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LES CHALCIDIENS

Nous arrivons à des Hyménoptères qui, ainsi que ceux des deux tribus suivantes , nous offrent des habitudes du plus grand intérêt.

Jusqu'ici nous avons vu généralement les Hyménoptères élever leur progéniture au jour le jour, ou bien nous les avons vus amasser auprès de leurs œufs des provisions qui devaient suffire à l'existence entière des larves. D'autres fois nous les avons vus déposer leurs œufs dans les nids d'autres espèces qui avaient sur les premières l'avantage de savoir construire; leurs larves vivant ainsi du bien d'autrui, se nourrissant de la provision amassée pour d'autres.

Les Ghalcidiens comme les Proctotrupiens, comme les Ichneumoniens, ont un genre de vie complètement différent. Les larves de ces insectes sont zoophages, mais non pas zoophages à la manière des Crabroaiens ou desSphégiens; elles vivent dans le corps même d'une chenille ou d'une nymphe quelconque, qui continue néanmoins à exister assez longtemps pour que la larve de l'Hyménoptère prenne tout son accroissement. Elle existe ainsi, renfermant en elle-même des germes de mort.

Mais comment cette larve de la Chalcide ou de l'Ichneumon se trouve-t-elle placée dans le corps d'une chenille ou de tout autre insecte? Telle est, en effet, la question que doit se faire naturellement celui qui n'est pas initié aux mystères de la réproduction des Insectes.

Or c'estceque l'on va voir bientôt. La plupart des femel-

les chez tous les H.vmt'noptèresque nous avons déjà passés eu revue étaient pourvues d'un aiguillon , comme arme offensive et défensive. A.u contraire , les femelles de ceux qui nous occupent maintenant sont privées de cette arme, mais chez elles le même organe est converti en une tarière plus ou moins longue et acérée , composée de trois filets réunis. Cet organe sert ici au dépôt des œufs \ avec son extrémité la femelle fait une piqûre à la peau d'une chenille, d'une nymphe, d'un œuf même, et y dépose au même instant son œuf.

Auhout de peu de jours il eu sort une larve ordinairement blanchâtre, toujours privée de pattes et pouvant à peine se mouvoir. Cette larve se trouve donc dans le corps de l'insecte où l'œuf a été déposé, jusqu'à ce qu'elle ait pris tout son développement.

Comment l'insecte peut-il vivre en étant rongé chaque jour? Le voici : la larve de l'Hyménoptère n'attaque d'abord aucun des organes nécessaires à l'existence de l'in secte qu'elle dévore. Elle ne mange que le tissu graisseux qui entoure le canal intestinal. C'est seulement à l'époque de sa métamorphose en nymphe, quand elle sent qu'elle n'aura plus besoin longtemps de sa pâture ordinaire , qu'elle immole ordinairement sa victime. Elle s'en prendà tous ses organes, ne laisse souvent que la peau dans laquelle elle subit sa transformation. Certaines larvesdeChalcidiens et d' Ichneumoniens sortent à ce moment du corps de leur victime et se filent auprès d'elle un petit cocon soyeux. 1 1 n'est pas rare de les voir fixer au-dessus d'elles la dépouille de l'être qui a été leur pâture et de s'en servir ensuite comme d'un abri protecteur. Quelquefois on ne trouve qu'une seule larve dans le corps d'un insecte ainsi attaqué. Mais dans des cas nombreux on trouve une assez grande

quantité d'individus. Ceci est fréquent surtout chez les Chaicidiens et les Proctotrupiens plutôt que parmi les Ichueumouieus. Leur petite taille rend raison de ce fait.

Les chenilles et toutes les diverses larves qui recèlent ainsi dans leurs corps les jeunes de nos Hyménoptères , sont le plus souvent faciles à reconnaître , surtout quand leur peau est lisse et d'une nuance claire; on découvre alors sur elles, un ou plusieurs petits points noirs qui indiquent la place où a pénétré la tarière de l'Hyménoptère.

On concevra sans peine que tous ces insectes éminenament zoophages rendent d'importants services à l'agriculture. Ils nous détruisent chaque année une quantité considérable d'espèces phytophages, telles que des chenilles et autres larves. De là vient aussi que fréquemment des arbres ou des plantes rongés durant certaines années par ces espèces phytophages, s'en trouvent parfois presque complètement débarrassés les années suivantes.

Cela tient à la présence de nos Hyménoptères. Mais il arrive trop souvent que ceux-ci périssent faute de pâture , et que les espèces phytophages reparaissent de nouveau en aussi grande quantité qu'auparavant. C'est là ce qui explique la variation très-grande remarquée d'une année à l'autre dans le nombre des insectes nuisibles à l'agriculture.

Les Chaicidiens constituent une tribu nombreuse en espèces; presque toutes sont d'une taille fort exiguë. Aussi en connaît-on très-peu d'exotiques ; celles qui ont été décrites sont indigènes pour la plupart.

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