Î ARVE
Longueur 35 millim. ; largeur 6 millim. Corps un peu déprimé et parsemé de poils roussâtres, plus nombreux sur le prothorax et sur le dernier segment. Tête presque entièrement saillante, subcornée, très aplatie, carénée et presque tranchante sur les côtés antérieurs, deux fois plus large que longue. luisante, d'un marron vif; arrondie sur les côtés ; marquée d'un sillon médian et de deux sillons obliques très fins, qui partent du vertex et se dirigent vers les angles antérieurs ; ayant quelques rugosités près du bord tranchant, et une dépression transversalement et vaguement ridée dans l'intérieur de chacun des deux angles formés par le sillon médian et {es sillons obliques. La saillie de la tête, son aplatissement, sa largeur égale à celle du prothorax, la convexité des bords latéraux distinguent les larves de Rhagium de toutes les autres de la même famille.
Bord antérieur à peu près comme dans la larve précédente, c’est-à-dire droit, avec une échancrure non loin des angles antérieurs. Epistomeun peu plus clair que la tête, beaucoup plus large à la base qu’à l'extrémité, à angles antérieurs. arrondis, et marqué, près des côtés, d'un sillon qui n’atteint pas le bord antérieur ; labre de la couleur de la tête, en
du Pin maritime. 385
demi-ellipse surbaissé, presque échancré, ponctué seulement sur sa moitié antérieure. Mandibules semblabies à celles des larves d'OEdilis, mais plus longues; vues en dessus, lisses, noires, avec un peu de ferrugineux à la base ; échancrées à l'extrémité et armées, un peu au dessous, d’une petite dent interne ; vues de côté, entièrement noires, avec une petite impression transversale au tiers antérieur, et au dessus de cette impression, une petite place opaque et très finement striée ; marquées à la base de deux fossettes oblongues ; taillées en biseau à l'extrémité, avec l'angle interne saillant en forme de dent. Lobe des mâchoires assez grêle, cylindrique, atteignant l'extrémité du deuxième article des palpes maxillaires, dont les trois articles sont égaux; avancement de la lèvre inférieure coupé carrément et un peu dépassé par les palpes labiaux qui sont de deux articles égaux.
D'après M. Dufour, il n’y aurait pas des antennes ; Ratzeburg, au contraire, dit : « antennes très petites », et on les voit indiquées dans la figure grossie qu’il donne des parties antérieures de la larve. Ratzeburg a raison, les antennes existent, et elles sont même très faciles à trouver ; il faut les chercher non contre les mandibules, vis-à-vis l’échancrure du bord antérieur, comme dans les larves précédentes, mais à une petite distance des mandibules et tout à fait aux angles de la tête ; elles sont coniques, de quatre articles et rétractiles comme dans les autres larves de la même famille; le petit article supplémentaire est situé en dessous. Ocelles nuls.
Prothorax dela largeur de la tête, coriace, presque plane, luisant, d'un marron clair, parcouru longitadinalement par un sillon médian, qui se prolonge, du reste, jusqu’au septième segment abdominal. 25
386 E. PERRIS. — Jnsecics
Pattes un peu plus longues que dans les autres larves de Longicornes, et non de quatre pièces comme dans celles-ci, mais de cinq, dont la première, ou hanche, épaisse, la seconde, ou trochanter, très petite; cuisse et Libia de longueur égale et surmontés de longs poils roussâtres ; ongle droit, effilé, roussätre, subcorné.
Mamelons dorsaux de l'abdomen et mamelons inférieurs moins puissants, les dorsaux surtout, que dans la larve du Monohammus, et ayant des tubercules disposés en séries transversales comme dans cette dernière. Bourrelet latéral plus dilaté que dans les larves précédentes. Neuvième segment abdominal arrondi postérieurement et recouvrant le dixième qui ne se montre ordinairement que lorsqu'on regarde en dessous et prend ainsi le caractère d’un simple mamelon anal.
M. Dufour donne à notre larve neuf paires de stigmates, nombre normal qui ne trouve pas ici d'exception ; mais d’après lui, la première paire serait tout à fait cachée entre l’angle antérieur du prothorax et la tête. » Je n’ai jamais vu cette disposition dans aucune larve, et mon très savant ami a commis ici une méprise : la première paire de stigmates, un peu plus grande et un peu plus inférieure que les autres, est située près du bord antérieur du mésothorax, et rien ne la cache à l'œil de l'observateur. Ces stigmates, ainsi que ceux de l’abdomen , sont relativement un peu plus petits que dans les larves qui précèdent et leur péritrème est un peu moins apparent.
NYMPHE
Ses caractères sont les suivants : des poils raides et très rapprochés en série transversale sur le front, sur les boras
du Pin maritime. 387
antérieur et postérieur du prothorax, sur le métathorax et sur l’arceau dorsal des segments de l'abdomen ; ceux-ci inclinés en arrière et entremêlés de spinules roussâtres, subcornées, ayant la même direction ; d’autres poils diversement groupés, sur le premier article des antennes, le vertex, les cotés du prothorax, l'écusson, les côtés de l'abdomen, les genoux; dernier segment terminé par une épine cornée, aplatie,
triangulaire.
