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la Syrie. Israël avait ses hommes senriles, des citoyens impies qui s'étaient déclarés en faveur de l'étranger contre les indépen dans hébreux» et que Juda aVait forcés de fuir. Guidés par io méchant Alcirae qui ambitionnait ia grande sacrificaiure , ils incitèrent I>éroéti*ius à continuer la guerre de Judée. A la faveur de ses troupes , ils entrent dans le pays» portant la paix sur les lèvres et la vcngcauce au fond du cœur. Malgré les promesses les plus solennelles , leur fureur éclate bientôt. L'indignation qu'ils . soulevèrent prouve la loyauté dont se piquaient alors les patriotes Juifs. Le peuple; afiligé et effrayé, se* cria : < Ces hommes manquent de vérité et de droiture, car ils ne craignent pas. d'enfreindre Taccord. et le serment qu'ils avaient laits (111)« » Mais le héros hébreu ne tarda pas à les at< teindre , et à les dissiper comme la fumée. Démétrius irrité envoie Nicanor tenter de nouveau le sort des combats. Ce généiMil , célèbre pariui les siens , ne rougit pas de descendre à la trahison : il n'y gagna que de la honte. La bataille se livre, Nicanor succombe, son armée est taillée en pièces, et les Juils instituent une fête annuelle, dans le mois de février, en l'honneur de cette victoire. Cependant les troupes de Juda , qui depuis cinq ans n'avaient cessé de combattre, étaient épuisées ; il fait alliance avec les Ro-
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maios ; mais Avant d'avoir l*6ça des sécotirs , Bacfaide « charge de venger la défaite deNicanory lai présente la bataille* Le chef hébreu n'avait qae trois mille hommes^ Devant dés forces si inégales, la terreor entre dans son camp ; bientôt il ne commande plus qu'à huit cents hommes d'élite , qni l'engagent à la retraite. « Dieu nous garde defoir, s'éérîe-t^il , si notre heure est vcnae, moUrons ponrnos frères et n'obscurcissons notre gloire par aucune tache (112). » Il fait sonner la charge ; l'impétuosité des attaques multiplie sa troape ; l'aile droite de Tenhemi est enfoncée; mais ' on le tourne , on l'enveloppe, il tombe et meurt. Ah ! que Thi^toire nous montre beaucoup de héros qui , dans cinq années, au mflieu de circonstances si difficiles , et en faveur d'une si sainte cause, aient déployé tant de ressources et remporté tant de victoires. Pour célébrer dignement ses tértus^ sa valRânce, où trouverais -je des^paroles qui égalàsseiît celles de Toratenr chrétien, quand il nous fait voir, cçKonne' enseveli dans son triomphe, cethortinië qui portait lagloiré de- sa nation jusqu'aux extrémités de la'tei're ; qui couvrait son camp du botieliér et forçait celui de ses ennemis avec l'épée; ^i dbnn'ait à "des rois ligués contre lui des déplaisirs mortels, et réjouissait Jacob par Ses vertus et parlés exploits dont la mémoire doit
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être éierneile... Au premier bmii de ce funeste accident, toutes les villes de Judée furent émues; des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitans ; ils furent quelque temps mnets , saisis , immobiles* Un effort de douleur rompant enfin ce long et .morne silence, d*une voix entrecoupée de sanglots que formaient dans leurs cœurs la tristesse , la pitié , la crainte , ils s*écrièrent : c Comment est mortcet homme puissant qui sauvait le peuple d'Israël!» A ces cris, Jérusalem redoubla ses pleurs ; les voûtes du temple s'ébranlèrent; le Jourdain se.tro«bla, et tous ses rivages retentirent du son de ses lugubres paroles:
« Comment est mprt cet homme puissant qui sauvait le peuple dlsraêl (228) ! »
tt Sois notre chef» , dirent les Hébreux à Jonathan frère de Juda , et il fut d%ne de celui à qui il succédait. Les armées étrangères éprouvèrent sa valeur ; mais afin de laisser respirer la Judée , il transigea a^rec les rois de Syrie et leur reconnut une espèce de suzeraineté , dont le développement naturel des forces du pays devait faire bientôt justice. Tous ses soins eurent pour but de rétablir en tous lieux- Toinlre et la puissance des lois. Les dissensions de Syne le favorisèrent. Démétrius Soter avait été renversé Tan 150 avant Tère vulgaire pat un usurpateur, Alexandre Balas , à qui Déméti:ius Nicator fils
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de Spter ;arracha la courôdoe. Elle fut reprise pour, quelque temps par Âutiochus fils de Baies. Jonathan , recherché de tous les partis , sut profiter des divisioqs qui assuraient le repos de sa pairie. Mais après dii-huit ans d!un gouvernement glorieux, il tomba dans des embûches qu'on lui tendit en pleine paix , et fut mis à mort par Tryphon , général de l'armée syrienne , qui f ayant formé le projet de s'emparer du trône f Toulut priver Antiochus d'un de. ses plus redon-» tables appuis *.
