DE LA TRIBU DES GRYLLIENS
Famille 1. GRYLLIDES, Pattes antérieures simples.
Groupe {. SCHIZODACTY- Tous les tarses de quatre articles. LITES. Élytres et ailes très-grandes, ayant
' leur extrémité enroulée en forme de spirale.
Genre 1. SCHIZODACTYLE.
Brullé.
Gpe: 2. PHALANGOPSI- Tous les tarses de trois articles. Pattes TES. postérieures très-longues.
Genre {.PHALANGOPSIS. Serv. Tarses ayant leur deuxième article très-petit ; le premier plus long que les autres réunis. Tarière très-longue et recourbée.
Gre. 2. PLATYDACTYLE. Br'ullé. Tarses ayant leur deuxième article très-petit; les premier et troisième des tarses intermédiaires et posté-
7 rieurs égaux entre eux. Tarière trèslongue et recourhée.
Gre. 3, PODOSCIRTE. Serv. Tarses ayant leur deuxième article assez grand. Tarière des femelles
à courte et droite.
Gpe: 3. ŒCANTHITES. Tarses antérieurs et intermédiaires de {rois articles ; les postérieurs de quatre articles très-distinets.
Genre {. OECANTHE. Serv,
Gpe. 4. GRYLLITES. Tous les tarses de trois articles. Pattes postérieures assez courtes et ro»
; bustes.
Genre {. PLATYBLEMMA. Serv. Face antérieure de la tête aplatie. Antennes à premier article grand et aplali.
Gre. 2, GRILLON (Gryllus). Tête très-bombée. Antennes à premier article court et épais.
Gpe. 5. SPHŒRIITES. Corps presque orbiculaire, Tête cachée sous le protliorax. Élytres et ailes nulles dans les deux Sexes.
Gre, SPHOERIUM. Charp.
Famille 2. GRYLLOTALPI- Jambes antérieures élargies, plus ou
DES. moins digitées. .
Groupe 1. GRYLLOTALPI- Paltes postérienres pourvues d’un TES. tarse. Jambes antérieures terminées par une palette dentée en forme de main.
Genre 1. cnyLLoracra. Latr.Tarses de trois articles, sans crochets. Gre. 2. cyLINpRODES. Gray. Tarses de deux articles, sans crochets.
Gpe 2. TRIDACTYLITES. Pattes postérieures dépourvues de tarses. Les jambes ferminées par des appendices mobiles et digités.
Genre 1. TRIDAGTYLE. Lalr. Tarses de trois articles. Gre. 2. RHipiprenyx, Newm. Tarses de deux articles,
La première famille des Grylliens est celle des GryLLIpes, qui est de beaucoup la plus nombreuse: ce sont ces insectes que le vulgaire désigne généralement sous le nom de Cri-Cri, à raison du bruit qu'ils font entendre. C'est unestridulation que l’on remarque souvent dans les champs pendant l'été, et quelquefois aussi dans les maisons, principalement dans les boulangeries et dans les cuisines de campagne. Le vulgaire attache à ce bruit monotone un présage de mauvais augure pour la maison dans laquelle on entend ces Cris-Cris; et autrefois ce singulier préjugé était beaucoup plus enraciné qu'il ne l’est maintenant.
Les Gryllides mâles sont seuls aptes à produire cette stridulation ; et, comme chez les Locustiens, c’est par le frottement de leurs élytres l’une contre l’autre; cependant il existe une différence assez grande : chez les premiers un espace très-limité est affecté pour cet objet ; au con-
traire, chez les Gryllides c’est presque la totalité des élytres qui offre des nervures épaisses et dirigées en sens divers.
Les Gryllides ne saütent pas tous avec la même facilité. On s'en ren compte facilement par le plus ou moins grand renflement de leurs cuisses postérieures et la brièveté de leurs jambes, qui leur permet difficilement de lancer le corps en l'air.
Lesinsectes de cette famille etmême de la tribu tout entière ont un genre de vie très-différent de celui des autres Orthoptères ; on ne les rencontre pas, comme ces derniers, au milieu des herbes ou sur des arbustes, sautant d'espace en espace : les Gryllides vivent solitaires. Chaque individu se creuse un trou profond, dans lequel il demeure ordinairement pendant tout le jour; ce n’est guère que la nuit qu'ils quittent cette retraite, et que les mâles et les femelles prennent leurs ébats; parfois on les aperçoit au bord de leurs terriers, et là les mâles font entendre leur chant dans le but d'appeler leurs femelles. Tout le monde connaît parfaitement ces trous de Grylliens ; les enfants de lacampagne saventtrès-bien les prendre, en mettant un brin de paille dans le terrier : car alors le Gryllon le saisit fortement avec ses mandibules, et on le ramène toujours avec le fétu de paille, qu'on retire aussitôt.
