CHITES
Les Aphodiites sont abondants en espèces et en individus dans toute l'Europe; ce sont les plus petits Scarabéiens; ils vivent en quantité dans les bouses de vache, et souvent Ion remarque qu'ils se jettent dedans aussitôt que ces excréments viennent d'être déposés.
Le genre Aphodie [Aphodius) est le plus nombreux du groupe 5 on en connaît une très -grande quantité d'espèces qui sont dispersées surtout dans les régions tempérées. L'Aplîodie du fumier [A. fimetarius Fabr.) est l'espèce la plus commune dans notre pays ; elle est longue de trois lignes, d'un noir brillant, ayant les éiytres rouges avec d s sti-ies ponctuées.
Les petites modifications du chaperon que l'on observe entre les nombreuses espèces d'Aphodies ont donné lieu pour M. Mulsant à l'établissement d'une longue série de genres appuyés sur les plus faibles caractères.
Les Psammodies se rencontrent assez fréquemment sur les côtes de la mer, où ils vivent dans des détritus de végétaux marins. ( P. porricollis: lllig.)
Les Oxyomes sont très-voisins des précédents : quel- ([ues espèces sont européennes, mais nos collections en renferment beaucoup d'exotiques.
Quelques genres seulement se rattachent au groupe des Onitites : ce sont les Eurysternes, insectes à corps assez long, aplati, à bords latéraux parallèles, généralement de couleurs sombres, habitant tous le nouveau monde.
On les trouve autour des plaies des arbres , ou dans les matières excrémentitielles.
Les Oniticelles ont le même aspect que les précédents, bien que leur taille soit ordinairement moins considérable. Ils habitent exclusivement l'ancien continent : l'un d'eux se trouve dans notre pays, c'est l'Oniticelle à pattes jaunes (0./at"/^;es, Fabr.). On rencontre ces insectes dans les endroits sablonneux, où ils fréquentent les bouses; leurs métamorphoses nous sont encore inconnues.
Les Onitis constituent un genre nombreux en espèces, paraissant appartenir sans exception à l'ancien continent. Ils sont toujours de couleurs obscures; la plupart sont entièrement noirs; nous en avons plusieurs, qui sont assez abondamment répandus dans le midi de l'Europe; mais aucun d'eux ne parait dépasser le quarantième degré de latitude. Les Onitis se trouvent dans les bouses; ils creusent un peu la terre.
Les entomologistes en ont séparé, sous le nom générique de Bubas, quelques espèces, dont la tête est bicornue.
Les CoPRiTEs constituent un groupe plus nombreux que celui des Onilites : on y rattache plusieurs genres trèsimportants ; d'abord les Onthophages, petits Scarabéiensà corps trapu, dont la tête et le corselet portent presque constamment des cornes, chez les mâles.
Les Onthophages sont communs dans toutes les parties du monde , mais principalement dans l'ancien continent; nos colleclions en renferment aujourd'hui plus de deux cents espèces. La plupart de celles qui vivent dans notre pays sont des plus abondantes dans toutes les matières excrémentitielles , principalement dans les bouses de vaches. Elles volent avec facilité , souvent par l'ardeur du soleil.
L'Onthophage taureau [Onthophagus taums. Lin ), long de quatre à cinq lignes, noir et finement ponctué, ayant sur la tète deux très-longues cornes arquées, peut être considéré comme le type du genre.
Les Copris sont des insectes en général d'assez forte taille, et généralement de couleur noire, répandus dans les régions chaudes et tempérées des deux hémisphères. Ils vivent, comme tous ceux de cette famille, de matières excrémentitielles, et ils se creusent dans la terre des trous profonds et obliques. Les larves se forment une coque composée de terre et de bouse, au moment de subir leur transformation en nymphes. Ces coques sont plus ou moins rondes, et acquièrent une dureté très-grande. Nous avons représenté (pi. 7, fig. 1 1) celle du Copris Paniscus, espèce de la France méridionale, qui a été ouverte pour montrer l'hisecte qui vient d'éclore, et qui n'est pas encore sorti de sa loge de nymphe.
On ne trouve aux environs de Paris qu'une seule espèce de ce genre (C. lunaris , Lin.), dont la femelle, trèsdifférente du mâle, était regardée autrefois comme une autre espèce.
