‹ Histoire des insectes du pin maritime. Tome premier: ColéoptèresChapitre 10 sur 31 · OP · texte numérisé non relu

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à-dire à une époque où les Tomicus ne pondent plus, il peut encore être attaqué par les Pissodes qui, comme je l'ai dit, prolongent leur ponte presque jusqu’au milieu de l'automne. A cette particularité qu’on ajoute la certitude de la mort pour tout arbre où le Pissodes dépose ses œufs, et les précautions minutieuses que prend la larve pour se garautir de ses ennemis, et l'on conviendra sans peine que cet insecte est un des ennemis les plus redoutables des forêts de pins.

HYLOBIUS ABIETIS L.

Fig. 343-348.

Longueur 15 millim. Forme des larves précédentes, dont elle diffère par les caractères suivants :

Tête orbiculaire, ferrugineuse, avec le bord antérieur un peu plus foncé et des fossettes peu profondes, ainsi que des rides transversales dans l’intérieur de la bifurcation du sillon cranien. Mandibules ferrugineuses dans leur moitié inférieure, puis noires jusqu’à l'extrémité, qui est taillée en biseau, avec la pointe formée de deux dentsd’entre lesquelles part une rainure assez large et qui descend parfois , en se rétrécissant, jusqu’au milieu où elle se termine en une fossette. Une autre fossette bien marquée existe au-dessous. Labre large, à trois lobes arrondis, surmontés chacun de deux soies rousses, épaisses et raides, entre lesquelles surgit un poil de même couleur, et dont les deux intermédiaires sont un peu plus courtes que les autres. Mâchoires, lèvre et palpes ferrugineux ; lobe des mâchoires large, arrondi et surmonté de soies en dents de peigne.

Corps parsemé de quelques poils et muni de petites spinules, non sur tout le corps, mais seulement aux bords antérieur et postérieur des segments, sauf les derniers qui en sont presque entièrement couverts.

Stigmates comme dans la larve du Pissodes.

du Pin maritime. 347

NYMPHE

Semblable à celle du Pissodes.

INSECTE PARFAIT

Longueur 10 à 14 millim. D’un noirâtre subferrugineux. Tête et rostre densément et rugueusement ponctués; ce dernier caréné , avec une fossette à la base et deux petites touffes de poils roux. Prothorax plus long que large, densément et profondément rugueux, avec une carène médiane obsolète et des poils roux assez longs et couchés sur les côtés et au milieu. Ecusson revêtu d’une pubescence cendrée. Elytres sensiblement plus larges que le prothorax, un peu déprimées; marquées de stries cancellées, dont les intervalles sont grossièrement tuberculeux ; ornées de taches formées de poils roux, raides et couchés, disposées en séries transversales : une courte avant le milieu; une autre plus bas, en forme de chevron ; une troisième à la suite, presque en accolade; une quatrième près de l'extrémité. Corps ponctué en dessous et parsemé de poils roux, formant des taches sur les côtés de l'abdomen. Pattes ayant des poils cendrés.

Le Hylobius abietis, que son nom spécifique signale comme l'ennemi des sapins, attaque aussi les pins, car il vit ici dans le pin maritime, et j'ai trouvé dans le pin des Pyrénées, sa larve, que M. Bernutti a rencontrée aussi dans le pin du nord. Il affectionne plus que le Pissodes notatus les arbres à écorce épaisse, et jusqu'ici je ne l'ai observé que dans des sujets de plus de trente ans. Dans cette contrée où il est beaucoup moins commun que dans le nord, j'ai pris sa larve exclusivement dans les souches et dans les arbres abattus, de sorte qu’il n’est pas, chez nous du moins, aussi dangereux que le Pissodes, si redoutable pour les

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arbres malades, La femelle aime surtout à pondre dans les mêmes conditions que le Hylurgus lignirerda et le Hylastes ater , c'est-à-dire à la face inférieure des troncs couchés à terre, et principalement à la partie qui est en contact, ou à peu près, avec le sol.

Les mœurs du Hylobius ont, du reste, la plus grande analogie avec celles du Pissodes. Les œufs sont pondus dans de petits trous que la femelle fore avec son bec; les larves creusent dans le liber des galeries sinueuses dirigées en tout sens, et la métamorphose a lieu dans une niche creusée dans l’aubier, et au fond de laquelle se trouvent les fibres détachées, de sorte que la nymphe n’est protégée que par l'écorce préalablement minée pour faciliter la sortie de l'insecte parfait.

