‹ Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu (volume 2)Chapitre 50 sur 67 · S46 LIVRE VII» — CHAP. I · texte numérisé non relu

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seule avec lui, disent les doctears de la manière la plus bizarre , le temps qu'il faut pour avaleron œuf, la faisait condamner par les juges à Tépreuve'. Le refus de s*y soumettre entraÎDait de droit la privation de la dot (26).

Parle aux enfans d'Israël, dit rÉlernel à Mfoïse : quand la femme d'un homme se sera abandonnée à un autre, et qu'il l'aura possédée sans que le mari en ait la certitude, sans qu'il existe contre elle un témoin de flagrant défît, si tout à coup l'ésprît de jalousie s'empare de Tépoux, ou même si cet esprit Tassiége, quoique nul motif ne le justifie j il fera comparaître sa femme dans le temple. Là, le sacerdote délaie un peu' de la poussière du pavé du sanctuaire, dans de Teau d'aspersion sur laquelle il prononce Tanathème. Découvrant ensuite la tête de la femme, il lui donne à tenir un gâteau de farine d'orge sans huile et sans encens , offert par le mari, et il Tinterp^'Ue : u Si tu n'es pas coupable, sois exempte de tous les maux que portent ces eaux que tu vas boire » ; et alors la femme prête ferment de son innocence, a Mais si tu es coupable , que TÉternel tourne contre toi l'exécration de ce serment que j'ai écrit dans un livre avec ces eaux, et que j'efface. » Elle répondait, ainsi soît-il 9 et elle vidait la coupe : le sacrifice alors était accompli , et la punition du. mal , confiée i la

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jastice dlnoè, sur iaquelle i'komme jaloux deyait entièrement se reposer. Quelle leçon pour la femme incQQsidérée ! Quant à Teffet iniraduleuo; des eaux et à Thydropisie qui devait s'ensnivi^ey les docteurs assurent avec une rare prndencei quMl pouvait être retfirdé et ^annulé , lorsqu elle , racketait son erreur par de l>onn es actions; ou lorsque le mari ne lui avait pas été en tout temps! fidèle (27).

Si une femme se livrait publiquement à une; vie scandaleuse sans opposition de la part de son époux, les magistrats devaient intervenir* Les: veuvres aussi ppuvaient être appelées devant le tribunal par le plus proche parent du mari , oii> par les magistrats eux-mêmeis. La foi avait or*^. donné qu'il n'y eût jamais de prostituées en Is^i raêl(28). Mais Tentraînement des mœui*s, et sans» doute une nécessité réelle remportèrent sur s9o volonté. Qui ne croirait voir un tableau modôrne~> dans les paroles suivantes, tirées de Saiomon?) Qui pourrait s'empêcher de répéter encore qu'il n'y a rien de nouveau sons le soleil ? '

« Gomme je regardais par la fenêtre , j'aperçus sur le soir, an mpment où la nuit devenait obs-t cure, un jeune insensé qui se dirigeait vers cer^! tain logis. Une fepime fut à sa rencontre, parées en courtisane, pleine de ruse, bruyante, déban^*! chée , courant tantôt sur les places publiques ,

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tantôt se tenant ans aguets aux coins des rues. Elle Tarrôta et Tembrassa ayec effronterie : )e te enrobais; j*ai parfumé mon lit de rayrrbe, d'à- Loês et de cinnamome ; je suis seule ; irions y ré- }Ouis6ons«nous jusqu'au matin. Il fut pris au filet par ses discours trompeurs « et il la suivit comme le hœvâ dont on va faire "une tîctime , comme l'agneau qui ne comprend pas qu'on le conduit à la mort... Maintenant donc, jeune bomme , sois attentif a mes discours , ne te laisse pas égarer par cette femme ; sa maison est le chemin du tombeau (29). »

Dans les grandes assemblées du .peuple, et lors de l'adoption générale des lois , les femmes avaient leur rang. Le législateur les comprit expressément dans l'alliance publique. Au retour de la captivité de Babylone elles prêtèrent, comme les hommes, leur serment d'adhésion.

C'est en elles surtout que résidait la faculté de transmettre tous les droits : le fils d'un esclave et d'une femme israélibe était homme libre (SO). Tel fut le principe de la loi qui ordonnait aux^acerdotes de prendre des femmes de leurs tribus ; il n'existe de certitude absolue que dans la filiation par les femmes : aussi notre loi salique , at-elle en besoin de la fiction , que celui-là est le père qui est l'époux.

, D'après les principes de Moïse, les femmes qui

manifestaient une intelligence supérieure , n'étaient pas exclues des fonctions publiques. L*esprit de Dieu s'arrêtait sur elles comme sur les ci* toyens. Hulda,laprophétesse qui demeurait dans le collège à Jérusalem y était consultée par les rois; on a tu l'illustre . Débora juge suprême, guerrière et poète; on a yu la mère du roi Âsa régente; la femme d'Hyrcan Machabée désignée pour régente par le testament de son époux , la , veuTe d'Alexandre Jannée portant pendant près de dii ans le sceptre.

