lisse, avec un très léger sillon semi-elliptique; bord antérieur droit, maculé de brun vis-à-vis les deux angles de la base de iépistome; celui-ci grand, arrondi aux angles antérieurs et un peu sur les côtés ; labre en demi-ellipse transversal et cilié. Mandibules fortes, planes en dessus, rebordées, acérées, avec une dent interne un peu audessous de l'extrémité, mais ordinairement à des hauteurs inégales dans les deux, et un poil en dehors ; ferrugineuses, avec la pointe et le rebord d’un noir ferrugineux. Mâchoires longues et coudées ; lobe un peu conique, atteignant presquel’extrémité du deuxième article du palpe; surmonté de petites soies et pectiné en dedans; palpes maxillaires un peu arqués, de trois articles dont le premier légèrement renflé est un peu plus court que le second, qui est faiblement renflé aussi et égal au troisième. Lèvre inférieure cordiforme ; palpes labiaux droits, de deux articles dont le premier est un peu plus long que le second. Antennes de quatre articles : le premier très court et cylindrique; le deuxième un peu en massue, ainsi que le troisième qui est un peu plus grand que lui: le quatrième grêle, filiforme,
432 E. PERRIS. — Insectes
plus court que le précédent, un peu rétractile et surmonté d’un long poil ; pas d'article supplémentaire. Audessous de chaque antenne un gros point noir que je considère comme un ocelle, mais qui ne fait point saillie et qui semble même placé sous l’épiderme, |
Corps à peine plus large que la tête, de douze segments égaux ou à peu près, sauf le second, ou mésothorax, qui est le plus petit de tous. Dernier segment subconique, obtus, inerme; vu en dessous, il présente une cavité longitudiuale et semi-elliptique dans laquelle se loge un mamelon extractile adossé par sa base au pénultième segment ; muni postérieurement de deux papilles écartées, parallèles, simulant deux petites pattes un peu arquées en avant et dont le but est évidemment de faciliter la progression de la larve. Entre ce mamelon et la cavité où il se loge, se trouve l’ouverture anale. Après Degeer, j'ai signalé tout à l'heure un organe semblable dans la larve du Tenebrio molilor.
Pattes un peu aplaties latéralement ; pourvues de quelques soies raides avec les tibias pectinés en dessous ; celles de la première paire sensiblement plus fortes que les autres et enchassées à la base dans une sorte de poche formée, en apparence du moins, par le bord antérieur du prosternum. Elles sont évidemment fouisseuses, et la larve en fait un grand usage pour s’enfoncer dans la vermoulure où elle vit.
Stigmates elliptiques : première paire un peu plus grande que les autres, près du bord antérieur du mésothorax ; les autres au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux. |
En comparant avec la mienne la description de Bouché, j'ai constaté deux erreurs commises par cet auteur et que
du Pin maritime. 433
je crois devoir relever. D'après lui les antennes sont de cinq articles dont’le quatrième très petit et en forme de disque et le cinquième turbiné ; le quatrième n'existe positivement pas, et le dernier est filiforme. Bouché place une paire de stigmates sur chaque segment, lorsque le premier, le troisième et le dernier en sont dépourvus.
NYMPHE
Semblable à la précédente dont elle diffère par les caractères suivants : prothorax finement velu sur le dos; crêtes latérales des segments abdominaux entières, coupées carrément et finement dentelées, avec un poil sur chaque dent : appendices terminaux beaucoup plus courts et un peu divergents.
INSECTE PARFAIT
Longueur 10 à 15 mill. Convexe. elliptique, noir ou d’un noir un peu ferrugineux en dessus; peu luisant. Labre et antennes d’un brun ferrugineux ; tête et prothorax densément et finement ponctués; ce dernier beaucoup plus étroit antérieurement qu’à la base; régulièrement arrondi sur les côtés, qui sont très finement rebordés ; élytres à bords relevés, marqués de stries peu profondes et finement ponctuées ; intervalles très peu convexes, densément et finement pointillés. De chacun des points s'élève un très petit poil noirâtre. Dessous dù corps un peu moins foncé que le dessus. Pattes d’un noirâtre ferrugineux, avec les tarses ferrugineux.
Voici ce que j'ai dit de la larve du Prionychus ater dans ma notice précitée :
« Lorsqu'on saisit cette larve, elle s’agite avec une grande
434 E. PERRIS. — Insectes
» vivacité, se replie et se contourne comme un serpent, et » souvent glisse des doigts qui veulent la retenir.
» Elle viten sociétés souvent nombreuses dans les souches » en voie de décomposition et se nourrit du bois même, » dont elle paraît faire une assez grande consommation, et » qu’elle réduit en une poussière fine entremêlée de beau- » coup d’excréments. Lorsqu'elle est sur le point de se » transformer en nymphe, elle réunit et agglutine de cette » poussière, et même des fibres ligneuses, et en forme une » coque épaisse et ellipsoide, lisse et nue en dedans, et » très raboteuse extérieurement. Cette coque est assez so- » lide pour résister à un ballotement violent, mais elle se » brise.sous une pression un peu forte. »
L'insecte parfait naît dans le courant de l’été, et j’ai quelques raisons de penser que la durée du développement de sa larve est le plus souvent de deux ans.
