‹ Histoire des insectes, traitant de leurs moeurs et de leurs métamorphoses en général et comprenant une nouvelle classification fondée sur leurs rapports naturelsChapitre 29 sur 58 · DIVISION DE LA TRIBU DES PROCTOTRUPIENS · texte numérisé non relu

DIVISION DE LA TRIBU DES PROCTOTRUPIENS

EN FAMILLES, GROUPES ET GENRES

1 Fam. PROCTOTRUPIDES, Ailes proportionnées à la dimension du corps.

Groupe 1. DIAPRIITES. Abdomen pétiolé, campanulé. Antennes de douze à quinze articles, insérées sur le front.

Genré 1. DIAPRIE. Lat. Antennes des mâles de quatorze articles; des femelles de douze. Ailes sans cellules.

Gre 2. CÉPHALONOMIE. Wes{.Antennes de douze articles dans les deux sexes.

Gre3.ANEUuRAyNCHE. Wes{w. Antennes des mâles de quatorze articles, et des femelles de douze. Ailes

ofirant une cellule marginale allongée.

Gre 4. GALÈSE. Curt. Antennes des mâles de quatorze articles; des femelles de douze. Tète pro-

longée en avant.

Gre 5. pARAMÉSIE. Wes/w. Antennes de treize articles.

Gre 6. mAsaLxs. Wesfw. Antennes de quatorze articles, dont le quätrième dilaté. Ailes ayant deux cellules marginales.

Gre 7. BÉLYTE. Jur. Antennes de quatorze arlicles dans les mâles et de quinze dans les femelles.

Ailes ayant une cellule marginale triangulaire.

Gre 8. uÉLORE. Latr. Antennes de treize articles. Ailes trèsveinées.

Gpe 2. PROCTOTRUPITES.Abdomen en clochette, presque sessile. Antennes de douze articles, iusérées au-dessous du front.

Gre 1. vnocrornüre. Lafr. ;

Gpe 3. GONATOPITES. Abdomen convexe, nullement en clochette. Antennes de dix articles.

Gre 1. BÉTUYLE. Lafr. Tête aplatie, plus large que le thorax. Antennes de douze articles.

Gre 2. ÉPYRE. Wes{w. Tête aussi étroite que le thorax. An-

tennes velnes de treize articles.

Gre 3. GONATOPE. Esenb. Antennes épaissies à l'extrémité. Tar- . ses ayant de très-grands crochets.

Gre 4. EvpOLÈME, Wes{w. Corps loug. Antennes de dix articles, insérées sur un tubereule frontal, filiformes et plus longues que le corps.

Gre 5. LABEO. Haid. Antennes filiformes avec le premier « article fort grand. Palpes maxillaires de trois articles. Gre 6. ANTÉON. Latr. Palpes longs, de six articles. Les tarses antérieurs en pince dans les femelles.

Gre 7. ArnÉLOPE. Dalm.

Antennes de dix articles. Palpes de six articles.

Gpe 4. CÉRAPHRONTITES.Abdomen en clochette presque ses-

Gre 1. CÉRAPHRON. Jar.

Gre 2. cALLICERAS. Æsenb.

sile. Antennes de dix à one articles, insérées près de la bouche.

Palpesmaxillairesde quatre articles.

Tarière cachée,

Palpes maxillaires de cingarticles. Tarière saillante,

Gpe 5. PLATYGASTÉRITES.Abdomen déprimé sessile, nullement

Gre 1. PLATYGASTER. Zalr.

Gre 2. INOSTEMME. Halid.

Gre 3. 1PHITRACHÈLE, Hal.

Gre 4. SPARASION. Latr.

Gre 5. scELI0. Latr.

Gre 6. rÉLÉAS. Latr.

Gre 7. némiste. Wes/w.

2° Fam. MYMARIDES.

Gpe 1. MYMARITES.

Gre 1. mymar. Halid.

en clochette. Antennes de dix à douze articles.

Antennes de dix articles. Abdomen allongé.

Antennes de dix articles. Abdomen cornu dans les femelles.

Antennes munies de bouquets de poils dans les mâles. Tarses de quatre articles.

Antennes de douze articles. Palpes maxillaires de cinq; les labiaux de trois.

Antennes de douze articles. Corselet plus court. Abdomen sessile.

Antennes de douzearticles. Pattes propres au saut.

Antennes de onze articles, insérées sur un tubercule frental. Ailes à peine plus longues que le thorax.

