BOIS ET GUERRES
porta au dehors. Ce qui outrait lopins, c'était que les Juifs fussent les seulis qui n'eussent pas cédé... Au commeneement de cette année , Titus a^ait été choisi par son père , alors empereur, pour la réduction de Jérusalem. Trois légions Fattendaient en Judée, la cinquième , dixième et la quinzième (environ dix-hùit mille hommes )> tous vieux soldats de Yespasien. Il y joignit la dousiètne avec la vingt-deuxièine, et la troisième, qu'il avait amenées d*£gypte. 11 était accompagné de vingt cohortes alliées ( vingt mille hom^ mes), de huit, divisions de cavalerie; des roià Agrippa étSohème, dès auxiliaires dnroi Antiochus, et d'un corps considérable d'Arahes , enne- 'mis acharnés des- Juifs, par cette haine que se i>ortént toujours des peuples voisins ; san»< compter rnie foule- de Romains qui, du sein de la capitale et de Thalie , étaient accourus autour du nouvel empereur pour s'emparer de ses premières afiections.Cest aveetoutes ces forces réunies que Titus était entré sur le tenntoîre ennemi. Marchant toujours en ordre, faisant reconnaître tous les lieux, et se tenant toujours prêt a combattre, il vint camper non loin de Jérusalem..... Là, les Juifs avaient eu d'abord trois armées qui se combattaient entre elles sous autant de chefs.... Puis la ville ne fut plus partagée qu'entre deux, jus^ qu'au moment où larrivée des Eopaains ramena
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la côDcorde Ite avaient donnédes armesàtOQs
ceux qui pouvaient en porter , et le lioiid>re en excédait les proportions ordinaires. Hommes et femmes montraieotun aebarnement égal; et dans le cas où on les eût contraints à quitter leurs demeures , ils craignaient plus la vie que la mort».* Telle était la ville, telle était la nation qne Titus avait à combattre (196).
. Jérusaleam se divisait «n ville <bautfi sur la mou* tagne de Sion au midi , et ville basse sur la moniagnè d'Acra; le temple qui ocoopait le mont Moria à Vorient, la dominait , et était àson tour doraîn&par la forteresse Antonia. Une triple enceinte de itiurs> bâtis en grandes piei^res de taille, et de la manièrela plus solide, servait dcf défense; un nombre considérable de tours garnissaient lés angles. Les principales, après lafortèresseAntonia, étaient les tours d'Hypicos , de Pséphina, de. Phazaêl et de Mariam, élevées par les soins d'Hérôde. Titus plaça son camp vers le nord^est de la ville ; ladixième légion occupait la montagne des Oliviers, à Torient..
Le5 assiégés n'attendirent pas. d!étre attaqués, ils firéiit. des sorties vigdnreuies pour emqpécber le^ assiégeans de continuer leurs travaux ; et ils réussirent plus dHine fois à jeter l'épouvante parmi les vieilles légions. On ^e tromperait si l'on allait croire que la fureur seule présidAt a4eurs
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efforts. En tenant compte île 1& di£C£rence de leur position respective , Jean de Giscala et Si* mon déployèrent autant d'habileté militaire et -plus de ressources qne le général romain* L'op* porttinité. et le succès dès Sorties , les dangers dans lesquels ils jetèrent Titus en personne » leur hardiesse à porter de leurs proprés mains la flamme sur les machines de rennemi» leur patience à former des mines avec lesquelles ils firent écrouler ces machines mêmes ad milieu d'une combusftion subite, les obstacles prolongés qu'ils offi*irent aux traYailleiirs, par iine grêle bien nourrie de pierres et ^e dards , anfin toutes les ruses de guel*re attestent qu'ils n'agissaient pas sans calcul. On cite une machine à lancer de grùsses pierres contre laquelle ils n'avaient aucun moyen de défense et qui faisait d'horriblel trouées dans les rangSé Des hommes furentpla^és snr le plus haut des.touri qui ne la perdaient pas de vue; à la blancheur du rocher , ils distinguaient le point vers lequel on le dirigeait : Garde à 9ous , s'écriaient-ils 9 F enfant vient dam telle direction^ et soudain les assiégés se couchaient à plat«ventre , et voyaient passer sur leur tête le roc meurtrier (127), Une véritable émulation s'était emparée des deux armées. L'espoir de trouver leur aalùft dans la résistance soutenait les assiégés ; le désir de mettre un terme prompt à la guerre
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eicitait lès Romains. En rase campagne y les Juifs n'avaient de ressoarce que dans l'impéUiosîté de leur attaque, et ils étaient forcés de reculer an même instant; dans les assauts, ils défendaient leur terrain pied à pied , et ils faisaient reculer les Romains. Simon surtout inspirait à sa division une crainte et un respect si grands» qu'à peine il avait parlé , que chacun de ses guerriers ne trouvait plus rien d'impossible (128).
Pendant ce temps-là, quel étaifc le râle de rhistorien Josèphe? Bien traité dans le camp romain, il obéissait humbkment aux ordres du général , et , prenant pour tribune une montagne voisine, il faisait aux fadiew^ de longues harangues qui n'avaient d'autre résultat que de semer la dîseorde , et d'ajouter à l'irritation des esprits. La réponse des assiégés était plus laconique. « Sommes-nous entrés sur vos terres? Avonsnous porté le désespoir dans yos familles? Vous, désirez la paix ! qui s'y oppose ? éloignez-vous de nos murs, laissez-nous dans l'héritage de nos pères. Nous bravons ta mort; elle est préférable à une honteuse servitude; et notre dernière consolation est de vous dire toute la haine que vous nous inspirez. Quant à la patrie, Titus nous assure qu'elle est perdue, qu'a-t-il besoin des'appitoyer sur elle? Pour ce qui est du temple; notre Dieu en possède un autre plus vaste , l'univers (ISO).