Le Hylobius n’a, selon moi, qu’une seule génération. La ponte a lieu en mai ou juin, et les insectes parfaits naissent à la fin de l'été. Les uns ne quittent pas leur berceau, les autres vont hiverner ailleurs.

DiopyrayNCHtS /Rhinomacer) ATTELABOIDES Fab. 4. Austriacus Sch. %.

Fig. 349 et 350.

LARVE

Longueur 4 à 5 millim. Corps ferme, assez coriace, d’un blanc sale et un peu roussâtre , hérissé de poils de la même couleur ; tête rousse, plus foncée au bord antérieur , qui est

sinué ; labre et épistome très petits; front marqué de très

petites fossettes, et comme variolé ; mâchoires et palpes roussâtres ; mandibules assez fortes, ferrugineuses, avec l'extrémité noire ; vues en dessus elles sont larges à la base, un peu arrondies en dehors, intérieurement taillées en biseau depuis la pointe, qui est bifide, jusqu’au-delà des

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du Pin maritime. 349

deux tiers de leur longueur, où le bord devient vertical; vers le milieu du biseau surgit une troisième dent, et l'angle où ce biseau finit est aigu; vues de côté, elles forment une sorte de triangle étroit dont le sommet est bidenté ; le côté supérieur est oblique, l’inférieur à peu près vertical; de l'intervalle des deux dents apicales part une rainure assez profonde, mais courte, et à côté on remarque une fossette arrondie. Près de la base de chaque mandibule, et sur la joue existe un ocelle bien visible, noir et transversalement ovale. Le bord antérieur du prothorax est roussâtre.

Cette larve a de grands rapports avec celles de Balaninus qui vivent dans les glands, les châtaignes, les noisettes, etc.

NYMPHE

Elle m'est inconnue.

INSECTE PARFAIT

Longueur 5 millim. Entièrement testacé, ou avec une nuance brunâtre, principalement sur le sternum ; entière-. ment couvert d'une villosité courte et roussâtre, et d'une ponctuation plus forte en dessus qu’en dessous ; yeux noirs; rostre un peu arqué, presque lisse, plus long que la tête et le prothorax réunis, filiforme, avec l'extrémité dilatée; antennes insérées plus près de la base que du sommet. Femelle.

Le mâle diffère par les caractères suivants : Corps un peu plus allongé, entièrement d’un noir olivâtre, ponctué et revêtu de poils cendrés ; pattes testacées, avec les tarses en partie brunâtres; rostre visiblement moins long que le prothorax seul, large, spatulé, fortement ponctué, caréné depuis la base jusqu’au-delà du milieu, puis aplati ; extrémité testacée.

Le pin maritime fleurit au mois de mai, et développe des

PRE ET PRIT S “Ie.

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châtons de fleurs mâles, assez volumineux et ayant la forme d’un petit cône, composé de sphéroides constitués par un groupe d’étamines que protègent des écailles imbriquées et peltées. C’est là que le Diodyrhynchus va pondre ses œufs, et sa larve se nourrit des étamines, du pollen, ainsi que de l'axe du châton. La présence de la larve arrête ordinairement l'épanouissement des fleurs, et l’on conçoit que cette condition est indispensable à son existence, car si les sphéroïdes s’ouvrent, les étamines s’étalent , le pollen s'échappe, et la larve, sans abri, sans protection, sans nourriture suffsante, tombe ou dépérit. La femelle du Diodyrhynchus semble comprendre ces dangers, car, elle aime surtout à pondre sur les pins abattus au début de la formation des châtons, parce que ceux-ci après avoir profité d'un reste de sève pour accroître leur développement, demeurent stationpaires et n’éclosent pas. Ces circonstances sont évidemment les plus favorables, et la femelle, que son instinct ne trompe pas, manque rarement d'en profiter. Aussi est-on sûr , quand on s’adresse à ces sortes de pins, d'y trouver l’insecte parfait au mois de mai, et la larve quelques semaines plus tard. Celle-ci naît au milieu des sphéroïdes qui ont reçu les œufs, et elle en dévore la substance. Sa croissance est assez rapide, car, à la fin de juin, elle est presque toujours adulte. Si ses métamorphoses devaient s’accomplir aussitôt après, elles pourraient, sans grand inconvénient, avoir lieu dans le châton lui-même; mais comme elles ne doivent s'effectuer que l’année suivante, on comprend que la larve ne séjourne pas dans un corps naturellement fragile, et qu’elle a elle-même rendu friable en en rongeant et désagrégeant les parties. Elle quitte donc son berceau, se laisse tomber à terre et s’y enfonce, à l'exemple de tant d’autres

du Pin maritime. 391 larves de Curculionites, pour y attendre, dans l’inertie, l'époque de ses dernières transformations.

