‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 41 sur 67 · LIVHE TI. — CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVHE TI. — CHAP. III

désigné pour lt|i succéder. Une bataille donna le sceptre â Aristobule , et Hyrcan , homme débonnaire, aurait volontiers consenti à rester tonte sa vie la seconde personne de l'État , sans les conseils de Tlduméen Antipater qui avait capté sa confiance et qui se proposait de saisir pour son propre compte tout le pouvoir qu'Hyrcan parviendrait à acquérir.

Ses projets réussirent. Les Arabes et Pompée , dont Torgiieil avait révolté Artstobi^le , se déclarent pour lui. Aristobule , fait prisonnier, est traîné à Rome avec toute sa famille. Antipater, devenu comme le délégué des Romains, exerce la souveraineté sous le nom du faible roi ; tous les partis, les saducéens, les pharisiens de bonne foi , et les ambitieux, sMndignent du joug nouveau qui leur est imposé : ils n*ont pas de peine à prévoir que Tespace qui sépare ce ministre du trône sera bientôt franchi. L'audace d*Hérode son second fils, revêtu des fonctions de gouverneur de la Galilée , ajoute à leur crainte. Us songent à le renverser par des voies légales ; leurs efforts sont vains. Les fils d*Aristobuie et ce prince luimême , s'étaient échappés dé Rome ; le souvenir de leurs ancêtres leur procurait de nombreux partisans. La fortune leur fut contraire. César voulut les protéger ; mats Pompée se délivra dti père et de Tun des fils, par le poison et par le

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supplice. Bome avait étaodu &%, main de fer sur la Judée. Cependant Antipater meart empoisonné. Le fiU d'Aristobule, Antîgone, se rend mailre de Jérusalem et se proclame roi ; Hérode , assisté des Romains , le fait prisonnier et obtient d'Antoine qu'on lui tranche la tête dans Antiocjie \ Malgré son courage , ses conquêtes et sa magnificence , quel homme que cet Hérode! Succès»

sivement aux pieds de Pompiée et de César, de Cassius , d'Antoine et d'Auguste , il court chercher à Rome la royauté de la Judée ; et .toutes les horreurs d'un siège, le carnage « la dévastation, les imprécations des Juifs expirans signalent son couronnement à Jérusalep3. Les protestations con» tre lui et les insurrections sont étoufifées par la multitude des gardes romaines, gauloises, germaines et thraces dont il est entouré. Ses efforts tardifs pour plaire au peuple ne diminuent rien à la haine qu'on lui porte. Son ambition Ta précipité dans les voies les plus tyranniqnes, les plus criminelles; il a fait mourir tous les membres du sénat;

* L*an 39. Depuis la mort d'Alexandre Jaunée , guerre ' en Espagne , soutenue par Sertorius que les Romains font assassiner en 72, comme ils avaient fait a Tégard de Viriathe. Continuation des guerres de Biithridàte. Guerre des esclaves de la Campanie et des gladiateurs commandés parSpartacus ; Lucullus , Çrassus , Catilina , Pompée , César, Brutus, Auguste.

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il a fait mourir les principaux juifs; il fait mourir le faible Hyrcan II son bienfaiteur, le jeune et séduisant Aristobule son beau-frère, dernier rejeton de la race des Machabées; il fait mourir sa propre femme, sa belle-mère, son oncle, trois de ses fils*; enfin , dans la première année de Tère vulgaire qui correspond à la quatrième de la naissance présumée de Jésus, il mourut, après trenteneuf ans de règne, d'une maladie très-cruelle ; et au milieu de ses angoisses , il couronna sa trop longue Tie en adressant , dit-on , ces paroles à la perfide Salomé , sa sœur : « Je sais que les Juifs célébreront ma mort par de grandes réjouissances; mais exécutez ce que je veux, et ils pleureront, et mes funérailles seront fameuses. Dès que j'aurai rendu le dernier soupir , commandez à mes soldats d'environner l'Hippodrome et de tuer tous les citoyens que j'y ai fait enfermer : il n'y aura pas une seule maison en Judée qui ne verse des larmes. »

Et c'est à Hérode que Josèphe , jaloux de plaire aux Romains, ose accorder le surnom de Grand ! Mais bientôt la vérité, l'arrachant comme malgré lui à la fausse position où il s'est mis , lui dicte ce jugement expressif: « On n'avait

* J*aimeraÎ8 mieux être le pourceau d*Hérode que son fils, disait Tempereur Auguste.