Les huit larves dont je viens de parler ont un air de famille qui embrasse les larves de plusieurs autres genres, tels que Akis, Blaps, Asidia,Pimelia, Misolampus,Opatrum,Crypticus, Phaleria, Bolitophagus, Pentaphyllus, Mycetochares, Cistela. Quoique les faits observés ne soient pas très nombreux, il est ‘permis cependant de supposer que les analogies de forme et d'organisation que présentent les larves s'étendent depuis le genre Erodius jusqu’au genre Cistela ou Mycetochares. Les insectes compris entre ces deux limites ont été distribués par les auteurs en diverses familles et tribus dont certaines, établies dans le catalogue Dejean, renfermaient des éléments hétérogènes que de nouvelles études ont fait comprendre la nécessité d’éliminer. Je citerai les genres Endophlœus, Anisotoma, Sarrotrium, Corticus, Coxelus, Diodesma de la tribu
des Taxicornes ; Orchesia, Dircœæa, et bien d’autres de celle des Ténébrionites.
du Pin maritime. 435
Un savant dont j'ai eu plus d’une occasion de reconnaître les heureuxi nstincts en matière de classification, M. Schaum, a fait mieux encore selon moi : Dans son Catalogus insectorum Europe, imprimé à Berlin en 1852, il réunit sous le nom unique Tenebrionites, celte grande catégorie d’insectes que j'ai caractérisée en lui assignant pour limite supérieure le genre Erodius, et pour limite inférieure le genre Cistela (Schaum), Mycetochares (Gaubil). J'accepte sans réserve, du moins quant à présent, cette classification conforme, quant à l’étendue de son cadre, moins le genre Eledona où Endophlœæus, à celle du catalogue de M. Gaubil; je crois, autant qu'il est permis de le croire dans l’état actuel de la science, qu’elle correspond exactement à un groupe de larves analogues.
Ces larves, par leurs formes et surtout par la consistance coriace, cornée ou parcheminée de leurs téguments, ont été assimilées à celles des Elatérides; mais à propos de ces dernières, j'ai fait ressortir quelques-uns des principaux caractères qui les diflérencient. Je rappelle ici que les larves d’Elatérides ont, sans autre exception connue que celle que présentent les larves de Crypiohypnus, le labre et j’épistome confondus avec le front; qu’elles ont les mâchoires et le menton soudés ensemble, le lobe des mâchoires biarticulé, les palpes maxillaires de quatre articles, les antennes courtes et pourvues d’un article supplémentaire, les pattes cannelées en dessous; tandis que les larves des Ténébrionites ont l’épistome et le labre bien développés et libres, les màchoires coudées et indépendantes du menton, le lobe des mâchoires simple, les palpes maxillaires tri-articulés, les antennes assez longues et sans article supplémentaire, les pattes un peu plus longues, non canaliculées et ordinairement moins épineuses.
Si l’on compare les nymphes des deux familles, on trouve aussi des différences très frappantes : celles des Elatérides ont quelques petits mamelons sétigères, symétriquement disposés; mais celle des Ténébrionites présentent, outre les mamelons piligères du prothorax, des dilatations abdominales bien tranchées, plus ou moins bizarres et telles qu’on n'en observe, à ma connaissance du moins, que dans les nymphes de cette famille. :
Les larves et les nymphes des Ténébrionites diffèrent donc sensiblement de celles des Elatérides ; mais elles ont entre elles de grandes ressemblances. Les caractères les plus importants sont communs à toutes celles que l’on connaît, et on n’a, pour distinguer les larves les unes des autres, que leur taille, les dimensions relatives de certaines parties, leur couleur, leur ponctuation et surtout la forme du dernier segment; et pour les nymphes que les soies du prothorax et les dilatations latérales des segments abdominaux.
C'est ce qui a lieu également pour les larves des Elatérides, et de même que dans cette famille si naturelle on n’a établi que des genres que l’étude des larves me parait justifier jusqu'ici, de même 1l me semble permis de ne subdiviser que par des coupes génériques la famille bien naturelle aussi des Ténébrionites, telle que je la circonscris d’après leurs larves, d'accord avec M. Schaum.
Ces larves offrent deux particularités assez intéressantes. La première c’est la bizarrerie de leur démarche. Comme leur corps n'est pas susceptible de contraction, on ne remarque point dans l'acte de la progression ces ondulations qui sont le propre des larves molles et charnues; leurs pattes seules agissent, et pour leur donner plus de puissance, la
du Pin maritime. 437
vature les a armées de spinules. Le mamelon du dernier segment ne pousse pas précisément le corps en avant, il empêche seulement qu'il ne glisse et ne rétrograde. La partie postérieure du corps semble donc inerte; elle se traîne comme à la remorque du train antérieur, et pendant que la tête et le thorax agissent, tout le reste semble paralysé, et avoir cessé, par un accident quelconque, de dépendre de l'organisme commun.
