QUATRIÈME TRIBU
LES PSÉLAPHIEiNS.
Cette petite tribu offre la plus grande analogie avec la précédente, surtout la première famille, que divers entomologistes ont placée parmi les Staphyliniens, tandis que d'autres en ont fait une section à part dans l'ordre des coléoptères ; et cela en considération des tarses, composés de trois articles, dont deux seulement sont bien distincts.
Tous les Psélaphienssont d'une taille très-exiguë. Aussi ne doit-on pas s'attendre à trouver parmi eux beaucoup d'exotiques connus.
TABLEAU
DES DIVISIONS DE LA TRIBU DES PSÉLAPHIENS. Fam. 1. PSÉLAPHiDES. Élytres courtes, tronquées, ne cou-
vrant qu'une paitie de l'abdomen.
Tarses de trois articles.
Groupe. I. CTÉNISTITES. Antennes de onze articles. Deux crochets aux tarses.
Gre. I. MARNAx. Cast. Antennes ayant leurs trois derniers
articles en massue. Tête ayant une avance frontale.
Gre. 2. tyrus. Aube. Antennes un peu renflées vers l'ex-
trémité. Palpes ayant leurs trois pre- • miers articles presque coniques.
Gre. 3. chennie. Latr. Antennes presque perfoliées. Palpes
ayant leur 2^ article grand et sphérique . Gre. 4. cténiste. Rekh. ■ Antennes épaisses. Palpes portant un prolongement pointu sur chacun des trois derniers articles.
• * Voyez, pour la description détaillée des genres et des espèces de Staphyliniens, le Gênera et Spccies Staphylinorum de M. Erichson; Berlin,
Groupe 2. PSÉLAPHITES.
Gre. 1. psÉLAPHE. Herbst
Gre. 6. BRiAXYS. Knoch.
Gre. 7. BYTtrmE. Leach.
Gre. 8. tychus. Leach.
Gre. 9. trimum. Aube.
Gre. 10. hXTRiSE.Aiibé.
Gre. ll.EUPLECTE. A'irJi/.
Groupe 3. CLAVIGÉRITES Gre. I. CLAvicER. Midi.
Gre. 2. ARTicÈRE. Daim.
Fana. 2. scydsuéxides.
Gre. 1. sc\T)M,fflNE. Lalr.
Antennes de onze articles. Un seul crochet aux tarses.
Antennes moniliformes, ayant leurs trois derniers articles renflés. Palpes maxillaires très-longs , avec le dernier article en massue très-allongée.
Antennes ayant leurs trois derniers articles renflés, et le terminal pointu.
Palpes maxillaires très-longs, avec le dernier article conique.
Antennes très renflées à l'extrémité.
Palpes maxillaires ayant le dernier article très-grand , sécuriforme.
Antennes moniliformes, ayant le cinquième article très-renflé dans les mâles. Palpes maxillaires à dernier article sécuriforme.
Antennes à dernier article très-grand.
Palpes maxillaires à dernier article légèrement dilaté en dedans.
Antemies moniliformes épaissies vers l'extrémité. Palpes maxillaires à dernier article ovalaire.
Antennes épaissies, avec les trois derniers articles très-grands. Palpes maxillaires à dernier article conique.
Antennes ayant moins de onze articles.
Antennes de six articles, les derniers formant une forte massue.
Antennes d'un seul article, termine par une massue tronquée.
Élytres oblongues, couvrant entièrement l'abdomen. Tarses de cinq articles.
Antennes à articles globuleux, les trois derniers formant une massue.
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Grc. 2. CLiDiQUE. Cast. Antennes à articles presque coniques.
Palpes maxillaires très-longs ; l'avantdernier article infundibuliforme, recevant le dernier.
Gre. 3. MASTiGE. lllig. Antennes presque filiformes, coudées
après le 1" article.
Nous rapportons deux familles à cette tribu : les Pséla-
PHIDES et les SCYDMÉINIDES.
Ce sont les premiers dont les analogies ont été plus ou moins prises en considération depuis quelques années. Au reste, malgré une ressemblance assez grande avec les Staphyliniens , on ne peut nier qu'il n'y ait des différences très-marquées.