Ainsi que je lai déjà dit, Erichson a proposé de réunir aux Curculionites, les Scolytes, Bostriches , Hylésines, etc., et M. Schaum parait avoir adopté cette opinion, car dans son Catalogus Insectorum Europæ,imprimé à Stettin en 1853, il a groupé tous ces insectes avec les Charançons, sous le nom de Curculionites.

Loin d'être opposé à cette réunion, je l'approuve très volontiers, et je me persuade qu'elle a toutes sortes de chances d’être accueillie, parce qu’elle est rationelle sous tous les rapports.

Au point de vue de la structure des insectes parfaits, il y a certainement plus de disparates entre beaucoup de genres de Curculionites, qu'entre plusieurs genres de cette famille et les insectes que j'ai provisoirement appelés Xylophages. L’Alticopus Galeazzi et les Brachytarsus ressemblent plus à un Hylesinus qu'à un Rhynchites ; les Rhynocyllus, les Mecinus, le Lymexylon, les Rhyncolus, les Phlæophagus et tant d’autres ressemblent plus à des Hylastes qu’à des Brenthus, des Balaninus, des Otiorhynchus, etc.

Sous le rapport des larves, c’est plus que de la ressemblance, c’est presque de l'identité. Antennes très peu visibles; palpes maxillaires et labiaux de deux articles; menton cordiforme; absence de pattes; corps courbé en arc et presque toujours couvert d’aspérités dans les espèces qui creusent des galeries.… Enfin la ressemblance est telle que, malgré tous mes efforts, je n'ai pu découvrir un seul caractère qui permette de distinguer infailliblement une larve de Curculionite d’une larve de Xylophage. L'identité n'est sans doute pas aussi frappante pour toutes les espèces ; l’on comprend que les diversités de mœurs doivent entrainer quelques variations

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322 E. PERRIS. — Jasectes

dans les formes. et qu'une larve qui doit se mouvoir dans un cylindre vertical peut ne pas être moulée exactement sur celle qui vit dans l'épaisseur d'une feuille, ou à l'air libre, ou dans une graine; mais ces différences, qui n’affectent que le corps et non ies caractères essentiels, sont beaucoup plus insignifiantes que celles que l'on observe entre les insectes parfaits, et ne choquent pas plus que celle qui existe enire la larve du Plaitypus cylindrus et celle d’un Tomicus. La seule distinction assez tranchée que présentent les insectes et les larves des deux familles, ou, si l’on veut, des deux sections de la même famille, réside dans ce fait que les galeries creusées par les Scolytes et autres sont régulières et tracées sur un plan déterminé, tandis que celles des Gurculionites sont très irrégulières, et suivent indifféremment toutes les directions.

Sans avoir besoin, je crois, d'insister plus longtemps sur cette question, dont l'appréciation est facile pour tout le monde, je déclare que j'accepte la fusion proposée , et que je n’ai maintenu la division accoutumée que pour être fidèle au parti pris d'avance de suivre le catalogue de M. Gaubi!. malgré ses imperfections.

J'ai donné déjà quelques généralités sur les Xylophages ; voici maistenant quelques mots sur les Curculionites.

Ces insectes et leurs larves vivent exclusivement de matières végétales. Les espèces du genre Brachytarsus constituent la seule exception connue jusqu'ici, car ces insectes déposent leurs œufs dans des Coccus , et c’est dans le corps de ces Hémiptères que se développent leurs larves carnassières, ou du moins ovivores. Il n'est pas une seule partie des végétaux : bourgeons, feuilles, fleurs, fruits, tige, écorce, bois, moelle, racines, qui soit affranchie des atteintes

du Pin maritime. 353

des Curculionites, et qui ne puisse nourrir une de leurs larves.

Feuilles. Elles sont rongées à ciel ouvert par les larves des Coniutus, des Phytonomus, des Cionus, des Phytobius, ou roulées et dévorées dans l'ombre par celles de plusieurs Rhynchites, où minées entre leurs épidermes par celles des Orchestes et du Brachonyx.

Fleurs. Elles servent de berceau aux larves des Anthonomus, qui en dévorent les étamines et les pistils, et arrêtent le développement du bouton, de telle sorte que les pétales continuent à servir de protection jusqu'à la naissance des insectes parfaits. Les Apion rugicolle et tubiferum produisent les mêmes résultats sur les Cistus alyssoides et salvifolius.