La seconde particularité, c’est la différence énorme qui existe entre les larves et les insectes parfaits. Qui dirait que ces êtres si allongés, si fluets, si resserrés dans leur enveloppe cornée qui semble s'opposer à toute dilatation, renferment, à un moment donné, les nymphes toutes formées d'insectes deux fois plus courts et trois fois plus larges qu'eux? C’est qu’alors le pli latéro-ventral qui règne le long de l’abdomen s’entr’ouvre, et rendant libre le tégument membraneux qui lie la carapace dorsale au plastron ventral, facilite l'expansion qu’exige cette sorte de gestation.
Les larves des Ténébrionites ont des appétits variés; les unes vivent dans l’humus ou dans le bois pourri ; d’autres recherchent les matières excrémentitielles ; certaines se développent dans les champignons ; une au moins se rencontre dans les farines; mais aucune jusqu'ici n'avait été signalée comme carnassière et se nourrissant de proie vivante. J'ai constaté que tels sont les instincts des larves d'Hypophlæus, avec cette circonstance remarquable que chaque espèce semble exclusive dans le choix de ses victimes.
438 E. PERRIS. — Insectes
HALLOMENUS FLEXUOSUS, Payk.
Fig. 473-480.
L'histoire des insectes du pin m’ayant paru devoir comprendre ceux qui vivent dans les champignons essentielle ment parasites de cet arbre, j'ai déjà fait connaître les métamorphoses de l'Ennearthron cornutum, dont la larve se développe dans le Polyporus pini. Le même motif m'engage à donner l'histoire de deux Hallomenus : le H. flexuosus,
Payk., et le H. humeralis, Fab. Voici mes observations sur le premier.
LARVE
Longueur 6 à 7 millim., largeur 1 1/14 millim.; blanche, molle, charnue, cylindrico-ellipsoïdale, mamelonnée; semblable, au premier coup d’æil, à une très jeune larve de Longicorne.
Tête un peu enchäâssée dans le prothorax, roussâtre, subcornée, un peu aplatie, lisse, luisante et marquée de deux sillons cbliques partant des angles antérieurs, et qui se réunissent vers le milieu du front pour former un sillon unique jusqu’au yertex. Bord antérieur corné, ferrugineux, largement et peu profondément échancré au milieu; ayant deux crénelures inégales à droite et à gauche de l’échanerure. Epistome court et trapézoïdal; labre semi-elliptique et bordé de cils écartés et spinuliformes. Mandibules fortes, ferrugineuses à la base, noires à l'extrémité : vues de côté, elles sont bifides ; si on les regarde en dessus, c’està-dire sur leur face la plus large, on n'aperçoit qu’une
du Pain maritime. 439
pointe à l'extrémité, mais audessous on remarque trois crénelures d'autant moins saillantes qu’on s'approche plus de la base. Mâchoires fortes; leur lobe très allongé et cylindrique, atteignant l'extrémité du deuxième article des palpes maxillaires et surmonté de deux soies raides, d’inégale longueur ; palpes maxillaires longs, assez grêles, coniques, presque droits et de trois articles dont les deux premiers sont égaux et le troisième un peu plus petit. Menton triangulaire; lèvre inférieure affleurant à peine la base du lobe des mâchoires ; plus longue que large ; tronquée antérieurement, arrondie aux angles antérieurs ; un peu étranglée audessous du milieu ; palpes labiaux courts, coniques et de deux articles égaux; tous ces organes subcornés et lavés de roussâtre. Antennes bien saillantes, coniques et de quatre articles ; le premier et le second égaux en longueur; le troisième de moitié plus long que le précédent ; le quatrième un peu plus court que le troisième, grêle, surmonté d’un long poil et accompagné d'un petit article supplémentaire, inséré à côté de lui. Audessous des antennes, sur chaque joue, trois ocelles noirs, elliptiques, presque contigus et disposés un peu en arc.
Prothorax plus grand que tous les autres segments, lisse et marqué au milieu d'un petit sillon longitudinal ; mésothorax et métathorax de moitié plus courts, munis sur le dos d’un large mamelon transversal et rétractile, comme interrompu au milieu, dans le genre de ceux des larves de Longicornes; chacun des segments thoraciques portant une paire de pattes assez longues pour déborder un peu le corps, hérissées de quelques soies et formées de cinq pièces dont la dernière est un ongle roussâtre.
Abdomen de neuf segments, dont le premier un peu plus
440 E. PERRIS. — Însectes
grand que te métathorax, et les autres grandissant peu à peu jusqu’au septième ; les huit premiers pourvus d’un mamelon dorsal et d'un mamelon ventral semblables à celui des deux derniers segments thoraciques, et en outre d’un bourrelet de chaque côté; dernier segment entier, arrondi, muni en dessous d'un mamelon bilobé au centre duquel est l'ouverture anale, et qui, en s’appuyant sur le plan de position, aide à la progression de la larve, de concert avec les pattes, les mamelons et les bourrelets dont j'ai parlé.
Le: corps est glabre en dessus et en dessous; mais on aperçoit quelques poils roussâtres sur la tête, d’autres très courts sur la poitrine, deux ou trois de chaque côté des onze premiers segments, et huit ou dix assez longs autour du dernier.
