SUPPLÉMENT AUX COLÉOPTÈRES ET RECTIFICATIONS
DrOMIUS 4-NoTATUS Dufts.
Fig. 502-509.
LARVE,
Longueur 6 millim. Subdéprimée, en ellipse allongée, d’un roux-marror et subcornée en dessous, un peu moins foncée sous le thorax, d’un roussâtre livide le long des flancs et sous l'abdomen ; hérissée de poils plus courts sur le dos et à la face ventrale que sur les côtés.
Tête presque carrée, marquée en dessus de deux sillons longitudinaux parallèles ; épistome et labre soudés et indistincts ; bord antérieur s’avançant au milieu en un lobe triangulaire, ayant à droite et à gauche un autre lobe triangulaire aussi, mais sensiblement plus petit et notablement moins avancé. A partir de ces lobes le bord antérieur est oblique. Mandibules ferrugineuses, fortes, longues, en forme de faucille, munies au tiers inférieur d’une dent triangulaire un peu arquée en arrière. Mächoires longues, cylindriques, lobe grêle, palpiforme, de deux articles, dont le premier presque double du second, atteignant l'extrémité du deuxième article des palpes maxillaires ; ceux-ci allongés, à peine arqués, de quatre articles, le premier deux fois au moins plus petit que le second, et comme lui sensiblement plus gros que les deux autres qui sont égaux entre eux ; lèvre inférieure carrée, prolongée au milieu en une petite languette surmontée d’un faisceau de longs poils ; palpes labiaux de deux
458 ÉD. PERRIS.
articles, dont le second plus court et plus grêle que le premier. Antennes longues, de quatre articles, le deuxième un peu plus long que le premier et légèrement arqué; le troisième plus long, plus épais, échancré extérieurement et portant sur l'échancrure un article supplémentaire; quatrième article plus court que les autres, terminé par des soies de diverses longueurs. Près de la base des antennes, sur chaque joue, on voit un groupe de six ocelles grisètres, disposés sur deux arcs, qui forment presque un cercle; mais l'arc supérieur est beaucoup moins convexe que l’inférieur. L'espace qu'ils renferment est un peu élevé et noir.
Prothorax presque aussi long que la tête, d’une largeur un peu supérieure à sa longueur, à côtés droits ; mésothorax et métathorax d’un tiers plus courts, mais un peu plus larges, surlout à leur base. Ces trois segments sont marqués sur le dos d’un petit sillon médian. Ils portent les trois paires de pattes qui sont médiocrement longues, munies de soïes spiniformes à l'extrémité de leurs articles, et terminées par deux ongles égaux.
Abdomen s’élargissant un peu de la base au milieu, puis se rétrécissant jusqu’à l'extrémité ; composé de neuf segments progressivement un peu plus long jusqu'au huitième inclusivement ; le neuvième très échancré et terminé par deux longs appendices roussâtres, arqués en dedans, inarticulés, mais ayant extérieurement de petites saillies sur lesquelles s’implantent de longues soies. En dessous, ce segment se prolonge en un long pseudopode submembraneux qui s'applique sur le plan de position lorsque la larve veut marcher. Les mouvements de celle-ci sont en outre favorisés par un bourrelet qui règne de chaque côté de l'abdomen, et par les petites proéminences brunètres que l’on remarque à la face ventrale. Elles sont au nombre de cinq sur chaque segment; une transversale à la base, munie de cinq petits poils, et quatre en arrière, les deux intermédiaires arrondies, les deux autres elliptiques, toutes surmontées d’un petit poil.
Stigmates au nombre de neuf paires; la première près du bord antérienr du mésothorax, les huit autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Elle m'est inconnue.
INSECTE PARFAIT
Longueur 4 millim. Tête noire, lisse ; prothorax peu rétréci en arrière, à angles postérieurs droits et relevés, d’un testacé brunâtre avec les côtés plus clairs. Élytres à stries extérieures obsolètes, brunes avec deux taches
Insectes du Pir maritime. by
jaune pâle, dont l’antérieure, ordinairement plus grande à la base, l’autre plus arrondie à l'angle sutural. Dessous du corps noirâtre ; pattes et antennes testacées.
Dans le courant du mois de mars j'ai trouvé quatre individus de la larve ci-dessus dans autant de cellules de larves de Péssodes notatus, et en train de dévorer celles-ci qui étaient déjà très fortement entamées. J'en pris deux pour l'étude et je rétablis les choses de façon à contrarier le moins possible la métamorphose des deux autres. Au commencement de mai je fis une nouvelle visite, et je trouvai dans une des deux cellules déjà explorées, un Dromius 4 notatus, et deux autres individus de cette espèce sous d’autres parties de l’écorce. C’est ce qui m'a permis de conclure que la larve que je viens de décrire, et qui appartient évidemment à un Carabique, est celle du Dromius en question. Cet insecte serait donc l'ennemi du Péssodes.
BEMBIDIUM (TAGHYS) NANUM Gyll.
Fig. 510-516.
LARVE
Longueur 4 millim. Subdéprimée, longue, linéaire, avec un léger renflement à l’abdomen ; pourvue en dessus, en dessous et sur les côtés de poils de différentes longueurs.
Tête déprimée, subcornée, un peu plus longue que large, presque droite sur les côtés ; marquée en dessus de deux sillons longitudinaux parallèles ; testacée, avec le bord antérieur un peu plus foncé. Épistome et labre non distincts, soudés et formant au bord antérieur trois dentelures bien marquées, dont celle du milieu simple et les deux autres munies extérieurement d’une petite dent. Mandibules testacées, fortes, longues, en forme de faucille, acérées à l’extrémité, armées au tiers inférieur d’une dent triangulaire un peu arquée en arrière. Mâchoires longues, cylindriques, munies de deux ou trois soies en dedans et en dehors; lobe grêle, mobile, palpiforme, de deux articles, dont le premier plus court que le second, atteignant l'extrémité du deuxième article des palpes maxillaire ; ceux-ci allongés, droits ou à peine arqués, de quatre article, le premier deux fois plus court que les autres qui sont égaux en longueur, mais non en diamètre, le second étant, comme le premier, sensiblement plus épais que les autres. Lèvre inférieure carrée, prolongée au milieu en une petite languette terminée par un long poil; palpes labiaux grêles, de deux articles égaux, atteignant l’extrémité du lobe moxillaire. Antennes longues, de quatre articles, le deuxième un peu plus long que le premier et légè-
460 ÉD. PERRIS.
rement arqué ; le troisième plus long, pius large, échancré extérieurement et portant sur l’échancrure un article supplémentaire sous lequel on voit une soie ; quatrième article le plus court de tous, terminé par des soies de diverses longueurs. Les mâchoires, les palpes et les antennes sont roussâtres. Près de la base de ces dernières, sur chaque joue, on aperçoit une petite tache noirâtre qui, vue à la loupe, présente six ocelles rangés par trois sur deux lignes transversales ; ceux de la ligne postérieure sont plus petits que les autres.
Thorax de la largeur de la tête, de trois segments comme à l'ordinaire ; le premier roussâtre, un peu plus grand que les deux autres qui sont blanchâtres. Chacun de ces segments porte une paire de pattes assez longues, hérissées de quelques soies et terminées par deux ongles égaux.
Abdomen blanchâtre, charnu, de neuf segments dont les intersections sont bien marquées ; de la largeur du thorax à sa base, puis se dilatant un peu jusqu’au sixième segment pour se rétrécir ensuite. Tous ces segments, sauf le dernier, sont munis en dessus et en dessous d’un mamelon rétractile et d’un petit bourrelet de chaque côté. Neuvième segment, le plus étroit de tous, se rétrécissant un peu d’avant en arrière et terminé par deux longs appendices inarticulés, à arcure convergente et hérissés de quelques soies. Pseudopode anal presque linéaire, allongé, dépassant les deux tiers des appendices, pourvu de quelques petits poils latéraux, et muni, à la surface qui s’applique sur le plan de position, de petits crochets courbés en avant.
Stigmates au nombre de neuf paires: la première près du bord antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux,
Elle est blanche et ne présente rien de particulier, si ce n’est que le bord antérieur du corselet est frangé de soies écartées. On voit aussi une soie de chaque côté des segments abdominaux et quatre au bord postérieur du dernier segment.
INSECTE PARFAIT
Longueur 2 1/2 millim. Déprimé, noir, avec la base des antennes et les pattes d’un brun-ferrugineux ; cuisses un peu plus foncées. Gorselet iransversal, marqué d’une ligne médiane assez forte, dont les deux extrémités aboutissent à une dépression transversale, la postérieure plus tranchée ; assez fortement arrondi sur les côtés dans sa moitié antérieure ; angles postérieurs droits, fossettes postérieures peu profondes. Élytres à quatre
Insectes du Pin maritime. 61
stries internes, lisses, distinctes jusqu'aux deux tiers ou trois quarts de Ja longueur, les externes effacées ; partie recourbée de la première strie fortement dirigée en dehors, et très rapprochée du bord externe.
Le Bembidium nanum est commun sous l'écorce des pins qui ont nourri les larves des Hylurgus piniperda et minor et du Tomicus stenographus. C'est là aussi qu’on trouve sa larve qui vit des excréments et des dépouilles laissés par ces Xylophages, ainsi que des Podurelles et autres animalcules qui pullulent aux mêmes lieux. Cette larve est délicate, ennemie de la lumière, et ressemble au premier coup d’œil à celle du Plegaderus discisus dont elle se distingue pourtant bien vite par sa plus grande agilité et par les appendices de son dernier segment. Elle se transforme en nymphe sans préparation apparente, tantôt au milieu des détritus, tantôt dans une galerie d’une des larves Xylophages qui l'ont précédée. C’est par un des trous dont l’écorce est criblée que l’insecte prend son essor.
