‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébrenChapitre 3 sur 96 · BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE ET CRITIQUE · texte numérisé non relu

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE ET CRITIQUE

c'est en effet bien plutôt une apologie qu'une histoire des institutions mosaïques que M. Salvador a donnée au public français. Il était impossible, si Ton voulait répondre aux besoins de notre temps et de notre pays, de faire autrement, et à part quelques exagérations sans danger, parce qu'elles sautent aux yeux, il aurait été dilBciiede faire mieux.

En se plaçant au point de vue que la force des choses imposait à l'auteur de VHûUnre des mstiiations de Moise et du peuple hébreu y on ne peut s'empêcher de reconnaître que < il a vengé dignement le législateur des enfanls dlsraël, aussi bien des applications arbitraires et trop souvent sanglantes que l'Église a faites pendant si longtemps de plusieurs de ses lois, que des opinions erronées que les écrivains du siècle dernier, dans un esprit de libéralisme malentendu, avaient répandues sur son œuvre. On ne peut qu'applaudir aux efforts de M. Salvador, quand on le voit établir jusqu'à l'évidence qu'il est peu de législation, qu'il n'en est point peut-être, qui ait pris plus de soin de la vie, de la propriété et de la tranquillité de l'individu, et qui ait étendu avec autant de sollicitude sa protection sur le faible, le mercenaire, l'étranger. Certes, la législation mosaïque n'ayant en vue qu'une poignée d'hommes dont les rapports sociaux étaient très- peu complexes, est enfermée dans un cadre fort étroit; mais dans ce cadre étroit, elle ne manque pas de grandeur, et peut supporter la comparaison avec n'importe quelle législation des âges primitifs.

Enfin, il est des points sur lesquels les explications de M. Salvador satisferaient la critique historique la plus exigeante. Je n'en citerai qu'un, mais il est capital, il a très-bien mis en lumière que la législation mosaïque était un traité, un contrat entre Jéhovah et le peuple hébreu, une alliance, mot qui a été si souvent mal entendu par les théologiens et dont le sens primitif et vrai est restitué ici avec bonheur. J'ajouterai qu'à cette occasion, l'auteur de VHisioire des institutions de Mcise et du peuple hébreu établit, contre Bossuet et de Donald, avec autant de force que de raison, que la loi n'est pas seulement une régle^ mais une règle revêtue de ressentiment de tous *. Au reste, les sentiments du libéralisme le plus pur respirent dans tout cet ouvrage. On trouve à chaque page l'empreinte d'une âme droite, bonoéle, pleine de sollicitude pour les droits de la justice et la raison. Sans doute, cela n augmente ni ne diminue en rien la valeur littéraire et scientifique du livre; mais cela ajoute certainement quelque chose à l'effet moral qu'il produit sur le

lecteur.

Michel Nicolas.

Histoire des trois premiers siècles de VÊglise chrétienne, par Ë. de Prbssbnsé. Deuxième série : Ék grande lutte du Christianisme contre le paganisme. Les Mar^ iyrs et les Apologistes, 2 vol. in-8, Paris 1861, Meyrueis et Gie.

L'histoire des trois premiers siècles de l'Église comprendra trois séries de deux volumes chacune; la première série était consacrée à l'histoire du siècle aposto-

* MUurire des insiitutions de Moite et du peupUf hébreu, 1. 1, p. 3 et suiv.

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