Stigmates au nombre de neuf paires, dont une très près du bord antérieur du mésothorax et les autres au milieu des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Blanche, molle, et présentant toutes les parties de l'insecte parfait emmaillotées comme à l'ordinaire. Elle porte deux poils blanchâtres très fins sur le bord antérieur du prothorax et quatre de chaque côté ; le dernier segment est terminé par deux petites papilles charnues, biarticulées et
divergentes, au moyen desquelles elle peut se retourner dans sa cellule.
INSECTE PARFAIT
Longueur 3 1/2 millim. Tête testacée antérieurement, puis noire; antennes plus longues que la tête et le pro-
du Pin maritime. 441
thorax ; testacées avec le milieu brun. Prothorax plus large que long, convexe, arrondi sur les côtés, canaliculé au milieu, testacé, ayant une large bande noire qui n’atteint pas les bords latéraux. Ecusson presque en quadrilatère transversal, un peu arrondi postérieurement. Elytres convexes, testacées, ornées de deux bandes sinueuses noires, l'une avant le milieu, linéaire et en zigzag ; l’autre au delà du milieu, plus large, formée de deux taches en croissant et se joignant à la suture. Tout le dessus du corps paraît à une forte loupe très finement chagriné et revêtu d’un duvet chatoyant ; dessous du corps noirâtre avec l'anus plus clair; pattes testacées.
La larve du H. flexuosus a des rapports évidents avec celle de la Melandrya caraboides L., que j'ai publiée dans les Annales des Sciences naturelles, 1840, p. 36, et celle de l'Orchesia micans, dont MM. Chapuis et Candeze ont donné une excellente description dans leur Catalogue des larves des Coléoptères, p. 179. Quand on y regarde de près, on trouve sans doute des différences, mais les ressemblances sont telles pourtant que devaient le faire présumer les affinités organiques de ces trois genres appartenant à la même famille.
Cette larve vit, comme celle de l'Ennearthron cornutum, dans le bolet du pin, où elle pratique des galeries irrégulières, dont elle consomme les déblais et dans lesquelles eile se meut facilement au moyen de ses pattes et de ses mamelons. Lorsque l’époque de la transformation en nymphe approche, elle dirige sa galerie vers la surface du champignon, de manière à ce que l’insecte qui doit en provenir n'ait à ronger qu'une faible épaisseur, et c’est à l'extrémité de cette galerie, un peu élargie en niche, qu’elle
442 E. PEBRIS. — Jusecies
subit sa métamorphose. L'état de nymphe ne dure que huit ou dix jours, et l'insecte parfait sort du champignon en y pratiquant un trou rond et du diamètre de son corps.
Il y a deux moyens de se procurer abondamment le Hallomenus. Le premier consiste à recueillir, vers la fin de l'hiver, des bolets du pin habités par des larves, et de les enfermer dans des bocaux. Le second consiste à lui faire la chasse dans les bois, sur ces champignons mêmes, où on le trouve depuis les premiers jours d'avril jusqu'à la fin de mai, car il en naît pendant toute cette période. On le rencontre alors pendant le jour, soit sur le champignon, soit tout autour. Je n'en ai jamais pris que dans ces conditions.
C'est sur les champignons ou dans leur voisinage qu’il s’accouple, et bientôt après l'accouplement, qui dure environ une heure, pendant laquelle le mâle se tient sur le dos de la femelle, celle-ci pond des œufs sphériques et blancs, en introduisant son oviscapte dans le tissu supérieur ou les cellules inférieures du champignon. Les larves ne tardent pas à naître, et leur existence est d'environ onze mois.
HALLOMENTS HUMERALIS, Fabric.
Hallomenus bipunciatus, Payk.
Fig. 481-490.
LABVE.
Longueur 9 à 10 millim., largeur 1 1/2; subdéprimée, assez coriace, luisante, peu velue et linéaire.
Tête cornée, roussätre, avec les sutures du cräne blanchâtres ; arrondie sur les côtés; presque orbiculaire; mar-
CNET PU 2 | D L] PC . ce... Ce 2 St SE "rs rt UN
du Pin maritime. 443
quée de deux impressions longitudinales près du bord antérieur, de deux petites fossettes écartées sur le front et d’une autre au vertex; épistome court, labre semi-discoïdal et cilié. Mandibules se joignant sans se croiser, larges, fortes, ferrugineuses à la base, puis noires jusqu’à l'extrémité qui est acérée ; munies au bord interne, vers le milieu, d’une petite dent, et lorsqu'on les regarde de côté se montrant divisées en deux dents, dont l’une plus longue que l’autre. Mâchoires fortes, leur lobe assez court, large, épais, arrondi et surmonté d’assez longs cils spinuliformes ; palpes maxillaires longs, arqués en dedans, de trois articles dont le premier un peu plus court que les deux autres qui sont égaux. Lèvre inférieure visiblement échancrée ; palpes labiaux de deux articles égaux, dépassant à peine les lobes des mâchoires. Antennes de médiocre longueur, un peu coniques et de quatre articles : les deux premiers égaux, le troisième plus allongé, surmonté de deux petits poils; le quatrième de même longueur, grêle, muni à l'extrémité d’un long poil et de trois très courts, et accompagné extérieurement d’un petit article supplémentaire : tous ces organes d’un blanc roussâtre. Audessous de chaque antenne un groupe de cinq ocelles noirs dont trois inégalement distants, en une ligne très légèrement en arcrenversé, et deux dessous, écartés et plus petits.