INSECTE PARFAIT
Longueur, 11 à 16 millim.; subdéprimé, fond noir. Tête revêtue d'un duvet roussâtre, entremêlé de poils blanchâtres ; parsemée de gros points et marquée d'un sillon longitudinal peu profond. Prothorax un peu étranglé près du sommet et près de la base; muni de chaque côté d’une épine un peu relevée et recourbée en arrière ; longitudinalement sillonné au milieu, ruguleusement ponctué et revêtu d’un duvet cendré. Elytres ayant trois lignes longitudinales élevées ; ruguleusement ponctuées à la base, puis subréticulées; couvertes d’un duvet couché et roussâtre, dont les parties dénudées forment deux sortes de bandes et, en outre, des réticulations noires plus serrées entre les deux bandes, de manière à en former presque une troisième plus large que les autres. Dessous du corps couvert ou moucheté d’un duvet jaune cendré ; ventre parcouru longitudinalement par une ligne élevée.
La larve du À. indagator vit indifféremment dans les souches et les troncs des pins récemment morts, de l’âge de vingt ans et au-dessus. Voici ce qu’en dit avec autant de vérité que d'élégance M. Léon Dufour, dont c'est une bonne fortune pour nous de citer textuellement les observations : « La larve de notre Sténocore se tient entre le bois et l'écorce
388 E PERRIS. — fusectes
» du pin, où elle se creuse des galeries fort irrégulières à » travers la vermoulure et les excréments. Elle ronge » l’écorce et vit de ses débris. Lorsqu'eile est sur le point » de se métamorphoser en nymphe, elle se construit avec » beaucoup d’habileté une loge, un berceau. C’est une exca- » vation conchoïde, en ovale régulier, relevée dans tout son » pourtour par une fascine de fibres blanchâtres, filiformes, » artistement enroulées sur plusieurs couches et sur plu- » sieurs rangs, et formant ainsi un bourrelet épais, une » sorte de turban. On dirait un médaillon avec son camée. » Par sa contiguité, son adhérence à l'écorce et au bois, cet » entourage circonscrit une cavité, assez semblable à une » demi-coque de noix, où la nymphe se trouve au large et » à l'abri de toutes les intempéries. » ee
La concavité de la cellule est toujours pratiquée dans l'écorce dont l'épaisseur se trouve ainsi réduite de manière à faciliter la sortie de l’insecte parfait. La nymphe est toujours placée le dos du côté de l'écorce, de sorte qu'après sa naïissance l’insecte se retourne pour pratiquer son trou de sortie, de forme elliptique; fait observé déjà par Ratzeburg et M. Dufour.
C’est au printemps, du mois d'avril au mois de juin, que la femelle du Rhagium pond ses œufs. Selon l'époque de cette ponte et les circonstances plus ou moins favorables, les larves accomplissent toutes leurs métamorphoses avant la mauvaise saison, et alors les insectes parfaits hivernent sous l'écorce, ou bien la transformation n’a lieu qu’au printemps suivant. “à
Dans le tome 5 de ses mémoires, p. 398, pl. 12, fig. 6, 7 et 8, Degéer signale une larve trouvée sous l’écorce des pins et des sapins et dont il n’a pas connu l’insecte. Cette larve
du Pin maritime. 389
appartient évidemment à un Rhagiuwm, ainsi que l’indiquent l'avancement, les dimensions et l'aplatissement de la tête. Degéer en ayant mis plusieurs dans un bocal avec de la sciure,une seule survivait deux mois après, les autres ayant été dévorées. C'est ce qui m'est arrivé aussi plusieurs fois et ce qui arrivera presque toujours, lorsqu'on mettra ensemble des larves molles, à mandibules robustes et incapables de fuir. Au surplus, il ne faut pas toujours conclure de la disparition des larves qu'elles ont été dévorées. J'ai constaté souvent qu'après des blessures, même légères, elles meurent, se décomposent et se perdent ainsi au milieu de la sciure et des détritus où on les avait introduites. En tout cas, les larves des Longicornes ne sont pas carnivores ; elles déchirent plutôt qu’elles ne mangent les larves qui tombent sous leurs mandibules.
LEPTURA RUBRO-TESTACEA , Illig.
Fig. 397-400.
LARVE
“Longueur, 28 millim:, physionomie de la larve du Criocephalus et présentant les caractères suivants:
Tête assez saillante, très lisse, d’un roussâtre uniforme, avec le bord antérieur noir ; marquée sur le milieu d’un petit sillon longitudinal. Côtés arrondis; bord antérieur comme dans la larve du Rhagium, c'est-à-dire droit, avec une échancrure près de l’angle et une fossette en dedans de léchancrure ; labre semi-eiliptique, non surbaissé, nullement ponctué, mais marqué d'une dépression de chaque côté. Mandibules bien plus courtes que dans les quatre larves précédentes ; vues en dessus, elles se montrent terminées par
390 E. PERRIS. — Insectes
use forte dent,convexe en dehors, un peu sinueuse en dedans et pointue; à partir dela base de cette dent elles sont taillées en biseau sur lequel se montre une saillie, et au-dessous de l'angle interne du biseau elles sont un peu échancrées; le bord externe, depuis le niveau du biseau, est visiblement sinueux ; elles sont marquées d’une dépression transversale opaque, venant du bord externe, et d’une autre dépression plus profonde à l’angle interne de la base.Vues de côté, elles sont taillées en biseau très oblique, avec l’angle interne un peu saillant et les bords sinueux, et marquées de fossettes transversales, et d’autres très petites dont un rang le long dela base. Antennes de quatre articles, écartées des mandibules et insérées aux angles antérieurs comme dans la larve du Rhagium; l’article supplémentaire situé en dessous, lobe des mâchoires court et peu épais, ne dépassant guère le premier article des palpes maxillaires; avancement de la lèvre ne se prolongeant guère au-delà du premier article des palpes labiaux ; un ocelle roussâtre et assez gros au haut de chaque joue, dans une sorte de petite cavité transversale.
