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présidé par le rabbin Gaerson prononce anathéine contre tout Israélite qni épouserait plus d'une femme (24).
Toutefois n*cxiste-t-il pas , dans la nature même des choses ; quelques raisons qui purent déterminer le législateur à ne pas la défendre d*une manière absolue , comme il avait prohibé tant d'antres usages ?
Remarquez en effet que, si la polygamie est abolie en droit , elle se perpétue en réalité chez les peuples occidentaux , comroQ en Orient. Des adages populaires semblent même la consacrer. Pour faire un ménage henreui, il faut que Thomme ait déjà usé de la vie. Quelques docteurs ont dit, que depuis sa puberté jusqu'à l'extinctioii de ses forces, il fallait à Thomme deux femmes, l'une pour la volupté, Tautre pour la propagation.
Le développement de Thomme est complet peu de jours après celui de la femme , et la femme se fane long-temps avant lui. Il semble que chez l'homme le besoin physique est en général dominateur : ce que la femme demande surtout à l'autre seie , c'est de Tadoration , c'est un véritable culte moral qu'on lui doit, à cause de la majefité de son rôle dans la conservation de l'espèce. Ce besoin de Taine, qu'elle ne perd jamais, ouvre le champ à son imagination , et forme le principal
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seci'et de son eiistence. Qa un homtne de trente ans 9 saio de corps el d*esprit, et une femme de Tingt soient unis , ils se suffiront probablement Tnn à Tantre , toute leur vie , quoique l'homme ait déjà fait en amour une dépense de sentimens et de force équivalente au moins à celle de lavenir.
Cette activité et cette durée plus grandes du physique d'un des deux sexes^ devait être bien autrement sensible dans les premiers temps que dans le nôtre, par la raison que Texercice sou* tenu de Tintelligence ne formait pas cheiThomme une puissante diversion , et que l'état de la so* ciété n'entourait pas la femme de tant de causes excitantes. Le législateur fut donc obligé de choisir entre la polygamie restreinte , et d'autres abus.
De nos jours encore, avan). que l'homme atteigne l'âge qui le met dans un rapport convenable avec la seule épouse qu'il puisse reconnaître, ses sens lui parlent , et pour répondre à cette voix , quelle femme obtient-il ? Alors ^ malgré lui-*méme , il est entraîné à mutiler l'amour, non seulement en séparant .ses plaisirs de l'espoir d'être père , mais en les séparant du bonheur de sa compagne. Cette absence de contre-poids à l'ardeur de ses sens déprave souvent ses idées ; et bientôt , confondant toute chose, il ne vok
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plus dans la femme , cet être son égal et libre comme lui , qu*tine créature inférieure , destinée seulement à satisfaire ses désirs. Voilà Tesprit avec lequel il lui arrive de se présenter au mariage , comme au terme de ses belles années ; voilà comment il prive des premiers élans du cœur son unique épouse , après avoir refusé ce nom à ses premières amours, à l'objet que les Hébreux appelaient la fenvme de la jeimeBse; en faveur duquel le prophète s'écriait : « Malheur à toi , si tu es perfide à son égard (3€^ » ; et le talmudiste : « Que Tautel pleure sur cet homme. « On connaît la folle harangue de Métellus Numidicus au peuple romain : u S'il était possible de n'avoir point de femmes, nous nous délivrerions de ce mal; comme la nature a établi que nous ne pouvons guère vivre heureux avec elles ni subsister sans elles , il faut avoir plus d'égards à notre conservation qu'à dès satisfactions passagères (86). » Que l'on compare cesparoles à celles de l'Ecclésiaste : « J'ai appliqué mon cœur à me rendre raison des choses.... Suis en conséquence mes avis : mange ton paiii et bois gaîment ton vin ; fais tout ce que tes mains sont susceptibles de produire ; que tes vétemens soient blancs en tout temps ; que le parfum ne manque point sur ta tète; et passe joyeusemerit ta vie avec la femme objet de tes abiouri', qlii t^a été' donnée
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sous le soleil pour tous les jours de ta vanHé ; car c'est là ta portion et ce qui te revient de ton trayail (87). »
Tous ces faits , qui sont d*une haute importance dans Tapprëciotion difficile des meilleurs rapports à établir entre les deux sexes, expliquent déjà pourquoi Moïse, après avoir porté des lois contre les atteintes au roariage et contre la prostitution , fut conduit, non pas à consacrer en principe la polygamie comme un bien, mais à la tolérer. Les femmes , à ce qu'il paraît, étaient en assez grand nombre chez les Hébreux ; car dans les pays froids et tempérés oii les recensemens faits non seulement sur les naissances, mais sur les individus dans Tâge adulte, donneraient un égal nombre d'hommes et de femmes , on seut que si leur activité n'était pas modifiée par ces climats mêmes, il faudrait d'autres combinaisons. Montesquieu dit que dans certains climats de l'Asie où les garçons sontplus nombreux , il existe une loi qui permet à une femme de prendre plusieurs maris (38). A Rome , la même coutume fut admise. Gaton prêta sa femme à Hortensius , sans regarder cela comme une action déshonnête.