Prothorax un peu plus large que la tête, plus grand que chacun des autres segments, d’un blanc jaunâtre, ainsi que le mésothorax et le métathorax; chacun de ces segments portant une paire de pattes un peu saillantes en dehors du corps, hérissées de quelques soies et formées de cinq pièces, y compris un ongle presque droit et roussâtre.
Abdomen de neuf segments égaux ou à peu près; les six
444 E. PERRIS. — fnsecies
premiers d’un blanc jaunätre ; le septième orné en dessus d'une bande roussâtre pâle, large, mais mal limitée ; le huitième ayant une bande semblable et décidément roussätre ; le neavième entièrement roussâtre, assez grand, plus étroit à l'extrémité qu'à la base: terminé par deux crochets médiocrement arqués, ferrugineux avec la pointe noire; parsemé en dessus, à l'exception d’un espace central elliptique, et postérieurement en dessous, de petits tubercules ferrugineux, assez régulièrement disposés, dont les plus saillants portent un long poil, et enfin muni en dessous d’un mamelon pseudopode et rétractile dont la face inférieure présente six mamelons charnus au centre desquels est l'anus.
Le long des côtés de l'abdomen règne un petit bourrelet, et des poils roussätres mais clairsemés se montrent sur la tête, sur les flancs, sur le dos et mème à la région ventrale.
Stigmates au nombre de neuf paires : la première près du bord antérieur du mésothorax, les autres au quart antérieur des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Elle offre les particularités suivantes : quelques poils roussâtres sur le front et le vertex; prothorax cilié, antérieurement et sur les côtés, de poils semblables mais plus longs; de petites spinules sur la face externe des antennes, et d’autres un peu plus longues près du bord postérieur et dorsal des sept premiers segments de l'abdomen, six sur chacun en série transversale ; deux ou trois poils roussätres de chaque côté de ces mêmes segments; huitième parsemé de poils de même nature et terminé par deux appendices coniques ef très courts, placés aux deux angles.
Et
du Pin maritime. 445 INSECTE PARFAIT.
Longueur 4 1/2 millim. Tête testacée avec le vertex brun; antennes testacées, dernier article subacuminé. Prothorax plus étroit antérieurement qu’à la base, convexe, non canaliculé, mais marqué près du bord postérieur de deux points écartés et très profonds; testacé, avec deux taches longitudinales noirâtres qui n’atteignent pas le sommet et aboutissent aux deux points de la base. Ecusson testacé, assez long, arrondi. Elytres marquées de stries obsolètes ; testacées jusqu'au sixième environ de leur longueur, puis brunes jusqu'à l'extrémité; tout le dessus du corps paraissant à une forte loupe très finement et très densément ponctué ou chagriné, et revêtu d’un duvet roussâtre, chatoyant. Dessous du corps et pattes testacés; tibias terminés par deux petites épines.
Sous l'influence des premières pluies de la fin d’août ou du commencement de septembre, se développe, sur les plus vieilles souches des pins ainsi que sur celles de leurs grosses racines qui affleurent presque le sol, un grand champignon de médiocre épaisseur, d’un brun fauve, subéro-spongieux, tantôt sessile, tantôt porté sur un épais et court pédicule, décrit par Brotero sous le nom de Polyporus maximus, et qui appartient au genre Dedalæa. C’est dans ce champignon que le Hallomenus vient pondre ses œufs et que vit, souvent en sociétés nombreuses, sa larve dont je viens de donner la description. Elle y creuse des galeries sinueuses, et paraît plus se plaire dans les parties minces ou de moyenne épaisseur que dans les parties épaisses et plus coriaces qui avoisinent le pédicule. Un mois et demi lui suffit pour atteindre tout son développement, après quoi elle s'ouvre un passage
446 E. PERRIS. — Insectes
jusqu’à la surface inférieure du champignon, et se laisse tomber à terre où elle s’enfonce pour ne subir sa dernière métamorphose que dans le courant de l’été suivant. Une fois seulement les métamorphoses se sont accomplies dans les champignons eux-mêmes recueillis en octobre et enfermés dans des bocaux. Les larves et les nymphes s’y sont beaucoup mieux conservées qu'elles ne le faisaient dans la terre, et j'ai eu ainsi le bonheur de pouvoir recueillir en quelques jours plus de deux cents Hallomenus.
Comme on a pu le voir par le signalement qui précède et par les figures correspondantes, la larve du Hallomenus humeralis diffère sensiblement de celle du À. flexuosus, par les mâchoires, le menton, les mandibules, les ocelles, la forme, la consistance et la couleur du corps, et surtout par le dernier segment. Sa nymphe se distingue aussi par ses spinules et par la brièveté de ses appendices terminaux de celle du À. flexzuosus qui est entièrement lisse et inerme. Enfin, le développement de la larve est rapide, elle ne séjourne que peu de temps dans le champignon, quoique, par sa consistance, celui-ci puisse persister d’une année à l’autre, et elle s’enfonce dans la terre pour se transformer.