Prothorax lisse, légèrement roussâtre et sans callosités ; mamelons des sept premiers segments abdominaux ayant, ceux de dessus quatre séries transversales et un peu irrégulières de tubercules, et ceux de dessous deux séries.
Pattes et stigmates comme dans la larve du Rhagium.
NYMPHE
Front et vertex pubescents, ainsi que le prothorax, qui est, en outre, parsemé d’aspérités; face externe des antennes épineuse; deux à trois petits eils spinuliformes sur chaque genou; de petites aspérités calleuses sur la face ventrale des segments de l'abdomen; deux groupes peu apparents sur
du Pin maritime. 391
chacun, séparés par un espace médian lisse ; des aspérités subcornées plus marquées sur la face dorsale ; les côtés muuis de quelques poils courts et de petites soies; dernier segment terminé par deux crochets cornés, PANIERS subulés et convergents.
INSECTE PARFAIT
Longueur, 17 millim. 1/2 à 22 millim. 1/2. Tête noire, finement chagrinée, marquée d’un sillon transversal au bas du front et d’un sillon longitudinal jusqu’au vertex, avec deux points rouges sur celui-ci. Prothorax rouge ferrugineux en dessus, noir en dessous, transversalement canaliculé près de la base et du sommet ; finement chagriné, avec une ligne lisse sur le milieu et une fossette oblique près des angles postérieurs. Ecusson en triangle pointu, noir, presque soyeux. Elytres d'un rouge ferrugineux ; obliquement échancrées à l'extrémité; acuminées à l'angle externe; ruguleusement pointillées. Dessous du corps noir, à duvet roussâtre, soyeux ; segment anal presque échancré. Pattes à duvet roussâtre, soyeux ; cuisses noires, jambes et tarses ferrugineux avec l'extrémité des premières et la plus grande partie des seconds noirâtre. Femelle.
Le mâle diffère par les caractères suivants: plus étroit ; antennes dentées en scie dans leur seconde moitié ; pas de poinis rouges au vertex; prothorax noir ; élytres d’un jaune livide ; segment anal prof ndément échancré.
La larve de la L. rubro-testacea aime à vivre dans les mêmes conditions que celles de l’Ergates et du Criocephalus, c’est-à-dire dans les souches et les troncs morts depuis quelque temps. On les y rencontre quelquefois lorsque le bois, déjà en partie décomposé, est arrivé à l’état spongieux.
392 E. PERRIS. — Insectes
Elles ne s'arrêtent jamais sous l'écorce et creusent dès leur paissance leur galerie dans l'épaisseur de l’aubier. Lorsque le moment de la métamorphose est venu, elles se rapprochent de la surface et se transforment dans leur galerie suffisamment élargie, ou dans une cellule pratiquée au milieu des détritus.
Les larves des Longicornes sont aussi faciles à distinguer que le sont les insectes parfaits; c’est-à-dire qu’à la vue d’un Longicorne ou de sa larve, on reconnaît tout de suite à quelle famille il appartient. Les larves ont toutes, plus ou moins, une forme qui rappelle celle d’un prisme à six pans, dont les arêtes seraient obtuses ; leur tête est plus ou moins enchassée dans le prothorax ; les antennes sont coniques et rétractiles ; les mâchoires et les palpes, à articulations très distinctes, sont taillées sur le même patron ; le prothorax est très grand, et les deux autres segments thoraciques sont très petits ; les sept premiers segments abdominaux sont pourvus, en dessus et en dessous, de puissants mamelons rétractiles, déprimés au milieu, plissés, tantôt lisses, tantôt chagrinés, tantôt tuberculeux, mais offrant toujours la même forme caractéristique ; les deux pénultièmes segments ont un bourrelet latéral bien visible, et le dernier segment, sur lequel je reviendrai tout à l'heure, a la forme d'un mamelon plus ou moins gros et trilobé; les pattes sont coniques, arquées, écartées et très courtes. Certaines larves, il est vrai, sont dépourvues de ces organes, et rien n’explique cette différence, puisque le genre de vie et l'habitat sont les mêmes, mais cette particularité ne modifie en rien la forme. du corps ; elle prouve seulement que les pattes n’ont pas une bien grande importance dans cette famille, et leur brièveté justifie cette présomption J'en pourrais dire autant
du Pin maritime. 393
des ocelles, car s’il en est qui en ont une paire comme la larve de la Leptura rubro-testacea, où même quatre paires comme celle de l'Ergates faber, la plupart en sont dépourvues, et l’on conviendra que ces organes ne semblent pas bien nécessaires à des larves destinées à vivre dans l'obscurité.
Il y a, entre les larves des Longicornes et celles des Buprestides, des relations de physionomie qui pourraient, jusqu’à un certain point, en imposer, mais la forme de pilon aplati qui caractérise ces dernièress'oppose à ce qu'une pareille méprise puisse subsister longtemps, et elle n’est pas même possiblelorsqu’on y regarde d’un peu près. Les larves des Buprestides ont, en effet, la tête plus enchâtonnée dans le protho- “rax; leurs palpes maxillaires n’ont que deux articles: leur palpes labiaux sont rudimentaires, ce qui s'oppose à toute assimilation avec les larves de Longicornes, dont les palpes maxillaires ont franchement trois articles et les labiaux deux. Je ne parle pas des différences que présentent les stigmates et l'ouverture anale.