C'est aussi par un de ces trous que la femelle pénètre sous l’écorce pour faire sa ponte qui a lieu en mars et avril, et qui donne des insectes parfaits en juin et juillet. Ceux-ci passent l’hiver sous les écorces où on les rencontre quelquefois en assez grand nombre.
La larve du B. nanum a de grands rapports avec celle de l’Æpus Robinii publiée par M. Coquerel (Soc. Ent. 1850, p. 532, pl 16). Je
crois cependant que la description de cette dernière est susceptible des observations suivantes :
1: M. Coquerel s'étonne de l’article supplémentaire que porte extérieurement le troisième article des antennes, et qu’il ne connaît dans aucune autre larve de Carabique. Il est pourtant assez commun dans les larves de cette famille; on le trouve aussi dans celles des Staphyliniens, des Histérides, et plusieurs larves de Nitidulaires et d’autres familles présentant le même caractère. Seulement, dans ces dernières, l’article supplémentaire n’est pas au côté externe du pénultième article, mais au sommet, à côté de l’article apical.
2° D’après mon savant collègue, la larve de l’Æpus aurait les palpes maxillaires de trois articles et les palpes labiaux aussi de trois. Je ne connais pas cette larve, mais je prie ceux qui pourront se la procurer de l’examiner avec soin; j’ai la conviction, par analogie, qu’on lui trouvera des palpes maxillaires de quatre articles et des labiaux de deux. Le microscope en impose quelquefois, et lorsqu'on n’a aucune raison de croire à une erreur, il est plus facile d’y tomber. Si M. Coquerel se fût douté que le nombre des articles qu’il assigne aux palpes est exceptionnel pour les larves des Carabiques, il aurait certainement multiplié ses observa-
462 ÉD. PEBRIS.
tions et modifié probablement ses appréciations premières. Jé puis me tromper, et il n’est pas impossible que la larve de lÆpus présente une exception; mais enfin cela mérite examen, et pour moi il existe un doute.
3° M. Coquerel, sans parler dans sa description du lobe palpiforme des mâchoires, le représente dans sa figure comme formé de trois articles. lci encore je soupçonne une erreur. Pour pouvoir me prononcer à cet égard comme sur le point précédent, j'ai revu les larves de Carabiques de ma collection, ainsi que les figures d’autres larves de cette famille que je ne possède pas, et dans toutes j'ai trouvé le lobe maxillaire composé de deux articles seulement. Je dois dire néanmoins que, dans la larve du Bembidium lunatum? publiée par M. Schaum dans le Journal entomologique de Berlin, 1859, le lobe maxillaire est représenté avec trois articles, tandis qu’il n’y en a que deux dans celles du Scarites abbreviatus et de l’'Omophron multiguttatus (loc. cit.) ; mais ce fait ne diminue en rien mes doutes, et sans prétendre, bien s’en faut, que je sois infaillible, je persiste à croire que, si l’on y regarde bien, on trouverà ledit lobe bi-articulé. |
L° M. Coquerel dit que les stigmates du dernier segment abdominal de la larve de l’Æpus sont remarquables par leur grandeur. Je ne puis accepter des stigmates au dernier segment, et ici l'erreur est plus pro encore.
J'aime à me persuader que les véritables naturalistes ne considéreront pas ces observations comme des puérilités, ou comme m'’étant inspirées par des idées malveillantes de critique qui sont bien loin de mon esprit. Elles ont à mes yeux une importance réelle. J’ai fait remarquer, en effet, plus d’une fois, et je cherche toutes les occasions d'établir que les larves ont des caractères de famille et de genres comme les insectes parfaits, et qu’elles peuvent être d’un grand secours au point de vue de la classification méthodique de ces derniers. Il n ‘est pas surprenant, dès lors, que je cherche à rétablir ces caractères partout où je les crois méconnus ou altérés, et à maintenir des bases sur lesquelles se fonderont peut-être de bons systèmes et des principes d’où découleront probablement des conséquences fécondes.
MACROPALPUS PALLIPES CuSSac.
Le Staphylinien dont j'ai publié les métamorphoses sous ce nom est le Coryphium angusticolle Steph.
Insectes du Pin maritime. 463
ASTATOPTERYX LATICOLLIS Mihi.
Fig. 517-524.
LARVE
J'ai déjà publié dans les Annales de la Société Entomologique (1846, p. 465), la larve du Trichopteryx intermedia, et dans ce même travail sur les Insectes du Pin, celle, presque identique, du Péélium apterum. Voici une troisième larve de Trichoptérygien, appartenant à un genre que je considère comme nouveau. Elle ressemble tellement aux précédentes par sa forme linéaire et déprimée, sa couleur blanche avec la tête un peu roussâtre, l’absence des yeux et par tous ses autres caractères, que je m'abstiens d’en donner la description. Je ne signalerai que la seule différence qu'elle présente et qui réside dans la structure des antennes.
Dans les larves déjà publiées, ces organes sont composés comme suit : quatre articles, le premier court, le deuxième deux fois et demie aussi long, ayant un poil de chaque côté et surmonté en dedans et un peuen dessous d’un article supplémentaire grêle et de la longueur du troisième, lequel est de moitié moins long que le deuxième ; le quatrième de la longueur du troisième.
Les antennes de la larve de l’Astatopteryx sont aussi de quatre articles, mais le second est à peine plus long que le premier, le troisième est plus long que les deux premiers ensemble et porte quatre poils circulairement disposés aux deux tiers de sa longueur; le quatrième à peine aussi long que le deuxième, est subanguleusement renflé au milieu, comme dans la plupart des larves de Staphyliniens, et est hérissé de longs poils placés autour du renfiement et au sommet. Il n’y a pas d’article supplémentaire. à
Les stigmates que je n’avais pas encore vus et que j'ai, cette fois, aperçus par transparence, sont placés, la première paire très près du bord antérieur du mésothorax, les huit autres près du bord antérieur des huit premiers segments abdominaux.
A propos des métamorphoses du Péilium apterum, j'ai dit les motifs qui m'empêchent de rapporter à cette famille la larve que M. Gillmeister a décrite comme appartenant au Trichopteryx limbata, et que M. Alibert croit être de Staphylinien. Je persiste dans ma manière de voir, mais ce qui m'est arrivé pour la larve dont je m'occupe en ce moment, est bien propre à me rendre très indulgent pour les erreurs que l’on peut commettre, lorsque surtout il s’agit d'animaux aussi petits.
h64 ÉD. PERRIS.
J'avais recueilli, aux lieux où vit l’Astatopterix, avec quelques nymphes et une trentaine d’insectes parfaits, un assez grand nombre de larves que leur forme, leur couleur, leur taille, leur agilité et surtout leur habitat me faisaient naturellement considérer comme appartenant à cet insecte. La première que je soumis au microscope me causa une extrême surprise ; elle présentait tous les caractères d’une larve de Staphylinien. Chaperon denticulé, antennes à appendice latéral, ocelles, ongles des pattes très longs, filets du dernier segment bi-articulés, rien n’y manquait. J'en examinai quatre successivement; elles étaient toutes conformées de même. Mes idées étaient bouléversées; quelque nouvelle que fût pour moi la structure Ge l’insecte parfait, je n'y pouvais trouver l’explication des différences énormes que je rencontrais entre sa larve et celles qui m’étaient déjà connues, et j'en étais presque venu à me demander si je n’avais pas été antérieurement dupe des plus étranges hallucinations, si je n’aurais pas à tout refaire et à me donner un éclatant désaveu.
Avant d’en venir là je voulus examiner les dépouilles de larves refou- -lées à l'extrémité des nymphes. J'espérais trouver dans ces fourreaux chiffonnées quelqu'un des organes caractéristiques de la larve, tels que les antennes et les appendices du dernier segment. Les difficultés de cette vérification étaient fort grandes; je les surmontai néenmoins assez bien pour apercevoir des choses qui me firent croire que mes observations d'autrefois avaient les plus grandes chances d’être exactes, et que les larves qui venaient de m'inspirer tant de préoccupations étaient apocryphes. Je me décidai alors à soumettre toute ma provision de larves à l'épreuve du microscope, et je ne tardai pas à en trouver qui étaient plus en harmonie avec mes idées et avec les données que les dépouilles m’avaient fournies, c’esf-à-dire sans ocelles, avec les antennes simples, les appendices terminaux d’une seule pièce et les ongles courts.
On me pardonnera, je l’espère, ces détails. Je les ai jugés utiles parce qu'ils ont pour but et qu’ils auront sans doute pour résultat de démontrer l'authenticité de la larve de l’Astatopteryx, et de faire connaître que, s’il est assez souvent permis d'attribuer à un insecte les larves qui vivent avec lui, il importe cependant d'apporter dans les déterminations que l'on prend à cet égard, la plus grande circonspection, et de ne se prononcer qu’en tenant compte de caractères déjà connus et des lois de l’analogie.
NYMPHE
Semblable à celle du Trichopteryx intermedia. La dépouille de la larve est fixée au plan de position par le mamelon anal, et sert de fourreau aux
derniers segments de la nymphe, laquelle présente toutes les parties de l’insecte parfait, et porte autour du prothorax des soies insérées sur un petit tubercule. On voit aussi deux poils au bord postérieur du mésothorax et du métathorax.
INSECTE PARFAIT
Genre ASTATOPTERYX.
äoraros (incertain) ærépuË (aile).
La vue seule de ce Trichoptérygien donne l’idée d’un genre nouveau. De tous ceux de cette famille, celui dont il se rapproche le plus est bien le genre Trichopteryæ, mais son prothorax en croissant et si démesurément large, débordant les élytres, son abdomen très atténué en arrière et dépassant notablement les élytres, font de prime abord présumer qu’il doit en être séparé. Il présente, en outre, un caractère fort tranché, très apparent, qui justifie cette séparation, et je m’en prévaudrai exclusivement. Ge caractère réside dans les antennes.