Fruits. Une masse incalculable de fruits devient la proie des larves de Curculionites, et j'en ferais une liste bien longue. Eiïles appartiennent aux genres Bruchus, Apion, Tychius, Sibines, Nanophies, Larinus, Rhinocyllus, Mononychus, Conotrachelus, Sitophilus , Balaninus , Gymnætron , qui ordinairement ne modifient pas la forme du fruit, mais parfois pourtant le forcent à s’hypertrophier.

Tiges. Les tiges des plantes herbacées nourrissent des larves faisant partie des genres Apion, Lixus, Erirhinus, Ceutorhynchus, Mecinus, Cœliodes, Nanophies. Tantôt ces tiges ne manifestent en rien la présence du parasite, tantôt elles se dilatent, se renflent en forme de galle.

Écorce. Elle est sillonnée par les larves des Pissodes, des Hylobius, des Plinthus, des Cleogonus.

Bois. C’est là que vivent les larves des Anthribus, des Tropideres, de l'Alticopus, des Camptorhinus, des Magdalinus, des Anchonus, des Cryptorhynchus, des Acalles, des

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Rhina, des Mecinus, des Dryophthorus, des Rhyncolus, des Phlæophagus.

Moelle. Elle constitue la nourriture exclusive du Magda nus carbonarius, de plusieurs Apion, Lixus, GymnϾtron et Ceutorhynchus. |

Racines. Les larves de certains Baridius y produisent des protubérances, des galles au milieu desquelles elles vivent ; les racines sont rongées dans leur intérieur par les larves de Leiosomus, de Ceutorhynchus, de Cæliodes, ou sur toute leur surface, par celles des Otiorhynchus.

Si je donnais des détails sur chacune des espèces dont je connais l'histoire, on serait surpris du merveilleux instinct que déploient les insectes et les larves de cette,intéressante famille ; mais ce ne m'entrainerait. beaucoup trop loin et ne serait pas ici à sa place.

SPONDYLIS BUPRESTOIDES Fabr.

Longueur 34 millim.; largeur 7 millim. Blanche, charnue, ferme, cylindrico-tétraédrique.

Tête subcornée, rousse sur le front et sur les côtés, roussâtre à sa base, médiocrement saillante, à côtés lé gèrement arrondis et couverts de petits poils roux; plane et luisante en dessus ; marquée de deux petits sillons partant d’un même point de la base et se rendant aux angles antérieurs ; dans l'angle formé par ces deux sillons, parsemée de points rares et peu apparents, sauf ceux de devant qui sont assez gros; parcourue, du sommet de cet angle au bord antérieur, par un trait noir el cor bord antérieur noir, droit au milieu, taillé en biseau vis à vis les mandibules ; face inférieure ferrugineuse, légèrement ponc-

du lin maritime. 355

tuée, marquée de deux sillons noirs, cornés, écartés et un peu arqués en dedans. Mandibules robustes, larges à la base, subtriangulaires, pointues à l'extrémité, au-dessous de laquelle, vers le tiers antérieur, elles se dilatent intérieurement à angle droit ; faiblement convexes en dehors, lisses, d’un noir mat, sauf une lisière le long du bord supérieur qui est luisante. Epistome roussâtre, deux fois aussi large que long, un peu arrondi antérieurement. Labre assez épais, un peu convexe, en demi-ellipse transversale, ferrugineux, parsemé d’assez gros points irréguliers, muni antérieurement de cils roux et touffus. Mâchoires assez fortes, un peu coudées à leur base ; lobe peu épais, cylindrique, atteignant la moitié du second article des palpes maxillaires, muni de cils roux et assez touffus ; palpes maxillaires courts, arqués en dedans, de trois articles : le premier aussi grand que les deux autres ensemble et ventru ; le second ventru aussi, et de la longueur du troisième qui est grêle et conique. Lèvre inférieure largement et peu profondément échancrée ; coupée longitudinalement en deux par un sillon profond; surmontée d’une languette semidiscoidale et ciliée; palpes labiaux de deux articles égaux, le premier très ventru. Tous ces organes ferrugineux, avec les deux derniers articles des palpes maxillaires noirâtres. Saillies des mâchoires, de la lèvre et du menton hérissées de très petits poils roux. Antennes rousses, très courtes, de quatre articles : le premier épais et rétractile; le second el le troisième beaucoup plus étroits et égaux, ce dernier surmonté de deux ou trois petits poils ; le quatrième grêle et rétractile, terminé par de toutes petites soies et accompagné d'un petit. article supplémentaire, subconique, placé à côté de lui, en dedans. Ocelles nuls.