La forme des galeries de ces deux sortes de larves diffère également assez pour qu’on puisse les distinguer, même sans voir les larves. Celles des larves des Buprestides qui vivent sous les écorces sont très sinueuses, assez uniformément en rapport avec le diamètre des larves ; les détritus et les excréments que celles-ci refoulent derrière elles y sont disposés par petites couches concentriques. Les larves de cette famille qui plongent dans l'épaisseur du bois, y creusent des galeries à section très surbaissée, à cause de l’aplatissement de leurs corps. Les larves des Longicornes, au contraire, rongent les couches inférieures de l'écorce très irrégulièrement et sur de larges surfaces, et les détritus ou
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excréments qu’elles laissent après elles ne présentent d’autre caractère que d’être fortement pressés. Les galeries de celles qui pénètrent dans le bois sont à section elliptique, mais sensiblement plus renflée.
A propos des larves de Buprestides qui vivent dans le pin, j'ai dit que ces larves et celies des Longicornes sont composées, sans compter la tête de treize segments, dont trois thoraciques et dix abdominaux. J'ai combattu sur ce point l'opinion exprimée par M. Lucas dans son mémoire sur la larve du Chalceophora mariana et j'ai considéré comme un treizième segment ce qui, pour lui, n’est qu’un mamelon anal. J'ai motivé ma manière de voir sur un raison physiologique que je ne reproduirai pas ici, et sur cette considération que le segment volumineux et bifide qui termine le corps des larves d’Agrilus ne semble pas pouvoir être considéré comme un mamelon anal. J'ai depuis lors bien des fois réfléchi à cette question, et j’ai apporté dans cet examen une telle bonne foi, que je n'hésite pas à déclarer que mes idées se sont modifiées. Cet aveu ne me coûte pas le moins du monde, parce que l’amour de la vérité domine chez moi toutes les questions d'amour-propre.
J'ai considéré, d'une part, que si le segment anal des larves des Agrilus est très développé, il l’est aussi dans celles des Agrypnus et de plusieurs Brachélytres, et que, dès-lors, ce développement seul ne fournissait pas une raison suffisante de considérer cette partie du corps comme un véritable segment ; d'autre part, que chez le plus grand nombre des larves de Buprestides, le segment anal a des proportions beaucoup moindres et peut, à la rigueur, être qualifié de mamelon. Cette qualification est moins contestable encore lorsqu'il s’agit des larves de Longicornes. Dans celles-ci, en
du Pin maritime. 395
effet, le segment terminal n’a généralement que des dimensions assez restreintes, et quelquefois même il est fort peu développé, comme on peut le voir dans les larves de Rhagium et de Leptura.
J'ai considéré aussi qu’à part les larves des Hispa et des Cassida qui n’ont que onze segments et sont peut-être les seules dans ce cas, toutes les larves des Coléoptères ont douze segments et un mamelon anal; il ne m’a pas semblé logique de donner à celles des Buprestides et des Longicornes treize segments sans mamelon anal, lorsque ce mamelon ne manque jamais, à ma connaissance du moins (1). Il est vrai que, dans les larves de ces deux dernières familles, le mamelon anal est placé dans la ligne même du corps, tandis que dans les autres il est habituellement au-dessous, et c’est peut-être pour ce motif que je me refusais à les assimiler l’un à l’autre ; mais on ne peut voir là qu’un caprice de la nature qui fournit simplement un caractère pour la description et la classification, sans soulever une question d’organisation. Je n’insiste donc plus en faveur d’un treizième segment, et je me sens disposé à renoncer à une opinion que je mets ici (chose peu commune peut-être) plus de soin à combattre que je n’ai fait ailleurs d’efforts pour l’établir.
Les Longicornes sont des insectes peu nuisibles aux forêts, et sous ce point de vue on ne saurait les comparer aux
{1) Plusieurs larves de Lamellicornes paraissent avoir treize segments, et dans les articles que j'ai consacrés aux larves de cette famille qui vivent dans le pin, j'ai adopté ce nombre d’autant plus volontiers que le treizième segment, quand il existe, est très développé ; mais si ces observations sont fondées , je crois qu'elles doivent être appliquées aussi à ces larves, et que le treizième segment ne doit être considéré que comme un mamelon anal.
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insectes de la famille précédente, car ils ne pondent généralement leurs œufs que sur les arbres décidément morts, ou sur les parties mortes des arbres vivants, et même dans ce dernier cas, ils n'occasionnent pas la mort des arbres : ils se contentent de perforer le bois des galeries qui, lorsqu'elles ne sont pas excessivement nombreuses, ne semblent pas aggraver sensiblement leur situation, comme on le voit pour les peupliers dont l'Aneræa carcharias attaque la base. Bien différents en cela des Melanophila tarda, des Pissodes, des Hylurgusetdes Tomicus, véritables fléaux des arbres malades, qui deviennent inévitablement leurs victimes.
Mais si les larves des Longicornes sont à peu près inoffensives pour les forêts, puisqu'elles respectent les arbres vivants et même les arbres malades, ou ne leur occasionnent que de faibles dommages, on ne peut en dire autant pour les bois en grume déposés sur le sol forestier et pour les bois ouvrés appropriés à l'usage de l'homme. Plusieurs de ces larves vivent dans i'intérieur de ces bois, elles y creusent des galeries larges et profondes, les minent en tous sens, rendent accessibles à l'humidité leurs couches internes, et en diminuent notablement la résistance et la durée. On conçoit, en effet, les ravages que peuvent exercer les larves volumiueuses d'Ergates, les larves innombrables de Criocephalus, de Spondylis, de Leptura, etc. et j'ai déjà dit à quel état de délabrement et de ruine celles des Hylotrupes conduisent les bois de charpente. Il ÿ a même ceci de particulier que plusieurs d’entr'elles n’ont pas absolument besoin que les troncs soient revêtus de leur écorce, comme cela est nécessaire pour d’autres, ainsi que pour les larves de Xylophages, car l'Ergates et la Leptura pondent indifféremment sur les bois dénudés. . |
du Pin maritime. 397
Quelle est la durée de la vie des larves de Longicornes ?