Nous ne savons pas encore parfaitement quelle est la nourriture habituelle des Gryllides; on assure qu'ils sont carnassiers, et nous avons aussi quelques raisons pour les croire tels, parce qu'ils sejettent sur tout ce qu'on leur présente. Plusieurs auteurs les regardent plutôt comme phytophages ; et il n’est pas douteux en effet que certaines espèces au moins ne se nourrissent souvent de matières végétales. Le Gryllon domestiqueest dans ce cas ; il mange de
la farine, mais il est possible aussi qu’il recherche lesinsectes vivant dans la farine,
Lorsqu'on place plusieurs Gryllides dans la même boîte, ils s'entre-dévorent bientôt ; mais’ éeci ndique pas leur nourriture: ilest des espèces ven qui, étant renfermées, s’entre-détruisent aussi bien que les espèces carnassières.
Les Gryllides paraissent rechercher surtout beaucoup la chaleur; ils établissent leurs terriers dans des expositions méridionales. On assure qu'ils redoutent le froid ; et Degéer nous dit que des individus qu’il exposa au dehors pendant le mois de novembre ne tardèrent pas à périr.
Ces Orthoptères sont d’uneextrême timidité ; au moindre bruit ils cessent de produire leur vibrante stridulation, et quand ils sont au bord de leur terrier, ils y rentrent spontanément dès qu’on approche.
Les femelles des Gryllides sont très-fécondes : chacune pond environ trois cents œufs vers le milieu de l'été. Les petites larves qui en naissent bientôt se creusent de petits trous dans la terre ; elles y passent l'hiver. Au printemps suivant elles recherchent une exposition convenable; et alors dans un court espace de temps, on les voit devenir nymphes, et ensuite insectes parfaits,
Au rapport de Mouffet, les Gryllides dans certaines parties de l'Afrique constituent un objet de commerce ; on les élève dansde petites cages, eton les vendaux habitants, qui se plaisent à entendre leur chant amoureux.
Les caractères assez variables dans la famille des Gryllides, et surtout le nombre des articles des tarses, nous permettent d’en former plusieurs groupes. Ce sont les SCHIZODACTYLITES ; PHALANGOPSITES , OECANTHITES , GRYLLITES €t SPHOERIITES,
Le groupe des scnizonacryzires renferme le seul genre Schizodactyle (Sckisodactylus), dont nous ne connaissons non plus qu’une seule éspèce; c'est le S. monstrueux (S.monstrosus, Drury). Cet Orthoptère se trouve aux Indes orientales ; il estde plus remarquable par ses élytres et ses ailes, dont l'extrémité est enroulée en forme de spirale etappliquée sur les appendices terminaux de l’abdomen. Les tarses de cet insecte ayant tous quatre articles, comme ceux des Locustiens, semblent le rapprocher de ces derniers; mais l’ensemble de ses caractères le place néanmoins parmi les Grylliens,
Les PHALANGOPSITES sont tous étrangers à l’Europe; on les reconnaît à leur corps, plus allongé que celui des Gryllites, et surtout à leurs pattes, très-longues.
Les Phalangopsites et les Platydactyles renferment quelques espèces de l'Amérique méridionale et des Indes orientales.
Une seule espèce de Madagascar constitue actuellement le genre Podoscirte.
Le groupe des OEcanthites a pour unique représentant le genre OEcanthe (Ecanthus) ; on en connaît peu d’espèces , quihabitent des régions fort diverses : on en a décrit jusqu'à présent trois espèces , une de l'Amérique septentri nale ;une des Indes orientales et une autre du midi
lurope : c'est le type du genre, OEcanthe transparent ellucens, Scop.) (pl. 14, fig. 3). Les OEcan- S sont de $ Grylliens d’une délicatesse extrême; leur et est long , presque conique et un peu rétréci antérieurement. Les élytres sont extrêmement minces et plus larges dans les mâles que dans les femelles; les ailes les dépassent toujours un peu. Chez ces OEcanthes on ne distingne point d'ocelles.