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jamais tu de prince plas colère , plus injuste , plus cruel , ni plus favorisé de la fortune (117). » Les trois successeurs d'Hérode se disputent le trône ; Auguste partage entre eux le pays , suivant le testament de leur père. La' Judée , la Samarie , lldumée reviennent à Archélaiîs , avec le titre de roi; la Galilée au nord de la Samarie et la Pérée , ancienne possession des tribus de Ruben et de Gad , a Hérode Anttpas , avec le titre.de tétrarque ; la Satanée , la Tfaraconite , TAuranite , qui comprennent la portion de la demi- tribu de Manassé , au-delà du Jourdain , jusque dans les plaines de Damas , à Philippe. Les Hébreux protestentpar des ambassadeurs et par des insurrections. Neuf ans après , Archélaiîs^ destitué sur un ordre d'Auguste , va mourir à Vienne , dans les Gaules. La Judée devient une province romaine à laquelle le vainqueur laisse ses lois. Goponius est fait procurateur , sous la dépendance du gouverneur de Syrie : il a pour successeurs Marcus Ambivius et Annius Rufus.

Tibère nomme ensuite Ponce»Pilate , doTenu fameux par le rôle qu'il joua dans le jugement de Jésus-Christ , et que la foule prend pour un juif. Alors il n'y avait aucun souverain à Jérusalem , du nom d'Hérode. J'ai dit que l'espèce de démêlé que signale saint Luc entre le tétrarque de la Galilée et le gouverneur qui , par un senti-

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mcttit dé déférence, anrait à son partage ebfoyé devant ce prince , Jésas , qu'on sornommait le Galiléen , n'est pas affirmé par tes antres É^angiles.Hérode Antipas, malgré son désir , ne reçut jamais Théritage d'ArcfaéiaCis : il resta dans sa tétrarchie, qui était séparée de la Judée proprement dite , par la Samarie et par le Jourdain. Cest là que, dans la crainte perpétuelle des insnrrections , il fit mourir un juif très-vertueux, appelé Jean , et surnommé Baptiste , qui , suivi par un grand concours de peuple , prêchait d'unir la pureté de Famé à celle du corps , et ne craignait pas de frapper de ses censures la bellesœur du tétrarque , devenue sa femme , contre la volonté des lois. Les Juifs , indignés de cette tyrannie, regardèrent comme unepunhion dn Ciel la défaite qu'il éprouva bientôt en combattant on roi des Arabes* Avec l'autorisation de Galigula , Agrippa, petit-fils D'Hérode 1«' , avait été proclamé roi de Judée. Hérode tétrarque, jaloux, se hâta d'aller récriminer devant l'empereur : SI °V g^iiA quo sa destitution et son exil a Lyon , dans les Gaules, avec l'ambitieuse Hérodiade,sa femme , cause de son malheur.

A la mort d'Agrippa, l'an 44, après sept ans de règne, la Judée reliomba sous la main des procurateurs. L'empereur Claude forma pour le fils de ce prince , car les royaumes codtaient si

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peu anx Romains , un poyauoie de Calcide àocru des tétrarchies d'Antipas et de Philippe. Il lui laissa en même temps sur le temple et sur les pontifes un pouvoir souverain dont Agrippa II fit le plus déplorable usage. Cuspius Fadus, Tibère Alexandre, Gumanus , Félix frère de Pallas favori de Néron, Festus , Albinus , se succèdent dans le gouvernement » et fatiguent de leurs excès un peuple sans cesse travaillé par le besoin de Tin-r dépendance et même de la liberté*. Blessés dans leurs intérêts nationaux, dans leurs intérêts privés, dans leurs personnes, dans leurs croyances , dans leur culte , dans leur orgueil , tous les Hébreua &e disent bientôt qu'il faut tenter un dernier ejBfortf et que la mort, en se vengeant des oppresseurs » est préférable à une si malheureuse existence.