Simon Machabée était le plus âgé de ses frères après Jean , .déjà mort comme eux dans les combxits; il avait servi de tout son cœur sous leurs ordres et participé à toutes leurs victoires. Dans l'assemblée générale de Jérusalem, des acclamatipxis unanimes le reconnurent prince des Juifs. Il accepta malgré son grand âge. «Tous mes frères bpt péri en défendant la cause d'Israël) à Dieu ne plaise que je cherche à épargner mon sang dans ces temps d'affliction : me voici prêt à combattre pour la nation , notre temple , nos enfans et nos femmes. «
Si L'héroïsme guerrier fut le principal carac-
* L'an 143: trois ans avant, en 146, fin delà troisième guerre punique, destruction de Carthage. Guerre de Vi" riathe, le Machabée de la Lnsitanie , contre les Romains; destruction de Numance , 133.
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tère de Joda Machabëe ; si Jonathaii unit la politique au courage, jamais homme d'au cœurpbs droit que Simon, et' d'une vet*tu plus gracieuse, n'a commandé il un peuple. Vaillant dans les combats, compatissaint envers les Taincus , sacrifiant sa propre fôf iune aiu bieii public , s*ocèupant à rielever les humbles , à faire triompher la loi et à corriger tous les abus , il accrut durant tout le temps de sa magistrature la prospérité de rÉtat, il acquit Festîme unirerselle des étrangers , et rendit sa puissance et sa gloire aussi agréables qu'utiles au peuple.
Les Jaifs , Voulant consacrer par un monument leur éternelle reconnaissance , firent graver sur des tables d*airain ce qui suit : « Dans la grande assemblée de toute la nation , il a été dit : que Simon fils de Matàtbias et ses frères ont résisté aux armées étrangères, pour conserver les saints* Keux et la loi , et qu'ils ont acquis à la nation beaucoup de gloire : que Simon , en particulier, a non seulement combattu avec ardeur, mais qu'il a dépensé la plus grande paHie de son bien pour armer les hommes vaillans, pour leur fournir la solde , et pour ' acheter des munitions de guerre; qull a de plus fortifié un grand nombre de villes et mis les affaires en état de prospérité. En considération de toutes ces choses, il a plu à la nation de lereconnaiti^e prince, en mé-
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me teinps grand-ponttfe ; car elle est eonvatiïcae de sa justice , de la foi qu'il lui a gtttdée, et de son xèlepoar te bien du pays- (114)..... »
Poal*qtipi faut-'il «qu'un monstre <éoiCèbti'é' dans sa faniHIe! Déméttius Nicatot* était prisonnier des Partfaès , qui depuis cent ritiç^î ans environ avaienl formé sous Arsace 1** un royaume , ambitieut de s'étendre de* ^Buphi^ato' à' l^tndus. Son frère AiïticM^us ' > Sydètês élf^oiisà Ntriè ' fiHe de Pbiloraéter rot d'Egypte ^^ ^nr', accordée d'abord à Alexandre Balas^pa^fsa âéunk lés brias 'des autres rois de Syrie 'Oôhime' tine 'àttenance de la eonroéne;enfmème temps 'il< marcba contre Trj* phon 9 et' le vainquit - avec le secours des Juifs. Màisdfisqu'ift seflrt afferrài, ses prélèntkms sur la Judée' se réhoil vêlèrent. La répbnse que ses amba^sadtRirs'reeu^ent^du prince*, montre }apo-^ btfquede lanaiion et la persévérance avec laqnellë^ efte;«6{)éf ait* toujours régagner là position îndépendavïie -et libi*e , ob[èt' de 'ses vœux. « Vous tènet Joppé'ion YOtre pot^vbîr, dit An-^ tiocbus , Gaisaraf el la forteresse' de Jéniisaiem , vi^ qui me doit le tribut ; vous avcfz porté la destruction en divers lieux et dominé sur plusieurs points de mon royaume* Maintenant , li-^ vrez-raoi les villes que vous avez prises , ou payez mille talens d'argent. Si vous refusez , je vous déclare la guerre.^- Nous ne dous sommés em-^
