THEOLOGIE
Histoire des imtituUons de Moïse et du peuple hébreu, par J. Salvador.
3e édition. Paris, 1862, 2 vol. iD-8.
Il n'y a paft encore un siècle qu'un émdit aUemand, J. D. M ichaëlis, publia sur la législation mosaïque un ouvrage considérable, qui fut ifamédiatement accueilli avec la faveur la plus marquée. Ce succès était dû autaui à la science déployée dans cet écrit, qu*à Tampleur du cadre que s'était tracé le savant professeur de GœtlîBgue. Jamais la constitution donnée par Moïse au peuple d^sraël n'avait été éiudiée^d'une manière aussi complète. Micbaëlis, en effet, a examiné successive- #iuent dans l'œuvre de Moïse, le droit public, le droit civil, le (froit administratif appliqué aux intérêts de l'État, de la religion et des particuliers, enfin le droit criminel.
Ce grand ouvrage souleva cependant de vives critiques. Il se formait, à celte époque, en Allemagne, une école d'ar(^éologues qui prétendait, non eans raison, que le inremier devoir de l'hislorien est de se pénétrer de l'esprit de l'époque dont il raconte les destinées, et que rien n'est plus contraire à la vérité historique que de transporter dans l'aaiiquité des idées modernes et de prét^ aux anciens des niMiièffes de sentir ^ de penser qui ne sont* propres qu'a notre temps. Or, Michaëlis qui, dans un voyage qu'il fit ea Angleterre, s'était pris d'une vive admiration pour la constitution anglaae, avait cru voir dans la législation mosaïque tous les principaux traits de cette constitution ; de sorte que Ifoise, en sortant de ses mains, ressemblait moins à l'organisateur d'un petit peuple prinutif qu'à un homme d'État des temps modernes, et aurait pu, immédiatement et sans transition, ppésider avec toute l'habileté désirable un conseil des ministres de la Grande-Bretagne, et manier sans le moindre embarras les affaires les plus complexes et les plus difficiles du xvui« siècle. C'était là, an jugement de Técole de lleyne, ne rien comprendre à l'esprit de l'antiquité, et l'on s'accorda à reconnaitre avec Ëichhorn que, dans l'ouvrage de Michaëlis, les détails valaient mieux que l'ensemble.