MORALITÉ. XXI
reforme, que rautorité romaine, que le vicaire spirituel et temporel de Jésus-Christ a reçu la blessure providentielle, le coup inguérissable contre lequel nous le voyons aujourd'hui se débattre si tristement.
Mais qu'on ne s'y trompe pas ! ... Ce pouvoir qui, dans son essence, avait comme destination d'opposer une dictature par l'esprit à la dictature par le glaive, et une théorie d'abnégation à l'autorité abusive des richesses; ce pouvoir conserve assez de raison d'être, asëez de vie, soit pour réagir plus d'une fois encore et fortement, soit pour prendre une grande et légitime part à l'œuvre future et magnifique de transformation commune.
Je n'en dis pas davantage sur ce point : d'autres occasions se présenteront peut-être d'y revenir. A l'idée générale qui a présidé à l'ensemble de mes travaux, à leur moralité, je n'ajoute plus qu'un mot.
Quand on rencontre une expression nette, lucide de la préoccupation qui nous absorbe, il est permis de s'en emparer, sauf à en faire honneur à celui à qui on l'emprunte. Il y a peu de temps, j'entendais lire un écrit du révérend père Lacordaire, dont la perte afflige en ce moment la religion et les lettres. Je fus frappé de quelques lignes qui résumaient parfaitement l'objet et le lien de
tXII QUESTION RELIGIEUSE.
mes quatre publications. 4 la vérité le brillant orateur présentait sous la forme du doute, ne voyait qu'à travers un nuage et comme une apparence, le fait qui, pour moi, et depuis longtemps, est à Tétat d'aflSrmation et d'action. Voici tout simplement ces ligues expressives : « On dirait, s'écrie le » représentant moderne et quelque peu modifié de » saint Dominique, on dirait qu'après quinze siè- » clés d'union le monde est las de l'Église, l'Église » lasse du monde, et que l'heure approche où » l'œuvre qui porte le nom de Constantin dispa- » raitra dans l'avènement et le règne d'une autre » pensée. «