Je n’ai trouvé, à cet égard, aucun renseignement bien précis dans les auteurs que j'ai consultés, et je ne serais pas étonné de retrouver, à propos de cette famille, cette disposition où l'on est généralement d’assigner aux larves une existence assez longue, disposition que les faits que j'ai signalés tendent à détruire. Cette fois encore je puis apporter des faits certains, plusieurs fois observés, non dans un cabinet où les conditions sont souvent trompeuses, mais à l'état de nature.
Ainsi j'ai constaté que des pins abattus en septembre et durant l'hiver, et qui avaient pu recevoir les pontes des OEdilis montana à l'automne ou au printemps, ont donné les insectes parfaits au mois d'août ou de septembre suivant, c'est-à-dire de sept à onze mois après ;
Que des pins morts ou abattus au printemps et attaqués dès le mois de juin ou de juillet par des larves d'OEdilis grisea et de Monohammus, ont produit les insectes aux mois de mai, de juin ou de juillet de l’année suivante ;
Que des pins abattus en mars et appelés à nourrir des larves de Rhagium indagaitor, ont durant l'hiver suivant des larves adultes, des nymphes et beaucoup d'insectes parfaits attendant la belle saison pour prendre leur essor ;
Que sur des pins abattus en juin, sont nées peu de temps après, des larves de Spondylis et de Criocephalus qui avaient déjà atteint les deux tiers de leur développement au mois de mars de l’année suivante , et subi toutes leurs métamorphoses au mois de juillet ;
Que dessouches de pins coupés vivants en hiver ou au printemps, et sur lesquelles les Érgates avaient pu pondre leurs œufsaux mois de juillet ou d’aoûtsuivants, m'ont donné, deux
398 E. PEunis. — Insectes
ans après, des nymphes et des insectes de la même espèce, parmi lesquels vivaient des larves nées sans doute un an après les premières et qui, n'ayant atteint que la moitié de leur développement, ne se transformaient que l’année suivante. |
De tout cela je conclus que les larves des Longicornes parasites du pin maritime ne vivent dans notre contrée qu’une année au plus, à l'exception de celle de l’Ergates dont l’existence est de deux ans; faisant toujours abstraction, ainsi que je l'ai dit ailleurs, des circonstances particulières et exceptionnelles qui peuvent retarder, même de plusieurs années, la métamorphose de telle ou telle larve.
Comme j'ai eu de très nombreuses occasions d'examiner des larves de Longicornes, et que leur taille permet d’apprécier plus facilement les transformations qui peuvent s’opérer en elles, il m’a été donné plusieurs fois de constater, du moins jusqu’à un certain point, les révolutions organiques qui s’accomplissent aux approches de la métamorphose en nymphe. Quoique mes observations sur ce point ne se rattachent pas nécessairement à mon sujet, je crois devoir les consigner ici, dans l'espoir qu’elles ne paraîtront pas toutà-fait dépourvues d'intérêt.
Le passage de l’état de larve à celui de nymphe n’est pas brusque et immédiat. Il existe un état intermédiaire, une forme de transition parfaitement distincte et participant évidemment de la larve et de la nymphe. Cet état se manifeste à une époque rapprochée de la transformation définitive en nymphe. La larve, sans se dépouiller de sa peau, se présente sous un nouvel aspect qui diffère visiblement du précédent et qui se distingue par des caractères essentiels. La tête est la même, à la vérité, mais elle est plus inclinée, plus avancée
du Pin maritime. 399
et nullement rétractile. Les organes de la bouche persistent tous, mais ils sont dans une immobilité complète et ïls ne sont plus destinés à servir ; ils se raccourcissent même un peu, comme s'ils ne participaient plus à la vie de la larve. Les 2e, 3° et 4e segments du corps, qui recèlent le thorax de la nymphe, se sont un peu dilatés et déprimés, et leur division n’est guère plus apparente ; les pattes, si la larve en avait, se sont très raccourcies, ou même ne consistent qu’en de simples moignons; certains appendices charnus que lui avaient donnés la nature disparaissent le plus souvent ; les stigmates se montrent toujours, mais ils ne paraissent plus avoir la même importance, car ils semblent obstrués, et la trachée longitudinale qui les unit est souvent mise à découvert et même quelquefois détachée en certains endroits. Le dernier segment, devenu parfois translucide, laisse apercevoir l'extrémité postérieure de la nymphe qui se trouve renfermée dans les téguments de la larve comme dans un fourreau moitiè membraneux, moitié charnu. Le corps dont l'aspect était luisant et un peu rougeâtre, est devenu d’un blanc mat uniforme. Enfin, à l’activité de la larve, à ses mouvements plus ou moins brusques, à ses ondulations énergiques, ont succédé l’immobilité et l'inertie de la nymphe ; ou si celle-ci doit jouir de la faculté d'exécuter des mouvements ordinairement rotatoires, ce sont ces mouvements seuls dont la larve est désormais susceptible. Puis la peau se détache ; elle se fend ordinairement sur le thorax, et la nymphe se montre avec toutes les parties de l’insecte parfait, après avoir rejeté, tantôt pelotonnée, tantôt tendue comme un fourreau, la dépouille de la larve à laquelle adhèrent l’enveloppe cornée de la tête, ainsi que tous les organes de la bouche et les antennes, et sur laquelle persistent
400 E. PERRIS. — fnsectes
les deux trachées latérales sous l'apparence de deux lignes nacrées.
