REVUE GERMANIQUE
tique; la deuxième,, celle que nous annonçons, et la troisième qui doit suivre, comprennent te second et le troisième siècle, t Tei fiait rentrer, dit Tauteur, dans ces deux volumes» tout ce qui se rapporte à la lutte entre le christianisme et le paganisme, remettant aux deux derniers l'immense élaboration dogmatique de cette époque féconde, élaboration poursuivie avec une liberté de pensée qui n'est égalée que par la puissance de la foi au sein des luttes périlleuses, mais salutaires, provoquées par rtiérésie; puis, tout ce qui a trait au développement de la vie religieuse et à Torganisation de la société chrétienne... La lutte entre le christianisme et le paganisme s'est poursuivie dans le domaine des faits et dans celui de la pensée. Retracer ce double combat^ en saisir le vrai caractère et les phases diverses, tel a été mon but. Le premier volume de cette série perte tout entier sur la lutte de TÉg^lise avec l'empire ; les rapides conquêtes de la religion nouvelle, sa méthode missionnaire si simple et si féconde, la persécution qui essaie de rompre par la force malérielte cet irrésistible élan, l'attitude des bourreaux et celle des victimes, les rapports de l'Église avec les divers empereurs, la physionomie morale des héros de ht foi pendant ces jours glorieux et douloureux, dégagés de toute auréole légendaire, voilà ce qui fait l^objet de ce volume. Le volume suivant (de la deuxième série) est consacré à la lutte du christianisme et du paganisme dans le domaine de la pensée. D'une part, la réaction païenne, si violenle et si fervente vers la fin du deuxième siècle, ralliant les forces de Tancten monde, et empruntant à la religion nouvelle toutce qu'on lui peut ravir, quand on ne veut pasde ce qui en constitue l'essence; d'une autre part, l'Église faisant face S ces attaques qui lui viennent de tous côtés, et leur opposant ces grandes apologies dont quaq%se»-^nes sont si admirablement appropriées à notre crise actuelle ; est-il au monde un signe plus grand et plus riche?... »
Ces lignes de la courte préface font suftisamment connaître le plan de l'auteur. La distinction entre l'histoire des faits et l'histoire des idées parait rationnelle à première vue, et, dans tous les cas, on peut dire qu'elle est presque usuelle. Toutefois, nous croyons pouvoir dire qu'elle est en désaccord avec la vraie méthode historique, et que, surtout, elle n'est point de mise dans une histoire du Christianisme. ÏjC Christianisme a été une idée se développant, se réalisant dans le monde; ce développement est quelque chose d'essentiellement organique, fort bien figuré par les paraboles évangéliques du levain et du grain de sénevé. Or on ne voit rien de ce développement organique dans l'histoire de M. de Pressensé. Dans tous les cas, eût-il mieux valu placer l'histoire des idées avant celle des faits; mais cela même n'eût pas suffi. Il n'y a d'autre manière de traiter l'histoire du Christianisme que celle dont F. C. Baur a donné l'admirable modèle dans ses trois volumes sur le ChristiaiHsme de l'Ëfllise chrétienne depuis leur origine jusqu'au moyen âge; mais nous devons noua empresser d'ajouter que cette manière implique une conception des choses qui n'est point celle de M. de Pressensé. M. de Pressensé croit au miracle : c'est son droit, cl personne ne peut y trouver à redire. Mais, comme Baur le fait très-bien observer « la tendance fatale de l'investlgatiwi historique est de faire dlpparaitre de l'histoire