‹ Histoire des insectesChapitre 36 sur 68 · BRAcoN. Fah · texte numérisé non relu

BRAcoN. Fah

HISTOIRE Ailes nulles.

Ailes offrant deu\ cellules cubitales.

Abdomen voûté.

Tête large. Yeux glabres. Abdomen court.

Yeux poilus. Le deuxième anneau de l'abdomen beaucoup plus grand que les autres.

Tête cubique avec le vertex excavé.

Abdomen long et comprimé.

Dents des mandibules courbées en dedans. Chaperon échancré.

Antennes longues et grêles, avec le troisième article plus l»ng que le second.

HISTEKOMERUS. T^es/tt-Antennescourtcs et épaisses, presque moniliformes. Tète déprimée, plus large que le thorax.

Antennes longues avec le premier aiticle très-gros. Tête plus étroite que le thorax.

Antennes longues. Tête plus large que le corselet.

Palpes maxillaires longs, de six articles. Tête transversale.

PELECYSTOMA. WcsM. Palpes maxillaircs ayant leur troisième article dilaté et sécuriforme.

Tête transversale.

Tête aussi longue que large. Articulation des 2' et 3' anneaux de l'abdomen à peine distincte. Tarses semblables- Tête aussi longue que large. Tarses intermédiaires beaucoup plus courts que les autres.

Tête transversale. Antennes presque moniliformes. Palpes maxillaires courts, de cinq articles.

EXOTÈCHE. Wesm.

Gre 3. rocas. Nées.

Gre 4. ademon. Hal.

Gre 5.

Gre 7. doryctes. Halid.

Gre 8. ANIS0PELMA. Nées.

Gre 9. hormie. Nées.

Gre 10. CHREMYLE. Hal. Tôte transversale. Antennes moniliformes, de douze articles.

Tête carrée. Abdomen pédoncule.

Deuts des mandibules courbées en dedans. Cliaperon enlier. Vertex échancré postérieurement.

Antennes longues et grêles. Mâchoires et lèvres courtes.

Antennes longues et grêles. Mâchoires et lèvres prolongées en forme de bec.

Antennes grêles, de dix-huit articles.

Yeux velus.

Antennnes de vingt articles. Yeux velus.

Dents des mandibules courbées en dedans. Abdomen voûté formant une sorte de carapace.

Genre I. RHiTiGASTER. TFesm. Abdomen terminé en une massue composée de trois anneaux voûtes.

Abdomen ayant sa partie dorsale d'une seule pièce. Yeux glabres.

Abdomen ayant sa partie dorsale d'une seule pièce. Yeux poilus.

Abdomen divisé en dessus en trois anneaux. Yeux glabres.

Gpe 6. OPIITES. Dents des mandibules courbées en

dedans. Chaperon entier. Vertex convexe. Articulation immobile entre les deuxième et troisième anneaux de l'abdomen.

Gre 11. SPATHIE. Nées.

Gpe 4. AGATHITES.

Gre I . MiCRODE. Nées.

Gre 2. AGATHis. Latr.

Gre 3. MicROGASTER. Latr.

Gre 4. acoelie. Hald.

Gpe 5. SIGALPHITES.

Gre 2. ASCOGASTER. Wesm.

Gre 3. chelone. Jurine.

Gre 4. sigalphe. Latr.

Gre I. PAXYLLOMA. Breb.

Gre 2. 1CHNEUTES. Nées.

Gre 3. phvlax. Wesm.

Abdomen pédoncule , et en forme de faux. Tarière cachée. Chaperon avancé en forme de bec.

Abdomen sessile , s'élargissant à l'extrémité. Taiière cachée.

Abdomen étroit et comprimé. Tarière

Gre 4. rooas. IS'écs.

Gre 5. helcon. Aées.

Gre 6. DiosptLE. Hal.

Gre 7. orgile. Hal.

Gre 8. CALYPTE. Hal.

