DIVISION DE LA TRIBU DES CHRYSIDIENS
EN GROUPES ET GENRES
1"" Groupe. PARNOPITES. Palpes très-courts à peine visibles, cemposés seulement de deux articles.
Genre parnope. Latr.
2 Groupe. CHRYSIDITES. Palpes assez longs ; les maxillaires de
cinq articles, les labiaux de trois.
Genre 1. chrysis. Xmn. Palpes maxillaires un peu plus longs que les labiaux. Mandibules dentées.
Abdomen oblong.
Gre 2. élampe. Spin.
Gre 3. uédychre. Latr.
Gre 4. euchrée. Latr.
Gre 5. STiLiiE. Spin.
Gre 0. c.LEPTE. Latr.
Palpes maxillaires un peu plus longs que les labiaux. Mandibules biileiilées.
Abdomeu convexe, échancré à l'extréinité.
l'alpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux. Mandibules tridentées. Abdomen presque hémispliérique. •
Palpes maxillaires et labiaux de la même longueur. MaMdil)ules unidentées. Mélathorax non prolongé.
Palpes maxillaires et labiaux de la tuème longueur. Mandibules unidentées. Abdomen très-convexe. Métatliorax prolongé en épine.
Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux. IMandibules courtes , larges et dentées. Abdomen ovale , terminé en pointe.
Le premier groupe, les parinopites, renferme le seul genre Parnope que nous trouvons en France, plus communément surtout dans nos départements méridionaux.
Le type est la Parnope rosée {Partiopes carnea)^ joli insecte vert, avec l'abdomen couleur de chair, à l'exception du premier anneau.
Cette espèce habite les endroits sablonneux, et d'après des observations faites par Latreille, elle dt-poseses œufs dans les nids des Bembex; les lar\es qui en naissent vivent et subissent leurs transformations dans ces nids. Se nourrissent-elles de la provision amassée par le Bembex ou de sa larve même? c'est ce que nous ignorons; mais le dernier cas est le plus probable.
Le groupe des CHfivsiDiTEs comprend six genres: nous mettrons en première ligne les Chrysis proprement dites.
Elles déposent leurs œufs clans les nids de divei*s autres Hyménoptères. Les larves n'éelosent que lorsque celles des hôtes chez lesquels elles sont nées, ont déjà acquis presque tout leur accroissement. La larve de la Chrysis attaque alors sa victime eu se posant sur son dos, où elle la suce à son aise, mais sans la faire périr de suite. Ce n'est qu'au bout de quelques jours , quand approche le moment de sa transformation en nymphe, qu'elle anéantit complètement sa proie. La Chrysis dorée ( Chrysis ignita , Lin.) (pi. 5, fig. 7 ) , le type et l'espèce la plus commune du genre, d'un vert bleuâtre , avec l'abdomen d'un rouge doré des plus brillants, dépose les germes de sa progéniture dans la retraite de divers Grabroniens, tels que les Philanthes, les Cerceris, etc.
M. Westwood a rencontré fréquemment des Chrysides avec des Odynères , ou des Epipones ; elles avaient évidemment pour but de déposer leurs œufs dans les nids de ces derniers.
C'est ainsi qu'un autre observateur a remarqué une Chrysis qui confiait sa postérité à l'habitation préparée par des Chélostomes pour leurs larves.
Les Élampes et les Euchrées paraissent avoir des habitudes analogues aux vraies Chrysis ; nous n'en connaissons seulement qu'un petit nombre d'espèces européennes. Nous trouvons dans notre pays plusieurs Hédychres qui ne le cèdent pas aux autres Chrysidites pour l'éclat des couleurs.
M. de Saint-Fargeau a observé un insecte de ce genre déposant ses œufs dans le nid d'une Osmie; après avoir exploré la demeure, il y rentrait à reculons, dans l'intention d'effectuer son dépôt. Sur ces entrefaites , nous rapporte le savant entomologiste , l'Osmie rentra au domicile avec une provision ; apercevant l'Hédychre, elle s'é-
lança sur lui en le saisissant avec ses mandibules; l'Hédychrese contractant en boule, devenait invulnérable pour rOsmie, qui se contenta alors de lui couper les ailes; mais dès qu'elle fut repartie chercher une nouvelle provision, notre Ghrysidite revint bientôt pondre son œuf dans le nid d'où il avait été si durement expulsé.
Quelques autres Hédychres ont encore été vus recherchant les habitations dautres Apieus , tels que des Psens et des Halictes.
Les Cleptes sont de charmants petits insectes parfois assez abondants dansuos environs; le type du genre, la Clepte semi-dorée {Cl. semi-aurata) est longue de trois lignes, d'un beau vert doré, avec la tête ponctuée de cuivreux rougeâtre, et l'abdomen ferrugineux ayant son extrémité noire. M. de Saint-Fargeau nous rapporte ce qui suit au sujet de cet insecte :
« Les femelles placent leurs œufs aupi;ès des larves ou sur les larves qui doivent servir de pâture à leur postérité. J'ai vu une femelle du Clepte semi-doré entrer successivement à reculons dans les trous qu'avaient formés , en s'enfonçant en terre , un grand nombre de larves d'une Tenthrédine qui avaient vécu sur un même groseiller. L'année suivante, je jouis à cette même place d'un spectable fort brillant ; une centaine de mâles et quelques femelles de cette espèce couraient dans tous les sens sur le petit espace de terrain où les larves de Tenthrédines s'étaient cachées , et reflétaient toutes les couleurs des pierres précieuses. »
Le genre Stilbe [Stilbiun) renferme les plus grandes espèces de la tribu. Toutes habitent les régions chaudes du globe; on en rencontre dans le midi de l'Europe, en Afrique et en Asie, aussi bien qu'en Amérique; leurs
mœurs n'ont pas encore été observées : selon toute probabilité , elles diffèrent peu de celles des autres Ghrysidiens.