Mais un principe tout différent les dirigeait; c'est que chez les Romains la femme passait pour la propriété de l'hopime, qui pouvait dès lors disposer d'elle comfpe 4^ ioujLe autre cbosç.
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• liA sléritïté, commune en Syrie, fijt encore pour Moïse une puissante raison de tolérer la polygamie qui permettait d'y obvier soudain. Enfin nne antre raison moins directe naissait de la natare particulière du climat et de la gêne extrême que des maladies i^doutables avaient forcé d'établir périodiquement entre les deux époux.
La plupart de ces motifs sont étrangers à la température àt nos contrées et à notre civilisation. Ses questions à résoudre semblent donc devoir être posées de la manière suivante :
Faut-il que Thomme arrivé à Tâge de puberté épouse une femme à cet âge ? s'il faisait cela , n'anrait-on pas à craindre qu*avant le terme de son existence pour l'espèce l'équilibre ne se rbmptt, de sorte qu'il éprouvât, presque malgré lui; des désirs qui le porteraient vers d'autres objets? Si Ton a<)met entre l'époux el l'épouse une inégalité d'âge qui leur ouvre une égale carnère , sera-t-il utile au développement des facultés de l'homme , et sera-t-il possible que depuis l'heure de sa puberté complète jusqu^à celle du mariage, il se soumette à une contrainte morale absolue ? Si la contrainte est utile et possible , pourquoi une prostitution légale , dont le plus grand désavantage ne consiste pas dans les atteintes a la santé pobKque, mais dans la dégradation avouée de. Tétre auquel notts devons le plus d'honneur
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sur la terre ? Si la contrainte estimpossible , pourquoi ne pas imaginer des combinaisons moins odieuses ? pourquoi ne pas envisager les choses sous un point de vue plus haut , et ne pas tracer un cercle dans lequel toutes les variétés individuelles qui sont formées par la nature elle-même puissent se mouvoir à l'aise? pourquoi enfin ne pas anéantir ces oppositions choquantes, entre la loi morale d'un pays, et sa loi positive , qui conduisent bientôt au mépris de l'une ou de l'autre et quelquefois de toutes deux ?
Je laisse aux hommes doués d'une expérience beaucoup plus sûre que la mienne , et aux femmes dont le tact n'est pas moins puissant qoe toute notre raison , de déterminer ce qui existe de fondé ou d'imaginaire dans tout cela. La seule chose que je regarde comme certaine , c'est que , malgré le juste orgueil que doivent nousânspirer les progrès de notre civilisation , nous avons encore, sur une foule de points, le pied dans la barbarie.
Les obstacles opposés par la loi hébraïque à la polygamie n'étaient pas illusoires, dans un pays où le mari dotait lui-même la femme, où la constitution publique ramenait perpétuellement les richesses vers Féqnilibre. L'homme qui prenait uqe seconde épotise devait toujours à la première, lors même qu'elle aurait commencé par
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être sa servante , toute i'eiëcution des trois obligations principales da contrat, nourriture, entretien, amitié conjugale; sans quoi elle sortait libre de chez lui (89).
