‹ Histoire des institutions de charité de bienfaisance et d'éducation du Canada [microforme]Chapitre 41 sur 45 · HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL

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KOTEL-DIEU è DES ( À À A \ ‘M (TND à HONSPITALIERES DE ST, JOSEPH, + | AL Ÿ M | À MONTRÉA, | FONDÉ PAR 4 ? | } | 2 Madarre de BULLION et Mlle. MANCE. | | 1642, à $ , N même temps qu'une pieuse . . \ 22 association de personnes, en & France, s'intéressait à la fonda- } | ‘ $ ) | tion de Montréal, pour le salut : | 4 | des âmes des sauvages du Canada, | Dieu inspirait à deux cœurs de ! | prédilection, Mlle. MANCE et Madame ? | de BULLION, la pensée de s'associer > | RARE P ; à A\ | à l'établissement de Villemarie, en se consa- À \\ | crant l’une au service des malades, et l’autre | | à la fondation d'un Hôpital pour les y rece- ? \\\

Mlle. MANCE ayant été mise en rapport avec cette illustre Dame, qui connaissait le | dessein qu'elle avait formé de passer en la Nouvelle-France , celle-ci lui proposa de prendre soin d'un Hôpital qu’elle désirait fonder à Montréal. Mile. MANCE, de son côté,

qui s’'abandonnait aveuglément à la Providence, en traversant la mer, sans savoir ce | qu'elle voulait d'elle, crut voir dans cette proposition sa vocation; et dès lors elle

s’empressa d'accepter cette mission, si con- | forme à ses désirs. Elle était alors âgée de ! | 36 ans.

Lorsque les préparatifs de l’embarquement furent accomplis, au printemps de 1641, la recrue pour Montréal fut divisée en trois navires placés sous la conduite et direction d’un jeune gentilhomme de la Champagne, M. de MaAISONNEUVE. Dans l’un des navires se trouvait M. de MaAISONNEUVE avec 25 hommes et un Ecclésiastique pour les Ursulines de Québec ; dans un deuxième était Mlle. MANCE, accompagnée du Père LAPTACE ; et dans le troisième vaisseau se | trouvait le reste de la recrue.

La flotte arriva assez heureusement à Québec, mais dans une saison déjà trop avancée pour tenter de s'établir de suite dans | l'Isle de Montréal, où il n’y avait ni défriche- à ment de fait, ni maison, et rien de préparé pour la colonie. On se décida de passer l'hiver à Québec. M. de PUIZEAU, vénérable

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et riche vieillard qui demeurait à Sainte-Foy, : PET OUT ?

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mit à la disposition de M. de MAISONNEUVE et de ses gens sa maison de Sainte-Foy, ainsi que celle de Saint-Michel de Sillery, pour y passer l'hiver. Cette généreuse proposition fut acceptée, et M. de MauiSONNEUVE alla demeurer à Saint-Michel avec M. de PUIZEAU, Mile. MaANCE et Mme. de la PELTRIE, des Ursulines de Québec, qui s'était étroitement liée d'amitié avec cette Demoiselle depuis son arrivée dans la colonie.

Le printemps étant arrivé, les colons, au nombre de 45 hommes, reprirent leur voyage dans de petites embarcations, le 8 mai; et dix jours après ils prenaient possession du sol de l'Isle de Montréal, qu’ils commencèrent à défricher, après avoir assisté à la messe du P. ViMonT, qui fut la première célébrée sur cette Isle, et afin d’implorer la protection de Celle qui devait être pour tant de sauvages la Porte du Ciel !

Une petite Chapelle fut bientôt construite, en même temps qu'on y élevait les logements, et l'Isle elle-même fut consacrée à la Sainte- Vierge le jour de sa triomphante Assomption, le 15 août de la même année, 1642, et dès lors la paroisse de Montréal porta le nom de Ville-Marie. La population européenne de tout le pays pouvait alors s'élever entre 250 à 800 âmes.

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k he Madame'‘de BuLLION (1), qui avait mis elle-

même environ cinquante ou soixante mille

4 écus à la disposition de la Compagnie de Mont-

4 réal (2), pour la colonisation de l'Isle, disposa

à d'une autre somme de 42,000 livres, en 1644,

À pour commencer la fondation de son Hôpital ; | L. d'autres sommes également considérables

j suivirent celle-là dans les années qui se

à succédèrent , comme on le verra tout-à-

4 l'heure.