Gre 9. EUBADizoN. .ArW.

Gre 10. uLACus. Nées.

Gre 1 1 . LEiopHRON. Aées.

Gre 12. EUPHORE. Ares.

Gre 13.C0RYN0PH0RE *. Blanch (Rhopalophora) Hal.

Gre 14. périlite. Wesm.

Gre 15. MÉTÉORE. Hal.

recourbée.Mésolliorax sans nodosités.

Abdomen long et linéaire. Tarière longue et grêle. Tête comprimée transversalement, écliahcrée au sommet.

Mésolhorax offrant trois nodosités.

Abdomen court. Tète convexe. Cuisses postérieures très-renflées.

Abdomen court, arrondi latéralement.

Tète large et convexe. Ailos postérieures échancrées au côté interne.

Abdomen court et large. Tête excavée en dessus. Jambes antérieures robustes, ayant de larges épines.

Abdomen court et large , n'ayant que trois anneaux distincts. Ailes postérieures échancrées au côté interne.

Abdomen long, ayant le dos de même largeur dans toute son étendue. Tarière longue et filiforme. Abdomen comprimé, presque sessile.

Tarière saillante.

Abdomen sessile. Tarière courte, mais saillante. Antennes à articles cylindriques.

Abdomen pédoncule. Tarière cachée. Ailes offrant inie cellule radiale très-épaisse, semi-lunaire.

.Abdomen pédoncule. Antennes coudées et un peu renflées vers Textré mité. Tarière saillante.

Abdomen fortement pédoncule. Tarière saillante. Ailes ayant seulement deux cellules cubitales.

Abdomen ayant son premier segment rétréci en un long pédoncule. Tarière saillante. Ailes offrant trois cellules cubitales.

Gre 16. CNAMPTODON. Hal.

Gre 17.01'ius. Wesm.

Famille 2*. ichneumonides.

Groupe l.SÏÉPHANITES.

Gre l. STÉPHANE. Illig.

Gi)e2. OPHIOMTES.

Gre 1. xoRiDEs. Lalr.

Gre 2. odontomère. Grav.

Gre 3. acoenites. Latr.

Gre i.iovPA. Fabr. Gre 5. HELwiciA. Lalr.

Gre 6. oPHioN. Fabr.

Gre 7. arotes. Grav.

Gre 8. bvnchus. Fabr.

Gre 9. eumf.sie. Westiv.

(Euceros Gr.) Gre 10. orthocentre. Grav

Abdomen ovalaire. Tarière saillante , épaisse et infléchie.

Abdomen ovalaire à pédoncule trèscourt. Tarière nonsaillante ou à peine saillante.

Palpes labiaux de quatre articles.

Palpes maxillaires très-longs. Cuisses postérieures renflées, les hanches trèsgrêles. Abdomen inséré à la partie postéro-supérieure du mélathorax.

Abdomen comprimé latéralement, plus ou moins en faucille.

Tête globuleuse. Antennes et pattes grêles.

Tête globuleuse. Antennes grêles.

Cuisses postérieures très-renllées et dentées.

Tête courte et large. Pattes postérieures fortes et allongées.

Antennes dilatées avant l'extrémité et terminées en pointe.

Antennes renflées vers l'extrémité et comprimées.

Antennes filiformes, extrêmement grêles. Abdomen pédoncule, très-comprimé, en forme de faucille. Antennes grêles. Abdomen subpédonculé, comprimé à l'extrémité.

Pattes postérieures épaisses.

Antennes se recourbant à l'extrémité.

Abdomen comprimé latéralement, presque sessile. Pattes grêles.

Antennes dilatées dans le milieu. Anneaux de l'abdomen étranglés.

. Antennes grêles. Pattes épaisses. Abdomen comprimé.

Gre 11. BASsus. Fabr.

Gpe 3. PIMPLITES.

Gre 1. ospRYNCiiOTE. Spin.