Ce qui contribue le plus sans doute à leur donner cet aspect un peu analogue , c'est la brièveté des élytres, qui chez les Psélaphides, comme chez les Staphyliniens, laisse une grande partie de l'abdomen à découvert (pi. 8, flg. 9).
Mais les premiers ont un corselet globuleux , des palpes maxillaires très-grands, des mandibules aiguës et denticulées, des yeux très-proéminents, des antennes renflées en massue, des tarses très-petits, terminés le plus souvent par un seul crochet, et ayant trois articles, dont le premier si exigu qu'il échappe facilement à la vue.
Les Psélaphides sont bien connus dans leurs espèces, car ils ont été l'objet de plusieurs monographies laborieusement élaborées ' ,
Ces petits coléoptères se trouvent pendant l'hiver et le printemps dans la mousse, et parmi les herbes. Ils courent et volent avec une grande agilité, surtout le soir. Plusieurs d'entre eux vivent constamment dans les fourmilières.
I V(iy. surloul !a dernière. A<ibé, Pselaphiorum monographia. Magos. de 7.0(.l., \H.fJ.
Les Psélaphides peuvent former trois groupes distincts.
Le premier, les Cténistites, n'est pas le plus étendu : nous signalerons les principaux genres qui s'y rattachent. Celui de Marnax, dont on ne connaît qu'une seule espèce, de Cayenne ; c'est le géant des Psélaphides, car elle a près de trois lignes de longueur, et les autres en ont rarement plus d'une, souvent moins; c'est aussi la seule espèce exotique encore décrite.
Nous n'avons rien de particulier à mentionner ici sur les Tyrus , Chennies , Cténistes. Ces derniers cependant sont remarquables par leurs palpes maxillaires, dont les trois derniers articles supportent une épine (pi. 8 , fig. 9) ; caractère que l'on suppose appartenir seulementaux mâles.
Les PsÉLAPHiTEs sont les plus nombreux.
Les Psélaphes constituent le genre principal du groupe.
Les Br^'axis, Bythiues, Batrises, Euplectes, etc., sont aussi plus ou moins abondamment répandus en Europe. Les Batrises vivent dans les nids de fourmis, comme les Tychus. Le 5" article des antennes estdilaté chez les mâles.
Le troisième groupe des Psélaphides, les Clavigérites, a pour représentant principal le genre Claviger , qui renferme peu d'espèces. Toutes habitentchez les fourmis, surtout chez la fourmi jaune [F.flava], Plusieurs entomologistes, d'après lesobservations de Mûller, pensent que les fourmis les gardent avec soin et les nourrissent même de leur propre bouche, parce que les Clavigers auraient la propriété de sécréter un fluide recherché par les fourmis , comme celui des pucerons.
Le genre Articèreest formé sur un insecte voisin des Clavigers et n'a été trouvé que dans la gomme copal.
Les ScYDMÉNTDES coustitucut la seconde famille de la tribu des Psélaphiens , malgré de grandes ressemblances
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avec les Psélaphides dans la forme générale du corps , dans les parties de la bouche et dans les antennes, elle en diffère beaucoup par les tarses, toujours de cinq articles, aussi bien que par les élytres , aussi longues que l'abdomen.
Ce sont de petits insectes à thorax presque globuleux , avec les élytres beaucoup plus larges et de forme oblongue. Leurs métamorphoses n'ont pas encore été observées.
Ou les trouve à terre dans les lieux humides , parmi les mousses , les herbes ou les bois pourris. On en a rencontré quelques uns aussi dans les nids defourmis; et nous croyons en effet que ces coléoptères , tant dans leurs habitudes et leurs transformations que dans leurs caractères zooiogiques , ont les plus grands rapports avec les Psélaphides.
Trois genres essentiels seulement se rattachent à cette famille; ce sont les Scydmènes proprement dits [Scydmœnus]^ que l'on a subdivisés en plusieurs autres genres.
Le genre Clidique ( CUdicus ) formé sur une seule espèce de Java ;
Et enfin les Mastiges beaucoup moins nombreux en espèces que les Scydmènes , mais généralement d'une taille supérieure. Le type du genre est le Mastige à grandes palpes {Mastigus palpalis)^ qui ne paraît pas rare dans toute l'Europe méridionale.