‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturels (volume 2)Chapitre 32 sur 114 · DE LA TRIBU DES LOCUSTIENS · texte numérisé non relu

DE LA TRIBU DES LOCUSTIENS

Groupe 1. PROCHILITES.

Genre 1. ProctnLe, Brullé.

Gpe. 2. PTÉROCHROZITES.

Genre 1. PTEROCHROZA. Serv.

Labretrès-grand, ovälaire. Antennes pubescentes, Cuisses antérieures plus épaisses à l'extrémité qu'à la base; les postérieures à peine renilées.

Corps grêle.

Antennes insérées sur le front. Tête ayant son sommet conique.

Prosternum étroit, rétréci antérieu:

rement. Sternum étroit, bidenté. Antennes fort épaisses.

Gre. 2. PSEUDOPHYLLE. Serv.Prothorax court, arqué et prolongé

Gre. 3. PLATYPHYLLE, Serv.

Gre. 4. ACANTHODIS. Se).

Gype. 3. LOCUSTITES,

Genre Î. MECOPOPA. Serv.

en pointe postérieurement. Sternum fort large. Prosternum mutique. Antennes grèles.

Tète tuberculée. Sternum médiocrement large. Prosternum bidenté. Antennes grêles. Élytres larges.

Tête tuberculée. Sternum large. Prosternum bidenté. Antennes grêles, une fois plus longues que le corps.

Élytres fort étroites.

Antennes insérées au sommet du front. Palpes peu longs,

Sternum étroit, biépineux. Élytres étroiles, une fois plus longues que le corps.

Gre. 2. ruyzropnora. Thunb.Sternum mutique. Prothorax pro-

Gre, 4. ASrIDONoïE, Brullé.

longé en pointe postérieurement, couvrant une partie du corps. É:yires très-larges, sans miroir dansles mâles,

Prosternum ayant deux épines très

rapprochées. Mésos{ernum ayant de chaque côté une forte épine surmontée d’unelamellediviséeen deux feuillets. Corselet ou prothorax couvrant Lout le corps.

Gre. 4. PiANEROPTERA. Serv. Slernum très-creusé au milieu et mu-

Gre. 5. SCAPHURA. Sr,

Gre. 6. XIPIHIDION, SC,

Gre, 7. COPIPHORE, Serv.

Gre. 8. GONOGÉPHALE, Serv,

Gre. 9. SAUTERELLE.

(Locusla, Lin.)

Gre. 10. DECTICUS. Serv.

Gre. 11. MECONEMA. Serv.

Gre. 12. ACRIPEZA, Guér,

tique. Corselet nullement prolongé.

Ailes plus longues que les élÿtres.

Anténnes grêles.

Sternum mutique. Aïles dépassant les élytres: Antennes ayant leurs preiniers articles très-épais, souvent ve:

lues,

Sternum mutique. Ailes dépassant un peu les élytres. Cuisses mutiques en dessous.

Sternum mutique. Tète offrant un prolongement conique.

Sternum étroit, bidenté. Front avancé en pointe conique entre les antennes.

Sternum mutique. Front tuberculé entre les antennes. Élytres plus longues que les ailes. >

Prosternum mutique. Tète large, sans.

aucune éminence. Élytres un peu plus longues que les ailes, ayant un #7 miroir dans les mâles,

rosternum mutique. Tête ayant une épine entre les antennes. Élytres étroites, sans miroir dans les mâles.

Sternum mutique. Tête sans aucune éminence. Élytres et ailes longues dans les mâles, ayantun miroir; les élytres courtes, larges et bonrbées, enveloppant l'abdomen, dans les femelles.

Gre, 13. nARBITISTES. Chap. Sternum mutique. Tète un peu pro

longée en pointe. Ailes rudimentaires dans les deux sexes.

Gpe. 4. BRADYPORITLES. Antennes insérées au milieu du front, e

Genre 1. EPmirricerna. Labr.