Gre 2. peltastes. Illig.

Gre 3. piMPLA. Fabr.

Gre 4. PHYTODiÈTE. Grav.

Gre 5. PÉzoMACHE. Gr.

Gre 6. AcnYOTïn:. Walk.

Gre 7. nEMiTELEs. Grav.

Gre8. BARYCEROS. Grav.

Gre 9. cryptus. Fabr.

Gpe 4. ICHNEUMOMTES.

Gre I. ALOMVA. Panz.

Antennes et pattes grêles. Abilonieu comprimé, avec le premier anneau linéaire et aplati.

Abdomen arrondi. Tarière plus ou moins saillante, quelquefois très-longue.

Antennes assez épaisses, de vingtquatre à vingt-cinq articles. Abdomen à premier segment pédunculiforme.

Tôte allongée et rétrécie en avant en forme de museau .

Antennes assez épaisses , de moyenne longueur. Tarière pointue, saillante.

Antennes très-longues. Tarière toujours saillante, plus ou moins longues. Abdomen presque sessile.

Antennes très-longues et grêles. Abdomen pédoncule, à premier segment lisse.

Tète rétrécie postérieurement. Corselet gibbeux. Ailes très-rudimentaires.

Écusson portant une longue épine.

Abdomen épais, avec un long pédicule courbé.

Antennes simples. Abdomen pédoncule. Tarière saillante.

Antennes plus courtes que le corps, comprimées entre le milieu et l'extrémité, diminuant ensuite de largeur.

Antennes longues et grêles. Métathorax épineux. Abdomen pédoncule. Tarière saillante, assez longue.

Abdomen nullement comprimé latéralement. Tarière cacbée.

Antennes assez épaisses. Tète globuleuse. Abdomen long, pédoncule et déprimé.

Antennes grêles. Abdomen pédoncule et ovalaire.

Corps étranglé. Abdomen pédoncule, pyriforme, avec le premier anneau presque linéaire.

Antennes grôles. Tète large , un peu avancée. Pattes postérieures très-longues avec les tarses épais.

Tète courte et large, prolongée au-dessous des antennes. Pattes cour les, avec les cuisses et les jambes comprimées.

Antennes longues et grêles , Tète courte, plus étroite que le tborax. Abdomen oblong subsessile.

Pattes et antennes renflées. Tête globuleuse.

Tète courte, rétrécie postérieurement.

Ailes rudimentaires.

Tête courte , plus étroite que le tborax. Abdomen convexe, pédicule, presque aussi large que le tliorax.

Palpes labiaux de quatre articles.

Abdomen implanté sur le tborax immédialement au-dessous de l'écussou.

Abdomen en faucille. Antennes filiformes de quatorze articles.

Corps long. Abdomen composé d'anueaux longs et cylindriques.

Corps long et grêle. Abdomen long, renflé à l'extrémité.

Corps court. Abdomen extrêmement court, comprimé et pédicule dès sa base.

Les BijACo.MUES, que nous plaçons en première ligne, sont en général les plus petits Ichneumoniens ; mais les

Gre 2. Tno(;ts. Panz.

Gre 3. spni.NCTUS, Grav.

Gre 4. scoLOBATES. Grav.

Gre 5. Exocnus. Grav.

Gre 6. riiYVRon. Fait.

Gre 7. microleptes. Grav.

Gre 8. BRACHïPTÈRE. Gruv.

Gre 9. ichneumon. Lin.

Famille 3*. evaniides.

Genr-e l . aulaque. Jurine.

Gre 2. pÉLÉciNE. Latr.

Gre 3. foene. Fabr.

Gre 4. ev.vnia. Fab.

affinités zoologiques qui existent plus entre eux et les tribus précédentes qu'entre les autres Ichneuraoniens, ont marqué leur place. On reconnaît ces Hyménoptères à leur corps long, très-grêle, avec des ailes grandes par rapport à leur faible complexion; une petite tète arrondie supporte de longues antennes très-déliées; les femelles ont ordinairement leur tarière saillante et d'une finesse extrême.