La couleur de ces petits Orthoptères est d’un blanc jaunâtre uniforme, On les trouve sur les plantes; ils voltigent même sur les fleurs. Un observateuritalien, M. Salvi, nous a transmis les détails suivants sur cet insecte. La femelle, au moyen de sa tarière, perce les fibres les plus tendres ou les sarments encore verts de certains végétaux, et y pratique une ouverture jusqu'à la moelle, où elle dépose ses œufs. Le premier dépôt, qui n’esttordinairement que d’un œuf, une fois fait, elle recommence un peu plus loin. Ces œufs n’éclosent que dans le solstice d'été. Après l'éclosion, les jeunes larves se retirent parmi les plantes dans des lieux très-fourrés. d
Les GRYLLITES constituent le groupe le plus nombreux de toute la tribu. Le genre Gryllon (Gryllus, Oliv.) renferme une quantité considérable d'espèces dispersées dans toutes les parties du monde. Quelques-unes sont propres à l'Europe, et y sont fort communes. De ce nombre sont le Gryllon des champs (Gryllus campestris, Lin.), long de près de trois centimètres, ayant une tête grosse, bombée, d’un noir brillant, avec l'extrémité de la lèvre supérieure rougeâtre , le corselet noir, les élytres brunes ; ayant à la base une petite tache jaune, mal circonscrité, les ailes plus courtes que les élytres, les pattes noires, avee, le côté interne des cuisses postérieures rougeâtre. |
Ce Gryllon est très-commun dans notre p contre ses terriers dans tous les endroits un
-neux , et généralement exposés au midi. | Patte
Une seconde espèce, qui n’est guère plus r4 'e que la précédente, mais qui vit seulement dans les maisons, où elle se tient derrière les plaques de cheminée, dans les crevasses et les interstices des vieilles murailles, est le Gryllon domestique (Gryllus domesticus, Lin.), un peu plus
En
petit que le précédent et de couleur jaunâtre, avec deux signes sur la tête et une tache carrée sur le corselet de couleur brunâtre ; les élytres d’un jaune brunâtre, etc.
Les espèces de Platyblemmes se font remarquer par la forme singulière de leur tête; le type du genre, le Platyblemme ombragé (Platyblemmus umbraculatus, Lin.) est surtout commun en Barbarie; il vit sous les pierres, sous les feuilles sèches, etc.
Les SPHÆRIITES , ont pour seul représentant le genre Sphærium, auquel se rattache une seule espèce (S. acervorum, Panz.), de très-petile taille, et fort rare partout; on l’a trouvée quelquefois en France, en Allemagne; elle vit dans des fourmilières.
La seconde famille des Grylliens, les GRYLLOTALPIDES, renferme des Orthoptères dont la forme générale est trèsparticulière et dont les pattes sont disposées de manière à leur permettre de fouir; leurs antennes sont assez courtes, leur corps est allongé. Cette famille peut être divisée en deux groupes, les GRYLLOTALPITES et les TRIDACTYLITES. Au premier de ces groupes se rattache essentiellement le genre Gryllotalpa, plus connu vulgairement sous celui de de Courtilière; dénomination qui provient du vieux mot courtille, indiquant que ces Orthoptères fréquentaient surtout les courtilles : c’est ainsi qu’on désignait autrefois certains jardins (Gr. vulgaris) (pl. 13, fig. 6).
Quoi qu'il en soit à cet égard, les Courtilières, nommées aussi Gryllons-Taupes, Avant-Taupes, etc. , à raison de la forme de leurs pattes antérieures, qui représentent assez bien celles des taupes, ont été observées fort anciennement.
Les ravages qu’elles occasionnent dans les lieux cultivés ont dû en effet attirer l'attention des observateurs.
Les Taupes-Gryllons ou Courtilières , par la structure de leurs pattes antérieures, ne ressemblent à aucun autre insecte ; les jambes sont très-élargies et dentées de manière à représenter une sorte de main. Cette conformation singulière était indispensable aux habitudes de ces Orthopteres, qui secreusent des galeriés souterraines, et élèvent à la surface du sol de petits monticules avec la terre qu'ils en ont retirée.
Le corps est gros chez les Courtilières ; leur corselet ou prothorax ressemble assez à une carapace d’écrevisse, et enveloppe presque entièrement le sternum. Ce grand développement semble avoir pour but de donner aux pattes antérieures une insertion plus solide, et qui puisse leur permettre de faire des efforts considérables pour creuser la terre. Les pattes postérieures sont courtes et peu renflées, ce qui explique pourquoi les Taupes-Gryllons n’ont pas la faculté de sauter, et cela d'autant plus que leur abdomen est assez volumineux. Les élytres des mâles ont à leur base les nervures plus écartées que chez les femelles et aussi plus fortes, ce qui leur permet de produire une sorte de stridulation, mais qui est bien loin d’être aussi pénétrante que celle des Gryllons. Les ailes sont larges chez ces insectes, et se replient en forme de lanière ; leur longueur dépasse beaucoup celle des élytres.