Les Copris font entendre unbruitassez fort, produit par le frottement de leur abdomen contre l'extrémité de leurs élytres.
Les Phanées [Phanœus]^ très-voisins des Copris, sont des Scarabéiens d'Amérique ayant ordinairement des cornes et des protubérances sur la tète et le corselet, et des couleurs éclatantes et métalliques.
Les Phanaeus ont des habitudes analogues à celles des Copris.
Les Énicotarses sont de jolis insectes d'Amérique. Il en est de même, à peu d'exceptions près, des Chœridies
(Chœridiu)fi), (\oni la taille est généralement assez minime.
Le troisième et dernier groupe de la famille des Coprides, les Ateuchites, se compose dinsectes de toutes les parties du globe, dontlecorpsestordinairementassezaplati. Leurs pattes postérieures sont situées très-près de l'extrémité du corps, et fort éloignées des autres; ce qui leur donne un aspect étrange et une démarche pénible; mais cette conformation est parfaitement en rapport avec les habitudes de ces Scarabéiens. Ils roulent, à l'aide de leurs pattes postérieures, des boules de matière excrémentitielle dans lesquelles ils renferment leurs œufs ; c'est ce qui leur a valu autrefois le nom de pilulaires. Leurs boules ont d'abord une forme irrégulière, et leur consistance est molle; mais elles ne tardent pas à s'arrondir et à se solidifier, lorsqu'elles sont roulées pendant quelque temps. Gesinsectesont pour but de les placer dans des trous, où ils ont d'abord accumulé des matières qui doivent servir à la nourriture de leurs larves.
Il n'est pas probable, dit M. Westwood, que ces animaux sachent reconnaître leurs propres boules; car ils prennent quelquefois celles qui appartiennent à d'autres hidividus. On rapporte que, dans certains cas, plusieurs se réunissent pour rouler la même boule, lorsqu'elle se trouve arrêtée par les anfractuosités du terrain.
Les Coprobas sont d'Afrique. On connaît une seule espèce de Mentophile provenant de la Nouvelle-Hollande ; une seule aussi du genre Copraecus , habitant le même pays.
Les Canthons (Cay?iAo;?, Hoff; Coproblus, Latr.) sont des insectes américains, parés de couleurs métalliques. Leurs espèces , toutes d'assez petite taille, sont fort nombreuses. Les voyageurs nous apprennent qu'on les trouve
soit parmi les fientes, soit parmi les feuilles : souvent, disent-ils, elles se jettent en masse autour des plaies d'arbres d'où s'échappe la sève. La plupart d'entre elles necreusent point la terre.
Les Scatonomes , insectes du Chili comme les Mégathopes, ressemblent beaucoup aux Canthons.
Les Épilisses [Epilissus) sont les représentants des Canthons, dans l'île de Madagascar. Les Circellies sont de gros insectes des régions les plus chaudes de l'Afrique.
Les Hyboraas sont tous d'Amérique; la plupart d'entre eux présentent des callosités sur leurs élytres;ils fréquentent les bouses.
Les Sisyphes ne sont pas nombreux, mais ils sont fort remarquables par la longueur extrême de leurs pattes postérieures ; on rencontre dans le midi de la France, et quelquefois aux environsde Paris, le Sisyphe de Scheeffer (Sisyphus Schœjferi)^ insecte long de trois à quatre lignes ., noir, avec les élytres striées et finement ponctuées entre les stries, et les cuisses postérieures munies d'une très-petite dent. Cet insecte, comme tous les Ateuchites, roule de petites boules , dans lesquelles il place ses œufs.
Les Gymnopleures sont des habitants de l'ancien continent, bien reconnaissables à leurs élytres échancrées latéralement. Ils volent pendant la plus grande chaleur du jour, et l'on assure que plusieurs individus s'en tr'aident souvent pour rouler leur boule.
LeGymnopleure pilulaire [Gijmnopleurus pilularius), dont le nom rappelle cette habitude, est commun dans l'Europe méridionale, mais très-rare aux environs de Paris; il est lisse et d'un noir brillant.