La famille des Braconides a été divisée en six groupes par divers entomologistes. C'est aussi cette division que nous adoptons.

Le groupe des hvbrizonites, lepremier de cette famille, renfermeun petitnombrede genres, aux queisse rattachent les plus petits Ichneumoniens. Les Pucerons leur servent de pâture : c'est dans le corps de ces insectes que s'effectue le dépôt des œufs; les larves qui en naissent dévorent le frêle Hémiptcre et n'abandonnent leur dépouille qu'après avoir acquis tout leur accroissement. Le genre Hybrizon, le principal du groupe, a reçu aussi de la part de plusieurs entomologistes le nom à'Aphidius , dénomination qui indique leur rapport avec les Pucerons. Ce sont les pucerons qui restent toujours à l'état aptère, c'est-à-dire les femelles, qui sont sujettes surtoutaux attaquesdes Hvbrizonites. Cette manière de vivre a été observée chez ces Hyménoptères par Linné lui-même, qui nomma Ichneumon des pucerons (/. aphidum, Lin.) le type du genre Hybrizon. Il est long d'un millimètre et demi , avec le devant de la tète jaune, ainsi que le devant du corselet, qui en outre offre deux lignes brunâtres; les jambes antérieures et la base des postérieures sont également jaunes. Cet insecte est très-commun dans toute l'Europe et attaque plusieurs espèces de pucerons, particulièrement celle du Rosier.

Les ALYsiiTES, qui constituent le second groupe de la famille des Braconides, sont plus abondants que les Hybrizonites, et l'on en connaît dans les diverses parties du monde. Le genre Alysie renferme la plupart des espèces du groupe; ce sont en même temps les moins petites ; cependant nous savons très-peu de chose sur le genre de vie particulier à ces Ichneumoniens.

Il paraît toutefois qu'ils dirigent leurs attaques plus spécialement sur divers Diptères de la famille des Muscides.

Les BRAcoNiTEs forment le groupe le plus nombreux dans cette familledes Braconides; le genre Bracon, qui en est le type, renferme une grande quantité d'espèces, que les voyageurs nous rapportent de toutes les parties du monde ; ces insectes ne sont pas rares non plus dans notre pays; la plupart sont d'une taille moyenne; leur corps est agréablement nuancé de couleurs vives, et leurs ailes sont aussi diversement colorées. Durant toute la belle saison on voit ces Braconites voltigeant sur toutes les fleurs ; cependant très-peu de faits sur leurs métamorphoses, ainsi que sur leurs premiers états, sont encore venus à notre connaissance. Toutefois, quelques observations recueillies çà et là nous représentent ces insectes comme vivant à l'état de larve dans les corps de divers Coléoptères à l'état parfait. M. Bouché a nommé Bracon du cis ( Bracon cis) une espèce qui attaque les petits Coléoptères de ce genre. M. Boudier nous a signalé deux Braconites sortis de l'abdomen de divers charançons {Otiorhyncims lignarius tl Barynotus elevatus). D'autre part, M. Westwood assure que des Braconites, appartenant aux genres Spathie et Anisopelma , pénètrent dans les maisons , dans le but de déposer leurs œufs dans le corps des larves des Ptines, qui rongent nos boiseries.

