JUGEMENT DE JESUS
Joseph , né à Bethléem , avait profané le nom de Dieu en l'nsarpanl pour lui-même, simple citoyen , lui fit l'application de la lor sur le blasphème, et de la loi chapitre xin da Deutéronome et article 20, chapitre xyiii, d*après lesquels tout prophète, même celui qui fait des miracli^s , doit être puni, quand il parle d'un Dieu inconnu aux Hébreux et à leurs pères (105): la peine capitale fut prononcée. Quant aux mauvais traitemens qui suivirent la sentence /ils sont contraires à l'esprit de la loi hébraïque; et ce n'est pas dans Tordre de la nature, qu'un sénat composé des hommes les plus respectables d'une nation; qu'un sénat qui se trompe, peut-être, mais qui pense agir légalement, ait permis de pareils outrages envers celui dont il tenait la yie entre ses mains. Les écrivains qui nous ont transmis ces détaits, n'ayant pas- assisté euxmêmes au procès , ont' été disposés à charger le tableau, soit àcause de leurs affections propres , soit pour jeter sur les juges uneplus grande défaveur. Une chose certaine, c'est que le conseil se rassembla de nouveau dans la matinée du lendemain ou du surlendemain (106), comme le vent la jurisprudence, pour confirmer la sentence ou l'annuler : elle fut confirmée. On fit conduire Jésus devant Pilate , le procurateur que Rome avait imposé aux Hébreuxt Ils avaient conserve
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la facaUé de juger selon leurs lois , mais dans les mains du procurateur seul résidait le pouvoir exécutif : tout coupable ne pouvait périr que par son consentement, afin que le sénat n*eût pas les moyens d'atteindre les hommes -vendus à l'étranger \ Le romain, Pilate; signa l'arrêt. Ses soldats , mélange impur de diverses nations , furent chargés du supplice. Ce sont eux qui amenèrent Jésus au prétoire, qui le dépouillèrent devant toute la cohorte, qui lui mirent sur la tète une couronne d'épines et un roseau à la main , qui exercèrent les barbaries auxquelles est disposée la populace de tous les âges, qui lui firent subir enfin un supplice commun à Rome , et qui n'était pas en usage chez les Hébreux (107). Mais avant
*Les fonctions de Pilate étaient de s'informer en quoi les sentences touchaient ou ne touchaient pas à Tintérét de Rome : là finissait son rôle. Aussi n'y a-t-il pas lieu de s*étonner que ceprocurateur , fort peu au courant sans doute des lois judaïques, n'ait pas reconnu personnellement que Jésus fût coupable , et cependant ait signé Tarrét. On verra plus tard qu'il y avait alors plusieurs partis chez les Jui&, parmi lesquels les hérodiens ou les serviles , partisans de la maison d'Hérode , et dévoués à l'étranger. Ce sont eux qui parlent toujours de César, de rendre à César, du tribut de César; ce sont ebx qui insistent sur ce que Jésus se prétendait roi des Juifs : mais ce chef d'accusation ne fiit compté pour rien devant le sénat, et n^était pas de nature à entraîner seul la peine capitale.
TeTécntion , le gouyernesir ayfui accordé au con-r cianiiié l'appel au peuple qfui, respectautte jugement de son' conseil , ne voulutr point faire grâce^ et motiva son refus en ces termes : « Nous avons une loi; d après cette loi., il doit mourir, car il s'est fait fils de Dieu (108)..» Alors Pilato laissa le choix de sauver ou Jésus , ou lin homme ac-? cuséd^ meurtre dans ;ùnè révolte : le peuple se déclara pour celui-ci, en disant que l'autre jetait dans le sein de la nation des semences de discorde , au moment où r.iinion était le plus nécessaire *.
Jésus fut mis à mort. Les sacerdotes et les sénateurs se rendirent au lieu du supplice ; et comme la sentence avait reposé sm* ce fait , qu'il s'était illégalement arrogé le titre de fils de Dieu, Dieu lui-même , ils l'interpellèrent ainsi : u Tu
• Le renvoi que , selon FEvangile de saint Luc , Pilate aurait fait de Jésus devant Hérode , n'est pas répété par • les autres Évangiles, et ne change rien à la question judiciaire. Hérode- Antipas , tétrarque de la Galilée et de la Pérée , n'avait aucun pouvoir dans Jérusalem, A son passage dans cette ville , Pilate , suivant saint Luc , aurait par déférence fait comparaître Jésus devant cet allié des Romains, à cause que Jésus était surnommé Galiléen, quoique originaire de Juda. Mais à quelque tribu qu'il appartînt, la nature de Faccusation aurait toujours exigé d'après le droit hébreu , qu'il fût jugé par le sénat de Jérusalem.
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veux sauver les antres ^ et tu ne peux pas te sauver. Si tu es réeUement roi d'Israël , descends au milieu de nous, et nous croirons en toi : puisque tu as dit, je suis le fils de Dieu., que Dieu qui t^aime vienne en ce moment a ton secours (100).a D'après TÉvangéliste , ces paroles étaient une moquerie : mais la nature des personnes qui les prononçaient , leur dignité , leur âge , Tordre qu'elles avaient suivi dans le jugement, prouvent leur bonne foi. Un miracle à celte heure même n'eût-il pas été décisif?
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