‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 44 sur 67 · ROIS ET «VERRES · texte numérisé non relu

ROIS ET «VERRES

Cependant ropiniâtreté de la résistance , les pertes journalières qu'ils éprouvent et la honte qu'ils croient devoir en rejaillir sur eux éveillent des sentimens de rage dans le cœur des Romains» La famine intérieure ajoute à toutes les horreurs du siège ; les cris des gens qui souffrent se mêlent aux cris des partisans de l'étranger et réduisent à la dernière extrémité les combattans. Une mère , dit-on , dévora son propre fils. Titus, pour les épouvanter, déploie dans la plaine tourtes ses forces militaires, ensuite, oul>liani8a.€lémence ( la chose semble certaine-, puisque l'historien qui lions ta transmet écrivit sous ses y eut et dans son propre palais) , il consent à ce que tous lés prisonniers , tous les malheureux que lé besoin de chercher quelques vivres avait fait toml>er dans les embuscades , soient livrés /en face des murs, pour prix de leur réTK)lte, aïK plus affreux supplices. Leur nombre était eonsidérable, et à peine trouvait-on encore de la place pour élever les croix sur lesquelles on les exposait. En même temps ce prince ordonna que plusieurs eussent les .mains coupées , et il les chassa en cet état vers la ville. (130).

Tels que les guerriers de Numance , tes assiégés ne sont émus ni par la disette qui les accable y ni par les supplices dont on les menace. Chaque position detîenif une ville nouvelle qui

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exige un nége Donvean de la part des Romuns.

Enfin , après cinq mois desanglanscembats^joiir et nuit, et de snccès diversement partagés, la désolation et et Tabomination entrent dans le ganctaaire. Tout s'écroule , remparts, citadelle, temple. Je ne peindrai pas le carnage etla férocité des Tainqueurs. La faiblesse où la faim les avait jetés fit tomber dans leurs mains un grand nombre de guerriers vivans. Le nombre des morts peut passer pour incroyable.

A la même heure , Tan 74 de notre ère , lesBataves et une partie des^Gaules se soulevaient contre le \onf insupportable des Romains , et leur témoignaient une baine aussi grande que les Juifs. A la même époque , les guerriers de la Bretagne déployèrent contre eux une -valeur qui ne le cède en rien à celle des défenseurs de Jérusalem, mais une persévérance inégale.

Lorsque le temple eut été renversé , Simon et Jean demandèrent une entrevue à Titus, dans la bouche duquel Josèphe met un disooui^s plein d'assertions inexactes, et qui se contredit en tout point avec ce qu'il a rapporté lui-même de la ty*rannie des procurateurs romains. Bs lui répondirent en peu de mots qu'ils avaient encore des moyens de défense dans la haute ville ; mais que si on leur accordait la liberté de sortir des murs avec leurs familles, ils les abandonneraient sor-

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ie^champ. Titus reftisa , el les combats recommencèrent jusqu'au septième jour de septembre, Tingt-sept jours après la chute du temple\ Mais quand les béliers eurent entamé la dernière muraille , Simon et Jean abandonnèrent la place , et se précipitèrent par des chemins détournés et par les acquéducsy Tcrs le premier mur dont les Romains eux-mêmes avaient entouré Jérusalem. Dans son injustice Josèphe les accuse de s*étre laissé, en ce moment, saisir par la peur; ce qui les empêcha, dit-il, de s'enfermer dans les tours d'Hypicos, de Phazaêl et de Marîam , imprenables autrement que par la famine. Mais la fiimine accablait depuis long* temps Jérusalem,

* n n'est pas d'éyénement lugubre qui n'offre quelque épisode plaisant. Lorsque Fenceiiite du temple eut été envahie , les assiégés se retirèrent dans une galerie où ils soutinrent encore Te choc ; mais ilsmanquaient d'eau. Un jeune enfant d'une intéressante figure s'approche du câté où étaient les Romains , et les supplie de lui donner à boire : on lui fait signe de venir; il s'abreuve à longs traits, et il rempHt d'eau sa petite crache; puis, sainssant'un moment où on ne le surveille point, il revient à toute course à son poste. Les Romains le menaçaient de loin en lui reprochant sa perfidie; il leur cria : Je ne m'étais engagé qu'à aller prendre de l'eau, n'ai-je pas accompli la chose très-ponctuellement, qu'avez-vons k me reprocher? ils ne pur«nt s'empêcher d'en rire (Gi«#rr# judmtqwl, eh. ixxm).

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comment donc aoraient-iU résisté dans ces forteresses? An contraii'e, tandis que les Romains étaient tout occupés à 8*emparerde la haute yllle^ ils espéraient forcer le mur extérieur, et gagner la campagne. Leurs efforts ne fgrent pas couronnés de succès , ils se débandèrent. Jean avec un petit nombre d*honimes se cacha dans unacquéduc, où la faim le livrabientôt à l'ennemi. Simon, sans perdre courage, réunit quelques uns de ses compagnons les plus intrépides , les arma de pioches, et leur ayant distribué le peu de vivres qui lui restaient , entra dans un égqut très-écarté , avec le dessein de renverser les obstacles , et de se faire une issue dans la plaine ; mais le défaut de nourriture ne leur permit pas de soutenir ce pénible travail.