Les AGATHiTES Constituent un quatrième groupe, auquel se rapportent seulement quelques Genres, représentés par une quantité d'espèces peu considérable, si l'on en excepte toutefois les Microgaaters, qui sont fort répandues dans notre pays. Ils doivent être regardés comme bien utiles; car, sans leur présence, nos potagers seraient bientôt ravagés chaque année. Ces petits Hyménoptères attaquent les Chenilles du chou, qui donnent ces Papillons blancs si communs dans toute l'Europe. Le Microgaster dépose un assez grand nombre d'oeufs dans la même Chenille. Les petites larves vivent pendant longtemps aux dépens des parties graisseuses de cette Chenille. Celle-ci a acquis tout son développement à la même époque que les parasites qui la rongent : elle abandonne alors la plante qui lui servait de pâture, et grimpe le long des murs pour s'y fixer et y subir sa transformation en chrysalide. Le moment est venu aussi où les larves des Agathites vont l'anéantir ; eux-mêmes vont se métamorphoser en nymphes; ils attaquent alors tous les organes importants de la Gbenille, ils ne laissent qu'une dépouille inanimée. Ils percent cette peau de toutes parts ; ettoutautour d'elle, chaqueindividu se file un petit cocon soyeux d'un jaune pâle , parfaitement ovale. Le plus ordinairement ces petits cocons sont réunis en masse de deux ou trois paquets. Quelques jours suffisent pour voir paraître l'insecte parfait. Chaque année, nos murailles avoisinant les endroits où l'on cultive des plantes potagères, nous présentent en quantité plus ou moins considérable ces débris de Chenilles entourés de cocons de Microgasters.

Diverses expériences que nous avons faites sur la quantité des parasites par rapport au nombre des Chenilles du chou peut donner une idée de l'importance de ces petits

êtres, dans la balance de la nature. Deux cents chenilles du grand Papillon dn chou [Pie ris brassicœ)^ recueillies sur des chous avant qu'elles aient atteint toute leur grosseur, ne donnèrent que trois Papillons. Les cent quatre-vingt-dix-sept autres individus étant attaqués par des Microgasters, ne purent effectuer leur transformation.

De semblables expériences répétées pendant plusieurs années sur des quantités de Chenilles plus ou moins considérables donnèrent toujours des résultats à peu près analogues. Ainsi lePapillon du chou est bien commun ; on le voit voler partout durant l'été, et fréquemment les cultivateurs souffrent des ravages exercés par sa Chenille. Sans la présence des petits Braconides, la dévastation n'aurait plus de bornes, tant que ces Chenilles ne viendraient pas à périr faute de nourriture, lorsqu'elles auraient tout dévoré.

Dans quelques cas assez rares les Chenilles ne périssent qu'après avoir -subi leur métamorphose en chrysalide; mais presque toujours elles sont anéanties avant cette période de leur existence.

Le Microgaster que nous venons de signaler plus particulièrement , est le Microgaster aggloméré [dlkrogas- 1er (jlomeratus. Lia.), petit insecte long d'une ligne, de couleur noire, avec les pattes d'untestacé fauve, ainsi que les bords latéraux du premier anneau de l'abdomen.

Les autres espèces du même genre vivent de la même manièie ;on en a observé plusieurs infestant diverses chenilles. Toutes ne ^lisposent pas leurs cocons exactement de la même façon , auprès de la dépouille de leur victime; c'est là une des plus grandes différences qui existent dans le genre de vie propre à ces Hyménoptères.

Quelques genres encore appartiennent au groupe des

Agathites, entre autres le genre Agathis, dont ce dernier tire son nom; mais nons n'avons rien de particulier à signaler sur réconoraie de ces insectes.

Le groupe des sigalphites comprend les Braconides les plus curieux sous le rapport de leur aspect extérieur. Leur abdomen paraît recouvert d'une carapace solide, et chez ceux où cette carapace est incomplète, l'abdomen est renflé à l'extrémité en une forte massue. Ces Ichneumoniens sont peu nombreux ; on les rencontre toutefois assez fréquemment pendant la belle saison : ils voltigent de fleur en fleur, principalement sur les ombellifères; quanta ce qui est de leurs premiers états , il reste beaucoup à observer. Un fait recueilli par De Geer nous apprend seulement qu'une espèce du genre Rhitigaster [R. irrorator) est parasite sur un Papillon nocturne très-commun dans notre pays ( Acronycta psi). Il a été rapporté cependant par un entomologiste, un fait qui nous paraît peu en harmonie avec les observations recueillies sur une foule d'espèces de la même famille. Selon cet entomologiste, les femelles de Chelone [Chelonus) ne pondraient pas d'oeufs, mais déposeraient leurs jeunes à l'état de nymphe. Ceci mériterait confirmation.