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parés dq pays de qui qae ce soit, répliqua Simon Dous n'en possédons pas d'autre que rhértiage de nos pères. Il est vrai que nos ennemis y ont injustement régné pendant quelque temps; mais dès que les circonstances nous sont devenues ' favorables , nous lavons reconquis. Quant aux villes de Joppé et de Gazara , nous avons du les soumettre , parce qn elles nous faisaient un m^l continuel. Cependant nous consentons à vous payer pour elles cent talons : si vous n*aqceptez pas, nous rendrons guerre pour guerre (115).» Gendebeus entra sur le territoire à la tète d'une puissante armée syrienne. Simon appela ses deux fils, Juda et Jean. < Je suis trop vieux pour marcher en personne : vous êtes en âge de bien servir la nation ; allez combattre, et que lô Ciel vous soit favorable (116). » Us .forent vainqujBurs.^ais Ptolémée son gendre , gonv^neiff de Jérico , > avait été séduit par TespeS^ d'arriver sous la protection des Syriens au coraiuandément suprême ; et . Iprsque Simon et ses deux fiU, visitant toutes les villes de Judée, ppur restaurer le règne des. lois, s'ari^tèreot chez lui, con^m^dans leur famille, il les fit massacrer au milieu, d'un festin \
* L'an X^^ » Attale III, roi de Pergame, lègme tout son royaume aux Komains.
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Ainsi fat ravi à jamais au pays don! il faisait la force et le bonheur, ce grand citoyen, cet excellent prince. On TenseyeUt près de sa Tille natale, dans un tombeau en marbre blanc qu'il avait éle^é lui-même à la mémoire de son père , de sa mère et de ses frères.
Qa'après tant de siècles , sa gloire se réveille pure et brillante ! Qu'il soit proposé pour modèle à tous les hommes appelés au gouvernement des peuples ; et que le nom de Simon Machabée et de ses frères ne résonne plus seulement dans les enceintes religieuses, mais qu'on le répète partout où Ton s'entretiendra de patrîotisme et de vaillance, de sagesse et de loyauté!
Hyrcan le troisième fils de Simon est arraché aux coups du féroce Ptolémée. Dans les premiers troubles qu'avait causés cet événement funeste, il ne trouva d'autres moyens de faire retirer l'armée de Syrie, que de lui livrer les trésors enfermés dans le sépulcre de David. Il prête le secours de ses , armes à Antiochus Sydètes pour repousser les Parthes , et se distingue contre les Hyrç^niens, desquels on croit qu'il a tiré son nom. Antiochus est tué. Démétrius Nicator, échappé de la captivité, rentre en Syrie.Pto- IéméePhyscon,roi d'Egypte, lui suscite un nou* veau rival dans la personne d'Alexandre Zébina ^ fils prétendu d'Alexandre Balas. Hyrcan met à
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profit ces diyisioDs ; il acquiert son indépendance, attaque les Syriens, se rend maître de lld ornée, détruit de fond en comble Samarie , qui depuis plusieurs siècles était le foyer des coalitions contre Jérusalem : le secours du roi d'Egypte, Ptolémée Lathyre, ne peut la sauver. Ainsi , après tant d*orages et de crises funestes, voilà Israël à peu près rétabli, par le seul développement de sa vitalité , dans ses anciennes limites. Mais il était impossible que cet état de «hoses fût de longue durée. Qu'on récapitule toutes les causes qui ont agi sur ce peuple , on y trouvera la source d'une foule d'élémens contradictoires dont le choc devait opérer de non- -velles crises : domination étrangère ; ravages provenant des puissantes armées rivales qui s'étaient disputé lo sol ; corruption employée par l'étranger pour augmenter son action contre ses adversaires ; dislocation de l'État , dont les diverses parties ayant passé successivement sons des dominateurs divers, ont tu naître des intérêts nouveaux et surtont des discordes intestines ; introduction de doctrines nouvelles , les unes apportées de Babylone , les autres répandues par tontes les nations auxquelles le pays était en proie ; tiédeur d'une portion des citoyens qui accepteraient quelque étranger et quelque loi que ce {ut , ponrvn qu'on leur accordât du repos ; exal-
