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d'environ trois mois. Je me suis assuré de ce fait en observant, en hiver ou au printemps. les arbres abattus à diverses époques de l’année précédente. J'en ai abattu moi-même quelques-uns chaque mois, depuis le commencement de juillet jusqu'au commencement d'octobre, et au printemps suivant je trouvais dans tous ces arbres des larves de Pissodes. J'en ai rencontré aussi , mais rarement il est vrai, dans les jeunes arbres de dix à douze ans, que nos paysans coupent vers la mi-octobre , pour y suspendre et y faire sécher la récolte de millet ; or, ces arbres demeurent quelque temps masqués par les tiges de cette plante, ils ne sont guère libres qu'à la fin d'octobre, de sorte qu'il y a encore des Pissod:s qui profitent des beaux jours de l’automne pour s'occuper de leur reproduction.
Voilà la règle générale ; mais il y a aussi des Pissodes, et ce sont sans doute ceux dont la naissance est la plus tardive, qui ajournent leur ponte au printemps suivant, et hivernent au pied des arbres, cachés dans les anfractuosités de l'écorce et protégés par les mousses et les lichens. Lorsque le soleil a réchauffé l'atmosphère, c'est-à-dire dans les mois d'avril et de mai, ils sortent de leur léthargie, et on les rencontre alors principalement sur les feuilles des pins. Ils ne tardent pas à déposer leurs œufs dans les jeunes pins abattus ou malades. Parmi les larves qui en proviennent, les unes subissent leur dernière métamorphose assez tôt pour que les insectes parfaits puissent pondre avant l’hiver ; dans ce cas, on peut compter jusqu’à trois générations dans une période de deux années ; les autres se transforment trop tard pour qu’il puisse y avoir un commencement de seconde génération ; de sorte que les insectes qui se montrent à cette époque reculée sont naturellement condamnés à hiverner. Au surplus , soit qu'un petit nombre de Pissodes se trouve
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soumis à l’hivernation, soit que la plupart deviennent, durant la longue et périlleuse période de l’engourdissement, la proie des animaux ou des larves insectivores, ceux qui survivent ne sont pas bien nombreux, car fort peu d’arbres sont attaqués au printemps par ce Charançon. :
Les conditions d'existence des autres Pissodes, que j'ai nommés plus haut, sont, d’après Ratzeburg et d’autres naturalistes, les mêmes, ou à peu près, que pour le P. notatus. Ils n’hivernent généralement qu’à l'état de larve, et leurs larves vivent toutes dans l’écorce des pins ou des sapins dans lesquelles elles tracent, de haut en bas, des galeries sinueuses ; toutes aussi se creusent une niche pour la métamorphose en nymphe ; mais comme elles vivent la plupart du temps dans de vieux arbres à écorce épaisse, c’est le plus souvent dans l'écorce même qu'elles pratiquent leur niche, et alors la calotte de fibres est tournée du côté du bois. J'ai eu l’occasion d'observer tous ces faits pour le P. piceæ, qui est commun dans les forêts de sapins des Pyrénées.
A l’état d’insecte parfait, ce dernier Pissodes , sur lequel Ratzeburg donne le plus de détails , ronge les feuilles des arbres résineux , et il attaque même les arbres à feuilles caduques. Le P. notatus est exclusivement pinivore, et on le rencontre quelquefois rongeant les feuilles ; mais les dommages qu'il peut produire ainsi sont tout à fait nuls, et ne méritent pas la moindre attention. Ce Charançon n’en est pas moins pour les pins un des plus grands fléaux , et il ne le cède en rien, sous ce rapport, aux espèces les plus nuisibles. Il a, en effet, un instinct tout particulier pour discerner les arbres malades, et il empêche leur guérison et hâte leur ruine en y pondant ses œufs et leur confiant le soin de nourrir sa progéniture. Il y a même ceci de fâcheux, que lorsqu’un arbre devient malade dans l’arrière-saison, c’est-
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