Les mots épouse et concubines sont souvent employés l'un pour l'autre dans les anciens livres. La nuance qu'ils indiquent est Texpression d*un &it qui , quoique non admis par les lois modernes , se renouvelle dans les mœurs. Les Romains avaient deux degrés dans le mariage : le mariage par achat (per coemptionem)^ en vertu duquel la femme (uspor) devenait comme la propriété dn mari qui prenait sur elle toute la puissance du père, et le mariage par rapprochement (perueim)^ dans lequel cetire femme appelée matrone restait sous la puissance paternelle et conservait la propriété de ses biens. '*
Tonte fenoÉe libre d'Israël , en se mariant à unhomme déjS lié à d^autres femmes, restait entièrement indépendante de celles qui l'avaient précédée. Et en cela, remarquez l'a-vantage de faii'e donner la dot par le mari. On avait du nioin;' lassurance, sHl adoptait plusieurs femmes, qnc c'était pour elles-mêmes et non pas pour accumuler plusieurs dots.
D'autres avantages résultaient de cet ordre âx choses. Un homme ne pouvait épouser plus d'un( femme que lorsqu'il avait une certaine richesse *
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et, par le fait même de son mariage , sa richesse sç vc par tissait* Enfin , il naissait de là plas de facilité ù confondre les classes ; et le nom de me* salliancc n'entrait pas dans La langue du pays.
Qael moyen légal » en effet , une femme née dans les classes inférieures avec une seusibililé profondé et des dispositions remarquables a-t-elle de nos jours pour arriver au rang qui convient à sa nature? aucun. Nous nous sommes beaucoup occupés de; nous-mêmes; nous avons marqué notre indigiiation que Thorame supériemr n'eût pas la facilité d'être porté rapidement du plus bas au plus haut de Téobelle , et nous avons oublié que le même besoin eiiste, avec les modifications qui lui sont propres , dans l'autre sexe. ISo us avons oublié que la jeune fille renferme eu elle autre chose que la richesse ou la puissance attachées à son nom ; qu^elle a une imâortance par- . sonnelle qui doit être comptée dan^ Tordre social ; enfin , non-seulement nous n'avoua ouvert aucune voie à son émulation légitime, mais, prenant pour modèle le plus grand homme de l'époque qui, sorti des rangs intermédiaires, ne jugea pas la vertu d'une de ses concitoyennes digne de donner un successeur à son trône, nous avons admis comme dernière combinaison morale que la richesse devait se marier a la puissance, la puissance à la richesse^ et rien de plus.
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Lorsqu'un Hébreu faisait de son esclave sa concubine , elle changeait de position , mais elle con* servait envers la preinière épouse une sorte d'infériorité qui disparaissait parmi les enfans. C'est de cette manière qu'en usent encore les Musulmans qui, dans les classes moyennes, ont bien moins recours à lapolygamie qu'on ne le croit en général. L'épouse légitime a sous ses ordi'es les épouses de second rang qui l'entourent' de respects et qui ont pour la maison du chef un attachement beaucoup plus étendu que de simples servantes.
Les préceptes de Mahomet sur ce point sont une imitation de Moïse , accommodée aux mœurs des Arabes , et ils dénotent un très-grand fonds de sensibilité et de justice relative dans l'ame du législateur musulman.
« Le désir d'épouser une femme , soit que vous le fassiez paraître , soit que vous le receliez dans ▼os cœurs y ne vous rendra point coupables devant Dieu. Il sait que vous ne pouvez vous empêcher de songer aux femmes. Mats ne leur promettez pas en secret, à moins que Thonnéteté de vos paroles ne voile votre amour. Ce que vous leur donnerez doit répondre à vos facultés; le riche et le pauvre les doteront différemment; la justice et la bienfaisance doivent régler les dons. Si vo«s avez pu craindre d'être injustes envers les T. II. 33
ZSi UJKB rtU — • CHAP, II.
orphelins, craignez de l'être envers vos femmes : choisissez celles qui yous auront plu; si vous ne pouvez les maintenir avec équité, n*en prenez qu'une, ou bornez*vous à vos esclaves: cette conduite sage vous facilitera les moyens d'être justes et de les mieux doter (40).»