On a regardé pendant longtemps les Courtilières comme des insectes phytophages; on supposait qu’elles ne creusaient la terre que pour dévorer les jeunes racines des plantes, et certains auteurs qui ont écrit l’histoire de la Courtilière n’ont pas hésité à lui attribuer une prévoyance et des instincts merveilleux,
Un observateur, M. Féburier, le premier qui ait tracé rigoureusement l’histoire de cet Orthoptère, et, depuis,
quelques nouvelles observations , qui ont confirmé celles de ce naturaliste, ont fait connaître aux. entomologistes les mœurs des Taupes-Gryllons.
On les rencontre surtout dans les champs cultivés, dans les jardins potagers ; elles demeurent dans un trou pratiqué sous terre, à une profondeur plus ou moins considérable, selon la dureté du terrain, ou l'intensité du froid , si c'est pendant l'hiver. Une galerie, ordinairement verticale, communique du sol à l'habitation de la Courtilière. En outre, notre insecte se Creuse de nouvelles galeries dans toutes les directions, qui aboutissent de différents côtés au trou vertical. Un tel travail exéeuté par des insectes d’une fécondité prodigieuse , explique les ravages que le cultivateur redoute tant des Taupes-Gryllons ; car, bien que l'on ait démontré que cet Orthoptère ne se nourrisse pas de végétaux, tous CEUX qui se trouvent sur son passage sont bientôt détruits. Enfin M. Féburier s'attache à démontrer que toutes ces galeries sont construites seulement pour pouvoir rechercher les insectes qui doivent servir à la nourriture de la Courtilière ; il ajoute qu’elle passe indistinetement à côté des plantes où à travers de leurs racines , et ne les détruit que lorsqu'elles sont tendres et plus faciles à entamer que la terre qui les environne.
Plusieurs fois on a vu des Courtilières se dévorer lorsque plusieurs se trouvaient ensemble, et de là on en a conclu encore qu'elles étaient carnassières ; mais, COMME nous l'avons déjà dit, ce fait prouve très-médiocrement , parce que des insectes réellement phytophages s’entre dévorent lorsqu'ils sont réunis dans un espace resserré.
Au reste, malgré les observations consciencieuses de M. Féburier, il ne faut peut-être pas regarder les Taupes- Gryllons comme vivantexelusivementd’insectes. Quelques © faits recueillis isolément tendraient à prouver que leur T. UM. ”
nourriture consiste plutôt en végétaux. M. Turpin en vit plusieurs individus qui mangeaient avidement des feuilles de romaine. On a remarqué, d'autre part, des racines qui avaient été rongées dans une grande partie de leur Iargeur, et certainement ce n'était pas dans le but de former un passage.
Les localités ravagées par les Courtilières n'offrent qu’une végétation jaunie et flétrie; ensuite çà et là on peut apercevoir, avec un peu d'attention, de petits monticules de la terre qu’elles ont retirée en creusant leur trou et leurs galeries. Plusieurs moyens ont été proposés pour détruire ces dangereux insectes ; mais ils sont d’une exécution bien difficile, sinon impossible, dans des étendues considérables.
Ils consistent à rechercher leur trou, qu’on emplit d’eau ou d'huile, ce qui ne tarde pas en effet à leur faire évacuer leur retraite; ou à placer en terre des vases remplis d’eau dans lesquels il viennent souvent se noyer,
C'est vers le milieu de l'été que l’accouplement a lieu chez les Taupes-Gryllons; les mâles, pendant la nuit ou le soir, font entendre leur chant pour appeler leurs femelles. Celles-ci établissent leurs nids ordinairement dans des terres assez fermes; elles creusent d'abord une galerie circulaire, et ensuite une autre retraite un peu éloignée de celle-ci. C’est dans la galerie circulaire, placée à une profondeur variable, suivant les circonstances, que sont déposés-les œufs, au nombre de deux ou trois cents. D’après M. Féburier, les Courtilières n’arriveraient à leur état parfait qu'au bout de trois ans. Tous les observateurs assurent que les femelles prennent le plus grand soin de leurs petits, et vont leur chercher leur nourriture.