Les Ateuchus, qui forment le genre principal du groupe, sont de gros insectes aplatis, à large chaperon denté, ap-
partenant à l'ancien continent. Ils volent avec agilité, mais ils marchent avec une certaine difficulté. On les trouve toujours dans les endroits les plus chauds, où ils recherchent les bouses; ils forment des boules pour y placer leurs œufs, de même que les précédents. C'est une habitude qui n'avait pas échappé aux anciens, et surtout aux Égyptiens , qui les regardaient comme des animaux sacrés. Le type du genre Ateuchus est TA. sacré {A. sacer); il a près d'un pouce de longueur, noir, avec la tête munie de deux tubercules; les élytres faiblement striées, les jambes antérieures quadridentées.
Cet insecte est commun dans le midi de la France, dans toute l'Europe méridionale, la Barbarie et l'Egypte: on le trouve fréquemment représenté dans les peintures des anciens Égyptiens et sur leurs amulettes, placés dans les sarcophages, parmi d'autres reliques. Quelquefois l' Ateuchus sacré est représenté d'une taille gigantesque.
Il n'est pas douteux que ce ne soit cette espèce qui a été souvent représentée par les Égyptiens , principalement dans la basse Egypte; mais il en est une autre à laquelle ils donnent une couleur vert-doré magnifique.
Pendant longtemps l'on avait cru que cette couleur, plus du goût des Égyptiens, avait été donnée cà l'espèce noire; et, malgré l'assertion d'Hérodote, qui dit formellement que le Scarabée sacré des Egyptiens est d'une belle couleur d'or, on n'en persistait pas moins à regarder cette assertion comme eironée, parce que jamais les modernes n'avaient rencontré un Ateuchus ou quelque autre Scarabéide, dont la couleur fût en rapport avec la description d'Hérodote et avec les peintures égyptiennes.
Cependant en 1819 M. Caillaud trouva à Méroé, sur les rives du fleuve Blanc , l'Ateuchus doré , gui en effet res-
semble beaucoup à notre Ateuchus sacré , à la couleur près. Depuis on l'a rapporté du Sennaar.
Il paraît que cette espèce se trouve seulement dans lapartie Jiaute du cours du Nil ; c'est pour cette raison qu'on l'avait cherchée vainement dans la basse et la moyenne Egypte. Latreille l'a décrite le premier; et comme le nom de sacré était déjà appliqué à l'espèce noire , qui est autant européenne qu'africaine, il l'a appelée l' Ateuchus des Égyptiens {A. jEgyptiorum).
« L'Ethiopie, dit Latreille, paraissant avoir été l'habitation primitive des Égyptiens, il est probable quecette espèce de Bousier, d'une couleur plus éclatante que celui auquel les naturalistes ont donné le nom de sacré , a dû par cela même fixer de préférence l'attention de ce peuple ou de ses prêtres, et que dès lors cette espèce est véritablementle Bousier sacré primitif. L'autre espèce lui étant presque semblable, à la couleur près, la remplaça probablement, lorsque ce peuple, ayant descendu le Nil, ne trouva plus sous ce climat la précédente; peut-être que l'une et l'autre furent indifféremment l'objet de leur culte. »
Les Égyptiens avaient observé quelques particularités propres aux habitudes des Ateuchus; ils savaient qu'ils roulaient des boules de fiente ; mais l'imagination vient se mêler à l'observation. Voici ce que nous rapporte Hor- Apollon au sujet de cet insecte :
« Lorsque les Égyptiens veulent exprimer une naissance unique, ou une naissance, ou un père, ou le monde, ou un homme, ils peignent un Scarabée (xa'vôapoi;) , (c'est-àdire un Ateuchus pour les naturalistes modernes). La naissance unique, parce que cet animal n'est ni formé ni porté dans le corps d'une femelle. Il est engendré seulement de cette manière : Un mâle voulant procréer, prend
fie la fiente de bœuf, la pétrit en boule, et lui donne la forme du monde ; il la roule avec ses pattes de derrière, du levant au couchant, et se retourne ensuite vers le levant : il représente ainsi la figiu'edu monde. Il dépose sa boule dans la terre, où elle reste pendant vingt-huit jours; durée pendant laquelle la Lune parcourt les douze signes du Zodiaque, temps aussi pendant lequel la race des Scarabées prend l'existence. Le vingt-neuvième jour, il jette sa boule ouverte dans l'eau (car c'est le jour où la ,Lune et le Soleil se rencontrent, et de là la naissance du monde). Cette boule se trouvant ouverte dans l'eau, les animaux en sortent : ce sont des Scarabées. Les Égyptiens représentent encore un Scarabée pour figurer la naissance, pour les causes déjà exprimées : un père, parce que le Scarabée tient l'existence seulement d'un père ; le monde, parce que sa naissance représente le monde; un homme enfin, parce qu'il n'y a pas de femelles parmi les Scarabées. On distingue trois sortes de Scarabées : la première, qui a la forme d'un chat et qui est rayonnante, est regardée comme le symbole du Soleil. Les Egyptiens disent que le chat mâle change ses pupilles aux courses du Soleil; à son lever, elles se dilatent à peine; au milieu du jour, elles deviennent rondes; et au coucher du Soleil , elles paraissent plus obscures. C'est pourquoi, dans Héliopolis, la statue du Soleil a la figure d'un chat. Le Scarabée a trente doigts , qui représentent les trente jours du mois pendant lesquels le soleil accomplit sa course, par tous les signes du Zodiaque.