Les insurrections partielles se multiplient, un nombve considérable d'assemblées populaires excitent Tenthonsiasme dans Jérusalem; des ban* des organis^éefi parcourent les campagnes en prê« chant la nécessité de secouer le joug . Tout annonce une action générale : le feu. éclate sons la proCn*» rature de Florus qui avait remplacé Albin us et surpassé en àvai*ice et en cruauté tous ses pré* décesseurs. Jamais guerre pins juste, plus légiti* me , plus nationale ! Jamais sur un théâtre auMÎ circonscrit les Romains nVvaient éprouvé une résistance plus opiniâtre , plus terrible. Et quand

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on songe qae de -violentes discordes civiles ruinèrent l'État, autant qae le ferde rennemi,il est permis d*hésiter sur le résultat définitif de la guerre ou du moins sur sa durée ; si les circon* stances avaient été moins accablantes , si la nation eût développé son énergie avec plus de mesure , si d*autres peuples mécontensdes Romains eussent agi de concert. Tandis que les héritiers d'Hérode plaidaient à Rome, les Juifs avaient déjà assiégé une I égion qui fut dégagée par Yarus, gouverneur de Syrie , accouru à la tête de forces supérieures. Alors ils chassèrent Agrippa II , qui les engageait à se soumettre , et avec lui toutes ses troupes. Ils s'emparèrent de plusieurs forteresses , et ils firent subir une honteuse défaite à Ces tins Gai lus , autre gouverneur de Syrie qui commandait à plus de vingt mille hommes*

Trois partis principaux existaient à Jérusalem : les amis de la famille d'Hérode et des Romains, qui signalaient pour premier devoir de payer le tribut à César; le parti modéré , désireux de combattre , mais seulement jusqu'à l'heure où l'on pourrait obtenir «des conditions avantageu;ies ; les %él(UeuT9 ou exaltés qui entraînèrent toute la nation , et, qui, sans considérer la force de leur adversaire , prêchaient une guerre d'extermination contre lui et contre tous les hommes asse2 lâches pour traiter avec loi ou le servir de quel-

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que manière que ce fut. Ce pai*ti ayait commencé à s*organtter sons le gouvernement de Goponîus , par les soins de Judale Galiléen , et il avait formé des sociétés secrètes , d'autant plus redoutables qu'elles exécutaient en plein jour des arrêts ren-> da dans Tombre (118).

Le . conseil général d'insuiTection et de défense s'ouvrît à Jérusalem. Les modérés 7 obtinrent lavantage ; ils n'oublièrent rien pour ramener à eux par la douceur le parti attaché aux Romains (119). Ils avaient pour chef le grandpontife Ananus* « C'était ^ dit Josèphe , un homme d'un mérite et d'une probité au-dessus et tout éloge ; nul autre ne désirait plus ardemment de conserver la liberté à son pays , et l'autorité à la république; il préférait l'intérêt général à son intérêt particulier, et, sous sa conduite, les Juifs auraient pu donner assez d'affaires aux Romains pour les porter à un accommodement juste et raisonnable (120). » Mais la voix d'Anannsne ponyait être long-temps écoutée. Dans une conflagration aussi vive , dans un choc militaire où Ton avait besoin de centupler la force des bras par l'exaltation des têtes , il 7 avait quelque défaut de connaissance des choses à vouloir poser d'avance et ouvertement des limites aux efforts qu'on allait faire , et à parler raison avant le combat à des hommes soupçonneux , chez qui un sen-

