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ONZIÈME TRIBU

LES CYNIPSIENS.

Dans la nombreuse série d'Hyménoptères dont nous avons déjà tracé l'histoire, trois grandes modifications se sont succédés dans la nature des éléments qui servent à la nourriture des larves. Les premières se nourrissent de miel et de pollen ; les autres vivent d'insectes presque morts dont leur mère les a approvisionnés ; les autres, enfin, habitent l'intérieur même du corps de divers insectes qui continuent à vivre. Une nourriture toute végétale est réservée à ceux qui doivent nous occuper maintenant.

Les Cynipsiens, à beaucoup d'égards, ne sont pas moins surprenants dans leurs habitudes que les Hyménoptères des tribus précédentes. Les femelles montrent un singulier instinct dans le choix du végétal où elles vont déposer leurs œufs; jamais elles ne se trompent. Les Cynipsiens femelles recherchent l'arbre qui leur convient. A l'aide de la petite tarière que porte leur abdomen elles entaillent légèrement soit les tiges, soit les pédoncules des feuilles, et dans chaque petite ouverture déposent un œuf. La blessure faite ainsi à la plante tend à amener de ce côté une surabondance de sève ; le petit ver, ou plutôt la petite larve, suçant ce qui l'entoure, et dégorgeant sans doute un liquide particulier, excite encore la sève à se porter vers le point qu'il habite. H en résulte bientôt sur l'arbre une protubérance, qui augmente de volume en même temps que s'accroît la petite larve. H n'est pas rare, durant toute la belle saison, et surtout vers l'automne, de rencontrer abondamment ces excroissances sur une foule de végétaux; plusieurs sont employées avec avantage

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dans le commerce. Les noix de galle, dont on se sert pour la confection de l'encre et des teintures noires avec une dissolution d'acide sulfurique ou de sulfate de fer, fournissent une branche de commerce assez importante.

La plupart de ces galles sont sphériques et souvent trèsdures; mais il en est beaucoup qui affectent diverses formes : de là les dénominations de pomme en groseille, en nèfle, etc., qu'on leur applique généralement : quelques-unes de ces galles que l'on remarque plus particulièrement sur les rosacées ont dénommées Bédéguar, Mousse chevelue , etc. Les larves des Cynipsiens subissent leurs métamorphoses dans l'intérieur de ces singulières habitations, comme l'Ichneumon et la Chalcide dans le corps d'un autre insecte. Elles sont blanchâtres, privées de pattes , n'ayant que des mamelons pour leur en tenir lieu; mais elles n'ontjamais à se déplacer sensiblement. Le plus souvent une seule larve habite une galle, mais quelquefois il en est plusieurs qui y vivent en société.

La plupart y subissent leur transformation en nymphe, et cependant quelques-unes de ces larves l'abandonnent et s'enfoncent en terre. La sortie de l'insecte se fait toujours remarquer par un trou pratiqué à la surface de la galle.

La Caprijîcationon maturité des Figues, en usage dans certaines parties de l'Europe méridionale, a lieu au moyen de petits Cynipsiens qui déposent leurs œufs dans les figues. On enfile plusieurs de ces fruits, et on les place sui des figuiers tardifs. Les Cynips en sortent couverts de poussière fécondante, s'introduisent dans l'œil des nouvelles figues, en fécondent les graines, et hâtent ainsi la maturité du fruit.

Les Cynipsiens sont en général de très-petits Hyménoptères, comme la plupart des Chalcidiens et des l'roctotru-

piens; seulement leurs ailes présentent quelques nervures et plusieurs cellules complètes.

Les femelles ont une tarière dont la conformation mérite d'être signalée ; elle est roulée en spirale dans l'intérieur du ventre, avec son extrémité logée dans une coulissedela partie inférieure de l'abdomen. C'est seulement lors du dépôt des œufs que cette tarière est susceptible de se dérouler.

Il est probable que les Cynipsiens abondent dans pres- (jne toutes les parties du monde. Mais la petitesse de ces insectes les a fait échapper aux investigations des voyageurs. Les espèces connues, et leur nombre n'est pas très-considérable, appartiennent à l'Europe, où les excroissances occasionnées par elles sur les végétaux ont depuis longtemps attiré l'attention des naturalistes.

Les genres de cette tribu ne sont pas nombreux , le tableau suivant en renferme la nomenclature, avec les caractères :

TABLEAU

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