Prothorax roussâtre sur sa moitié postérieure, deux fois

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aussi large que long, ponctué antérieurement; ayant en dessus, dans toute sa longueur, deux sillons un peu calleux, écartés et un peu divergents, et en dessous deux sillons semblables dessinant un angle au sommet duquel on voit une fossette oblongue; mésothorax et métathorax très courts: ce dernier pourtant un peu moins que le précédent. Chacun de ces segments ayant sur les côtés des poils roussâtres, fins et assez touffus, et muni en dessous d’une paire de pattes roussâtres, écartées, courtes, ne faisant pas saillie au-delà du corps ; de trois articles dont les deux derniers sont couronnés de soies, et terminées par un ongle subulé, ferrugineux avec la pointe plus pâle.

Abdomen très finement velu sur les côtés, comme le thorax, de dix segments dont les sept premiers pourvus, sur les côtés, d'un bourrelet rétractile, et en dessus ainsi qu’en dessous, d'un gros mamelon transversal, également rétractile; septième ayant de plus un bourrelet latéral non rétractile et bien tranché; huitième et neuvième lisses, sans mamelons rétractiles, mais ayant le bourrelet latéral non rétractile ; ce dernier muni en outre, près du bord postérieur, de deux petites cornées, coniques, espacées de près d'un millimètre, rousses à la base, ferrugineuses à l'extrémité. Dernier segment très petif, en forme de mamelon dont l'extrémité est constituée par trois petits lobes, au centre desquels est l’anus.

Stigmates elliptiques, roussâtres, au nombre de neuf paires : la première, sensiblement plus grande et située plus bas que les autres, se trouve près du bord antérieur du mésothorax, les suivantes vers le milieu des huit premiers segments abdominaux.

Ratzeburg et après lui M. Westwood ont décrit et figuré cette larve.

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du Pin maritime. 357

NYMPHE

Blanche; tête lisse, avec quelques soies blanches et très courtes sur le labre; corselet muni, près du bord antérieur, d'épines disposées sans ordre et d’inégale longueur, la plupart droites, quelques-unes recourbées ou en haut ou en bas, coniques, charnues et blanches à la base, rousses et subcornées à l'extrémité qui est surmontée d'un poil très fin ; sur le disque du prothorax, ainsi qu’à l'extrémité médiane du mésothorax et du métathorax, quelques épines semblables mais plus petites ; sur la face dorsale de chaque segment de l'abdomen, une zone transversale d'épines un peu plus petites que celles du prothorax et presque toutes inclinées en arrière; dernier segment tronqué et terminé par deux épines de même nature, mais plus longues, écartées, d’abord un peu divergentes, puis légèrement arquées en dedans.

INSECTE PARFAIT

Longueur 14 à 20 millim. Entièrement noir. Tète densément et assez fortement ponctuée ; marquée antérieurement d’une impression en segment de cercle et d’un sillon audessus. Mandibules couvertes de points oblongs de la base au milieu. Prothorax ayant des cils roux au sommet et à la base ; plus large que long; arrondi sur les côtés ; couvert de points en partie confluents. Elytres de la largeur du prothorax , à côtés parallèles; arrondies au sommet; rebordées sur les côtés et à l’extrémité de la suture; couvertes de gros points enfoncés, beaucoup moins marqués à l'extrémité, et dont les intervalles ont des points très petits ; munies de trois côtes qui s’effacent avant le sommet, et dont l’extérieure est souvent peu apparente. Tibias ciliés au côté interne. denticulés au bord externe.

358 E. PERRIS. — /nsectes

La femelle du Spondylis pond ses œufs au mois de juillet principalement dans l'écorce des souches des vieux pins récemment abattus. Les larves se conduisent exactement comme celles du Criocephalus rusticus dont nous parlerons tout à l'heure.

ERGATES /Cerambyx) FABER L. .

Prionus obscurus Oliv. « .

Fig. 362-368.

LARVE

Mon ami, M. Lucas, a publié dans les Annales de la Société entomologique (1844, p. 169) une description détaillée de la larve et de la nymphe de cet insecte. Je ne puis me dispenser pourtant d'en parler ici, parce que l’Ergates est un insecte essentiellement parasite du pin, que M. Lucas n’a accompagné son mémoire d'aucune figure, que dès lors la larve et la nymphe de ce Longicorne sont, iconographiquement du moins, inédites, et qu'il vaut la peine rs les faire connaître sous ce rapport.