Cre..2. HETRODES. Fisch.

Gre. 3. BRADyroRE: Charp.

Gre. 4. MEGALODON. Br'ul.

Gre. 5. sAGA. Charp.

Gpe. 5. GRYLLACRITES.

Genre {. LISTROsCELIS, Serv.

Gre. 2. GRYLLACRIS, Serv.

Gre. 3, ANOSTOSTOMA. Gr'ay.

Nous admettons cinq

sous les yeux.

Prothorax en forme de selle, Élytres nulles. Ailes rudimentaires, ayant la forme d'écailles. % Prothorax très-épineux. Élytres et ailes nulles dans les deux sexes. Corps épais.

Prothorax large, plan. Élytres rudimentaires dansles mâles, nulles dans les femelles. Pattes épaissies; cuisses postérieures à peine renflées.

Thorax large. Prosternum et méso- Sternum munis l'un et l’autre de deux longues épines. Mandibules énormes.

Élytres aussi longues que l'abdomen Corps élancé. Prosternum bidente.

Élytres étroites, souvent rudimentai res. Pattes longues; les cuisses #. peu renflées.

Antennes insérées au sommet du front.

Palpes maxillaires très-grands.

Slernum mutique. Pattes grèles ; les épines des jambes antérieures et intermédiaires très-longues, arquées et ain guësrressemblant à un double räteau.

Sternum mutique: Pattes robustes.

Antennes trois fois plus longues que le Corps.

Sternum bidenté. Mandibules trèsgrandesyarquées et dentées au bout.

groupes dans la tribu des Lo-

. n 1 NE custiens. Le premier renferme le seul genre Prochile (Prochilus), Orthoptère découvert dans l'ile des Kangou-

roos, et fort remarquable par son corpsextrèmement grèle ; ses ailes très-étroites, sa tète un peu avancée en museau; son aspect général même rappelle PUR celui de divers Phasmiens.

Les PrÉnocmRozITES constituent un groupe auquel on rattache quelques genres entièrement propres aux parties les plus chaudes du globe.

Les espèces, du reste peu nombreuses, du genre Pterochroza habitent l'Amérique équatoriale ; ce sont de grands et beaux insectes, ayant des élytres fort larges et des ailes ornées de couleurs vives et variées, portant souvent une tache oculaire à leur extrémité.

Tous les Pseudophylles connus proviennent des Indes orientales. Les Platyphylles sont, au contraire, américains. Il en est de même de la plupart des Acanthodis : nous en connaissons cependant aussi quelques-uns des Indes orientales.

Le troisième groupe, les zocusrires, est beaucoup plus étendu que le précédent. ;

Le génre Mécopoda a pour type (H. elongata, Fabr.), une espèce assez commune à l’île de Java.

La seule espèce connue du genre Phyllophore se trouve dans les Moluques et dans diverses autres Îles de l'Océanie. C’est un Orthoptère très-remarquable, par son prothorax, qui se prolonge jusqu’à l'extrémité de l'abdomen en se terminant en pointe (P. speciosa, Thunb.).

Le genre Aspidonote, découvert dans l'ile de Madagascar, se compose également d’une seule espèce, dont le prothorax présente la même conformation que chez les Phyllophores; seulement, il est hérissé de pointes et d'épines. En outre, nous ne connaissons pas d’Aspidonotes pourvus d'ailes. |

Les Phanéroptères constituent un genre assez nombreux en espèces, dont il est possible de former quelques petites divisions , mais non pas des genres distincts, comme l'ont pensé certains entomologistes ; on les reconnaît, au premier abord, à leurs ailes, qui dépassent sensiblement les élytres et qui offrent presque la même solidité que ces derniers dans la partie où elles ne sont pas recouvertes, tandis qu’elles sont très:membraneuses et très-diaphanes dans le reste de leur étendue,

Les Phanéroptères sont tous étrangers à l’Europe; la plupart habitent l'Amérique méridionale; quelques autres se trouvent aux Indes orientales. La couleur la plus ordinaire de ces Locustiens est d’un vert tendre.