(1) Cette Dame avait perdu depuis quelques semaines

| Claude de BuzLiox, son mari, surintendant où ministre des À | | linances, mort à Paris d’une attaque d'apoplexie, la nuit ) | | du ?? au 23 décembre 1640 ; et cet événement, qui la laissait maitresse de grands biens, lui donnait toute facilité de suivre son attrait pour les bonnes œuvres. Son mari, outre les appointements ordinaires de sa charge, recevait tous les ans, le ler jour de janvier, cent mille livres, que le Cardinal de Richelieu lui envoyait, dans la persuasion où il | etait que l'intelligence et le désintéressement du surinten- À $ dant des finances ne pourraient être récompensés trop | | | . dignement. (Vie de Mlle. Mance, par M. l'abbé Faillon.) | (?) Cette Compagnie, formée par M. de la DAUVERSIÈRE ( | et M. l'abbé de Farvcaup, avait obtenu la propriété de l'{ste | de Montréal de M. Jean de Lauzox, intendant du Dauphiné, on vertu d'un acte passé le 7 août 1640, M. OLier, fondateur de l'illustre Maison de S{. Sulpice, à Paris, s'était joint au re.gieux projet d'établissement de l'Isle de Montréal, et y avait contribué par le don généreux de cent louis d'or qu'il avait versés à M. de la DaAUvERSIÈRE, pour l'aider dans ï { sa bonne œuvre. Le Père CHanzes L'ALLEMANT, ayant fait | | Fi | j connaitre aux intéressés M, de MAISONNEUVE, comme étant 0 (A1 | AR aussi pieux que brave, la Compagnie se l’associa et le à | | 4 Q% nomma Gouverneur de l'Isle de Montréal. CPE AN | TRPAN et PAT AN Û TES || | | Hi à f[ TR DR D D D D DD DLL DLL pont à * :

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Les travaux de construction ayant été poussés avec une grande activité, Mlle.

MANCE entra dans le nouvel hôpital le & octobre de la même année. Ce bâtiment, construit en bois, mesurait 60 pieds de long sur 24 de large, et était situé en arrière du | Fort, sur un terrain élevé (1).

À peine l'Hôpital venait-il d'être achevé, qu'il se trouva assez de malades et de blessés | pour le remplir, par suite des attaques inces- | santes et presque journalières des Iroquois | contre la nouvelle Colonie française. Mais

pour mieux mettre à l’abri des attaques le | nouvel établissement, on fit entourer l’enclos, | qui était de quatre arpents carrés, d’une forte et solide clôture de pieux. Les dépenses de | construction s’élevaient déjà à plus de 30,000 | livres, sans compter les sommes employées | pour le mobilier le plus nécessaire à un établissement de ce genre. Une nouvelle somme | ; de 20,000 livres fut donnée en 1645, par Madame la Fondatrice, vutre divers autres | petits dons. Trois ans plus tard, Madame de | BULLION, désireuse de consolider davantage

cette œuvre qui lui était si chère, ajouta une À nouvelle somme de 24,000 livres au capital de la fondation, ce qui éleva de suite ce capital à 60,000 livres ou 3.088 livres de rente annuelle.

En 1651, M. de MAISONNEUVE alla faire en

Qt) Le Fort de Villemarie occupait l'endroit que l'on nomma plus tard la Pointe à Callières.

France une nouvelle levée d'ouvriers et de soldats, afin de tenir tête aux Iroquois qui s'abattaient sans cesse sur Montréal, qui ne renfermait alors qu'environ 50 hommes, outre quelques femmes.

Arrivé en France, il eut la bonne fortune de connaitre Madame de BULLION, toujours si dévouée à l’œuvre de Villemarie. Celle-ci lui donna plus de 40,000 livres pour l'aider à payer les frais de sa recrue, laquelle coûta environ 75,000 livres à la Compagnie de Montréal. I1 s’en revint en Canada, au printemps de 1653, avec 108 hommes, tous ouvriers pleins d'adresse et de cœur, suivant l’heureuse expression d’un savant auteur (1).

Ces nouveaux ouvriers furent employés à construire un grand corps-de-logis à la’ fsuite de l'hôpital, d'environ 80 pieds de long sur 80 de large, pour y faire de nouvelles salles destinées aux malades, et y préparer une Chapelle où l’on püt célébrer les saints offices en attendant la construction d’une Eglise pour les fidèles de la colonie (2).

Mlle. MANCE, à son tour, songea à passer en France, en 1658, pour y aller chercher des Religieuses, afin de leur abandonner l'admi-

(1) Vie de Mademoiselle Mance, par M. l'abbé Faizcon, prêtre de Saint-Sulpice de Montréal.

2) Histoire de Montréal, par M. Dozuier de Cassox.

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