Dans aucun eas, d'ailleurs, je n’eusse donné une Fr tion détaillée de la larve; je m'étais proposé d'agir, pour les larves de Longicornes,comme je l'ai déjà fait pour celles des Staphyliniens, des Buprestides, des Xylophages, etc., c'est-à-dire de partir d'un type convenablement décrit et de me borner à signaler, pour chacune des espèces suivantes, es caractères différentiels. Cette manière de procéder m'a paru moins fatigante pour le lecteur et même plus philosophique. parce qu'elle fait mieux ressortir l'unité du plan que suit ordinairement la nature dans l'organisation des larves de la même famille.

du Pain maritime. 359

Le type qui me servira de point de départ est la larve du Spondylis buprestoides dont on vient de lire le signalement.

La larve de l'Ergates en diffère par les caractères suivants :

Longueur 60 à 65 millim. Bord antérieur de la tête ayant six saillies dentiformes et longitudinalement striées; deux latérales près de l’angle inférieur des mandibules, et quatre vis à vis l'épistome, rapprochées deux à deux. Au-dessus de ces quatre dents se trouve une crête horizontale terminée par quatre dents striées, alternant presque avec les précédentes. Mandibules ayant, immédiatement au-dessous du biseau, une échancrure profonde de laquelle il résulte que l'angle inférieur du biseau forme une forte dent obtuse. Face externe très finement striée en travers sur le quart supérieur, sauf la partie voisine des bords tranchants qui est lisse, et avec un espace le long du biseau, marqué de stries obliques et assez profondes, s’arrêtant à une petite carène parallèle au biseau; deuxième quart de la face externe occupé par des rides profondes et irrégulières ; dernière moitié couverte presque entièrement de grosses cavités inégales et irrégulières. Epistome un peu échancré, marqué antérieurement de rides à peu près concentriques ; labre arrondi, presque discoidal, couvert de points enfoncés dont trois ou quatre plus gros de chaque côté. Lobe des mâchoires ellipsoidal et ponctué ; avancement arrondi de la lèvre aussi saillant que les palpes labiaux et fortement ponctué. Antennes de quatre articles comme dans la larve précédente : je n’en parle que pour contredire l’assertion de M. Lucas qui les dit formées d’un tubercule surmonté de deux articles (1).

(4) M. Mulsant (Hist. nat, des Longicornes, p. 25) ne donne non plus que trois articles aux antennes, et il en attribue quatre aux palpes maxillaires. C’est là, selon moi, une double erreur.

360 EE. PERRIS. — Insectes

La divergence qui existe entre nous tient sans doute à ce que mon savant ami n'a observé que des larves mortes; or, dans cet état, les antennes sont en grande partie, quelquefois mème tout à fait cachées dans la tête, et le quatrième article est entièrement caché dans le troisième. Quoi qu’il en soit, l'erreur est certaine et le nombre de quatre articles est incontestable. C’est d’ailleurs le nombre normal pour les larves de cette famille, et voilà pourquoi je tiens à établir le fait. Tout près de chaque antenne et sur la partie ferrugineuse et cornée des joues on aperçoit très bien à la loupe quatre ocelles ronds, saillants et d’un testacé clair : trois rapprochés en série transversale et un éloigné, dans Ja direction d’une ligne oblique qui se rendrait au vertex.

Prothorax ridé-chagriné en dessus ; marqué près du bord postérieur d’une bande d’un ferrugineux sale, irrégulière, interrompue au milieu et n’atteignant pas les sillons longitudinaux dont ce segment est marqué.

Le reste du corps comme dans la larve du Spondylis; mamelons dorsaux marqués de deux sillons transversaux ; mamelons ventraux d’un seul sillon médian longitudinal, et de deux fossettes latérales ; les uns et les autres très légèrement tuberculeux.

Les pattes, très petites pour un corps aussi gros, sont conformées comme celles de la larve du Spondylis, et il en est de même des stigmates. D’après M. Lucas, la première paire de ces orifices respiratoires est placée entre le premier segment et le suivant. Un examen superficiel conduit à cette manière de voir; mais en y regardant de près on demeure convaincu que ces stigmates sont situés au bord antérieur du mésothorax qui, précisément à cause de ces organes, se dilate de manière à empiéter un peu sur le bord postérieur du prothorax.

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