Les Scaphures offrent une disposition analogue dans la longueur de leurs ailes, mais les premiers articles de leurs antennes sont très-gros, et dans quelques espèces ils sont garnis de poils courts, mais très-serrés. Ces Orthoptères paraissent propres à l'Amérique méridionale. ,

Le genre Xiphidion a pour type une petite espèce qui n’est pas très-rare dans notre pays; c’est le Xiphidion brun (X. fuseum, Fabr.), qu’on rencontre à la fin de l'été dans les prairies humides, principalement au milieu des grandes herbes. C’estun Orthoptère à peu près long de deux centimètres, d’un vert tendre, avec une ligne noirâtre sur la tête, les élytres d’un vert brunâtre, des antennes brunes, une fois plus longues que le corps.

Les Copiophores et les Conocéphales sont des Locustiens exotiques, que l’on reconnaît facilement à leur tête avancée entre les antennes. La tarière des femelles est longue et droite,

Le genre Sauterelle proprement dit (Locusta) renferme

‘seulement quelques espèces. On rencontre le type trèscommunément dans une grande partie de l'Europe; c'est la grande Sauterelle verte { Locusta viridissima, Lin.), dont le corps et les élytres sont entièrement verts; l’abdomen offre une ligne longitudinale brunâtre; la tarière de la femelle est longue, droite, de couleur verte, avec son extrémité brunâtre (pl. 14, fig. 1).

Cet insecte est fort commun aux environs de Paris; on le trouve vers l'automne, pendant le jour : il se tient fréquemment sur les arbres; le soir, au contraire , il est plus ordinaire de le rencontrer dans les champs ; c’est alors que le mâle fait entendre son chant aigu et sonore.

Les Dectiques (Decticus) sont presque tous européens ; ils offrent, en général, des couleurs grises, mélangées, et une tête fort large; tel est, entre autres, le Dectique verrucivore (Decticus verrucivorus , Lin.), le type du genre et l'espèce la plus commune dans notre pays; insecte dont les élytres, roussâtres, offrent trois séries longitudinales de taches brunes, la tête rosée, avec son sommet verdâtre et les pattes également d'un rose tendre pendant la vie; car après la mort ces couleurs perdent toute leur vivacité. On trouve ce Dectique, comme tous ses congénères, à la fin de l'été et pendant l'automne, au milieu des prairies un peu humides.

Le genre Mécomène est également européen ; nous n'en connaissons qu'une seule espèce, peu commune dans nos environs: c’est la Mécomène variée (. varia, Fabr.).

Le genre Acripeza est l’un des plus singuliers de toute la tribu des Locustiens, par la grande dissemblance qui existe entre les deux sexes. Chez cet Orthoptère, qui ne paraît pas rare à la Tasmanie , aux environs de Hobart-Town, on trouve des ailes grandes, parfaitement

développées, et un corps élancé chez le mâle absolument comme dans nos vraies Sauterelles ; au contraire, la femelle est toute ramassée, et ses élytres sont courtes, larges, bombées et recourbées latéralement de manière à envelopper l'abdomen; et de plus, il n'existe point d'ailes sous les élytres.

Ainsi, dans les Acripeza le mâle seul peut voler; la femelle ne peut point évidemment se servir de ses élytres pour cet usage.

Les Barbitistes sont de petits Locustiens, que l’on trouve surtout.dans le midi de l'Europe, dont les élytres et les ailes demeurent toujours à l’état rudimentaire.

Le groupe des BRapyPoRITES a peu d'étendue; les genres qui s'y rattachent sont peu nombreux, et ils ne renferment que fort peu d'espèces.