L'exemple le plus ancien de bigamie est celai de Lémec. L'une de ses femmes donna le jour à Jabal, père des pasteurs, et à Jubal, inventeur de plusieurs instrumens de musique; l'autre à Tnbalcaïn , le premier forgeron. Âbrahlam eut plusieurs épouses, parmi lesquelles Sara, Agar et Kétura. La Genèse en donne trois à Esaii, quatre à Jacob : c'est pourquoi quelques rabbins élèvent à quatre, comme les Mahométans, Je nombre des femmes légitimes. Moïse et Aaron n'eurent qu'une seule épouse. La femme éthiopienne du premier indique toujours la fille de Jétro , à cause du nom d'Ethiopie qui s'étendait au pays arabe. Anne et Phénena sont les noms de celles du père de Samuel. Ce lévite, de la tribu d'Éphraïm, ne s'était associé la dernière qu'à cause de la stérilité de l'autre : son amour pour Anne ne cessait pas; dans les fêtes, il lui réservait la portion la plus honorable du sacrifice, et quand il la voyait occupée de son malheur et des traits piquans que Phénena lui avait lancés, il lui disait: «lAnne, pourquoi plenres-tn7 pourquoi
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ne manges^ta pas ? pourquoi cette profonde afflic* tion de ton cœur? Est-ce que Tamour que j'ai pour toi a'équivaut pas au bonheur d'avoir dix enfans?»
David eut un grand nombre d'épousés dont huit sont désignées par leur nom; mais il faut songer que c'était dans ce temps-Là un moyen de donner à de jeunes filles une espèce d'état* En souvenir de ce prince , les rabbins ont porté jusqu'à dixi-huit les femmes que le roi avait le droit de s'attacher. Quelle singulière manière de développer ce principe de Moïse , u Le roi ne s'entourera pas de beaucoup de femmes.» Enfin Salomon fut plus loin que son père et que tous ceux qui l'avaient précédé : il eut sept cents épouses et trois cents concubines. A la vérité ce grand homme nous assure, dans le livre de l'Ecdésiaste , qu'il avait le dessein d'exp'érimenter toute chose , pour distinguer la raison , de la folie. Ce but est très-louable , sans doute; mais il faut l'avouer, ô sage Salomon , vous poussâtes bien loin le goût des expériences !*
* tt O Salomon , ô sage fortuné , • Roi philosophe et Platon couronné... » Mille beautés serraient à votre us^e !
» Mille l on le dit. C'est beaucoup pour un sage. » Qu'on m'en donne une , et c'est assez pour moi , A Qui n*ai Phonneur d'être sage ni roi. »
VOITAIII.
384 LivaB VII. — CHAP. ii.
Je passe an divorce. D'après la loi , un homme qui prend sa femme en aversion, à cause de quelque chose de honteux ^ lui remet récrit de divorce qui s'exprime ainsi: « Ce jour, moi, nommé tel, de tel lieu, je te renvoie, et j*écris cet acte, afin que tu sois libre d*épouser l'homme qui te plaira.» Mais de graves discussions se sont élevées sur les mots quelque chose de honteux. Le législateur ne voulut-il pas désigner les vices physiques susceptibles d'inspirer du dégoût et de rendre la femme impropre à remplir sa destination. C'est ainsi qu'il est défendu à l'homme privé de sa puissance d'épouser une fille d'Israël , et que la jurisprudence permet à la femme de demander la séparation , iprsque le mari porte en lui quelque maladie susceptible de se propager, et dont elle n'avait pas eu connaissance à l'heure du mariage (41). Deux Écoles célèbres chez les Juifs leur donnèrent beaucoup plus d'extension ; celle de Chammaï compta parmi les motifs de répudiation toutes les actions contraires à la pudeur; TÉcole de Hillel, tout ce qui peut déplaire au moral comme au physique.