Les opiiTEs formeront notre dernier groupe parmi les Braconides; la liste des genres qui lui appartiennent est assez longue. Les espèces qui les représentent sont abondantes sur diverses plantes, dans les endroits humides et ombragés.

Quoi qu'il en soit, nous ignorons pour la plupart, de quels insectes elles font choix pour assurer l'existence de leur progéniture. Cependant, d'après une observation de J)eGeer, une espèce de Périlite est parasite d'une Chenille [Zygaena fdipendulœ), et forme des cocons sus-

DHS INSECTES. 167

pendus au corps de cette Chenille. Selon M. Westwood, une autre espèce du même genre [Perilitus similator) attaque un petit Coléoptère {Orchesia micans). M. Boudier nous a signalé aussi deux espèces du genre Blacus comme recherchant plus spécialement certains Charançons [Otiorhijnchus lignarius et Barijnotus elevatus) .

Nous arrivons maintenant à la seconde famille de la tribu, celle des ichneumonides, qui est composée d'espèces plus grandeset plus belles que celles de la précédente. Ce sont les insectes surtout que tout le monde en général connaît sous la domination d'Ichneumou; dénomination que les entomologistes ont réservée pour un seul genre dans cette nombreuse famille.

Quatre groupes distincts nous paraissent diviser les Ichneumonides d'une manière convenable. Ces groupes sont, à la vérité, peu tranchés; mais comme nous l'avons dit pour la famille des Chalcidides , ils ont l'avantage de faire sentir les analogies.

Le premier, celui des stephanites, qui ne comprend que le seul genre Stéphane, sur lequel nous n'avons aucune donnée quant aux métamorphoses, a pour type une espèce assez rare en France et en Allemagne, connue sous le nom de Stéphane à scie [St. serralus). Ce qui rend surtout cet insecte remarquable, c'est l'anomalie de ses formes , qui le rendent intermédiaire entre les Braconides et les Ichneumonides, bien que ses caractères particuliers soient très-prononcés. Ainsi sa tête est tubcrculée; ses cuisses postérieures sont fortement renflées ; son abdomen , inséré à la partie supérieure du thorax, offre un pédicule cylindrique extrêmement long, formé par le premier segment. En outre , la grande dimension de ses hanohcs postérieures paraît le lier aux Chalcidiens.

1(>8 HISTOIBE

Le second groupe des Ichneumonides est celui des opHioNiTES, insectes que l'on reconnaît facilement à leur abdomen plus ou moins compiimé et en faucille. Le genre Ophion, que nous devons mettre en première ligne, nous présente un abdomen en faucille extrêmement aplati latéralement. Nous connaissons plusieurs espèces européennes, mais les exotiques sont beaucoup plus abondantes. Ces Hyménoptères attaquent souvent diverses Chenilles. Une grande quantité de Chrysalides d'un Bombicite de la Nouvelle-Orléans [Atlacus cecropia) ayant été envoyées vivantes au Muséum d'histoire naturelle de Paris, nous en vîmes sortir plusieurs fois une grande espèce d'Ophion propre à l'Amérique septentrionale. M. Audouin nous a fait connaître aussi les habitudes d'une espèce de notre pays. Celle-ci est d'une taille médiocre, et recherche les Chenilles d'une Phalène [Dosithea] pour y déposer ses œufs.

La larve de l'Ophiou acquiert tout son accroissement en dévorant les parties graisseuses de la Chenille. Le moment arrive où elle doit se métamorphoser en nymphe : alors, anéantissant complètement sa victime, elle se forme un cocon soyeux , en ayant soin de placer en dessus la dépouille de la Chenille ; elle trouve ainsi un abri de plus.