Ces diverses considérations ont sérieusement appelé mon attention. J'avais été, je l'avoue, très surpris de voir sortir un Hallomenus d’une larve qui ressemble si peu à celle du I. flexuosus, car je ne suis pas habitué à de pareils disparates pour des larves appartenant à un même genre, et l’idée m'était venue que le A. humeralis pourrait bien n’être pas
un Hallomenus. J'ai donc soumis cet insecte à un examen
attentif, et en le comparant au H. flexuosus, seul représentant de ce genre dans ma collection, j'ai trouvé que les palpes labiaux et maxillaires ne sont pas conformés de
FE
du Pin maritime. 447
même ; que le H. humeralis a : 1° les articles des antennes relativement un peu plus courts, avec les proportions réciproques de ces articles un peu différentes ; 2° le prothorax moins rabattu sur les côtés, plus étalé aux angles postérieurs, sans parler des deux fossettes qui, à mes yeux, sont bien près d’avoir une signification générique ; 3° les tarses sensiblement plus allongés, les épines des tibias plus longues. Je signale ces différences aux entomologistes qui sont en position de comparer l'insecte dont il s’agit avec un certain nombre d'espèces de Hallomenus, et je les prie d’examiner s’il ne doit pas être retiré de ce genre, comme me le font supposer et les caractères différentiels que je viens d'indiquer, et la conformation de la larve et de la nymphe. Les Hallomenus appartiennent à la petite famille des Serropalpes de M. Redtenbacher, et des Mélandryades du catalogue de M. Schaum. Les larves connues de ce groupe ne sont pas toutes semblables : les unes sont un peu trapues, charnues et mutiques (Melandrya, H. flexuosus, Orchesia micans et fasciuta) ; d’autres linéaires, subcoriaces, avec deux crochets terminaux (H. humeralis); certaines un peu en massue, charnues et munies de deux crochets (Dircœa discolor). Je ne parle pas du Pitho depressus que le catalogue Gaubil place à tort dans cette famille. Je le renvoie, avec M. Schaum, dans celle des Pyrochroïdes; sa structure et celle de sa larve lui assignent cette place.
XANTHOCHROA CARNIOLICA.
Fig. 491-500.
LARVE
Longueur 17 millim., largeur au thorax 3 miilim., à l’ab-
448 | E. PERRIS. — Jnsectes
domen 2 1/4 millim.; un peu en massue, charnue, d’un blanc légèrement jaunâtre.
Tête subcalleuse, large, un peu enchassée dans le prothorax ; marquée sur le front d’une dépression ovale qui se prolonge jusqu’au vertex en un sillon assez profond ; fortement arrondie sur les côtés; bord antérieur sinueux, de même consistance que le reste, avec une petite tache rousse à la base des mandibules ; épistome assez grand et trapézoidal; labre bien saillant, un peu moins arrondi antérieurement que sur les côtés, hérissé de poils roussâtres; ces organes de couleur rousse. Mandibules, vues en dessus, très larges à la base jusqu’à moitié de leur longueur, puis largement et profondément échancrées en dedans, acérées à l'extrémité, audessous de laquelle on voit deux petites dents; lisses et ferrugineuses avec les bords noirâtres, depuis la base jusqu'au delà du milieu, noires ensuite jusqu’au bout, avec quelques stries longitudinales; vues de côté, étroites, subtriangulaires, avec les côtés un peu concaves ; terminées par trois dents dont l'intermédiaire est la plus saillante dans la mandibule gauche, tandis que dans la droite la dent externe est au même niveau que l’intermédiaire, et l’interne est très petite. Mâchoires assez fortes, coudées, leur lobe large, subtriangulaire, un peu arrondi en dedans, mince, presque membraneux, cilié de soies rousses et denses ; dépassant un peu le premier article des palpes maxillaires ; ceux-ci grêles, de trois articles, dont les deux premiers également longs et le troisième très petit. Menton allongé, lèvre inférieure cordiforme, surmontée d’une languette à peu près cylindrique et de deux palpes de deux articles, dont le premier deux fois plus long que le second qui affleure presque l'extrémité du lobe maxillaire :
du Pin maritime. 449
tous ces organes très mobiles et roussâtres. Antennes bien mobiles aussi, de la couleur de la tête et de quatre articles : le premier assez gros et un peu plus large à la base qu’au sommet; le deuxième presque cylindrique, près de deux fois aussi long que le précédent dans lequel il peut rentrer en partie; le troisième une fois et demie au moins aussi long que le second, un peu convexe intérieurement, très légèrement concave extérieurement, faiblement incliné en dedans ; le quatrième un peu penché en dehors, grêle, court, muni de soies roussâtres au sommet et sur les côtés, de même que les autres articles. Un peu audessous des antennes, deux ocelles noirs et en ellipse transversal, placés l’un audessus de l’autre et se touchant presque; l’inférieur plus petit que le supérieur.
Prothorax aussi large et aussi grand que la tête, droit antérieurement, taillé en chevron postérieurement, ayant sur le milieu, contre le bord postérieur, un groupe serré d’aspérités roussâtres sur une petite élévation coupée er deux par un sillon longitudinal et limitée à droite et à gauche par un autre sillon. Mésothorax et métathorax plus étroits et de moitié plus courts que le précédent; très convexes sur le dos; marqués d’une profonde rainure longitudinale des deux côtés de laquelle on voit un groupe d’'aspérités comme celles du prothorax. Ces trois segments ont des poils roussâtres, disposés en série annulaire sur les deux derniers, et formant sur le dos du premier deux séries voisines l’une de la base, l’autre du sommet, et se réunissant sur les côtés.
