LVIII LA CHARITÉ
—dit M. le baron GÉRANDO (1),—étaient autrefois appliquées indifféremment à l’une et à l'autre classe ; elles servent aujourd'hui à les distinguer (2).
Avec quel serrement de cœur on fait la visite des Hôpitaux! La crainte de la mort, chez la plupart des malades, leur fait invoquer avec une instance affligeante à voir, la prompte guérison de leurs maux, afin de les sauver contre les dangers qui les menace C’est alors que le zèle, la charité et l’habileté pratique du médecin se déploient, parce qu'il comprend la noble mission qu’il a à accomplir : celle de soulager, de consoler et d’encourager le malade, surtout quand il juge que cette influence morale peut être un moyen de guérison.
Un regard de compassion, un témoignage de bonté, un mot d'espérance, en effet, sauront ranimer le cœur d’un infortuné, éloigné des siens, accablé de tristesse et peut-être saisi d’effroi. C’est alors que chez le malade un charme céleste s'attache à toutes les paroles du médecin, qui pénètrent jusque dans l'âme, y portent la paix, la résignation et même jusqu'à la sérénité.
(1) De la bienfaisance publique.
(2) Quoi qu'il en soit, nous avons cru devoir placer dans ce volume les deux illustres Etablissements de l'Hôpilal- Général de Québec et celui des Sœuw's Grises de Montréal, qui appartiennent à la deuxième catégorie dont nous parlons, en considération de leur ancienneté et des services immenses qu'ils ont rendus au pays, depuis leur fondation jusqu'à ce jour, outre que leur histoire se trouve étroitement liée avec celle de la colonie.
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