« L'autre genre de Scarabée est bicorne, comme un taureau ; pour cette raison il est consacré à la Lune ; car le taureau figure dans le ciel, et les fils des Égyptiens disent que c'est le séjour de la Lune. »
« Le troisième Scarabée est unicorne, et consacré à Mercure, comme ribis parmi les oiseaux. »
Rien n'est plus singulier sans doute que toutes ces idées bizarres et superstitieuses des anciens Égyptiens, rapportées par Hor-ApoUon; elles méritent néanmoins d'être remarquées , car des faits vrais sont mêlés à la bizarrerie de l'imagination.
Le Scarabée qui jett€ des rayons éclatants, et que l'on compare à un chat dont les yeux offrentdes pupilles d'une mobilité extrême, est bien notre bel Ateuchus des Égyptiens, paré de sa couleur vert-doré, vraiment éclatante. Les Scarabées ont trente doigts, dit-on : il faut entendre ici les cinq articles de tous les tarses, qui forment un total de trente; mais ici l'observation n'est pas exacte, car les Ateuchus n'ont jamais de tarses aux pattes antérieures. Il n'est pas surprenant au reste que cette particularité ait échappé aux anciens Égyptiens, puisque c'est seulement depuis quelques années que le fait a été bien démontré dans la science. Jusque-là on avait cru seulement que les tarses de ces insectes tombaient très-facilement, et que pour cette raison il ne fallait pas trop s'étonner de les voir toujours, dans nos collections, dépourvus des tarses de devant.
Quant à la seconde et à la troisième espèces de Scarabées citées par Hor- Apollon , ce sont des insectes très-différents. Selon toute vraisemblance, l'espèce unicorne appartient au genre Copris, et l'espèce bicorne, peut-être au genre Géotrupes ; et quant à ceux-là, il est vrai qu'ils présentent des tarses de cinq articles à toutes les pattes.
Les Pachysoraes sont des Ateuchites tres-voisins des précédents, dont les espèces peu nombreuses habitent le sud de l'Afrique.
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Les Anoralopsis sont, dans l'Amérique méridionale, les représentants desAteuchus. Nous n'en connaissons encore que peu d'espèces, qui ont été trouvées dans les parties rocailleuses du Tucuman et de la Patagonie.
On a décrit une seule espèce de Glyphiderus.
Les Passalides constituent une famille assez anomale dans la tribu des Scarabéiens. Ces insectes, comme ceux de la famille suivante, ont les antennes plutôt pectinées que lamellées, comme nous l'avons vu dans tous les Scarabéiens, que nous venons de passer en revue.
Nous divisons les Passalides en deux groupes, les Chf- KONiTEs et les Passalites. Le genre Chiron appartient seul au premier de ces groupes. 11 se compose seulement de quelques espèces d'Afrique et des Indes orientales. Ce sont des insectes de petite ou de moyenne taille, dont le corps est long et cylindrique , les mandibules fortes, les cuisses renflées, principalement les antérieures, leurs jambes étant dilatées, digitées , et unidentées intérieurement.