Réaumur a observé cet état intermédiaire dans uve larve de Diptères, celle de la Calliphora vomitoria (tome 4, 2° partie, 7e mémoire, page 19, édit. d'Amsterdam), et M. Léon Dufour a eonsigné des observations semblables au sujet de la larve de la Sarcophaga carnaria, dans un très remarquable mémoire publié par l’Institut dans les mémoires des savants étrangers et intitulé : Études anatomiques et physiologiques sur une Mouche. Ces deux savants renommés ont constaté dans les larves qu'ils ont étudiées des particularités analogues à celles que je viens de signaler. Ainsi, dans ces larves, le corps, aux approches de la métamorphose, se raccourcit:; les mandibules se détachent, de même que les stigmates, et on remarque sur la paroi dorsale de la pupe, deux trainées d’un blanc nacré, restes des grandes trachées.
Malgré la distance qui sépare les larves des Diptères de celles des Coléoptères. le travail organique, si mystérieux à la fois et si merveilleux auquel donnent lieu leurs métamorphoses s'accomplit de la même manière et d’après des lois uniformes. Il est probable qu’il en est de même des larves des autres familles, malgré l’opinion de Réaumur qui n’admet pas d'état intermédiaire pour celles des Hyménoptères et pour les chenilles des Lépidoptères.
DISOPUS PINI.
Les premiers élats du D. pini sont encore un mystère, et quoique cet insecte soit ici {très commun, je n’ai pu jusqu'ici découvrir ni sa larve, ni sa nymphe. Je me borne donc à signaler ce que je sais de l’insecte parfait.
Le D. pini commence à paraître au commencement d’octobre. C’est à la fin de ce mois et dans les premiers jours de novembre qu'il est le plus commun, et on en trouve quelques-uns jusqu'à la fin de décembre. Il se tient toujours sur les pins de six à quinze ans; mais il est à remarquer qu'il fuit les semis épais, et il est extrêmement rare de le rencontrer au milieu des fourrés qu'ils présentent. S'il s’y pose, c’est toujours sur les arbres du bord, ou sur ceux qui vivent au milieu des petites clairières qu’un accident ou la nature défavorable du sol ou la main de l’homme a produites dans ces semis. Les lieux où on le trouve le plus abondamment sont ceux où les pins sont espacés, libres, bien aérés et bien éclairés par le soleil; et c’est même très probablement pour jouir de l'influence de cet astre, d'autant plus précieux que la Saison est plus avancée, que l’insecte dont il s’agit évite les semis épais dont les plants s’ombragent réciproquement.
Quoi qu'il en soit, c’est surtout par un jour de soleil qu’il faut chercher les Disopus. On les voit alors perchés sur les feuilles, d’où ils se laissent tomber dès qu’on les approche. On les rencontre assez fréquemment accouplés, le mâle placé sur le dos de la femelle, et celle-ci, dans l’état de gestation, a le ventre tuméfié, mais non à l'excès. Les œufs qu’elle pond, et j'en ai recueilli beaucoup de femelles en-
402 E. PERRIS. -- I»secies
fermées chez moi dans des boîtes, sont allongés, ellipticocylindriques, lisses et d’un jaune clair. J’ignore où la femelle, à l’état de liberté, les dépose.
Ces insectes vivent des feuilles du pin, mais ils ne les rongent pas à la manière des chenilles. Ils pratiquent, le long du canal intérieur ou gouttière, c’est-à-dire dans la partie où l’épiderme est le moins épais et le tissu le plus succulent, un sillon linéaire, ou même deux sillons très rapprochés et parallèles, qui parcourent souvent presque toute la longueur de la feuille et pénètrent dans le parenchyme jusqu’à une faible profondeur. Il est très rare qu'ils attaquent la partie extérieure ou dorsale de la feuille, et il faut bien chercher pour en trouver quelques exemples. En revanche, il arrive souvent que presque toutes les feuilles d’un arbre sont sillonnées en dessus, et comme ces blessures font périr les parties qu'elles intéressent, on dirait, au mois de décembre, que les arbres qui ont servi de pâture à de nombreux Disopus sont moris ou mourants. Ils ne paraissent cependant pas s’en ressentir, et je n’ai pas d'exemple de pin mort, ou même malade par l'action du Disopus, attendu que cette action s'exerce lorsque déjà la sève est en repos, et que le printemps suivant répare les pertes de l'automne, le bourgeon terminal n’ayant jamais été atteint.
J'avais cru d’abord que ces déchirements linéaires et en forme de sillon, pratiqués sur la feuille, étaient l’œuvre de l’oviscapte de la femelle et recélaient ses œufs; mais toutes mes recherches pour trouver quelqu'un de ces œufs ont été vaines, et d’ailleurs, en observant les insectes, j'ai constaté mille fois que c’est avec leurs mandibules, et pour se nourrir, qu'ils attaquent ainsi les feuilles.
du Pin maritime. 403
PLATYDEMA EUROPÆA Lap.
Fig. 401-412.
LARVE
Longueur 8 mill., coriace, glabre, étroite, à peu près linéaire; un peu plus large cependant dans son tiers antérieur qu'au milieu, et s’atténuant insensiblement à son tiers postérieur; convexe et d’un brun mat en dessus, avec le bord des segments roussâtre; d'un roussâtre livide en dessous, où elle est déprimée, surtout à la région thoracique.