Dans tous les insectes de cette famille connus jusqu'ici, ces organes sont filiformes, avec le premier et le deuxième article plus épais, et les deux ou trois derniers ellipsoïdaux ; mais toujours les articles trois à huit sont grêles et cylindriques. Ici, le premier et le deuxième articles sont relativement plus gros et portent en dessus de longues soies ; les troisième, quatrième et cinquième sont en cône renversé et de dimensions progressivement croissantes ; les sixième et septième sont de là longueur du cinquième, mais ils sont dilatés, aussi larges que longs, un peu arrondis au sommet et à peu près triangulaires ; le huitième est ellipsoïdal, le neuvième légèrement fusiforme, presque cylindrique et plus long que le dixième et le onzième, lesquels sont égaux et en forme d’ellipse presque pointue aux deux bouts. Ces antennes sont hérissées, principalement sur les trois derniers articles, de soies de diverses longueurs, mais les cinquième, sixième, septième et huitième articles offrent, indépendamment de leur dimension et de leur forme si caractéristiques, une particularité que je vois pour la première fois. Dans les individus que je considère comme mâles, ils sont munis en dessus d’une frange longue et touffue de poils très fins, un peu inclinés en avant, et dont les extrémités se rabattent les unes sur les autres, et forment au bout une assez longue mêche. Dans les femelles ces poils sont remplacés par des soïes raides et nombreuses.
Un dernier caractère des antennes, c’est qu’elles ne sont pas droites
#65 Ep. PERRIS.
-comme dans les autres insectes de la famille, maïs qu’elles forment entre les quatrième et huitième articles un arc toujours très marqué et plus sensible encore dans l’animal desséché.
J'ai cherché à voir si les organes de la bouche ne présenteraient pas quelque chose de particulier, et j'ai sacrifié plusieurs individus à ces recherches sans obtenir des résultats complets. Ainsi, je n’ai pu voir assez bien la structure de la lèvre inférieure et les palpes labiaux pour contrôler ce qu’en dit et la figure qu’en donne M. J. Duval dans.-son Genera. En ce qui concerne les mâchoires et leurs accessoires, ainsi que les palpes maxillaires, j'ai eu besoin des indications données par cet habile et clairvoyant observateur, relativement à ces organes dans le Trichopteryx grandicollis. Sans lui, en effet, je ne me serais pas douté de l'existence du quatrième article des palpes sur lequel il a appelé mon attention. Ce petit article est sans doute rétractile, car on ne laperçoit pas toujours, mais il existe réellement. Le dessin que je donne d’un appareil maxillaire de l’Astatopteryx présente de très légères différences avec celui qui a été figuré par mon savant ami ; elles tiennent peut-être à ce que j’ai mal “vu, ou bien elles constituent un caractère du nouveau genre.
Quant aux autres caractères ; mésosternum caréné, métasternum plan, large, avançant un peu sur l’abdomen ; hanches postérieures écartées, dilatées en lame triangulaire ; tarses de trois articles terminés par deux ongles, entre lesquels se trouve une petite soie renflée au bout, ils concordent avec ceux du genre Trichopteryx. Il faut cependant en excepter les ailes qui sont constantes dans toutes les espèces connues de ce genre, et qui, dans l’Astatopteryx, ne sont ra que du plus petit nombre des individus.
A. LATICOLLIS.
Longueur 4 millim. ou un peu plus, ovoide, convexe en dessus et en dessous, le plus souvent d’un marron-clair, avec les élytres un peu plus foncées, quelquefois couleur de poix avec la tête plus claire ; revêtu d’une pubescence couchée et grise, presque invisible sur le prothorax et sur le sternum, très apparente et plus longue sur les élytres et sur l'abdomen. Tête assez grande, lisse ; bouche et palpes pâles. Prothorax deux fois aussi large que long, bombé, en forme de croissant, débordant sensiblement les élytres sur lesquelles se rabattent ses angles aigus, paraissant quelquefois vaguement ponctué à cause des poils très courts dont il est parsemé et qui en imposent pour des points, mais lisse en réalité. Écusson grand, triangulaire, presque imperceptiblement pointillé. Élytres presque Aroites sur les côtés, se rétrécissant un peu d'avant en arrière, séparément
Insectes du Pin marilime. 67
arrondies à l'extrémité, laissant à découvert les trois derniers segments de l’abdomen. Antennes conformées comme il a été dit aux caractères génériques, et d’un testacé très pâle ainsi que les pattes. Ailes nulles dans les individus de couleur marron-clair, existant au contraire dans ceux, beaucoup plus rares, qui sont couleur de poix, et organisées commg celles des Trichopteryx.
Cette particularité de l’inconstance des ailes, qui m'a inspiré le nom générique, m'avait d'abord échappé. Cette année (1861), ayant fait une assez ample provision de cet insecte, je fus d’abord frappé de ce qu'aucun ne s’envolait. J’en disséquai un certain nombre de ceux de couleur claire, et je les trouvai tous complétement aptères, ou pourvus de moignons d'ailes presque imperceptibles. Je crus d’abord que c'était là l’état normal, mais ayant observé à la loupe les quelques individus de couleur foncée que je possédais, j'aperçus par transparence, sous les élytres, deux filets noirs indiquant d'autant plus des ailes que les élytres étaient postérieurement débordées par des soies noires non moins caractéristiques. Dès le lendemain je retournai à la recherche de mon insecte, j'en plaçai plusieurs au soleil sur une grande feuille de papier, et quoique le grand jour leur déplaise, pas un ne prit son vol; ils ne firent que courir çà et là jusqu’à lasser ma patience. Heureusement mes recherches mirent en ma possession deux individus noirâtres, et je les installai sur ma nappe de papier. J'avais à peine attendu deux minutes que l’un s’envolait, et un instant après l’autre entrouvrit ses élytres et déploya son éventail de soies. Plus de doutes ; les pâles étaient aptères, les bruns étaient ailés. Était-ce là un caractère sexuel ? Les antennes devaient me le dire par la villosité, si différente selcn les sexes, des cinquième à huitième articles ; mais le microscope m'a appris qu'il y a des aptères et des ailés dans les deux sexes.
Je venais de terminer ces diverses observations lorsque je reçus l’aimable visite de mes amis MM. Aubé et Grenier, et je leur en fis voir, dans les insectes eux-mêmes, tous les résultats. M. Aubé, tout en accordant à la chose l'intérêt qu’elle mérite, n’en fut que médiocrement surpris, et me rappela qu'il avait déjà signalé des individus ailés dans le Péilium apterum. Je possède moi-même un individu de cette espèce qui se trouve dans ce cas.
Il résulle de ce qui précède que lAstatopteryx est le plus souvent aptère et quelquefois ailé. Ce fait, bon à constater, est présenté par des insectes de presque tous les ordres: Dans les Coléoptères, nous avons déjà le Ptilium apterum, et il est probable qu’on en trouvera d’autres ; dans les Orthoptères le Xya variegala ; dans les Hémiptères la Micrelytra fossularum, le Pyrrhocoris apterus, le Micropus parallelus, les Metas!einina
468 Ép. PERRIS.
brachelytrum et lucidulum, le Nabis aptera, V Hydrometra stagnorum. Enfin, je tiens de M. Aubé, une série d'individus d’un Diptère, lElachiptera brevipennis, dont les uns sont aptères, les autres possèdent des moignons et d’autres des ailes complètes.
Il me reste à parler des mœurs de lAstatopteryæ laticollis. I] faut le chercher en mai et en juin dans les vieilles souches de pin habitées par une grosse fourmi, la Formica pubescens Latr., avec laquelle il passe sa vie. Si l’on soulève l'écorce de ces souches ou qu’on en fasse éclater le bois, de manière à mettre à découvert les galeries parcourues par les fourmis ahuries, et que l’on regarde attentivement, on a les plus grandes chances d’apercevoir un ou plusieurs Astatopteryæ qui, offusqués par la lumière, s'empressent de fuir le jour. Leur agilité n’est pas telle qu’on ne puisse, en se hâtant un peu, et en mouillant le bout de son doigt, s’en emparer facilement. C’est dans les mêmes lieux qu’on rencontre la larve et la nymphe. |
Si l’on n’avait de nombreux exemples de cohabitations semblables, on s’étonnerait de voir un animal aussi faible, aussi chétif, vivre paisiblement au milieu de compagnons si inquiets, si bien armés, et qui, d’un coup de dent, peuvent Fanéantir. Quoi qu'il en soit, on se sent forcé de reconnaitre que cette association avec les fourmis d'insectes de tant de sortes a, dans les desseins de la nature, un but déterminé. Mais quel est ce but? Un mystère demeuré jusqu'ici impénétrable couvre cette question, et j'ai mille fois regretté de ne pas habiter un pays où les occasions d’en chercher la solution fussent moins rares que dans les Landes. Les Trichopteryx, les Pselaphiens, les Staphyliniens myrmecophiles, les Paussus, les Catopsimorphus, les Merophysia et tant d’autres sont-ils utiles ou nuisibles aux fourmis ? Sont-ils pour elles des ennemis comme on en rencontre au milieu des essaims si redoutables des abeilles, des guêpes et des frélons, qui pourtant les respectent, ou bien les délivrent-elles de choses ou d’animaux qui les incommodent ! Celui qui résoudra ce difficile problème aura bien mérité de la science.
EPUROEA (NITIDULA) OBSOLETA Fab.
Fig. 525-533.
LARVE
Longueur 4 1/2 mill. En ellipse très allongée, presque linéaire, convexe en dessus, moins en dessous, d’un roussâtre sale, souvent comme terreux, à cause des impuretés dont son corps est couvert; à surface chagrinée ; hérissée de quelques poils et de beaucoup de tubercules dorsaux.