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talion de çeiix (jui sont conyaincus qu'on n'obtiendra du rçpos que par l'exterminûtion de i'é-* tranger et par une indépendance complète 5 ajnbiUons particulières, jalousies, haines, yen* geances. Da^s ce même temps, une secte grandit, qui , parti^nt du principe , que les observances de la loi avaieiot pour but de servir de rempai*t àcçtte loi, multiplie les pratiques, a&n d'opposer upe barrière à l'influence morale des étrangers , et ensuite exagère son rigorisme pour s'emparer du pouvoir : c'est la secte pharisienne. Une autre se refuse à recevoir l'amas de traditions que cel* le-ci répand , veut rester dans la doctrine primitive , pt repousse les croyances étrangères ad- Tuises^ par les pharisiens eux*méme$ : ce sont les saducéens. Une troisième , ne trouvant ni cal^ie 1 ni repo$ dans l'état actuel des nations, se jette dAD9 un monde spirituel , à l'abri du cboc des armées , des discordes intérieures et du r%i^i^6 ; c'est la secte essénienne, principale source du christianisme. Cependant an milieu de ce conflit de circonstances , de souvenirs , d'intérêts , d'opinions, l'institution mosaïque exerce encore sa puissance , et rapprochant par quelques points tant d'élémens opposés , en fait un corps qui , malgré ses déchiremens intérieurs, parcourt avec fermeté sa carrière , et ne se laisse point abattre sans épouvanter les vainqueurs
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eux-mêmes , et sans jeter çà et là de solides débris auxquels il se rattachera après le Danfrage. . Hyrcan descendit au tombeau la vingt-huitiènie année de son gouvernement , et avec lui la vertu des Macbabées *, Il s'était vu forcé de prendre a sa solde quelques troupes étrangères , et ce fut un fatal exemple. Dans les derniers temps , ce prince s'appuya sur le parti saducéen, aux dé— pens du parti pharisien , dont l'arrogance l'avait irrité. Aristobule II, son fils aîné, dominé par une méchante épouse , se proclame roi. Sa mère, qu'Hyrcan avait désignée pour régente , est jetée dans une prison , où elle meurt de faim. Aotigonc , le seul frère qu'il aimât , périt victime d'une calomnie , et bientôt il expire lui-même , dans la première année de son règne , dévoré de remords. Alexandre Jan'née, sorti de prison, livre au sort le plus malheureux un de ses frères qui voulait lui disputer la couronne. Il fait des conquêtes , mais à la suite d'un grand échec , le parti pharisien , soutenu par le peuple , se déclaré contre lui: le roi prend à sa solde des troupes étrangères et commet beaucoup de cruautés. Autant les Juifs avaient comblé de distinctions
* L'an 107. La révolution des Gracques correspond à son goafernem'ent.' Qâerres contre Jugurtha. HéteUos. Mariusip • ; • ' • ,<■ ^
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les princes Macfaabées, fidèles protecteurs de leui*s droits , autant ils s'indignèrent contre leurs successeurs qui , de leur propre autorité , avaient changé la forme du gouvernement, et qui prétendaient au despotisme. La guerre civile dura six ans. Alexandre obtint Tavantage et en usa en homme sanguinaire : enfin , après avoir battu les Arabes et s'être agrandi au-delà du Jourdain 9 il mourut Tan 79 , d'un excès de table *.
Sa femme Alexandra qu'il avait déclarée régente, dans l'espoir que la popularité dont elle jouissait la ferait respecter , s'était toujours op? posée à. sa barbarie. Le parti pharisien arriva a la direction des affaires et y porta toutes ses passions. La reine avait une auie élevée et des qualités qui la rendaient digne du gouvernement. Elle réunit des forces assez considérables pour en imposer aux peuples voisins et pour acquérir à rÉtat quelques nouvelles possessions. Son règne dura neuf ans I et ses dernières heures furent troublées par l'entreprise d'Aristobule son second fils. Le parti saducéen, opprimé par les pharisiens I l'adopta pour chef, tandis que ces derniers portèrent au trône Hircan II qui était déjà revêtu du pontificat et qu' Alexandra avait
• Sous son règne , révolte des peuples de Tltalie contre Aome. Marias et Sylla. Cominencemeut de la guerre
contre Mithridate-le -Grand.