Tête munie de quelques petits poils, grande, aussi large que le prothorax, assezbombée, presque droite sur les côtés, d’un roux livide antérieurement; marquée sur le front de deux sillons très fins et convergents en forme de V, et de rides très déliées ; bord antérieur largement et peu profondément échancré, avec un petit tubercule à chaque bout de l'échancrure ; épistome assez grand et en demi-ellipse transversal ; labre de même forme mais plus petit et marqué de deux légères fossettes ; mandibules fortes, d’un ferrugineux livide avec l'extrémité noirâtre. Vues en dessus elles sont très arrondies en dehors, crochues en dedans, bidentées à l'extrémité et comme taillées à deux facettes longitudinales; vues de côté, elles sont triangulaires, avec les côtés un peu concaves et la pointe découpée en deux dents inégales et très courtes. Mâchoires coudées, lobe cylindrique, surmonté de petites soies et atteignant l'extrémité du deuxième article des palpes maxillaires, qui sont arqués en dedans ét composés de trois articles courts et égaux; menton elliptique ; lèvre inférieure cordiforme, surmontée de deux palpes
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labiaux de deux articles égaux, et qui ne dépassent guère le lobe des mâchoires. Ces organes sont d’un roussâtre livide. Antennes de même couleur, formées de quatre articles : le premier court et gros; le deuxième un peu plus long; le troisième plus long que les deux autres ensemble et un peu en massue ; le quatrième grêle, pas tout à fait aussi long que le second et surmonté d’un long poil et de deux ou trois très petits. Sur chaque joue, près de la cavité antennaire, un groupe de quatre ocelles reussâtres, dont trois en série transversale et un elliptique, plus grand, en dessous, vis-àvis le premier.
Prothorax presque aussi grand que les deux autres segments thoraciques réunis; ces trois segments munis d’un poil de chaque côté, et marqués sur le dos d’un sillon médian longitudinal qui se continue sur l’abdomen en s’affaiblissant, et d’un réseau de très petites rides; bords antérieur et postérieur du prothorax et bord postérieur seulement des deux autres ayant un fin liseré roussâtre.
Pattes assez fortes et de cinq pièces, y compris un ongle subulé ; tibias armés en dessous de longues soies spiniformes.
Abdomen de neuf segments, dont les huit premiers. semblables, pour la couleur et les rides, aux segments thoraciques ; le neuvième plus petit que les autres, conique, un peu relevé, hérissé de quelques poils, et ayant de chaque côté, près de l’extrémité, une très petite épine conique. A la base, en dessous, surgit un mamelon pseudopode, profondément divisé en deux lobes papilliformes qui s'appuient sur le plan de position lorsque la larve marche, et qui. dans l’état de repos. s'appliquent contre le segment et recouvrent l'ouverture anale.
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Stigmates au nombre de neuf paires : la première près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Elle n'offre que les particularités suivantes : de petits poils, portés sur des tubercules, aux bords antérieur et latéraux du prothorax ; de chaque côté des segments abdominaux une expansion submembraneuse divisée en deux lobes inégaux, surmontés chacun d’un poil; dernier segment muni de quelques poils et terminé par deux appendices grêles, coniques, rapprochés et à peine divergents.
INSECTE PARFAIT
Longueur 6 mill. Elliptique, d’un noir foncé, avec les antennes et les pattes d’un ferrugineux rougeâtre. Tête marquée antérieurement de points très petits, et sur le front de points plus forts et peu serrés. Prothorax d’une largeur plus que double de la longueur, sensiblement plus étroit antérieurement qu'à la base, qui est sinuée ainsi que le bord antérieur ; couvert de points plus marqués sur les côtés qu’au milieu; à bords latéraux relevés. Elytres rebordées, à stries ponctuées peu profondes, plus prononcées vers l’extrémité, et dont les intervalles sont parsemés de points peu apparents. Dessous du corps ayant souvent une teinte ferrugineuse, et assez fortement ponctuée, avec de fines stries longitudinales sur l'abdomen.
Je dois à mon ami Fairmaire la communication de la larve et de la nymphe du Platydema europæa, trouvés à la Teste par M. Dert. Cet insecte n’est pas, à proprement parler, un parasite du pin; mais son existence se lie pourtant à celle de ces arbres résineux, car sa larve vit exclusivement sous leurs écorces, se nourrissant des productions fongueuses
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qui s’y développent. Je l’ait rouvée une seule fois à Mont-de- Marsan, en compagnie d’une trentaine d'insectes parfaits, sous l’écorce soulevée d’une souche de pin maritime ; mais elle paraît être assez commune en Espagne, sur les pins sylvestres des montagnes du Guadarrama ainsi que dans la Provence, probablement sur le pin d'Alep. Durant la période de son développement, elle n'offre aucune particularité intéressante ; mais lorsque le moment de sa transformation en nymphe est venu, elle se retire dans une anfractuosité de l'écorce et y file une coque ellipsoïdale et d’un roux jaunâ tre dont le tissu est un peu lâche, et dont les fiis extérieurs sont libres et crépus. C’est là qu’elle subit ses métamorphoses dans le courant du mois de juillet.