Insectes du Pin marilime. 69
Tête s'élargissant d'avant en arrière et hérissée latéralement et en dessus de quelques soies tronquées et dirigées en avant, médiocrement arrondie sur les côtés, tronquée postérieurement. Épistome transversal, peu distinct du front : labre en segment de cercle ; ces deux organes plus foncés que le reste de la tête. Mandibules arquées, ferrugineuses, avec l'extrémité noirâtre et bifide ; mâchoires fortes, lobe assez volumineux, revêtu supérieurement de cils un peu épais, très serrés, arqués et inclinés en dedans. Palpes maxillaires assez longs, dépassant le bord antérieur de la tête, à peine arqués en dedans, formés de trois articles, le premier plus court que les deux autres qui sont égaux, le dernier surmonté d’une soie très courte et tronquée. Lèvre inférieure subcordiforme, enfermée dans l'arceau formé par les deux lobes maxillaires, portant les deux palpes labiaux, courts et de deux articles égaux. Antennes de quatre articles, le premier large et court, le deuxième sensiblement plus étroit et un peu plus long, le troisième légèrement en massue, de la longueur des deux premiers réunis, le quatrième grêle, filiforme, de la longueur du précédent, terminé par un poil assez long et deux plus courts, accompagné à sa base d’un article supplémentaire ne dépassant guère le tiers de sa longueur, et visible seulement de profil, parce qu'il est en dessous. Près de la base des antennes, sur chaque joue, on aperçoit deux ocelles noirs et arrondis, placés à côlé l’un de l’autre.
Proithorax plus long, mais un peu plus étroit que les deux autres segments thoraciques, qui sont eux-mêmes plus grands que les abdominaux. Ces trois segments ayant de chaque côté le premier deux tubercules, les deux autres un, surmontés d’une soie.
Pattes de longeur médiocre, hérissées à peine de quelques soies, terminées par un ongle ferrugineux, assez long et subulé.
Abdomen de neuf segments croissant un peu en longueur à partir du cinquième ; les huit premiers dilatés de chaque côté, près de l’angle postérieur, en un mamelon surmonté d’une soie ordinairement tronquée ; dernier segment profondément échancré, terminé par deux pointes un peu relevées, légèrement arquées, se prolongeant en une longue soie ; bordé sur les côtés de tubercules coniques sur lesquels sont implantées ét comme articulées des soies longues sur les tubercules postérieurs, très courtes, tronquées ou spatulées sur les tubercules antérieurs.
Sur toute la région dorsale, moins le dernier segment, on aperçoit à un fort grossissement des tubercules semblables dirigés, ainsi que leurs soies, en arrière, sauf près du bord antérieur du prothorax où ils sont nclinés en avant. Ces tubercules sétigères sont rangés en huit séries longitudinales. Les lignes qu’ils forment sur chaque segment ne dépassent
170 ÉD. PERRIS.
pas les deux tiers de sa longueur, et se raccourcissent à mesure ge or approche des côtés.
Stigmates au nombre de neuf paires; la première sur la ligne qui sépare le prothorax du mésothorax, les autres aux deux tiers des huit premiers segments abdominaux. Ces stigmates offrent une particularité que je n’ai rencontrée jusqu'ici dans aucune larve de Coléoptère ; ils sont non pas sessiles comme à l'ordinaire, mais pédonculés, c’est-à-dire portés sur une petite papille cylindrique faisant saillie, en ce qui concerne la paire de stigmates thoraciques, entre le prothorax et le mésothorax, et pour les stigmates abdominaux insérée un peu au-dessus du mamelon sétigère, et un peu plus vers la région dorsale.
L'existence de ces papilles ne m’avait d’abord que médiocrement frappé ; mais l’inutilité de mes recherches pour découvrir les stigmates appela sur elles plus spécialement mon attention, et leur position, ainsi que leur nombre me donnèrent lieu de penser qu’elles se rattachaient au système respiratoire. Une forte loupe confirma cette supposition, et le microscope me fit voir ensuite qu’à l’extrémilé des papilles existe une fente, une sorte de boutonnière à peu près verticale au plan de position.
NYMPHE
Nue, blanche, présentant les diverses parties de l’insecte parfait emmaillottées comme à l’ordinaire ; des soies blanches autour du prothorax, sur les côtés de l’abdomen et sur les genoux, ces dernières très courtes. Abdomen terminé par deux papilles charnue, ordinairement cachées par la dépouillle chiffonnée de la larve.
INSECTE PARFAIT
Longueur 2 1/2-3 millim. Subparallèle, testacée ou le plus souvent ferrugineuse, avec le dessous du corps plus foncé, ainsi que le disque du corselet, et fréquemment sur les élytres des nébulosités brunâtres, transversales, mal limitées, qui semblent, avec la nébulosité de la suture, circonscrire des taches plus claires. Tout le corps revêtu d’une légère pubescence grise et d’une ponctuation fine et serrée.
Lorsqu'un pin, un chêne sont coupés au printemps en pleine sève, la fermentation de cette séve attire plusieurs insectes parmi lesquels on remarque quelquefois le Sylvanus bidentatus, mais plus particulièrement l'Epuræa obsoleta. La femelle de cette dernière espèce pond ses œufs sous l'écorce, en profitant de la troncature faite par la hache ou la scie, ou même sur le bois fraîchement équarri, mais alors sur la face qui touche à
Insectes du Pin maritime. 71
terre. La séve s'extravase et s’accumule, devient acide et comme mucilagineuse, et c’est dans celte substance plus ou moins abondante que se développent rapidement les larves. Lorsque le moment de la métamorphose est venu, elles quittent leur demeure pour s’enfoncer dans la terre. Un très petit nombre cependant se transforme sous l'écorce, dans un endroit non imbibé de séve, et c’est là que j'ai trouvé la nymphe.
L'ancien genre Nétidula de Fabricius a été divisé par Erichson et Stephens en plusieurs genres, et pour ma part j’admets d'autant plus cette division, qu’elle est formellement indiquée par la structure des larves. Il y a plus, et quoique je ne connaisse que la larve d'Epuræa dont il est question ici, et celle de la Soronia grisea dont Erichson a donné la descriplion, je suis porté à croire qu’on pourrait former deux groupes distincts dont le premier embrasseraitl les genres Epuræa, Nitidula, Soronia, Amphotis el Omosita, et le second les genres Pria, Meligethes, Thalicra, pour ne parler que des européens. Les larves d’Epuræa el de Soronia portent, en effet, des aspérités et des mamelons sétigères, et sont fourchues à leur extrémité, tandis que celles de Pria el de Meligethes, du moins celles que je connais, sont lisses, à peine velues, entières ou simplement échancrées au dernier segment.
Après cette simple observation qui a pour but uniquement d'appeler l'attention des savants qui s'occupent d’entomologie systématique, je me permettrai quelques remarques sur la description donnée par Erichson de la larve de la Soronia grisea, et que je lis dans le catalogue de MM. Chapuis et Candèze, p. 70 :
4° D'après cet éminent observateur, les antennes de cette larve ne seraient que deux articles. Je crois qu’il y a là une erreur due sans doute à ce que Erichson n’a pu étudier qu’une larve sèche, supposition justifiée en outre par l’impossibilité où il s’est trouvé de reconnaître la lèvre inférieure et les palpes labiaux. Or, dans une larve en cet état, il peut y avoir des articles contractés qui trompent sur la composition d’un organe. Je suis convaincu que, dans des conditions plus favorables, il aurait trouvé quatre articles aux antennes.
2° Il résulterait de la même description que les palpes maxillaires sont de quatre articles. Je n’en ai trouvé que trois dans la larve de l’Epuræa ; je me crois même sûr de ce nombre, et je ne saurais admettre une différence aussi capitale entre deux genres si voisins. Je puis avoir tort, mais le peu d'expérience que j'ai acquise me porte à persévérer, jusqu’à preuve contraire, dans l’opinion que les palpes maxillaires de la larve de la Soronia n’ont que trois articles.
3° Erichson a vu, de chaque côté des segments détail, les mame-
472 ÉD. PERRIS.
ons piligères que présente aussi la larve de l'Epuræa ; mais il ne parle pas des papilles tubuleuses qui portent les stigmates, et d’après lui les orifices respiratoires sont sessiles, mais disposés exactement comme ceux de cette dernière larve. Je n’ai rien à dire à ce sujet, et du moment que les stigmates sont en égal nombre et semblablement placés, je ne me sens pas le droit d’exiger autre chose. Cependant je prie les naturalistes qui rencontreraient la larve de la Soronia, de vouloir bien examiner si elle ne présente pas les papilles en question. Leur existence n’est pas impossible puisque cette larve vit, comme celle de l’Epuræa, dans les extravasations de sève, les écoulements sanieux, etc. Or, je crois que des stigmates pédicellés ont été donnés à ces larves pour qu’elles ne soient pas asphyxiées par les substances mucilagineuses ou purulentes qui les baignent.
Les observations qui précèdent étaient rédigées lorsque M. Lacordaire, dont j'ai eu l’honneur et la joie de recevoir la visite, m’a apporté un mémoire tout récemment publié par M. Candèze dans les Annales de l’Académie royale de Belgique et intitulé Histoire des métamorphoses de quelques Coléoptères exotiques. C’est avec un véritable bonheur que j'ai trouvé dans cet excellent mémoire la description de deux Nitidulaires, l'Amphicrossus discolor Er. et la Lordites glabricula Cand., qui appartiennent probablement au même groupe que les Epuræa. Leurs larves, en effet, ont quatre articles aux antennes, leur dernier segment fourchu, le dos couvert d’aspérités et les stigmates portés sur une tige charnue. Cette dernière particularité surtout m’a causé une vive satisfaction, parce qu’elle a confirmé à mes yeux, l'exactitude de mes propres observations et justifié le soupçon que j'ai exprimé relativement à la larve de la Soronia, qui me semble plus que jamais devoir être douée d’antennes quadri-articulées et de stigmates pédicellés.