Les Chirons s'éloignent beaucoup de tous les autres Scarabéiens , et nous ne possédons encore aucun renseignement sur leur manière de vivre; aussi ont-ils été placés tantôt parmi les Géotrupides, avec lesquels ils paraissent avoir quelques affinités, tantôt avec les Lucanidesou les Passalides, où ils nous paraissent réellement mieux placés.
Les Passalites se composent essentiellement du genre Passale ( Passalus ) , qu'on a subdivisé d'après le nombre d'articles qui forment la masse des antennes. Ce nombre étantde trois, de quatre, de cinq ou de six, adonné lieu à l'établissement d'autant de genres que nous venons de signaler de modifications ; mais comme Jes autres organes
n'offrent aucune différence essentielle, on ne peut leur donner qu'une valeur très-secondaire.
Les Passales sont répandus dans les deux Amériques, en en exceptant les régions situéesau nord, les Indes orientales, l'Australie, etc.
Tous sont d'une assez forte taille, d'un beau noir brillant, avec les élytres plus ou moins sillonnées; leur forme est extrêmement aplatie. Ils vivent dans les vieux bois, sous les écorces; on rapporte aussi qu'ils fréquentent les sucreries.
Leurs larves dont, la tète est assez petite et le corps aminci postérieurement, ressemblent beaucoup à celles des Lucanes; elles vivent déracines, comme beaucoup de larves de Scarabéiens. La larve du Passale interrompu (P. interruptus) vit sur les battata.
La dernière famille de la tribu des Scarabéiens est celle desLucANiDES; nous pensons qu'ils peuvent être répartis dans quatre groupes distincts; ce sont les ^salîtes, les Syndésites, les Lucanites et les Lamprimites.
Les premiers sont d'assez petits insectes, de forme arrondie, auxquels se rattachent deux genres. Celui d'JEsale, dont nous ne connaissons qu'une seule espèce ( J5sa- Ivs scarabœoides)^ répandue principalement en Autriche, où elle paraît toutefois assez rare ; sa larve, au rapport de Creutzer, vit dans le creux des arbres pourris , et surtout des chênes.
Le genre Codocère ne renferme encore qu'une seule espèce , de la Géorgie russe.
Les Syndésites se reconnaissent facilement à leur corps allongé et cylindrique.
Le genre Sinodendron, dont nous ne connaissons qu'une seule espèce, babite les parties montagneuses de la
France, la Suisse, la Suède, etc. On prend l'insecte parfait sur le tronc des arbres. C'est le Sinodendrou cornu ( 5. cornutum), insecte noir, long de cinq à six lignes, ayant une corne sur la tête et les élytres très-rugueuses. Sa larve paraît vivre dans les bois pourris.
LesPsilodonssontde l'Amérique méridionale. LesSyndèses et les Nigidies se trouvent à la Nouvelle-Hollande. Une seule espèce de Xiphodoute a été trouvée dans le sud de l'Afrique.
Les Figulus se rencontrent dans les régions les plus chaudes de rAfricjiie, les Indes orientales , l'Océanie : leur forme cylindrique, leur corps noir , lisse et luisant, leur donnent un aspect particulier.
LeFigule strié (pi. 8, fig. 1) {Fi. strio.tus)des entomologistes modernes, dont les élytres sont fortement striées , avec les intervalles ponctués , habite l'île de France et l'île Bourbon.
C'est à tort qu'on le rapporte au Lucanus striatus de Fabricius et d'Olivier, qui est un véritable Lucane, trèsdifférent par ses caractères aussi bien que par son aspect général.
Quoi qu'il en soit, la larve du Figule strié (pi. 8, fig. 2) est allongée , avec la tête arrondie, de couleur brune,
La nymphe (pi. 8, fig. 3) est garnie d'épines sur les parties latérales : son dernier anneau est terminé par de petites pointes. La couleur de cette nymphe est d'un blanc sale. Sa forme retrace déjà assez nettement le corps de l'insecte parfait ; c'est ce qui nous l'a fait reconnaître comme appartenant au Figule strié; car nous n'avons aucune donnée plus authentique; mais la localité étant la même et les caractères concordant parfaitement, on ne saurait douter de l'espèce à laquelle elle appartient.
Les LucANiTEs sont en général de grands et beaux insectes, dont !e corps est déprimé , la tête large portant deux mandibules fortes et robustes, dont la longueur dépasse souvent celle de la moitié du corps. Ces Coléoptères ne sont pas très-abondants en espèces, et cependant ils paraissent répandus dans presque toutes les régions du globe.
