LIYEE IV. CHAP. III
saisir. Un de ses disciples , se mettant en révolte ouverte , abat d*un coup de sabre Toreille à l'un deux, et s'attire le blâme de son maître (102). Dès que Jésus est arrêté , Tenthousiasme des apôtres s'éteint : tous Tabandonnent (103). On le conduit devant le grand-conseil où les sacerdotes soutiennent l'accusation. Les témoins déposent, et ils durent être nombreux; puisque les faits qu'on lui reprochait s'étaient passés en présence de tout le peuple. Les deux témoins que saint Mathieu et saint Marc accusent de fausseté , rapportent un discours que saint Jean déclare vrai , sous le rapport de la puissance que Jésus s'attribue (104). Enfin le grand-pontife s'adresse à l'accusé, et lui dit : « Est-il vrai que tu sois Christ, que tu sois fils de Dieu? — Je le suis, répond Jésus ; vous me verrez dans la suite à la droite de la majesté de Dieu, qui viendra sur les nuées du ciel. » A ces mots , Caïphe déchire ses vétemens en signe de désolation'*: a Vous Tavez entendu. » On délibère. La question déjà soulevée parmi le peuple était celle-ci : Jésus s'est-il fait Dieu? Or le sénat jugeant que Jésus fils de
* Je répète que Fexpression fils de dieu cntrainait ici ridée de Dieu même ; le fait est déjà établi , et toutes les circonstances postérieures le prouvent. Notez de plus que |e ne cite que les chroniques d'une des parties de ce grand procès.