Une chose m’a préoccupé dans la description de la larve de l’Amphicrossus discolor. M. Candèze, comme Erichson pour celle de la Soronia, lui donne des palpes de quatre articles. Cet accord entre deux observateurs aussi habiles, m’a rempli de perplexité, et si je n’avais eu à ma disposition des moyens de vérification, j'aurais avoué sinon mon erreur, du moins mes doutes. Je possédais par bonheur, dans ma collection de larves, de nombreux individus de larves d'Epuræa. Je me suis hâté de les examiner, mes investigations à tous les grossissements ont porté sur une trentaine de sujets, et dans tous j'ai invariablement trouvé trois articles. J'ai soumis ensuite à la loupe et au microscope des larves de Pria dulcamaræ et de deux espèces de Meligethes, et je n’ai jamais pu compter que trois articles comme dans celles d’Ips, de Rhizophagus, etc. Je prie donc M. Candèze de soumettre sa larve à un nouvel examen, et de voir s’il ne s’en serait pas laissé imposer par la soie très courte, assez épaisse et
comme tronquée qui termine les palpes maxillaires de la larve de l'Epuræa et peut-être aussi de l’Amnphicrossus. A moins d’une nouvelle affirmation de sa part, j’hésiterai toujours à croire qu’une larve de Nitidulaire ait qua-
tre articles aux palpes maxillaires, lorsque surtout elle n’en a que deux aux palpes labiaux.
NEMOSOMA ELONGATUM Latr.
J'ai rencontré trois ou quatre fois cet insecte sur le pin, dans les galeries des Tomicus laricis et bidens, et un jour j'en trouvai une vingtaine dans des brindilles de cet arbre qui avaient nourri le Tomicus ramulorum dont il restait encore quelques individus. N’étant pas sûr de sa larve qui, du reste, a été décrite par M. Westwood, par Erichson et par MM. Chapuis et Candèze (Catal. des larves, p. 74), je m'’abstiens d’en parler. Je constate seulement que le Nemosoma a le droit de figurer dans ce travail, puisqu'il est parasite de trois Tomicus pinicoles. D’après plusieurs auteurs allemands il est l'ennemi du Hylesinus vittatus qui vit de l’orme, et je l’ai pris aussi sous l'écorce du chêne avec le Tomicus fuscus, sous celle de l’aulne avec le Tomicus bicolor. On voit qu’il n’est pas aussi exclusif que les Aulonium, les Colydium, les Rhizophagus et tant d’autres parasites.
TEMNOCHILA (TROGOSITA) COERULEA Oliv.
Fig. 534.
NYMPHE
J'ai déjà signalé dans ce travail les mœurs et les métamorphoses du Temnochila cœrulea, mais je n’ai pu rien dire de la nymphe qui m'était restée inconnue. En voici la description :
D'un blanc jaunâtre assez ferme ; des soies rousses sur le front, sur le prothorax et sur les côtés de l'abdomen, celles-ci rangées de deux en deux sur deux lignes longitudinales de chaque côté, de sorte qu’il y en à huit par segment, sans compter des soies très petites et presque couchées. sur le dos de l’abdomen, en quatre séries. Dernier segment plus hérissé: et terminé par deux crochets arqués en arrière, roux et cornés à l’extré-. mité.
Je dois la première connais:ance de cette nymphe à l’extrème obligeance de mon savant ami M. Leprieur, qui l’a trouvée à Bône, en compagnie de la larve, sous l’écorce d’un pin, celui d’Alep, sans doute. J'ai fini par la rencontrer aussi au mois de mai, sous l'écorce du pin maritime, dans une sorte de niche formée au milieu des détritus.
h7à ÉD. PERRIS.
PEDIACUS (CUCUJUS) DERMESTOIDES Fabr.
Fig. 535-543.
LARVE
Longueur 6 millim. Roussâtre, de consistance un peu parcheminée, ts déprimée, linéaire, munie de quelques poils le long des côtés.
Tête de moitié plus large que longue, un peu plus large que le prothorax, médiocrement arrondie et presque anguleuse sur les côtés, marquée sur le front de deux sillons arqués dessinant presque une ellipse. Épistome très court, peu visible ; labre petit, semi-discoïdal ; mandibules saillantess ferrugineuses, assez fortes, bidentées à l'extrémité. Mâchoires médiocres, lobe maxillaire assez grêle, dépassant un peu le premier article des palpes et surmonté de petites soies; palpes maxillaires de trois articles, les deux premiers à peu près égaux, le troisième presque aussi long que les deux autres ensemble ; lèvre inférieure légèrement échancrée, palpes labiaux de deux articles égaux. Antennes longues, de quatre articles ; les deux premiers d’égale longueur ; le troisième cylindrique, près de deux fois aussi long que les deux autres ensemble, un peu tronqué à l'angle supérieur externe, et portant sur cette troncature un tout pelit article supplémentaire ; quatrième article grêle, égalant les deux tiers du précédent, et surmonté de trois soies assez longues. Sur chaque joue, près de la base des antennes, un groupe de cinq ocelles dont deux supérieurs elliptiques, rapprochés et ordinairement de la couleur du corps, et trois inférieurs
sensiblement plus petits, disposés sur une ligne oblique, et quelquefois de
couleur brune.
Corps de douze segments ; segments thoraciques plus grands que les sept premiers segments abdominaux, portant chacun une paire de paites longues, qui font un angle presque droit avec la ligne du corps.
Huitième segment abdominal aussi long que les trois précédents ensemble, se dilatant sur les côtés, près de l’extrémité, en un petit tubercule roux et subcorné, puis se rétrécissant brusquement. Neuvième segment ou dernier roux et subcorné, assez convexe ; premier tiers aussi large que le précédent segment à l’extrémité, deuxième tiers très étroit, troisième tiers en forme de fourche à dents divergentes, droites et non relevées. En dessous, le huitième segment abdominal, ou onzième de tout le corps, est échancré postérieurement, et le douzième l’est antérieurement ; de cette double échancrure résulte une sorte de cavité circulaire danslaquelle est logé le mamelon anal, un peu extractile et marqué d’un pli transversal.
Insecles du Pin maritime. 475
Les stigmales sont au nombre de neuf paires, et présentent, du moins les huit premières paires, la même particularité que ceux de l’Epuræa obsoleta, c’est-à-dire qu'ils s'ouvrent à l'extrémité de petits mamelons subconiques. Ces mamelons papilliformes, moins apparents que ceux de l'Epuræa, sont pourtant bien visibles au microscope; la première paire est située près du bord antérieur du mésothorax, et les sept suivantes près du milieu des sept premiers segments abdominaux; quant à la huitième paire, elle est complétement sessile, peu apparente et placée un peu au-dessus des tubercules latéraux du huitième segment.
NYMPHE
Elle m'est inconnue.
INSECTE PARFAIT
Longueur 4 millim. Très déprimé, d’un brun marron, avec les élytres et les pattes plus claires ; antennes plus courtes que la tête et le corselet, assez épaisses ; tête presque lisse antérieurement, finement ponctuée au vertex, marquée d’une fossette près de la base de chaque antenne. Corselet plus large que long, anguleusement sinué sur les côtés, avec une petite dent aux angles postérieurs ; finement ponctué ; marqué au milieu de deux larges sillons longitudinaux aboutissant à deux dépressions transversales. Écusson transversal, à peine pointillé. Élytres parallèles, mates, revêtues d’un fin duvet cendré et couché, marquées d’une légère strie juxta-suturale, et relevées en côte épaisse à partir de l’angle huméral jusqu’à l'extrémité, ce qui les fait paraître longitudinalement concaves. Alentours de l’écusson pointillés.
J'ai trouvé deux fois sous l’écorce du chêne et une fois sous celle du pin la larve dont je viens de donner la description. Quoique je n’aie pas constaté ses métamorphoses, je n’hésite pas à la rapporter au Pediacus dermestoides pour les raisons suivantes :
1° La première fois que je l’ai rencontrée, elle était en compagnie de cet insecte en apparence récemment transformé, ce qui est déjà une grande présomption.
2° Elle se rapproche singulièrement des larves des Læœmophlæus, dont le Pediacus est aussi très voisin. Ces larves sont, ilest vrai, un peu moins déprimées, un peu moins linéaires, mais elles ont les mandibules et tous les autres organes de la bouche conformés de même ; leurs ocelles sont au nombre de cinq de chaque côté ; le onzième segment est beaucoup plus grand que les autres, et le dernier est subcorné et en forme de four-
176 ÉD. PERRIS.
che. Ces motifs m'ont paru déterminants, et ils eiont jugés tels, je l'espère.
Je n’ai pas gardé note des conditions dans 1eéoinieé j'ai trouvé dans le chêne, il y a longtemps déjà, la larve du Pediacus, insecte très rare chez nous; quant à celle que j'ai rencontrée au commencemient du mois de mai 1861 sous l’écorce du pin, elle vivait en compagnie des larves du Tomicus stenographus. Le Pediacus serait donc, du moins accidentellement, parasite de ce Xylophage.
CRYPTOPHAGUS ACUTANGULUS Gyll.