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timeni comprimé pendant plus d'un siècle édft* tait avec Yiolence. Aussi la scission tut-elle prompte ; aussi , loin de calmer i*irritation des esprits, le parti modéré sema des défiances, accrut cette exaltation même, et fut anéanti enpea d'instans. Cependant ses principes ne différaient en rien de ceux des zélateurs . Ananas avait parlé en ces termes : « On tous pille, et vous le souffrez; on TOUS outrage , et tous tous taisex«.... Ne TOUS réTcillerez-TOus jamais d'un tel assoupissement , et serez-Tous plus insensibles quelesbétes qui, en regardant leurs plaies , s'animent contre ceux de qui ils les ont reçues ? Il semble que Tamour de la liberté, la plus forte et la plus naturelle de toutes les affections, soit éteint dans to* jtre cœur , et que celui de la servitude ait pris la place; comme si nos ancêtres nous UTaient inspiré avec la Tie le désir d*éta*e assujettis , eux qui ont soutenu tant de guerres contre les Égyptiens et les Assyriens afin de rester libres ! Mais pour* quoi alléguer sur ce su[et l'exemple denospères? Quelle autre cause que le dessein de recouTrer notre liberté nous a engagés dans cette heureuse ou malheureuse guerre contre les Romains ? Quoi ! nous ne pouTons souffrir davoir pour maîtres les inaîtres du monde, et nous accepterions pour tyrans des hommes de notre propre na* tion (121)7... »

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Dans le conseil général , ce pontife fui nommé gouif erneor civil de Jérusalem , en même temps c[ae Joseph fils deGorion gouversear militaire; Jésus fils de Saphas, etÉléazarfils d'un grandsacrificateur^ eurent le commandement de. Tldunaée; Joseph fils de Simon celui de Jéricho; Manassé celui du pays situé au delà du Jourdain; Jean TEssénien le commandement de la contrée maritime ; Jean fils d'Ananias le commandement de TAcrabatane; enfin Flavius Josèphe fils de Mathias le commandement de la haute et basse Oalilée. Ce derniçr est Thistonen , habile capitaine, mats entièrement dévoué aux Romains»

C^est pourquoi son histoire, écrite à Rome même, sous les yeux du vainqueur, doit être lue avec une grande défiance pour tout ce qui regarde les zélateurs, qu'il s'efforce de rendre d'autant plus odieux que leurs principaux chefs s'étaient dé-* clarés ses ennemis personnels» Combien ses écrits n'auraient'ils pas acquis un nouveau degré d'intérêt, si un zélateur de bonne foi nous avait tracé les mêmes évènemens sur une terre à l'abri de la puissance romaine !

Tous ces commandans généraux avaient ordre de correspondre avec le grand-conseil et de le tenir avis^ (122). Mais la plupart des choix ne. convinrent pas à la ma^se des zélateurs qui, dans la crainte des transactions avec l'ennemi , se crée-

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rent des chefs particuliers et indépendans. Les plus fameui sont : Jean de Giscala , que Josèpbe, qui avait eii avec lui de graves démêlés , peint en ces termes : « Méchant homme, grand Irompeur , inconstant dans ses affections , ne mettant pas de bornes à ses espérances , ne reculant devant aucun moyen pour réussir;.. .très-impérieux, souffrant avec impatience de partager Tautorité. Les uns le suivaient par crainte, les autres par attachement, tant il était difficile de se défendre de ses artifices et du pouvoir qu'il possédait de persuader^ très-brave et n'ayant pas moins de tête que de cœur* Simon fils de Gioras ; moins artificieux que Jean , plus jeune, plus vigoureux , agité par une égale ambition et doué de plus d'audace. Il fut d'abord chef d'une petite bande insurgée qui devint une armée véritable ; il s'attirait les esclaves en leur promettant la liberté, les hommes libres par l'espoir des récompenses, et les personnes les plus considérables du peuple, par son courage et ses succès. Enfin Éléàzar fils du sacerdote Simon , qui s'était mis l'un des premiers à la tête des zélateurs , partageait toutes les passions de ses rivaux et avait une réputation méritée pour le conseil et pour l'exécuiion (123). »

Cependant les gouverneurs de Jérusalem se préparaient à la guerre , relevaient les fortifica-

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tions , fiûsaient forger de ious côtés des armes. On disposa tOutqs los machines enlevées a Cestins , dont leur habitude de se battre en rase campagne, et les longues années écoulées depuis qu'ils n'avaient pas fait ni soutenu des sièges, leur rendaient Tusage difficile. La jeunesse tout entière s'exerçait avec joie, et la chaleur d'un si grand mouvement la remplissait d'agitation et de tumulte (124).