Ce que l’on sait des métamorphoses du petit groupe des Diapériens se borne aux espèces suivantes : Diaperis boleti, (Hammerschmidt, De Ins. agric. damn. et L. Dufour, Ann. des sc. nat., 1843, p. 290), et Scaphidema bicolor (Westwood, Introd., t. 1, p. 314). Je connais en outre la larve du Platydemu violacea, qui ressemble entièrement à celle du P. europæœa, et vit sous l'écorce soulevée des vieux chênes. Celle du Scaphidema présente comme cette dernière, les deux petites épines du dernier segment, et paraît aussi avoir sa consistance et sa couleur ; mais d’après la figure de Westwood, elle est plus trapue et elliptique. Quant à la larve du Diaperis, elle diffère des précédentes par sa couleur blanche, sa consistance charnue, l'absence d’ocelles et les pattes moins épineuses; toutes circonstances qui s'expliquent par l’existence de cette larve dans l'épaisseur des champignons, tandis que les autres vivent à l’air libre. Le segment anal n’a pas non plus le moindre vestige d’épines, mais on y remarque de petites aspérités subcornées et roussâtres. M. Dufour a parfaitement décrit et figuré l’ellipsoide que la
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larve taille dans la masse même du champignon, pour s'y loger ensuite avant de passer à l’état de nymphe; mais mon savant ami aurait pu ajoûter qu’elle s'enferme en outre dans une coque soyeuse, analogue à celle des Platydema, mais un peu moins fournie. Ainsi, toutes les larves connues de ce groupe sont sérifères. |
ULoMA PERROUDI, Muls.
Fig. 413-420.
LARVE
Longueur 13 mill., largeur 1/2 mill.; rousse, cornée, linéaire etentièrement cylindrique, sauf un léger aplatissement au sternum.
Tête bombée, ferrugineuse, munie de quelques poils fauves antérieurement et sur les côtés, et finement pointillée ; épistome lisse, labre pointillé, semi-elliptique et cilié ; mandibules planes en dessus, canaliculées en dehors à la base, divisées à l'extrémité en trois dents visibles lorsqu’on les regarde de côté, et dont l'intermédiaire est plus longue que les autres; munies intérieurement d’une dent au tiers supérieur et d’une autre beaucoup plus forte près de Ja base. Elles sont ferrugineuses avec l'extrémité noire. Mâchoires mobiles, un peu coudées; leur lobe arrondi et armé de cils spinuliformes de diverses longueurs. Palpes maxillaires de trois articles à peu près égaux, arqués en dedans. Lèvre inférieure prolongée au milieu en une petite pointe ; palpes labiaux de deux articles, ne dépassant pas les lobes des màchoires ; tous ces organes de la couleur dela tête. Antennes de quatre articles : le premier assez grand, d’uo blanc roussâtre et un peu rétractile; le second presque de moitié plus petit que le premier, dans leque! il peut se cacher; d'un
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blanc roussâtre comme lui, avec un petit anneau plus foncé; troisième aussi long que les deux autres ensemble, un peu en massue arrondie ; le quatrième très court et très grêle, surmonté d’un long poil et de deux ou trois autres plus petits; ces deux derniers de la couleur de la tête. Au dessous des antennes, sur chaque joue, on remarque à la loupe deux petites taches noirâtres, et à un plus fort grossissement, on constate que la tache la plus rapprochée des mâchoires est formée de deux points et l’autre d’un seul. Ce sont, à mon avis, des ocelles; mais ils ne sont pas saillants, et on les dirait recouverts par le tégument extérieur, et visibles seulement par transparence.
Prothorax de la couleur de la tête, avec une fine ligne ferrugineuse et transversale près du bord antérieur, et une autre plus large sur le bord postérieur ; pointillé, plus étroit que la tête antérieurement et plus large postérieurement. Les deux autres segments thoraciques de moitié au moins plus petits que le précédent, d’un joli roux isabelle, avec une ligne transversale ferrugineuse près du bord antérieur, et une autre sur le bord postérieur.
Chacun des segments thoraciques porte une paire de pattes courtes, robustes, de cinq pièces, canaliculées en dessous, avec quelques longues soies et de fortes spinules d’un brun ferrugineux de chaque côté de la rainure.
Abdomen de neuf segments égaux ou bien peu s’en faut ; les sept premiers d’un roux isabelle, avec deux bandes ferrugineuses comme les segments thoraciques ; le huitième de la couleur de la tête avec les deux bandes aussi; le neuvième arrondi, semi-ellipsoidal, de la couleur du précédent, avec la bande antérieure seulement, et terminé par une très petite pointe conique et obtuse.Mamelon anal très petit, rétractile et ordinairement caché par le bord postérieur du 8e segment.
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Les deux derniers segments thoraciques et les huit premiers segments abdominaux sont marqués d'assez gros points un peu écartés, surtout sur le milieu du dos; la bande ferrugineuse antérieure est occupée par des points oblongs très serrés, et la bande postérieure, parfaitement lisse, est bordée antérieurement d’une série régulière de petits points. La ponctuation s’efface sur les côtés, et iln’en existe pas la moindre trace en dessous. Le dernier segment est pointillé serré en dessus et moins en dessous.
Des poils fauves et clairsemés se montrent sur les flancs et autour du dernier segment, et tout le long des premiers segments abdominaux règne en dessous, près des côtés, une fine rainure au-dessus de laquelle sont les stigmates. Ceux-ci sont circulaires et au nombre de neuf paires placées la première près du bord antérieur du mésothorax, les autres près du bord antérieur des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Elle m'est inconnue.
INSECTE PARFAIT
Longueur 8 à 9 mill. Entièrement d’un roux ferrugineux luisant.Tête couverte de points, moins denses, mais plus forts et oblongs au vertex ; marquée antérieurement d’un sillon en demi-cercle, et d’un autre transversal qui passe par dessus les yeux. Prothorax presque carré, largement échancré au sommet, sinueux à la base, à ponctuation peu serrée; uni dans la femelle, ayant dans le mâle, au bord antérieur, une dépression médiane derrière laquelle on voit deux tubercules. Ecusson un peu ponctué. Elytres marquées de stries profondes, finement et doublement crénelées ; strie extérieure plus