Fig. 544 et 544 bis. ;
LARVE,
J'ai déjà fait connaître dans ce travail la larve du Paramecosoma abietis qui vit dans les nids de la chenille processionnaire du Bombyx pityocampa (Soc. Ent. 1853, p. 633). Pour ne point trop me répéter, je dirai que celle du Cryptophagus acutangulus lui ressemble presque entièrement, et qu’elle ne présente que les différences suivantes :
Tête d’un testacé clair, avec la partie antérieure plus foncée. Dernier segment profondément échancré et se terminant par deux lobes coniques surmontés chacun d’un crochet corné, ferrugineux et brusquement relevé ; au fond de l’échancrure un tout petit tubercule punctiforme, corné et ferrugineux ; face dorsale de ce dernier segment creusée longitudinalement en gouttière naissant un peu au dessous du bord antérieur, et qui s’élargit d'avant en arrière : face ventrale munie d’un mamelon charnu et extractile servant de pseudopode, et qui, vu par derrière, est divisé en deux petits lobes entre lesquels est l’anus.
NYMPHE
Nue, blanche et molle. Elle porte au bord antérieur du prothorax, sur les genoux et sur les flancs des poils blancs implantés sur une sorte de
petite glande. L’abdomen se termine par deux papilles charnues assez longues.
INSECTE PARFAIT
Longueur 2-2 1/3 millim. Ovale, oblong, ferrugineux, revêtu d’une pubescence roussâtre assez longue ; un peu plus fortement et plus densément ponctué sur le prothorax que sur les-élyires ; prothorax plus large que long, plus étroit à la base qu’au sommet, muni de chaque côté de deux dents, l’une grande, tronquée, réfléchie à l’angle antérieur, l’autre
un peu au-dessous, petite, pointue, un peu arquée en arrière; le surplus des bords latéraux finement denticulé.
Au mois de mai 1861, j'ai trouvé en assez grand nombre la larve de ce Cryptophagus, ainsi que la nymphe et l’insecte parfait, dans un tronçon de pin en voie de décomposition, ayant déjà nourri et contenant encore des larves de Leptura testacea et de Xanthochroa carniolica. Cette larve vivait évidemment des déjections laissées par celles qui l’avaient précédée. C’est en effet au milieu de ces matières excrémentitielles que je l'ai rencontrée, et c’est là aussi qu’elle subit ses métamorphoses. Ces appétits, du reste, sont propres à plusieurs espèces de larves de Cryptophagiens. .
BERGINUS TAMARISCIS Er.
Fig. 545-555.
LARVE
Longueur 2 1/2 millim. Charnue, déprimée, linéaire, avec un léger renflement abdominal ; blanchâtre, avec le dessus un peu roussâtre et annelé de brun.
Tête arrondie, d’un brun livide, revêtue, principalement sur les côtés, de longs poils roussâtres : épistome transversal, labre semi discoïdal, longuement et densément cilié ; ces deux organes roussâtres. Mandibules de la même couleur, plus foncées à l’extrémité, courtes, larges, planes en dessus, arquées, acérées, avec une petite dent au-dessous de la pointe. Mâchoires assez fortes, leur lobe arrondi, cilié, atteignant le niveau de l'extrémité du deuxième article des palpes maxillaires ; ceux-ci arqués, de médiocre longueur et de trois articles, dont le premier est plus court que chacun des deux autres qui sont égaux, et le second est un peu renflé extérieurement et muni d’un assez long poil. Le troisième m'a paru terminé par de très petits cils à peine visibles au microscope. A côté de chaque palpe et sur l’angle externe de la mâchoire surgit un organe membraneux, filiforme, inarticulé, aussi long que le palpe, s’atténuant un peu de la base au sommet, et très légèrement arqué en dedans. Lèvre inférieure. très reculée, cordiforme, portant deux petits palpes labiaux de deux articles. Antennes insérées aux angles antérieurs de la tête, de quatre articles en comptant le basilaire qui est en grande partie rétractile et plus gros. que les autres ; le deuxième et le troisième égaux, ce dernier muni extérieurement d’un poil ; le quatrième plus court, sensiblement plus grêle et. surmonté d’un long poil. Près de la base des antennes, du côté des joues, existe une petite tache noirâtre très apparente, formée par trois ocelles
178 ÉD. PERRIS.
presque contigus, et disposés en série transversale. Les deux plus rapprochés de l’antenne sont elliptiques et obliques, le troisième est ponctiforme.
Prothorax aussi large et presque aussi long que la tête, brun en dessus, avec les bords antérieur et postérieur et une ligne médiane blanchâtres ; mésothorax et métathorax plus courts, brunâtres jusqu'aux deux tiers de leur longueur. Ces trois segments sont munis sur les côtés de poils longs et courts, et portent trois paires de pattes blanchâtres qui sont de longueur et de force moyennes, pourvues de quelques soies et terminées par un ongle subcorné.
Abdomen de neuf segments velus, blanchâtres en dessous comme la poitrine, et roussâtres en dessus, avec leur base de couleur brunâtre, de sorte que le corps paraît annelé de noirâtre ; dernier segment terminé par deux crochets cornés et ferrugineux qui, vus en dessus, sont arqués en dedans, et vus de profil, sont relevés et pointus à l'extrémité ; mamelon anal à peine apparent.
Stigmates au nombre de neuf paires; la première assez près du bord antérieur du mésothorax, les autres presque à la moitié des huit premiers segments abdominaux.
NYMPHE
Elle présente les parties de l’insecte emmaillottées comme à l'ordinaire ; sur le bord antérieur du prothorax se dressent des poils portés sur de petits tubercules ; on voit aussi des poils semblables sur le dos du prothorax, principalement à la base, en regard de l’écusson, sur les genoux, sur les côtés et à la face dorsale de l’abdomen. Le dernier segment est terminé par quatre appendices, deux inférieurs, à peine arqués et coniques, deux supérieurs, recourbés en crochet et comme bi-articulés.
Longueur 1 2/3 mill. Allongé, revêtu d’une pubescence grise ; variant pour la couleur du testacé au noirâtre, mais ayant toujours les antennes et l'angle huméral testacés. Tête subtriangulaire, chagrinée, plane en dessus, comme carénée sur les côtés, marquée entre les antennes d’un sillon arqué. Prothorax à peine plus large que la tête et chagriné comme elle; presque carré, finement rebordé tout autour. Élytres deux fois aussi longues que la tête et le prothorax réunis, à stries crénelées ; intervalles convexés, carinulés, rugueux.
Le Berginus tamariscis n’est pas très rare aux environs de Mont-de-
Insectes du Pin maritime. 479
Marsan, et je le prends quelquefois en secouant les arbres et les buissons ; mais c’est le hasard qui m'a fait connaître ses métamorphoses.
Je recueillis en 1856 des châtons de fleurs mâles du pin, afin d’en obtenir le Rhënomacer attelaboides, et il en sortit successivement un assez grand nombre de Berginus. Ces insectes se trouvaient-ils dans les châtons lorsque je les avais récoltés, ou bien y avaient-ils subi leurs transformations, c’est ce qu’il me fut impossible de constater, car les plus minutieuses recherches ne purent me faire découvrir ni une larve ni une nymphe.
En 1857 je pris mes mesures pour tâcher de connaître la vérité. Pour que les châlons soient dans des conditions favorables à la ponte des insectes qui doivent leur confier le soin de nourrir leurs larves, il faut que leur épanouissement, qui est bientôt suivi de la chute du pollen et des écailles, soit contrarié par une cause quelconque. Ce résultat est produit ou par une maladie subite ou par le travail d’un Hylurgus piniper da qui, pour se nourrir, perfore la nouvelle pousse au-dessous du châton, en ronge la moelle et arrête sa Végétation. Mais on n’a pas toujours à sa disposition, et au moment voulu, une maladie ou un Hylurgus, et je devais y suppléer. La chose n’était pas bien difficile ; il me suffisait de couper des branches chargées de châtons et de les laisser sur place cinq ou six semaines, sauf à recueillir ensuite les châtons, bien convaincu que les insectes intéressés auraient su les découvrir et en faire usage.
Je pris donc ce parti et je n’ai eu qu’à m'en féliciter, car les châtons en question m'ont appris plus que ne voulais savoir, puisqu'ils m'ont donné, outre l’histoire du Berginus, celles du Ptinus dubius dont je parlerai tout à-l'heure, d’un Hémiptère et de deux Diptères.
La naissance de quelques Berginus appela d’abord mon attention, et il ne m'était pas permis de croire que j'avais introduit chez moi ces insectes avec les châtons, car la couleur et la mollesse de leurs téguments attestaient une transformation toute récente. Il ne s’agissait donc plus que de trouver la larve, et ce n’était pas une petite affaire, car comment découvrir un aussi petit animal au milieu de tant de poussière pollénique, de tant de cavités formées par les écailles ? C’était chercher des épingles dans une meule de foin. Je me mis courageusement à l’œuvre, et pendant plusieurs heures je me livrai aux recherches les plus minutieuses, disséquant, secouant les châtons et explorant ensuite chaque atome avec ma loupe. Ma patience fut récompensée, et je recueillis un certain nombre de petites larves que, par analogie, je supposais appartenir au Berginus. Je les mis à part avec des fragments de châtons, et à quelque temps de là, il me naquit deux insectes, Le doute n’élait plus permis, mais il me restait à connaître la nymphe.
480 ÉD. PERRIS.
Je recommençai donc mes investigations qui me donnèrent encore plus de mal que la première fois, car les larves, quelque minimes qu’elles soient, ont du moins des mouvements qui les irahissent, tandis que les nymphes sont immobiles et qu’il faut tomber dessus pour les voir. Ma persévérance et ma curiosité étaient heureusement à la hauteur de ma tâche, et je finis par trouver la nymphe dont j'ai donné la desæription.
Toutes les difficultés étaient donc vaincues, tous les nuages dissipés, et avant même de me livrer à l'étude méticuleuse de la larve, je pouvais dire que le Berginus tamariscis pond ses œufs dans les châtons mâles du pin maritime, comme il le fait peut-être aussi dans les épis du tamarix, que sa larve se nourrit du pollen et peut-être aussi des excréments de la larve du Rhinomacer, et qu’elle se transforme en nymphe au milieu de ces substances, sans former de coque; qu’enfin la durée des évolutions est de deux mois à deux mois et demi, puisque les châtons de branches coupées à la mi-mai m'ont donné des insectes parfaits de la mi-juillet au commencement d'août.