L'Ophion jaune {Ophion luteiis), l'espèce type du genre, la plus communedans presque toute l'Europe, attaque les Chenilles de certains Papillons de nuit. Elle a été observée plusieurs fois vivant aux dépens de la Chenille de la Dicranure à queue fourchue [Dicramira vinula). M. Gravenhorst l'a obtenue d'une autre noctuelle {Polia prœcox).

D'après une observation consignée par M. Westwood , uu autre Ophion (0. modemtor) vivrait aux dépens d'une

larve de Pjmpla, qui est elle-même parasite sur un autre insecte.

Les œufs de divers Ophionites, et des Ophions en particuliers, ont été remarqués fréquemment, à raison de leur forme singulière.

Ils sont oblongs et offrent un long pédicule un peu contourné. L'œuf se fend toujours par le bout opposé, et la petite larve en sort en dégageant d'abord la partie antérieure de son corps; mais son abdomen reste engagé dans la coquille de l'œuf, quand elle peut déjà sucer sa victime.

Certains Ophionites femelles meurent quelquefois au moment où elles vont se débarrasser de leurs œufs : ceuxci restent attachés par leur pédicule à l'extrémité de la tarière de l'Ophion. Quand les larves viennent à éclore, ne trouvant aucune autre nourriture autour d'elles, l'individu qui leur a donné l'existence leur sert de pâture.

Les œufs de plusieurs Ophionites , appartenant aux genres Ophion, Tryphon, Sphincte etPanisce, ont été représentés par quelques naturalistes."

Les Helwigia et Joppa sont des Ophionites de l'Amérique méridionale, dont les antennes sont très-caractéristiques.

Les piMPLiTES constituent le troisième groupe des Ichneumonides. Les principaux genres qui se rattachent à ce groupe sont les Cryptes et les Piraplas, bien que certains autres renferment îiussi une quantité d'espèces assez considérable. Les Pimplas sont remarquables surtout pai la longueur de la tarière des femelles ^Pl. 5, fig. 10). Le type est le Pimpla manifestateur [Pimpla manife stator. Lin.), grand insecte noir avec les pattes longues et roussâtres, ayant les jambes postérieures noirâtres. Cet insecte est très-commun dans presque toute l'Europe ; il recher-

che des Chenilles pour déposer ses œufs. Sa longue tarière lui permet d'atteindre des larves qui vivent dans des endroits cachés. (PI. 5, fig. 1 ! .) On n'a encore décrit qu'une seule espèce d'Osprynehote, elle est du cap de Bonne- Espérance. Ce genre se distingue facilement de ceux du même groupe par la forme de la tête.

D'après diverses observations, plusieurs Pimplites assurent l'existence de leur postérité en la plaçant dans les cocons de certaines Araignées, où les jeunes larves se développent et subissent leurs transformations. Un naturaliste anglais rapporte avoir vu une petite espèce du même groupe, déposant successivement ses œufs dans l'abdomen de quelques Araignées qui habitaient des collines sablonneuses. Il doute avec raison que ces Araignées aient pu après cela acquérir tout leur développement.

On cite encore des Pimplites (genres Hemiteles et Pezomachus) que l'on aurait vus sortir des petits cocons de Braconides du genre Microgaster. Les larves insectivores se trouvent ainsi dévorées par d'autres insectivores, ainsi que nous l'avons déjà vu dans d'autres circonstances.

Les Cryptes n'ont pas des habitudes moins variées. Les uns, comme quelques Braconides, pénètrentdans nos maisons et recherchent les larves des Ptiiiides, tandis que plusieurs autres espèces déposent leurs œufs dans les chrysalides des Lépidoptères. M. Boudier nous a signalé encore un Cryptus qui attaque les larves du fourmilion ( Myrmeleon formicarium) .