Ailes étroites, quelquefois linéaires, élargies à l'extrémité en une petite spatule.

Tarses de quatre articles.

Antennes de treize articles dans les mâles, de neuf dans les femelles , ayant une massue sans divisions annulaires.

Gre 2 EUSroouE. Hal Différant du genre Mymar par les antennes des femelles de dix articles avec la massue bien articulée,

Gre 3. ANAGRE. Hal. Différant du genre Mymar par l'ab-

d domen sans pédicule.

Gpe 2. OOCTONITES. Tarses de cinq articles.

Gre 1. LYTE. Hal. Antennes de neuf articles chez les femelles.

Gre 2. oocrone. Hal. Antennes des mâles de treize articles,

celles des femelles de onze.

Gre 3. ALLAPTE. Hal. Antennes des mâles de dix articles, celles des femelles de huit.

Deux familles basées sur quelques caractères z00logiques constituent la tribu des Proctotrupiens. La première qui doit nous occuper, celle des PROGTOTRUPIDES , est la plus nombreuse.

Elle comprend plusieurs groupes. Nous parlerons d’abord des praprirres; mais le manque d'observations ne nous permet pas de nous y arrêter. Ces Hyménoptères sont assez abondants dansnotre pays, où on les rencontre sur la terre et sur les herbes basses. Le genre Diaprie est le principal du groupe; les mâles sont bien remarquables par leurs antennes noueuses et par les bouquets de poils dont elles sont ornées. Il est à regretter seulement que nous ne sachions pas pour la plupart sur quels insectes ils déposent leurs œufs; cependant l’un d'eux, d’après M. Bouché, attaqueles larves des Cécidomyies (Diptères): Nous réunissons aux Diapries plusieurs genres, que nous regardons comme de simples divisions ( Platymischus, West. ,et Céphalonomie, Westw.). Tous les autres genres du groupe des Diapriites ne renferment généralement qu'une très-petite quantité d'espèces: les Hélores sont les

plus nombreux. Les Galèses sont les plus singuliers par 19,

la forme des mandibules, qui, étant très-prolongées, * constituent une sorte de rostre.

Le groupe des PRocrOTRUPITES est basé sur le seul genre Proctotrupe, qui se rapproche des Chrysidiens par plusieurs caractères zoologiques ; quelques espèces au moins déposent leurs œufs dans le corps des larves de divers Tipuliens (Diptères).

Les conarorires forment le troisième groupe de la famille des Proctotrupides ; on y rapporte plusieurs genres très-singuliers, qui paraissent se rapprocher des Scoliides. On sait déjà que certaines femelles, regardées comme des Béthyles, ont été reconnues comme appartenant au genre Tiphie, que nous avons mentionné précédemment. Quelques entomologistes pensent que d’autres femelles de Béthyles, deGonatopes et d'Épyris, sont armées d’un aiguillon, ce qui tendrait à démontrer que leur place est peut-être parmi les Sapigites ; mais la petitesse de ces insectes rend les observations très-difficiles.

Les habitudes d’une espèce de Béthyle, qui ont été étu-

diées par M. Haliday, tendent encore à confirmer ce rapprochement; mais il faut encore de nouvelles observations

pour nous fixer positivement sur la place que doivent occuper les Gonatopites.

L'espèce dont M. Haliday nous a signalé les mœurs enlève les chenilles de quelques Teignes (Lépidoptères) vivant sur des rosiers, où elle les arrache avec beaucoup de peine pour les emporter dans un nid construit en terre.

Cependant le Béthyle fourmi (Bethylus formicarius, Panz) a été observé avec le plus grand soin par M. Audouin. Cet Hyménoptère se trouve en abondance dans certains vignobles, où il court sur les ceps avec la plus

grande vivacité. Les larves de ce Béthyle vivent parasites sur des chenilles de Pyrale, mais elles se tiennent à l’extérieur, leur partie buccale seule se trouvant enfoncée dans la peau des chenilles. Ces larves sont d'un vert tendre dans le jeune âge, et leur corps estréniforme; mais en quelques jours elles changent de forme etde couleur ; toute la partie antérieure de leur corps pénètre dans la chenille, leur forme devient oblongue, leur couleur d’un jaune vif; elle passe ensuite à la lie de vin, avec des taches blanchâtres. Quand elles ont acquis toute leur croissance, elles quittent le corps des chenilles et se filent de petits cocons soyeux brunâtres. Toutes les larves qui ont vécu sur la même chenille font leur coque près les unes des autres en les réunissant par unesorte de bourre de soie.