Le genre Ephippigera est surtout répandu dans le midi de l’Europe. On trouve assez fréquemment dans les environs de Paris le type du genre, l'Éphippiger des vignes (Ephippigera vitium , Serv.), qui est verdâtre, avec quatre lignes longitudinales, brunâtres, sur la tête; le corselet très-rugueux. On trouve cet Orthoptère le plus souvent dans les vignes. (PI. 14, fig. 2.)

Les Ephippigera sont très-singuliers, vu la conformation des organes du vol, qui chez eux sont très-rudimen— taires; les élytres même sont totalement nulles, et les ailes sont réduites à de simples écailles voûtées qui, frottant l’une contre l’autre, produisent une assez forte stridulation. Les femelles présentent la même disposition que les mâles; elles sont également aptes à produire des sons.

Les Hétrodes habitent l’ancien continent , mais ils sont étrangers à l’Europe; leur corps est très-massif.

Il en estde même des Bradypores, dont le nom indique qu’ils ne marchent que lentement.

Le Bradypore à pattes velues (Bradiporus dasypus, Illig.) estcommun dans tout l'Orient, en Grèce et jusqu’en Hongrie.

Les Saga, quoique offrant de grands rapports avec les genres précédents, ont un peu l'aspect des vraies Sauterelles ; mais chez eu Jesélytres sont toujours plus courtes que le corps et sou: t rès-rudimentaires. On en tro une espèce dans la France méridionale (Saga serralæ, Fabr.). L L

Notre cinquième et dernier groupe de la tribu des Lo: custiens, les GRYLLACRITES, ne renferment que trois genres. Les Gryllacris, chez lesquels on retrouve déjà un rapport avec certains Gryllons dans l’aspect général, nous offrent aussi des antennes quatre fois aussi longuës que le corps.

Ce sont des Orthoptères qui proviennent la plupart de l’île de Java.

Les Listroscelis ont été trouvés aux Moluques et dans l'Amérique méridionale ; les grandes épines de‘eurs jambes leur donnent un aspect particulier.

Le genre Anastostome est formé sur quelques espèces d'Afrique et de la Nouvelle-Hollande; elles ont une tête moyenne, des mâchoires et des mandibules d’une trèsgraude dimension. La plupart des Anostostomes connus sont privés d'ailes; peut-être n’en connaissons-nous pas les insectes parfaits,

244 HISTOIRE s SIXIÈME TRIBU.

LES GRYLLIENS,

Les Grylliens ont de grands rapports avec les Locustiens. L'on ne tarde pas à reconnaître que les ressemblauces qui existent entre ces deux tribus sont beaucoup plus, grandes que celles que l'on remarque entre toutes les autres tribus; mais aussi les différences sont telles, qu'il nous paraîtrait difficile de fondre lés deux en une seule.

Les Grylliens ont, comme les Locustiens, des antennes d’une longueur très-grande, et souvent d’une ténuité extrême ; seulement leur corps est toujours plus court, plus ramassé et plus élargi. La tarière est longue, mais toujours beaucoup plus grêle que chez les Locustiens. Les deux filets qui terminent l'abdomen sont longs, épais à leur base et coniques ; ils sont d’une seule pièce. Les mâchoires et la lèvre inférieure chez les Grylliens sont terminées par des dents aiguës.

Les Grylliens constituent une des tribus les moins étendues de l’ordre des Orthoptères ; et cependant ils offrent, dans leur structure et dans leurs habitudes, plus de diversités que l’on n’en remarque dans les autres tribus. C'est ce qui nous engage à rejeter la plupart des faits concernant les mœurs des insectes à chacune des familles que nous admettons dans cette tribu.

Les Grylliens sont répandus dans toutes les parties du monde. Les individus sont quelquefois très-abondants, mais les espèces ne paraissent être très-nombreuses en aucune region, quoique les parties chaudes du globe soient un peu plus riches que les pays froids ou même tempérés. Le tableau suivant présente les diverses coupes admises parmi les Grylliens. s

L TABLEAU DES DIVISIONS

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