Le genre Berginus a été placé dans les Mycetophagides avec les Mycetophagus, les Triphyllus, Diphyllus et Litargus. Indépendamment des caractères que présente l’insecte parfait, la structure de la larve justifie ce classement, Cette larve, en effet, a de grands rapports avec celles des insectes que je viens de nommer, et les crochets qui terminent son abdomen lui assignaient d’avance dans mon esprit une place dans le groupe qui s’étend des Nitidulaires aux Dermestes. Elle offre cependant deux particularités que je dois signaler ; la première, c’est lPabsence de cet article supplémentaire que présenfent souvent, maïs pas toujours, les antennes et qui surmonte le pénultième article ; la seconde, c’est l’existence de cet organe membraneux et presque subulé qui se trouve à côté du palpe maxillaire, qui est aussi long que lui, et que je vois pour la première fois. Ge qu'il y a de plus remarquable encore, c’est que cet organe n’est pas constant, car je l’ai inutilement cherché dans trois larves évidemment jeunes, de sorte que je serais porté à croire qu’il ne se déve- Joppe qu'après la dernière mue. |
TROGODERMA TESTACEICORNE Mihi.
Fig. 556-565.
LARVE
Longueur 6 millim, Allongée, elliplique, assez convexe sur le dos, très peu en dessous, légèrement coriacée, d’un joli roux plus pâle en
Insectes du Pin maritime. h81
dessous qu’en dessus, hérissée de poils d’un fauve vif, de diverses longueurs.
Tête arrondie, convexe, hérissée de longs poils, mêlés de plus petits ; épistome très court, mais assez large ; labre transversal, tronqué antérieurement ou même largement et très faiblement échancré. Mandibules noirâtres, triangulaires, tronquées à l'extrémité. Mâchoires médiocres, leur lobe grèle, presque aussi long que les palpes maxillaires, surmonté de longues soies ; palpes maxillaires courts, de trois articles égaux ; lèvre inférieure légèrement échancrée ; palpes labiaux courts et de deux articles égaux. Ces organes ont un faible développement et ne font nullement saillie en avant de la tête. Antennes assez courtes, épaisses, de quatre articles dont les trois premiers égaux, et le quatrième un peu plus long, très grêle et surmonté d’un long poil et de deux ou trois très courts. Lorsqu’on regarde la larve en dessus, ce dernier article paraît inséré au centre du précédent ; mais quand on l’examine de profil on voit qu’il est implanté sur son bord supérieur, et qu’au bord inférieur surgit un article supplémentaire qui, même à une forte loupe, a l'apparence d’une petite soie tronquée. Sur chaque joue, au-dessous des antennes, se trouvent six ocelles bruns dont quatre supérieurs disposés en arc de cercle et deux inférieurs placés vis-à-vis les deux de dessus les plus voisins de la bouche.
Prothorax plus large que la tête et un peu plus long que les deux autres segments thoraciques ; chacun de ces segments très hérissé de poils dont les uns courts, dressés ou inclinés et comme enchevêtrés, et les autres longs, formant une sorte de houppe sur les côtés; marqué en outre aux angles antérieurs d’une tache triangulaire noirâtre.
Pattes courtes, assez robustes et un peu velues.
Abdomen de neuf segments égaux en longueur ou à peu près. Les quatre premiers portent en dessus, vers le tiers antérieur, une ligne transversale de poils dressés, d’autant plus longs qu'on s'approche plus des côtés où ils forment une longue houppe. Au-dessous de cette ligne on aperçoit comme une bandelette un peu arquée en arrière, interrompue au milieu, et l’on constate à la loupe que cette bandelette est formée par deux groupes triangulaires de poils couchés et divergents à partir de la ligne médiane, de sorte qu’il reste entre les deux groupes un petit espace lisse. Les cinquième, sixième, septième et huitième segments ont aussi leur bandelette de longs poils, mais à la place des poils couchés existe une épaisse touffe de poils raides, inclinés en arrière, bruns et taillés en brosse. Ces poils, ainsi que les poils couchés et divergents dont je viens de parler, ont, vus au microscope, une forme particulière ; ils sont for-
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més d’articulations en cône renversé, non mobiles les unes sur les autres, plus allongées et plus grêles à la base qu'à l'extrémité ; l’avant-dernière est filiforme et surmontée par un article beaucoup plus long, presque en forme de fer de lance. Ces sortes de poils existent aussi dans les larves du Tiresias serra et des Anthrènes. Ils se détachent quand on presse la larve entre les doigts. Lorsque la larve est tranquille, ils sont très sensiblement inclinés en arrière, mais si quelque chose linquiète, elle les redresse verticalement sur son dos. Le dernier segment est arrondi, simple, inerme, hérissé, terminé par une houppe de longs poils, et il porte en dessous un petit mamelon au centre duquel est l’anus. En dessous, les segments abdominaux sont munis de petits poils raides et verticaux, et à leur bord postérieur de longs poils couchés en arrière. Les poils autres que ceux dont j'ai signalé la structure articulée sont couverts de petits cils dirigés en arrière, et les plus courts, notamment ceux de la face ventrale, sont un peu fusiformes.
Les stigmates sont au nombre de neuf paires, la première près du bord
“antérieur du mésothorax, les autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Cette larve change plusieurs fois de peau, et cette peau, comme celle des Dermestins en général, demeure boursouflée et tendue, au point qu’on pourrait étudier sur elle tous les organes de la larve elle-même. Aussi, lors de la première métamorphose, au lieu d’être refoulée comme un petit paquet chiffonné vers la partie postérieure de la nymphe, sert-elle d’enveloppe à celle-ci qui en est entièrement enveloppée, sauf l’ouverture que laisse la déchirure qui s’est faite le long de la tête et du thorax.
NYMPHE
Elle ne présente rien de particulier, si ce n’est de petits poils roussâtres et assez touffus sur la tête, les côtés du thorax et le dos de l’abdomen dont l'extrémité porte aussi quelques petites soies.
INSECTE PARFAIT
Longueur, 4 1/2 millim. Oblong, à peu près parallèle. Antennes entièrement testacées ; massue de quatre articles : le premier un peu plus étroit, mais aussi long que les deux suivants qui sont du double plus larges que longs ; le quatrième un peu plus long, obconique, obtus à l'extrémité. Tête noire, presque plane, densément et rugueusement ponctuée. Corselet noir, assez luisant, bombé, une fois et demie aussi large que long, très
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fimement ponctué, revêtu d’une pubescence noire, sauf à la base où elle est grise ; son contour antérieur formant, vu en dessus, une demi-circonférence régulière ; bord postérieur notablement bisinué ; partie médiane ayancée et arrondie ; angles droits. Écusson noir, en demi-cercle et vaguement ponctué. Élytres un peu plus larges que le corselet, parallèles jusqu'aux deux tiers de leur longueur, un peu inégales près de leur base, ayant aux épaules une saillie longitudinale presque en forme de crête, finement pointillées, noires, avec deux bandes rouges ocellées de noir, l’une à la base, l’autre à l'extrémité, et entre elles un dessin rouge formant presque un X, avec un rameau qui réunit chaque branche du X à la bande basilaire. Parties noires revêtues d’une pubescence noire, et parties rouges d’une pubescence blanchâtre. Dessous du corps noir, à pubescence cendrée ; cuisses noiràtres, genoux, jambes et tarses rougetres. Femelle.
Diffère du T. versicolor par sa forme plus parallèle, la disposition de ses taches rouges et la massue des antennes. Diffère aussi des T. pictum Kust. et variegatum Kust. en ce que la massue antennaire, qui est de quatre articles au Heu de trois, le place dans une autre division; et en supposant que M. Kuster se soit mépris sur la composition de cette massue, il se distingue du premier par son corselet qui n’est pas rugueusement ponctué, et par son écusson qui est arrondi et non triangulaire ; du second par le dernier article des antennes qui évidemment n’est pas aussi long que les deux précédents réunis, par les angles postérieurs du corselet qui sont droits et non aigus, par les taches rouges des élytres qui, loin de respecter toujours la suture, en recouvrent au contraire la plus grande partie, et de tous les deux par les antennes qui, au lieu d’être d’un brunjaune avec la massue noire, sont uniformément testacées.
J'ai trouvé deux larves de ce Trogoderma, au mois de mars 1860, dans une pièce de bois de pin qui avait nourri et nourrissait encore des larves de Leptura rubrotestacea, de Xanthochroa carniolica et de Rhyncolus strangulatus et porcatus. Elles vivaient de leurs dépouilles et probablement aussi de leurs excréments. C’est du reste au milieu de ces substances que l’une d'elles a subi chez moi ses métamorphoses. La seconde, que j'ai séquestrée dans une boîte et que j'ai mise au régime d'insectes desséchés, s’est bien développée ; seulement, comme elle n’est pas dans les conditions naturelles et que, par diverses causes, elle a subi d’assez longs jeûnes, au lieu de se transformer en juillet de la même année comme la précédente, elle m'est pas encore aujourd’hui, 4° octobre 1861, passée à l’état de nymphe, quoique elle paraisse adulte et bien portante.