Les Épyres diffèrent très-peu des Béthyles. Les Gonatopes paraissent avoir des mœurs analogues à celles de ces derniers ; ils se font remarquer par leur corps privé d’ailes et par l’étranglement du thorax. Il serait possible que tous ces Gonatopes fussent des femelles de quelques Béthyles.

Les Antéonssontdes plus faciles à reconnaitre par les crochets des tarses très-grands, en forme de pinces, comme celles des crabes et des écrevisses; on n’en connaît que peu d’espèces, assez rares dans notre pays.

Les divers autres genres du même groupe n’offreut aucune particularité à mentionner ici ; les espèces qui s'y rattachent sont peu nombreuses.

Le groupe des CÉRAPHRONTITES renferme essentiellement le genre Céraphron, auquel nous rapportons plusieurs coupes de certains entomologistes comme de simples divisions. (Microps, Hal.; Calliceras, Esenb).

Nous connaissons une quantité assez considérable d'es-

pèces de ce genre. Toutes sont répandues dans l’Europe centrale, et leurtaille n'excède pas ordinairement une ligne de long. C

Les larves de ces petits Hyménoptères vivent sur différents insectes. Le Céraphron de Charpentier (C. Carpenteri) vitaux dépens des Pucerons des fèves. Cette espèce appartient au genre Mégaspile de Westwood, qui nediffère des vrais Céraphrons que par peu de caractères. Un observateur allemand, M. Bouché, nous a signalé un autre Céraphron (C. Syrphii) qui attaque diverses espèces de Syrphes (Diptères).

Les PLArYGASTÉRITES forment le cinquième et dernier groupe de la famille des Proctotrupides. Le genre Platygaster est le plus nombreux du groupe : on en connaît plus de cent espèces, ayant souvent à peine une ligne de longueur : toutes sont de couleurs sombresou noires, mais très-luisantes ; ces petits insectes se font remarquer surtout par l’aplatissement de leur abdomen : leur présence dans diverses localités est souvent un bienfait; car ils détruisent en quantité considérable les larves de certaines Cécydomyies (Diptères), qui sont trop fréquemmentnuisibles aux céréales. Ce sont ces Diptères que nos Platygasters recherchent pour déposer leurs œufs. Les petites larves, après avoir dévoré les vers de la Cécydomyie, se filent de petits cocons soyeux, réunis en masse et protégés par la peau de leur victime.

Nousn’avons aucune particularité à mentionner sur plusieurs petits genres du groupe des Platygastérites fondés sur une, deux ou trois espèces, dont les habitudes sont encore ignorées.

Le genre Inostemme renferme particulièrement une espèce (J.Boscii), qui a été signalée comme vivant sur les

poires, mais il nous paraît plus probable que cet IFyménoptère venait attaquer d'autres insectes habitant ces arbres fruitiers.

Les Téléas, pendant leurs premiers états, viventdans les œufs de divers Papillons denuit; et, ce qu’il y a de curieux, c’est qu'un seul œuf peut servir souvent de nourriture à plusieurs individus de nos Platygastérites, pendant toute la durée de leur existence à l'état delarve. Aussi ces Hyménoptères sont-ils d'une petitesse extrême. Leur taille n'excède pas ordinairement un demi-millimètre de longueur. C’est parmi les plantes basses, quelquefois sur les fleurs, qu’on rencontre ces Téléas.

L'une des espèces les plus communes du genre est le T. des œufs (7. ovulorum, Lin.), qui est d’un noir brillant avec les jambes antérieures, la base des postérieures et lestarses d'un jaune testacé pâle ; c'est cet insecte qu’on voit sortir le plus souvent des œufs des Papillons nocturnes,

Quelques genres établis par les entomologistes anglais sontrapportés par nous aux Téléas comme en étant de simples divisions. (Xenomerus, Walk; Thoros, Hal.; Telenomus, Hal.; Gryon, Hal.)

La seconde famille des Proctotrupiens, les MYMARIDES, sont de très-petits Hyménoptères bien singuliers par l'extrême ténuité de leurs ailes et par la longueur de leurs antennes. On les trouve courant et voltigeant avec une grande activité sur les plantes basses; leurs transformations ont encore été peu observées.

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