L'état des femmes chez les Hébreux n'avait donc rien de comparable à Tidée qu'on se fait des femmes de t'Orient. Elles remplissaient le rôle de véritables citoyennes , soumises à. ce titre aux conditions exigées par leur propre nature , l'intérêt de la patrie, l'intérêt sanitaire, et les circonsr tances : libres par les lois, pour me servir des expressions de Montesquieu , mais captivées par les mœurs. Lés enfans dlsraêl auraient-ils oublié, sans une noire ingratitude , qu'ils devaient à la sensibilité d^une femme, la conservation de leur législateur livré à la merci des flots? auraientils oublié qu'elles leur avaient plusieurs fois donné le signal de la délivrance? Dans la législation romaine , après avoir été le patrimoinjé du père, la femme devenait celui du mari^ qai avait sur elle droit de vie et démolit. Un étraiiger pçu-

Tait lear intenter l'action «n adultère , sans la participation de leur époax. A Sparte , elles étaient citoyennes, sacrifiant tons les sentimens à Pamonr de la patrie. Athènes les voyait plus frivo* les, abonnées à la toilette et aux plaisirs. Elles avaient la faculté de porter dorant on tribunal, knrs plaintes conjugales , téoioin 1a jeune etten^ dreHyparète, femme d'Alcibiade. Gomme elle présentuit anx juges Técrit accnsatenr, Tinfidèle parut sondain , la prit dans 'ses bras et Ten traîna ' sans résistance , aux applaudissemens de tout le peuple dont il avait fasciné leayeux. Enfin Mahomet céda à sa position, <|uand il. grara ces pa* Toles du Coran : u Les hommes sont supérieurs aux femmes, parce que Dieu leur a donné' la prééminence sur elles , et qu'ils les dotent de leurs biens. Les femmes doivent être obéissantes et taire les secrets de leurs époux , puisque le ciel lefl( a confiées à leur garde. Les maris qui ont à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir, les laisser seules dans leur lit, et même les frapper. La soumission des femmes doit les mettre à l'abri des mauvais traitemens(Bl). n

Si les Hébreux les eussent considérées comme des' esclaves, Salomon et son imitabeur auraientils l'appelé sans cesse a Thomme ses devoirs envoie ettes. A«raienl-Tl& dît qu'une bonne femme vaut mieux que toute chose; qu'elle prolonge la

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TÎé de son époux ; qu'elle est pour sa maison ' comme le soleil pour le monde? m G mon fils , sois docile à la sagesse ! Méfie-toi de la courtisane étrangère, dont les paroles sont douces comme le miel, mais que Tamertome suit de près*...

Pourquoi lui donnerais-tu ton honneur, tes années, et le fruit de ton travail ?..* Que ta source soft pure. Emploie joyeusement ta vie avec la femme de ta jeunesse; qu'elle soit à tes yeux com«me une biche charmante, condme une chevrette pleine de grâce , que son sein t^enivre en tout temps, et que ton cœur soit perpétuellement ravi de son amour (S2). » Auraiënt-ils écrit ces autres sentences qui, en retraçant l'abus de leurs facultés , prouvent sans réplique la liberté positive de ces facultés mêmes? « La femme sage élève sa maison, la folle la' ruine de ses mains. Autant vaudrait arrêter lèvent qu'une femme querelleuse. La malignité d'une femme lui change le regard, et pâlit son visage : elle fait soupirer son mari même au milieu des fçstins. Méfie-toi de celle qui a Toeil hardi. La langue d'une femme qui s'arrête avec tous les passans, est un fléau. Que la femme n^ait pas ntie autorité trop grande ; elle en abusek^ait contre son mari. Il est trois choses que mon cœur redoute, et une quatrième qui me change le visage: la calomnie de toute une ville, une émeute populaire, et une fausse accusation ; mais

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la jalousie d'une femme, voilà ce qui cause audessus de tout la tristesse et la douleur (33).» Enfin si la servitude eut pesé sur leurs têtes , les filles de Sion auraient-elles chanté la gloire et les malheurs de leur patrie ? se seraient-elles années pour la défendre ; et Tamour de ses lois eût-il survécu dans leurs cœurs ?

Cependant , outre le divorce , Moïse toléra la polygamie , dont Torigine était des plus reculées. Mais avant de montrer qu'il lui imposa depuissans obstacles ; qu'il excita par son exemple à ne prendre qu'une seule épouse ; qu'il la considéra enfin comme le remède d'un mal, et nullement comme un bien, je dois faire connaître le fameux épithalame cité plus haut, le Cantique de& Cantiques, ce poème pastoral qui se divise en plusieurs scènes ou tableaux , et dans lequel sont compris les principaux usages qui caractérisent les sept jours des noces des Hébreux. Il n'est pas de pièce poétique de l'antiquité dans le même genre qui l'emporte sur celle-là, par l'imagination et par la grâce. L'habitude où Ton était d'y chercher un sens mystique , et des dialogues entre la Synagogue et Dieu , ou entre l'Église et Jésus-Christ, a généralement empêché de le voir tel qu'il est. Pour en découvrir le charme naturel, il ne s'agit que de n'y mettre aucune finesse, et de rapporter les paroles du texte , aussi littéralement que jpent le

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permettre le passage d'ane langue ancienne et orientale , dans une langue moderne, dont les expressions exigent pins de mesure. Si Salomon n'est pas l'auteur de cet œuyre, celui qui Ta composé a certainement montré beaucoup de grandeurd'âme à abdiquer en fayeur d'un autre un aussi beau titre littéraire. Put-il fait pour le mariage avec la fille du roi d'Egypte , ou avec une Phénicienne , ou avec une fille du bourg de Sulam , non loin de Jérusalem ? le lecteur pourra tirer lui-même ses conséquences* Je n'ai pas besoin de rappeler que durant la semaine des noces Tépoux ne voyait l'épouse qu'à la dérobée, et était à la merci de ses compagnons» Après avoir fait la part de la chasteté > U y aurait qnelqu'incOn- ^enance peut-être à s'effaroucher des poétiques transpiorts d'un amour vrai et légitime.

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