M. Spinola a décrit quelques Cryptes (s.-genre yWycyrtes , Spin. (l) de Cayenne remarquables par un prolongement frontal spioiforme.

Notredernier groupe est celui des ichneumonites, qui

(I) A.na. de la Soc eut. de Fr. T. i).

a pour type le genre ïehneumon, l'un des plus nombreux de toute la famille. Les espèces indigènes qu'il renferme sont surtout très-abondantes dans toute l'Europe ; fa plupart présentent des couleurs jaunes ou rougeâtres sur un fond noir; cequidonne àcesinsectesun aspect trèsagrëable. La tarière des femelles est entièrement cachée. Il en est beaucoup parmi eux qui attaquent les Chenilles. Dans les éducations que font les entomologistes pour en obtenir les Papillons, on voit fréquemment sortir des Ichneumons qui perforent les chrysalides dans lesquelles ils ont vécu.

Une troisième famille se rapporte à la grande tribu des Icbneumoniens , c'est celle des Évaniides, qui renferme seulement quelques genres eux-mêmes peu nombreux en espèces. Les habitudes de ces Icbneumoniens sont pour la généralité exactement analogues à ce que l'on observe dans les familles précédentes. Mais ce qui manque presque toujours, ce sont les observations faites ab ovo sur les habitudes et les transformations de ces insectes. Nous ne serons donc pas ici plus heureux que nous ne l'avons été pour les Hyménoptères dont les larves zoophages vivent dans le corps même d'autres insectes. Il est vrai de dire que les observations sont très-difficiles à faire sur ces êtres qui pendant toute une période de leur vie ne paraissent jamais à la lumière : ils sont en outre dispersés sur des individus isolés , et leur présence est rarement déceiée par un petit point noir, que l'on remarque seulement sur des Chenilles rases.

Le genre Aulaque [Anlacus] ne comprend qu'une seule espèce a^sez rare, et répandue dans le midi de l'Europe. L'abdomen en faucille de cet insecte contribue surtout à lui donner un aspect étrange. ( A. sfriatus Jur.)

Les Pélécines sont des insectes de l'Amérique méridio-

nale, très-singuliers par les dimensions de leur abdomen. En effet, chez les femellesprincipalement, sa longueur est six ou huit fois celle de la tète et du thorax réunis : il est en outre d'une extrême ténuité. Dans les mâles, ses dimensions en longueur sont un peu moindres; son extrémité est renflée en massue.

LesFœnessontde jolis petits insectes, répandus dans les diverses parties du monde et cependant assez rares partout. Ces Évaniidesontun corps grêle, des antennes d'une finesse extrême, un abdomen long , comprimé latéralement, supportant chez les femelles une tarière extrêmement longue et très-fine, et enfin des pattes postérieures renflées.

Selon plusieurs observateurs, le Fœneéjaculant ( Fœnus ejaculalor), qui est long de cinq à six lignes, noir, avec la baseet l'extrémité des jambes jaunes, le bord du premier anneau de l'abdomen roussâtre, ainsi que les deux suivants, attaque les larves des Guêpes et des Abeilles. C'est le type de genre et la seule espèce européenne.

Les Evanics, qui donnent leur nom à la famille entière, ont un aspect des plus étranges, qu'elles doivent à la conformation de leur abdomen ; celui-ci est inséré exactement au-dessous de l'écusson , pédicule brusquement dès sa base, extrêmement court et comprimé.

On connaît un certain nombre d'Évanies, dispersées dans les diverses régions du monde; presque toutes sont de couleur noire, et se ressemblent tellement, qu'il est à peine possible de les distinguer par quelques légères différences de ponctuation. L'Évanieappendigastre (pi. .5, fig 12) est la seule européenne. L'Évanie de Desjardins (Evania Desjardinsii, Blanch.), propre aux îlesMascareignes, dépose ses œufs, dit-on, dans le corps de ces Blattes connues sous la dénomination de Kakerlacs.

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