A la nouvelle du désastre de Gestius , Néron , jugeant combien cette guerre, dans l'état de fermentation de l'Orient, pourrait devenir dangereuse, avait fait marcher le plus expérimenté de ses capitaines , Yespasien , à la tête de soixante mille hommes. Il porta en tous lieux la flamme et le fer, ne manquant pas d'appeler du nom de factieux , de rebelles , de brigands , les hommes qui osaient former le projet de secouer le joug des procurateurs dont les avait favorisés Temptre. Mais ce qui était plus redoutable pour les Juifs , que les talens du général et la force deson armée, c'est la corruption dont les Bomains savaient si habilement se servir ; l'art avec lequel ils semaient chez leurs ennemis, des défiances, des rivalités, des haines, des discordes; avec lequel ils détachaient la cause des chefs , de celle de leurs adhérons; avec lequel ils opposaient ceux qui se laissent aisément séduire pai* l'espoir

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de la paix, aux hommes convaiDcas qa'onne pourrait repousser la servitude que par la guerre. Tandis qu*un de ses iieutenans , Géréalis , se dirige contre la Samariot et de là contre Joppé, que Titus son fils et Trajan , chefde la 10' légion, dont le neveu devint empereur , vont battre Japha, ville de Galilée, il assiège en personne Jotapat où commandait Josèphe. Déjà on avait pu s'assurer que les protestations des Juifs ne se dissiperaient pas en vaines paroles , et qu'ils tien* draient au delà de ce qu'ils s'étaient prorois. Après quarante-sept jours d'une héroïque résistance, la garnison de Jotapat s'ensevelit sons se» raines. Le gouverneur seul , non content d*obtenir la vie sauve, os^a briguer la faveur du chef romain , et excita dans tout le peuple une indignation qui caractérise l'état des esprits , et qui explique les souvenirs peu honorables que, malgré ses talens militaires et sa réputation bien fondée comme écrivain , Josèphe a laissés parmi les Juifs. «La renommée toujours prompte à répandre les mauvaises nouvelles , dit-*il lui-même avec une étrange franchise, porta aussitôt à Jérusalem le malheur de Jotapat. On assurait que Josèphe était mort en combattant. Toute la ville en fut si affl^[ée qu*on s'imposa pour lui pendant ti*ente jours- un deuil ' extraordinaire. Mais dès qu'on sût comment les choses s'étaient passées,

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<pM% éi^ tombé vivant an poiiToirdes Romains, et que leur général , loin de le traiter en prison* nier, lui rendait des honneurs, cet amour extrême se convertit en une haine violente ; on lui prodigua les noms de lâche et de traître, et tin cri universel répéta desimprécationsGontre]ui(125).

Un an s'était écoulé sans que les conquêtes qui devaient précéder le siège de Jérusalem fus*^ sent terminées. Yespasien^ appelé à l'empire , en laissa la charge à Titus qu'il entoura des meil-» leurs capitaines , des meilleures légions , et d'un nombre considérable 4'ftu^îliaires. Le parti modéré n'avait plus de che£s ni d'influence. Après avoir souvent dirigé leurs armes les unes contre les autres , et fait couler des flots de sang, les diverses fractiobs dès xélateurs s'étaient enfei^mées dans Jérnsalem et s'étaient fondues dans les deux eorps cofnmantdés par Jean de Giscala et Simon. Chose étonnante ! leur ardent enthousiasme , comme il est arrivé ches les Musulmans, et chez tant d'autres peuples, n'était nullement excité par l'espoir des récompenses infinies réservées à ceux qui trouverâîenlla mort dans les combats, mais pat* la nécessité d'une indépendance entière ponr le bonheur de la nàtioné Plus de servitude y ou la joftort! voilà leur cri de guerre»

Tacite qui, cédant à l'habitude on étaient les Romains de traiter de barbares tous les pei^>les

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