Pattes de médiocre longueur, débordant les côtés du corps, roussâtres et formées de cinq pièces; hanche bien développée et très saillante en dessous à l’extrémité ; tro-
450 E. PERRIS. — fnsectes
chanter presque aussi grand que la cuisse ou le tibia qui sont égaux en longueur ; ce dernier ayant tout autour quelques soies un peu longues, et de plus cilié en dessous, comme tous les articles précédents, de petites spinules très rapprochées, entremélées d'un ou de deux poils longs et fins ; tarse représenté par un ongle conique, à peine arqué, et brun à la pointe.
Abdomen de neuf segments, un peu”plus étroit que le métathorax, et se retrécissant encore un peu plus à partir du septième segment. Premier segment de la longueur du métathorax, comme lui convexe et muni d’aspérités, mais moins profondément sillonné ; deuxième plus long, avec un groupe d’aspérités près du bord antérieur, et non divisé par un sillon ; les autres segments lisses et non convexes en travers; le dernier semi-elliptique, ayant en dessous un mamelon rétractile traversé d’un pli dans lequel est l'anus. Ce segment est parsemé de poils roussâtres; les autres en montrent deux séries annulaires. Le long des flancs règne un bourrelet bien marqué, et le troisième ainsi que le quatrième segment ont chacun en dessous deux mamelons pseudopodes coniques, obtus et divergents, dont la surface supérieure est couverte d'aspérités et de poils très fins.
Stigmates elliptiques : la première paire un peu roussâtre, plus grande et plus inférieure que les autres, placée sur le prothorax, près de l'insertion des premières pattes ; les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Elle se distingue par les earactères suivants : front muni
du Pin maritime. 451
de poils; prothorax parsemé et bordé de poils semblables portés sur de petits tubercules; segments de l'abdomen ayant de‘chaque côté unc petite expansion charnue et divisée, presque jusqu’à la base, en deux lobes simples sur le deuxième segment, inégalement ‘bidentés sur les autres ; chaque dent surmontée d’un poil. Les cinq premiers segments ayant sur le dos deux séries transversales de poils roussâtres, très serrés dans celle qui est près du bord; sixième segment découpé ;à son bord postérieur, tant en dessus qu’en dessous, en deux grosses papilles charnues, coniques et obtuses ; septième segment bilobé en dessous, denticulé sur les côtés et velu; segment anal encore plus velu, terminé par deux papilles poilues, écartées, divergentes, coniques, à pointe subcornée et rousse.
INSECTE PARFAIT
Longueur 11 à 12 millim. Tête d’un jaune testacé luisant, avec l’extrémité des mandibules noirâtre, et très finement pointillée. Antennes à peine lavées de brunâtre. Prothorax de la couleur de la tête, un peu plus étroit qu'elle, ayant de chaque côté, près du bord antérieur, une dilatation tuberculiforme, une large fossette près du bord postérieur et une ligne noirâtre le long des côtés. Elytres un peu plus pâles et moins luisantes que le prothorax, deux fois aussi larges que celui-ci à sa base; ayant quatre lignes élevées, dont les deux extérieures raccourcies antérieurement et qui toutes se réunissent, ou à peu près, avant l’extrémité ; intervalles de ces lignes très densément et rugueusement ponctués ; une large ligne brune, plus foncée à l’épaule, parcourant toute la partie latérale des élytres, en empiétant plus ou moins sur la face dorsale, ou même la recouvrant tout à fait, ainsi
452 E. PERRIS. — Insectes.
que je le vois dans deux individus venus des Pyrénées et des Alpes. Dessous du corps d’un jaune testacé luisant, avec quelques vagues nébulosités à la région ventrale. Pattes de la même couleur, avec les tibias à peine plus foncés. Tout le corps revêtu d’un fin duvet couché et roussâtre.
Cet insecte est nocturne.
La larve de la Xanthochroa carniolica vit dans les troncs des pins de tout âge, ordinairement dépouillés de leur écorce, et dont le bois en décomposition est arrivé presque à l’état spongieux. Elle se trouve, en un mot, dans les mêmes conditions que celles du Tenebrio curvipes et du Helops striatus, et on les rencontre presque toujours ensemble. Elle aime à creuser entre les feuillets de l’aubier ces galeries sinueuses qu’elle ne laisse en parties ombrées d’excréments grumeleux. Avant de se transformer elle se rapproche de la surface, creuse entre les couches supérieures une cellule longitudinale, et c’est là qu'elle subit ses métamorphoses en juin et juillet.
Je suis porté à croire que, dans les conditions normales, toutes les évolutions de cette larve s'accomplissent en une année. Je dis dans les conditions normales, car j’en ai conservé dans mon cabinet qui ne se sont transformées qu’après deux ans, quoique je les eusse recueillies presque adultes.
NACERDES MELANURA, L.