Le genre Lucane {Lucanus) est le principal du groupe: c'est à celui-ci surtout qu'appartiennent les plus grandes espèces.
On trouve dans notre pays et dans la plus grande partie de l'Europe l'espèce considérée comme le type du genre par tous les naturalistes. C'est le Lucane cerf-volant. {L. cervuSj Lin.), insecte long d'un pouce et demi, non compris les mandibules, dont la dimension n'est pas moindre d'un pouce cbez les grands individus. Celles-ci sont bifurquées à l'extrémité, crénelées intérieurement, avec une forte dent au milieu. La couleur générale de l'insecte est d'un brun marron , avec la tète et le corselet plus noirâtres. Dans la femelle la tête est beaucoup plus étroite que chez le mâle, et les mandibules sont courtes.
La taille du Lucane, cerf-volant, ainsi que la dimension des mandibules, varient beaucoup. Les plus petits individus ont été considérés comme formant une espèce distincte {L. capreolus, Fab.)
Le Cerf- volant, comme tous les insectes du même genre, vit dans les grandes forêts ; ses longues mandibules lui servent à s'accrocher aux tiges en grimpant le long des arbres.
Les Cerfs-volants se trouvent pendant les mois de mai, de juin, de juillet, quelquefois même plus tard. Peu'
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dant le jour ils se tiennent sur les arbres ou les arbrisseaux, mais principalement sur les chênes, dont ils mangent peutôtre les feuilles , et dont ils sucent la sève , qui s'écoule entre les fissures de l'écorce , au moins au rapport de De Geer.
Divers faits tendent à faire penser que dans certains cas au moins les Lucanes attaquent d'autres insectes pour en sucer les fluides. M. Chevrolat nous cite une espèce', dont nous parlerons plus loin [L. parrallelipipedus)^ qu'il a vu mordant un autre coléoptère {ffelops caraboides).
D'autre part, M. Westwood cite un observateur qui a vu un Lucane descendant un arbre, et emportant une chenille dans ses mandibules.
Les Lucanes ne vivent pas longtemps à l'état d'insectes parfaits ; mais leurs larves ont une existence de plusieurs années.
Rœsel est le premier auteur qui nous ait bien décrit et bien représenté les métamorphoses du grand Cerf- volant.
Les œufs sont ovalaires ; et quand les femelles sont prêtes à en opérer le dépôt , elles forment un trou dans les arbres avec leurs mandibules, pour les y loger.
Les larves sont longues, épaisses, presque cylindriques, de couleur blanchâtre , et contournées , comme toutes les autres larves de Scarabéiens ; mais ce qui en distingue particulièrement celles des Cerfs-volants, c'est l'absence de divisions transversales indiquant nettement une série de douze anneaux. Ces divisions sont beaucoup moins prononcées.
La tête est roussâtre, et munie de fortes mandibules. Ces larves vivent de bois, qu'elles réduisent en parcelles avec leurs mandibules. Quand le temps de la métamorphose en nymphe est arrivé, elles se.forment une coque
composée de sciure de bois et de terre, à parois très- solides; et, bientôt enfermées dans cette loge, elles y subissent leur transformation.
Plusieurs naturalistes pensent aujourd'hui que les larves des Lucanes étaient les Cossus des Romains, regardés par ceux-ci comme un mets très-délicat.
M. Dehaan a représenté les larves des deux espèces de Lucanes propres à l'île de Java, dont la ressemblance avec celle de notre espèce commune est presque totale.
On trouve encore assez communément en Europe le Lucane parallélipipède. Il est long de neuf à dix lignes, d'un noir obscur, avec les mandibules aussi courtes que la tête dans les mâles'.
MM. Brée et Ratzeburg ont donné quelques détails sur les métamorphoses de cet insecte. Les femelles , nous dit ce dernier observateur, comme celles du grand Cerf- volant, déposent leurs œufs dans un trou pratiqué d'abord à un tronc ou à une tige, opération pour laquelle les mâles et les femelles travaillent eu commun. Les larves, ajoute-t il, vivent plusieurs années pour acquérir tout leur développement; car j'en ai trouvé ensemble de toutes petites , de moyennes et de très-grosses. Leur marche dans le bois serpente dans toutes les directions , et les galeries restent obstruées par un épais cordon de poudre de bois. On les rencontre souvent en grande quantité dans les creux de vieux chênes où il y a de la terre.