Qu'en sera-t-il de la femme? la loi ne lui défend pas , d'une manière absolue, l'initiative dans la répudiation directe : elle garde un silence éloquent; car cette femme recevait sa dot du mari; elle pouvait emmener ses enfans qui ne perdaient en rien leurs droits à l'héritage ; elle pouvait allu-
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mer des haines terribles entre des rivaux ; enfin elle est douée d'une susceptibilité plus grande qui, sur le moindre sujets Taurait fait peut-être recourir à ce moyen. Nul doute que la conduite des maris romains ne fut très-reprochable, et que le désir de faire usage d*une liberté long-temps comprimée , n'occasionnât ce fâcheux entraînement; mais qu'arriva-t-il lorsque , malgré la loi de Romulus , et la loi des douze Tables , les femmes furent autorisées à donner elles-mêmes la répudiation? « Bientôt aucune n'^n rougit, dit Sénèque, bientôt elles ne comptèrent plus les années par le nombre des consulats, mais par le nombre des maris; elles se mariaient pour répudier, et elles répudiaient pour voler à de nouvelles noces (42).» Il n'en fut pas de même chez les femmes grecques auxquelles la loi accorda cette permission , que la sagesse des magistrats sut mieux limiter.
Mais si la loi hébraïque ne semble pas laisser à la femme la répudiation directe, elle lui permet de réclamer l'intervention des anciens pour Texécution de toutes les clauses du contrat. Après plusieurs remontrances , si Tépoux persistait dans son injustice, il était censé ne l'aimer plus et la répudier de fait; elle sortait libre comme si la lettre de divorce avait été réellement donnée. C'est ce qui résulte avec certitude de c€| principe
386 UTBB Yii«— «oup. n.
déjà cité : « Qaand nn homme y après aroir épousé sa jeune servante, envers laquelle il s'est conduit selon le droit des filles , prend une antre femme , il ne doit négliger en rien la première , sans quoi, elle sort libre de sa maison , emportant sa dot* »
Deux cas particuliers faisaient perdre à l'époux tout droit de répudiation : lorsqu'il avait séduit sa femme avant de l'épouser; lorsque, après l'avoir épousée , il l'avait accusée calomnieusement devant les juges (43). Ce scandale étant pour la femme un grand empêchement à trouver un autre époux, il ne pouvait s'en séparer de lui-même* Mais quelle confiance ne fallait-il pas avoir dans la puissance des mœurs et des magistrats , pour ne pas craindre les efifets de son ressentiment contre elle?
Ce qui s'était passé à Rome , faillit se répéter en Judée. Salomé , sœur d'Hérode , jalouse d'imiter les dames romaines , expliqua à son profit le silence de la loi , et répudia Gostobare son époux, gouverneur de Tldumée* Son exemple fut suivi par quelques autres femmes de distinction ; mais le mépris qu'inspira cette conduite arrêta les progrès du mal.
Il n'est pas besoin d'observer que le divorce avait lieu dans le cas d'incompatibilité mutuelle , physique ou morale. Peu importait de quelle part vînt la répudiation ; il suffisait qu'elle (ut possible.
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Quant au mode à suivre , les docteurs sont tous damémeaTi»: ils exigent tant de formalités compliquées et minutieuses, qu'avant d'avoir remis la lettre de divorce , si les raisons n'étaient pas très-puissantes , on revenait à de plus doux senti* mens et on se réconciliait (44).
La femme répudiée emporte sa dot et tons les biens qu'elle avait au moment du mariage, on qui lui étaient advenus depuis. Le mari les avait assurés en ces termes dans le contrat : «c Je prends sons ma garde et garantie tous les biens dotaux et non dotaux que mon épouse a apportés, et tous ceux qu'elle pourra acquérir dans la suite. Je donne hypothèque envers moi et m es successeurs et héritiers, sur tout ce que je possède^ et tout ce que je posséderai, meubles on immeubles, afin que mon épouse puisse rentrer dans la jouissance de ces biens pendant ma vie , comme à ma mort. En m'obligeant à ce que je viens de dire, je renonce aux avantages que la contexture particulière du contrat pourrait me fournir, et je m'en tiens à la force et à l'effet ordinaire des contrats de mariage usités parmi les Israélites, et conformément à la tradition et aux préceptes de nos docteurs de pieuse mémoire (45). Les mêmes principes sont répétés dans le Coran.»
Lorsqu'une femme répudiée épouse un antre homme, elle ne peut plus revenir au premier, soit