La larve dela Nacerdes melanura ne ressemble pas seulement à celle de la Xanthochroa, elle lui est identique. Taille, couleur, forme, organes de la tête, aspérités du prothorax
du Pin maritime. 453
et de l'abdomen, structure des pattes, tout est la même chose, et les seules différences que j'ai pu constater consistent dans une petite dent de plus au bord interne des mandibules, et dans les ocelles qui sont roussâtres, beaucoup moins apparents et comme vestigiaires. L’habitat même induirait en erreur, et sans le témoignage irrécusable de l’insecte parfait, il serait à peu près impossible d'éviter une méprise. Je m'’abstiendrai donc de toute description.
NYMPHE
Entièrement semblable, sous tous les rapports, à celle de la Xanthochroa.
INSECTE PARFAIT
Longueur 11 à 12 millim., entièrement revêtu d’une pubescence rousse; tête testacée, ponctuée; antennes ayant les deux premiers articles testacés, les autres nuancés de brunâtre; prothorax testacé, ponctué comme la tête, presque plan en dessus, avec une petite fossette médiane, et une dépression transversale près des bords antérieur et postérieur ; s’élargissant jusqu’au tiers de sa longueur, puis se rétrécissant jusqu’à sa base; écusson testacé, subtriangulaire, obtus, à côtés un peu concaves, ponctué et canaliculé ; élytres testacées avec l'extrémité noire ; parcourues longitudinalement par quatre lignes élevées, sans comprendre la suture; densément couvertes de rides transversales ondulées et ponctuées; métasternum noir luisant; abdomen de même couleur avec le dernier segment testacé ; pattes testacées. Femelle.
Le mâle diffère par les caractères suivants; longueur 9 à 10 miliim.; couleur testacée, plus terne ; tête noirâtre sur le
454 E. PERRIS. — /nsecies
front ; prothorax de la même couleur, quelquefois en totalité, plus souvent sur les côtés seulement; base des élytres souvent nuancée de brun; dessous du corps entièrement noir, ainsi que le segment anal qui est profondément bifide; cuisses relativement plus grosses et noirâtres, avec l’extrémité testacée.
La femelle de la Nacerdes pond ses œufs exactement dans les mêmes conditions que le Mesites palidipennis, c’est-àdire dans le vieux bois de pin qui a séjourné dans la mer et que la marée humecte ou submerge périodiquement. La larve, comme celle de la Xanthochroa, creuse entre les feuillets des galeries longitudinales ou un peu sinueuses, et c'est dans la galerie même ou elle a vécu qu’elle subit en juillet ses transformations, après une existence de près d’une année. C’est aussi à cette époque, et en plein jour, que j'ai pris communément à La Teste l’insecte parfait volant le long des algues déposées par la mer, et se posant sur les bois de pin mêlés à ces algues.
M. Ch. Coquerel à publié dans les Annales de la Société Entomologique, 1848, p. 177, un article intéressant sur une espèce de Nacerdes qu’il nomme Maritima, et qu'il à découvèrte en 1846, avec sa larve et sa nymphe, dans un tronc d'arbre à moitié pourri, presque enfoui dans le sable sur une plage de l'ile de Marosse, très voisine de la côte est de Madagascar, et qui était entièrement recouvert à chaque marée. Ainsi, voilà, à 1600 lieues de distance, deux espèces d'un même genre, dont les habitudes sont identiques, et qui offrent dans leur développement des particularités telles, que l'histoire de l’une devient celle de l'autre. Ces rapprochements sont très remarquables, et prouvent à quel point la nature est fidèle à son plan.
La Xanthochroa et la Nacerdes ont été placées dans la
du Pin maritime. 455
famille des OEdemérides, et au point de vue de la méthode, les caractères de leurs larves concordent avec ceux des insectes parfaits, car elles ont des traits de ressemblance très frappants avec celles de cette famille qui ont été publiées et qui appartiennent aux genres OEdemera, Nacerdes, Calopus et Ditylus. Voici les variantes que présentent les descriptions :
Aucun auteur n’a signalé des ocelles, et MM. Chapuis et Candeze, dans leur catalogue des larves, disent : « ocelles non visibles ». Ce caractère cesse d’être général, puisque j'ai signalé quatre ocelles dans la larve de la Xanthochroa et de la Nacerdes, et que celle de la Stenostoma rostrata, que je connais également, en a quatre aussi très apparents. D’après les mêmes auteurs, la larve du Calopus aurait des mamelons ventraux ambulatoires aux deuxième, troisième et quatrième segments. M. Coquerel (loc. cit.) dit avoir vu ces mamelous sur les trois premiers segments de l'abdomen de la larve de la Nacerdes maritima. Dans les larves d'OEdemera (M. Dufour, Ann. Soc. Ent. 1841, p. 7), de Dütylus (M. Kolenati, Bull. Soc. impér. des natur. de Moscou 1847, p. 137), ces mamelons se trouvent, comme dans celles de la Xanthochroa et de la Nacerdes melanura, sous les troisième et quatrième segments. M. Coquerel est le seul qui mentionne les aspérités que j'ai observées sur le dos des deux derniers segments thoraciques et des trois premiers segments abdominaux. Quant à la larve de la Stenostoma, elle ne possède ni mamelons ni aspérités.
ANR d