La larve du Lucane parallélipipède est longue d'environ un pouce; et sa nymphe, logée dans des coques formées de terre et de détritus ligneux, comme celle du Lucane Cerf- volant, et longue de dix à onze lignes, présente une petite pointe sur les parties latérales de chaque anneau de l'abdomen.
L'insecte parfaitéclôteu mai, juin, et souvent plus tard ; il se tient sur les arbres pendant le Jour, et \ole surtout le soir.
Les Lucanes, dont on a formé le genre Psalicère, sont des espèces de l'Amérique méridionale , dont la taille est médiocre.
Le genre Platycère a pour type une espèce assez commune en Europe, au moins dans certaines localités. C'est le Caraboïde {IHatycerus caraboides, Fab.), insecte' long de cinq à six lignes, d'un bleu brillant, quelquefois verdâtre ou violacé, avec les élytres striées longitudinalement; les pattes sont ordinairement noires ; mais on trouve parmi les femelles une variété dont les pattes sont rousses (P. rufipes, Fab.). L'insecte parfait paraît dans les boisdès le commencement du printemps; il ronge les feuilles naissantes et les bourgeons , sur lesquels il se tient. Il se laisse choir au moindre choc. M. Ratzeburg rapporte cette observation , et nous savons qu'aux environs de Paris on a trouvé plusieurs fois le Platycère-Caraboide dans les mêmes conditions.
Nous ne pensons pas que la larve et la nymphe de cette espèce aient encore été observées.
Le genre Ceruchus est formé sur ce petit nombre d'espèces, dont deux seulement sont Européennes, et assez rares. Le type du genre est le C. tcnébrioïde ( C. tcnebrioidcs) , qui habite les montagnes de la Suisse , de la Suède, etc.
M. Westwood décrit une seule espèce d'un genre Colophon ; elle est du sud de l'Afrique , et très-remarquable par sou aspect général , qui rappelle celui des Lethrus.
Les Lampbimites sonttous étrangers àl'Europe ; les régions habitées par les espèces connues actuellement sont
l'Amérique méridionale et la Nouvelle-Hollande. Il n'est presque pas besoin d'ajouter après cela que leurs mœurs sont presque totalement ignorées. Mais l'analogie nous fait supposer qu'elles diffèrent peu de celles des autres Lucanides.
Au reste , les Lamprimitcs sont de beaux insectes dont les formes sont très-curieuses. La seule espèce connue du genre Chiasognathe a été plus particulièrement trouvée dans l'île de Chiloé, sur la côte du Chili. Elle est d'un vert doré, à reflets cuivreux; le mâle a des mandibules plus larges que le corps, dentelées eu dessous, munies d'une forte dent à la base, et recourbées en bas vers l'extrémité. Dans la femelle ces mandibules sont courtes.
Le genre Sphœnognathe renferme une seule espèce de Colombie, dont les mandibules sont médiocres.
Chez les Pholidotes, ces organes sont très-développés. Le Brésil est la patrie de ces Lucanides.
Les autres Lamprimites vivent à la Nouvelle-Hollande ; ce sontlesRhyssonotesetlesLamprimes. Les premiers sont d'une couleur obscure, mais les seconds sont métalliques et des plus éclatants. Nos collections, au reste, n'en renferment encore que deux espèces: l'une, type du genre {Lamprima œnea) , assez commune aux environs de Hobart- Town, à la Tasmanie, et l'autre découverte assez récemment à Sidney ' ,
Le Lamprime bronzé [L. œnea) est long d'environ un pouce. Sa couleur varie du vert métallique au cuivre doré le plus brillant; elle passe même quelquefois au bleuâtre, et au violacé surtout chez les femelles. Les jambes des mâles offrent une petite lame à leur extrémité. Plusieurs variétés de cette espèce ont été considérées par
' Voy. Reiclie, Revue zool. soc. cuv.
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divers entomologistes comme des espèces distinctes ; mais l'examen d'un grand nombre d'individus ne laisse aucun doute sur leur identité spécifique.