Un jour un homme parait debout sur les mines du temple, pâle, le front morne , Toeil terrible; une robe blanche Tenveloppe , un vieux manteau de pourpre flotte sur ses épaules. « Qui es- tu , lui disent les soldats romains? — Je rapprendrai à votre commandant. » Téreotius Kufus s'approche : « Quel est ton nom ? — ^ Simon fils de Gioras ! » On le charge de chaînes , on le destine au triomphe du vainqueur ; tandis que le cortège rend des grâces aux dieux dans le Gapitole , on le traîne sur la place publique , où Tatteod le dernier supplice (131)! £t l'historien Josèpha Ini-

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mâme, dont la modération intéressée n'avait fait qu'aigrir les esprits , l'historien Josèphe, repu a la table des empereurs , ose poursuivre une si grande infortune de sa fallacieuse éloquence^ !

Quant à la clémence de Titus, voici des faits que la barbarie des Juifs n'a jamais furpassés. Il

* Si f accuse Josèplie de servilité, d'avoir fevorisé le» projets de Tennemi par la connaissance qaHl avait des lieux y c'est sur les doçumens qu'il me fournit lui-même, ft Après la prise de Jotapat, dit-il, Yespasien me traita très-honorablement, etj'épousaipar son ordre une femme d'entre les captives... Titus m'envoya ensuite avec Géréaliset mille chevaux, à Thécua , pour voir si ce lieu serait propre à y établir un champ... Lorsque Titus eut arrangé les affaires de Judée , et que tout le pays fut tranquille y il remplaça les terres que j'avais autour de Jérusalem , par d'autres situées en des lieux éloignés ; et quand il retourna k Rome , il me fit l'honneur de me recevoir sur son vaisseau. Yespasien continua à me traiter de la manière la plus favorable | il me fit loger dans le palais qu'il habitait avant d'être arrivé à l'empire ; il me donna le titre de citoyen romain; il me donna une pension , et ne cessa jamais de me combler de bienfaits , ce qui m^a attiré une grande haine de la part des hommes de ma nation.. L'empereur Domitien, qui leur a succédé, a ajouté de nouveUes grâces à celles que j'avais reçues; il a affranchi toutes les terres que je possède dans la Judée ; et l'impératrice Domitia a toujours pris plaisir à m'obliger : de sorte que pjir tous ces détails de ma vie on pourra juger ce que je suis.' » ( Vie de Josèphê, écrite par lui-même ).

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est Dëcessaire de mettre en compte leur eiagération , quoique renqperenr kii-méme ait désiré qu'ils parvinssent dans eet état à la postera, et qu'il art souscrit de sa main à toute cette histoire (182).

Lorsque ki ville fut en son pouvoir , il donnt à ses soldats le pillage et la permission d'y mettre le feu. Comme les Romains * semblaient las de tuer, et qu^l restait une grande multitude, Titus commanda de passer seulement au 61 de Tépëe ceu3( qui feraiejat signe de résistance 3 mais les soldats n'en èaèrent pas moins les vieillards et les enfans. On enferma dans une partie du temple une troupe de prisonniers qu'on avait jvgés les plus vigoureux et le plus propre à être jetés dtns le comimerce des esclaves. Titus les livra à son aôrancbi Frontop,.avec la liberté d'en faire ce qu'il voudrait. Fronton en tua une partie « réserva une seconde partie peur le triomphe, et en envoya une troisième chargée de chaînes en Egypte. Titus de son côté en dirigea un ti^ès-graod nombre dans leis provioces , pour les spectacles des gladiateurs ; il vendit les autres. Étant arrivé à Césarée , il procura au peuple tonte sorte de plaisirs , entre autres , de voir expirer un grand Qon^bre de prisonniers juifs forcés de combattre contrôles bétes, ou de se charger entre eux comme dans une sanglcmte guerre. A quelque temps

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de là , une fête, à l'occasion de là naûsan^e de Domitîen sod frère ^ causa eocore les angoisses et la mort de deux. mille cinq cents prisonniers y dont une partie fut brûlée. A Béritbe de pareils divertissement solenhisèrent la naissance de son père (13d).

Cependant plusieurs chefs hébreux étaient par- ▼enns à s'échapper de Jérusalem , et à entrer dans des forteresses importantes « Hérodion , MachéroB) Massada. Les deux pi*emières cèdentaux efforts de Lucius Bassus, lieutenant-général de la Judée. Sihra son successeur attaque la troisième où commandait Tintrépide Éléazar. Pour résister aux béliers des Romains» les assiégés font un mur de défense avec des poutres séparées, dont ils remplissent de terre l'intervalle. Mais la flamme lancée du dehors gagne Tenceinte. Éléaxar réunit ses guerriers. « Toute défense est impossible ; demain la forteresse recevra nos ennemis. Vous n'ignorez pas le sort réservé à ceux qui tombent entre ses mains. Nous avons été les premiers à prendre les armes > et nous sommes les derniers à les tenir; ne terminons pas notre carrière par la servitude. Le bras de TÉternel a refusé de nous protéger , à cause des fautes que nous avons commises. MaiA il nous est du moins permis de momrii* en hommes libres ; c'est la fin la plus glorieuse que nous puissions espérer. » A Taspect

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