Le second genre du groupe des Gryllotalpites, celui de
Cylindrodes, a été formé sur une seule espèce , de la Nou-
velle-Hollande, très-longue, cylindrique comme un tube,
et privée d’ailes. Ce singulier Orthoptère vit dans des ti- "ges de végétaux.
Le deuxième groupe de la famille des Gryllotalpides, les TRIDACTYEITES , est surtout représenté par le genre Tridactyle (Tridactylus) proprement dit, dont nous trouvons une espèce assez communément dans le midi de la France, en Italie, etc.; c’est le Tridactyle varié (7. variegatus, Latr.), long de cinq millim., d’un noir bronzé, avec le tour des yeux, les bords latéraux du corselet, et des cuisses postérieures blanchâtres, ainsi que quelques taches sur les pattes de devant.
e Les Tridactyles sont les plus petits Orthoptères connus ; ils ont des habitudes assez analogues à celles des Taupes- Gryllons, mais ils sautent avee une agilité remarquable
“ét à une hauteur très- considérable relativement à leur petite taille: aussi leurs cuisses postérieures sont très-renflées. Leurs jambes sont grêles, et portent des appendices mobiles allongés et fortement aplatis, la plupart situés à l'extrémité. Cette disposition permet à ces petits Orthoptères d'exécuter des sauts sur un sol très-peu solide, comme le sable, et de s’élancer de la surface de l’eau avec autant de facilité que sur le sable lui-même.
Les Tridactyles ont des habitudes très-semblables à celles des Taupes-Gryllons ; comme ces derniers ils creusent des galeries dans toutes les directions. Ils forment d'abord un trou vertical, et ensuite des galeries horizontales en n0mbre considérable.
Les mandibules de ces insectes , assez fortement dentées et creusées en dessus , paraissent bien conformées pour entamer le sable ; les jambes antérieures, élargies
AE
bise
et muniesen dessous de fortes épines, permettent à l’animal de rejeter en arrière les grains de sable détachés par les mandibules.
C’est toujours dans les sables près des rivières , des lacs : ou des mares, qu’on trouve les Tridactyles; ils y vivent ea très-grande quantité ; ils sont extrêmement abondants sur les bords du Rhône, et en général près de toutes les rivières dans le midi de la France aussi bien qu’en Italie. C’est à M. Foudras, entomologiste de Lyon, que nous devons les observations les plus intéressantes sur les habitudes de cet Orthoptère. D'après lui, leur nourriture ne consisterait qu’en grains de sable; il lesa vus en manger avec avidité et les rendre dans leurs excréments. Hl-a 1e marqué qu'ilstchoisissaient leurs grains de sable, et re taient ceux qui ne leur convenaient pas. Le travail qu'ils exécutentsemble n’avoir d'autre but que de chercherleur nourriture.
Il est plus probable, comme on l’a déjà avancé, qu ‘ils rencontrentdanslesable, soitde petitsanimaux, soit de petits détritus végétaux, etqu’un peu desable se trouve ingéré en même temps; car il est certain qu’une telle matière ne peut pas servir à la nourriture d’un animal articulé. C’est dès le commencement du printemps qu’on aperçoit les Tridactyles, dans les lieux bien exposés au soleil ; ils y sont à des états de développément très- différents, quelques-uns, à l’état parfait, ont passé l'hiver dans leur trou , les autres sont à l’état de larve, et sont éclos trèsprobablement à la fin de l’année précédente.
Les œufs des Tridactyles sont arrondis, trañsparents et jaunâtres ; les femelles les déposent au fond de leur trou, au nombre d’une quarantaine environ: L’éclosion des larves a lieu à des époques différentes, ce qui explique
af.
et |
DES INSECTES. 257 pourquoi où. rencontre en même temps des individus à tous les degrés de développement. es Ces petits Orthoptères entrent te ujours dans leur trou la tête la première, et n’en sortent jamais qu’à reculons ; aussi est-ce également la tête en bas qu'on les découvre blottis dans leur retraite.
Le genre Ripipteryx est très-voisin du précédent. Nous w’en connaissons que deux ou trois espèces américaines ; elles ne sont pas beaucoup plus grosses que les vrais Tridactyles. Le nombre des articles des tarses établit la principale différence entre ces insectes ; en outre , les ailes des Ripipteryx sont plus grandes et les filets terminaux de l'abdomen leur manquent:
SEPTIÈME TRIBU