‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 19 sur 67 · OO LIVRE IV. CHAP. III · texte numérisé non relu

OO LIVRE IV. CHAP. III

un riche d'entrer dans le royaume des cieux (96).» Dans cet état de choses, le conseil délibère ; les uns sont d'avis de le regarder comme un insensé (97) , les autres disent qu'il cherche à séduire le peuple (98). Gaïphe , le grand-sacerdote , que sa dignité même oblige à défendre la lettre de là loi, observe que ces dissensions seraient pour les Romains une raison d'accabler la Judée, et que rintérét de la nation devait l'emporter sur nn homme : il se constitue son accusateur (99). L'ordre est donné de le saisir. Mais arrêtons-nous sur un fait de la plus haute importance. Le sénat ne commence point par s'emparer de Jésus , comme cela se pratiquerait de nos jours ; il commence par rendre après débats un jugement pour qu'il soit saisi (100). Ce jugement est public; il est connu de tous , de Jésus en particulier. Aucun empêchement ne s'oppose à ce qu'il dépasse la frontière : sa liberté dépend en entier de luimême *, Ce n'est pas tout , ce jugement de prise

* Mais, dit-on , Jésus ne voulait pas s'exiler; il avait depuis long-temps annoncé sa mort comme devant accomplir les prophéties ; soit. Mais alors ce sont les prophéties qui Font fait mourir et nullement les Hébreux ; car si ces Hébreux eussent été plus forts qu'elles , et ne Teussçnt pas condamné , les prophéties se seraient trouvées fausses ; et si elles s'étaient trouvées fausses , Jésus n'aurait pas été dieu.\.. Ainsi, en suivant les conséquen-

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de corps a été précédé par un autre jugement , d'admonition. Un jour, Jésus étant entré dans le temple y y prit une autorité contraire au droit commun ; puis il prêcha le peuple et s'écria : «Que ceux qui auraient la foi eh lui pourraient faire toute chose, que lors même qu*ils diraient à une montagne, ôte-toi de ^à et jette-toi dans la mer, elle le ferait. » Alors les princes des sacerdotes et les sénateurs allèrent le b^ouver , et lui dirent : . « Par quelle autorité fais-tu tout cela ; qui t'a donné ce pouvoir (101) ? » *

Cependant un perfide découvre le lieu où s'était retiré le prévenu ; les gardes autorisés par le grand-pontife et par les anciens '*' accourent le

ces da système chrétien , on aarait eu de bien plus grandes plaintes à fiiire contre les Juifs , si par la non condamnation de Jésus ils avaient fait manquer toutes les choses annoncées. Avouons donc qu^on les a placés dans une position bien singulière ! Condamnaient-ils ! ils tuaient Dieu , its étaient déicides, Ke condamnaient- ils pas ! ils étaient bien plus déicides encore , puisqu^en mettant en défaut la vérité des prophéties et des paroles de Jésus-Christ , ils tuaient bien plus directement encore la divinité de Jésus- Christ lui-même.

* On se souvient que le sénat tenait ses séances sous un des portiques du temple. Dans ce temps-là le pontife préaidait le sénat , de sorte que les gardes du grand-prétre , des anciens et du temple , ne sont pas autres que la milice légale.

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