Ce fait confirme ce que j'ai déjà eu plus d’une occasion de dire, que des
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larves peuvent, suivant les circonstances, être retardées dans leurs évolutions de plusieurs mois et même de deux et trois années, et qu'il ne faut pas se fier, pour apprécier la durée de leur existence, aux éducations faites dans le cabinet. Celles mêmes qui, sous le rapport de l’alimentation, n’ont pas à redouter le défaut de soins, soit qu’elles se trouvent au milieu du bois dont elles vivent, soit qu’on leur donne, dès le premier moment, une quantité beaucoup plus que suffisante des substances qui les nourrissent, celles-là mêmes éprouvent souvent des retards quelquefois très longs, et qui seraient inexplicables si l’on ne savait que l’action de l’air extérieur, l'humidité et la température de l’atmosphère, le soleil, les pluies, etc., exercent une grande influence sur le développement de ces animaux et favorisent leurs métamorphoses. C'est surtout à l’absence d'humidité, si je dois en croire mon expérience, que sont dus ces retards et qu’il faut attribuer les échecs que l’on subit dans l'éducation des larves. J'ajoute, puisque je suis sur ce sujet, que, d’un autre côté, l’humidité en vases clos présente aussi des dangers, car elle provoque trop souvent des moisissures qui signalent des conditions mortelles pour ces bêtes délicates et qui les aggravent. Tout n'est pas roses, en effet, dans le métier d’éducateur, et il faut un grand dévouement, une infatigable persévérance, un ardent amour de la chose pour acquérir cette habileté spéciale qui rend les succès plus nombreux que les mécomptes.
DERMESTES MUSTELINUS Er.
Le témoignage de M. Aubé m'avait porté à considérer comme étant le mustelinus ce Dermestes dont la larve vit, ainsi que je l’ai dit, dans les nids de la chenille du Bombyx pityocampa. Mieux fixé plus tard sur l’espèce d’Erichson, je me disposais à publier celle du pin comme nouvelle, lorsque j'ai appris de M. Chevrolat que M. Tournier l’a décrite dans le Journal Entomologique de Berlin sous le nom de holosericeus. Si je ne me trompe, M. Tournier l’a trouvée comme moi dans les nids des chenilles processionnaires.
Le Derm. mustelinus de mon travail devient donc le Derm. holosericeus Tourn.
ANTHAXIA PRATICOLA Laferté.
En 1854, je pris en Espagne, dans les montagnes du Guadarrama et sur les fleurs jaunes d’un Helianthemum, quelques individus d’un Anthaæia que je considérai comme nouveau, et que M. Reiche a récemment publié
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sous le nom de corsica. Je lui avais provisoirement donné le nom de pene, parce que j'avais obtenu son éclosion de larves vivant dans des rameaux morts de Pinus sylvestris. Je savais en outre que les Anthaxia noirs que je connais ont les pins pour berceau, témoins l’A, punctata dont parle Ratzeburg, et l'A. morto dont j'ai donné l’histoire dans ce travail et qui, à l’état parfait, fréquente les fleurs jaunes des renoncules. Tous ces faits me donnaient la conviction que l'A. praticola, dont la couleur est d’un noir bronzé, et qui se pose sur les fleurs jaunes du Cistus alyssoïdes, était parasite de notre pin maritime ; mais cette prévision ne s’est vérifiée qu’au mois de mai 1862 et lorsque déjà ce supplément était en cours d’impression.
Dans une forêt où l’on avait récemment abattu de vieux pins, je remarquai que le sol était parsemé de fragments de branches mortes, et m'’étant mis à en examiner un certain nombre, j'en trouvai qui étaient ou qui avaient été habitées par des larves d’Anthaæia morio ; mais j'en observai d’autres, d’un diamètre plus faible, percées de trous de sortie elliptiques bien plus petits que ceux que pratique se dernier buprestide. L'idée me vint tout de suite que j'avais trouvé la solution du problème, et que j'avais sous les yeux les traces de l’A. praticola. Je ne tardai pas, en effet, à dénicher des larves, des nymphes et même des individus récemment transformés de cet insecte.
Voici donc en deux mots son histoire :
L’Anthaxia praticola pond ses œufs sur les branches mourantes ou récemment mortes des vieux pins, en choisissant celles qui ont de un et demi à trois centimètres de diamètre. Sa larve qui, sauf une taille plus petite, ressemble trait pour trait à celle de l’A. morio, commence comme elle par vivre sous l'écorce, puis s’enfonce dans le bois où elle se transforme de mars en mai, car l’insecte parfait se montre dès le mois d’avril, et si alors le Cistus alyssoïides n’est pas encore en fleurs, il se pose sur les fleurs jaunes de la Tormentilla reptans, ou sur les corolles blanches de la Potentilla splendens. M. Laferté l’avait pris aux environs de Bordeaux, dans une prairie, sur les renoncules jaunes.
MALACHIUS MARGINELLUS Fab.
Longueur 7 à 8 millim. D'un blanc un peu rougeâtre, subdéprimée, charnue, linéaire, se dilatant un peu vers l'extrémité de l’abdomen où
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elle est un peu plus convexe que sur le thorax ; revêtue de poils fins et roussâtres. À
Tête presque carrée, à peine plus longue que large, subcornée, téstacée. Épistome transversalement linéaire, labre semi-elliptique et velu : mandi. bules fortes, larges, ferrugineuses à la base, noires au tiers supérieur, un peu crochues et pointues à l'extrémité, avec une dent vers le tiers du bord interne. Mâchoires médiocres, leur lobe petit, velu; palpes maxillaires médiocrement longs, arqués en dedans, de trois articles, dont le premier est le plus petit. Menton grand ; lèvre très courte, un peu arrondie antérieurement, portant deux palpes labiaux de deux articles qui dépassent les lobes des mâchoires. Antennes assez fortes, de quatre articles, ke premier, le plus grand de tous, en tronc de cône ; les deux suivants cylindriques et égaux; le quatrième aussi long que le précédent, grêle, surmonté de petits poils et accompagné à sa base d’un petit article supplémentaire. Près de l'insertion des antennes, on voit sur chaque joue une nébulosité noirâtre dans laquelle on discerne cinq ocelles disposés sur deux lignes obliques, trois sur la ligne supérieure et deux sur l’inférieure, ainsi que le montre la figure. Ces ocelles sont rapprochés et se distinguent sur le fond noirâtre par une couleur roussâtre ; quelquefois cependant ils sont comme pupillés de noir.
Corps un peu plus large que la tête, surtout à l'abdomen, et formé de douze segments. Le premier ou prothorax est le plus grand de tous; il est en dessus d’une consistance parcheminée, roussâtre et marqué au miieu de deux lignes testacées presque contiguês antérieurement, puis un peu divergentes et n’atteignant pas le bord postérieur. A droite et à gauche on voit une autre ligne testaeée, en forme de chévron, dont l'angle serait interrompu, et dans l’intérieur du ehevron un petit trait de même couleur. Le mésothorax et le métathorax portent Chacun deux taches testacées obliques, un peu en forme de virgules divergentes.
Ces trois segments portent chacun une paire de pattes assez longues, velues et de cinq pièces, y compris un ongle assez long, avec une dilataion anguleuse à sa base.
Abdomen de neuf segments, dont les huit premiers, munis d’un bourrelet latéral, ne présentent riem de partieulier qu’un pli transversal dont es deux'extrémités aboutissent à une fossette, siége d’une dilatation spéciale lorsque ,la larve veut faciliter sa marche. Le neuvième segment, charnu sur les côtés, à la base et en dessous, est muni en dessus d’une plaque testacée, cornée, longitudinalement sillonnée et terminée par deux appendices cornés et aigus qui, vus en dessus, Convergént un peu l'un vers l’autre, et, observés de côté, se relèvent assez brusquement en cro-
Insectes du Pin maritime. 187
chet. Sous ce segment se trouve un mamelon charnu et rétractile au centre duquel est l’anus.
Les stigmates sont au nombre de neuf paires, la première près du bord antérieur du mésothorax, les huit autres au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.
Cette larve diffère de celle du Malachius æneus que j'ai publiée dans les Annales de la Société Entomologique (1852, p. 591), par les taches du prothorax et, en outre, par les caractères suivants : les mandibules n’ont qu’une dent interne au lieu de deux, et les ocelles sont au nombre de cinq au lieu de quatre. Je viens de vérifier que, dans la larve du M. æneus, les deux ocelles inférieurs sont remplacés par un seul beaucoup plus gros que les autres, ainsi que l’exprime, du reste, la figure que j'en ai donnée.
NYMPHE
Un peu rosée, n’offrant rien de particulier que les poils fins el assez longs dont elle est revêtue, et les deux papilles longues et divergentes qui terminent son abdomen.
INSECTE PARFAIT
Longueur 6 millim. Vert, bouche et tarses antérieurs jaunes ; côtés du corselet et extrémité de l’abdomen d’un jaune-rouge.
J'ai trouvé en mars et avril plusieurs individus de cette larve sous Pécorce de pins d'environ douze ans, employés à une clôture. Elle faisait, de concert avec celle de l'Opilus mollis, la chasse aux larves du Dinoderus substriatus dont je parlerai tout à l'heure, et de l’Anobium angusticolle, et m’a paru se nourrir aussi de leurs excréments. C’est le plus souvent dans une galerie d’une de ces larves, un peu élargie et creusée en forme de niche, que s’opère au mois de mai la transformation en nymphe. Cet état dure environ quinze jours. Avant de se préparer à cette métamorphose, la larve, partageant en ceci l'instinct de bien d’autres, a le soin de creuser l'écorce et d’en réduire de beaucoup l'épaisseur, afin que l’insecte parfait ait très peu de chose à faire pour prendre son essor. Quoique la larve soit carnassière, la nature, par une sage prévoyance, l’a douée de mandibules assez fortes pour briser les fibres corticales. On conçoit, en effet, qu’elle a quelquefois besoin, pour atteindre sa proie, de passer d’une galerie à une autre et de percer la cloison plus ou moins épaisse qui les sépare, et que si elle n’avait pas les moyens de préparer à l’insecte une issue facile, celui-ci, qui n’a que de faibles mandibules, risquerait souvent de périr dans son berceau. :